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New Canadiana :: Tranzmit – Übertragung

Tranzmit - Ubertragung

A dance album that is aggressively non-danceable, Tranzmit’s Ubertragung assembles the ominous drums of EBM with a barrage of found sounds and samples which wouldn’t be out of place on a backing track from the Golden Age of hip-hop. Jakob Rehlinger creates an audio collage that depicts the unconcious psychic space of dance music by stretching its constitutive elements into new, barely recognizable forms. A wash of familiar but forgotten commercial voices, mechanical percussion sequences, and drugged-out effects cascade through your speakers. This is a place of too-high thoughts, fractured emotion, and the constant rush towards sensory limits.

Ubertragung de Tranzmit est un album dance qui repousse férocement toute tentative de danse, amalgamant la batterie inquiétante de EBM et un déferlement de sons et de fragments dignes d’une musique d’accompagnement datant de l’âge d’or du hip-hop. Jakob Rehlinger représente la psyché inconsciente de la musique dance en créant un collage audio qui déforme les éléments fondamentaux du style jusqu’à leur donner une toute nouvelle forme, à peine reconnaissable. Des enchainements de percussions mécaniques et une marée de voix commerciales oubliées, mais familières, forment un tout hallucinogène – émotions fracturées, pensées surélevées, recherche constante des limites sensorielles – qui cascade par nos haut-parleurs.


Tranzmit – Gesalzen


Tranzmit – Treulosen

New Canadiana :: Japanese Treats – *E 486

Japanese Treats - *E 468

For several years now, Ben Disaster has kept Edmonton dancing, partying, smiling and as of late sweatin’ and two-steppin’. Now presenting the verbicidal Japanese Treats, his new gurgled pan-and-warble organ conquest, the crackles and the layers that envelope and confuse make it tangible and eerie: xylographic etchings rather than lazer-burned temporarity. “They will never understand you/even if they ever wanted to” he croons on “In the Television Hours”, and y’know what? That’s just comforting and beautiful.

Ben Disaster entretient une ambiance de sourires, de fête et de danse depuis plusieurs années déjà à Edmonton, mais ces derniers temps, la sueur se mêle à la cadence. Je vous présente le verbe incendiaire de Japanese Treats : un triomphe de borborygmes gueulés, les crépitements et les couches qui enveloppent et qui confondent, donnant un tout tangible, mais irréel; une xylographie à l’eau-forte plutôt qu’une temporalité brûlée au laser. Dans « In the Television Hours », il chante : « Ils ne te comprendront jamais/même si, un jour, ils le voulaient ». Et vous savez quoi? C’est tout simplement beau et réconfortant.


Japanese Treats – In the Television Hours


Japanese Treats – Color Glo

New Canadiana :: Girl Arm – Trading Cities

Girl Arm - Trading CitiesGirl Arm - Trading Cities

Girl Arm’s label headquarters lies directly underneath Montreal’s disreputable Boul. St-Laurent, which you must cross with an eye over your left shoulder, or you won’t even make it past the speeding taxis. To get to this underground chamber, you must descend a rickety staircase: a conglomerate of wooden slabs without mark of modern engineering, kin of rope bridges of the action-adventure type. As you know, taking a tentative approach to bridge-crossing — trying to re-center your balance on each beam before leaping to the next one — will likely result in your fall to the beast-ravaged jungle below. The trick is to move quickly and trust momentum. If you can synchronize your pace to the swinging of the wood beams you’ll be fine. Until the rhythm changes

Le siège social du label de disque de Girl Arm se trouve directement sous le boulevard Saint-Laurent, à Montréal; ce boulevard peu recommandable qu’il faut toujours traverser en regardant sur la gauche, sinon on ne s’en sort pas à travers les taxis qui roulent à toute vitesse. Pour atteindre la chambre souterraine, on doit descendre un escalier branlant : un conglomérat de dalles en bois sans trace d’ingénierie moderne, dans la famille des ponts de corde du style action-aventure. Comme on le sait, tenter de traverser le pont – essayer de retrouver son équilibre à chaque poutre avant de passer à la prochaine – provoquera sûrement notre chute dans la jungle ravagée par les bêtes en dessous. L’astuce est de bouger rapidement et de faire confiance à son élan. Si on arrive à synchroniser son allure au balancement des poutres de bois, on s’en sort. Jusqu’à ce que le rythme change


Girl Arm – Her Hands


Girl Arm – Trading Cities

New Canadiana :: Animal Faces – Half Asleep

Animal Faces - Half Asleep

Darkness. Absolute black clouds your vision and a humming begins; low at first then higher and louder. The thumping beat begins pulsing in the back of your head, making its way as a diffuse grey on the horizon. Then melody. Flowing between your ears in simple intertwining lines, as a landscape forms, iridescent in withheld time. A voice swirls throughout, sparse and powerful: molding the landscape, the darkness as clay. The voice activates its surroundings and is in turn activated by them in a methodical dance, blurring back into the darkness.

L’obscurité. Le noir absolu trouble ta vision, puis un bourdonnement se fait entendre; faible pour commencer, puis plus haut et plus fort. Le rythme lancinant se met à pulser au fond de ta tête, se frayant un chemin en un gris diffus sur l’horizon. Ensuite, la mélodie. Elle s’écoule entre tes oreilles comme des lignes simples entrelacées pendant qu’un paysage prend forme, iridescent dans le temps retenu. Une voix, rare et puissante, tournoie dans la totalité, modelant le paysage et l’obscurité comme de l’argile. La voix active ses alentours et ceux-ci l’activent ensuite dans une danse méthodique, brouillant le noir dans l’obscurité.


Animal Faces – Half Asleep


Animal Faces – Losing Speed

New Canadiana :: Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

Thee Mean Reds - Holidaying in the Psychotropics

Instrumental music has the unique ability to situate the listener rather than engaging in a dialogue. The jangly nerves of Holidaying in the Psychotropics lets you choose your own adventure

You come to at the steering wheel. Maybe you’ve been driving all night. You try to keep calm while your mind races… how did you get here and how long you were out? A sign reads Barstow City Limit, and beyond it is an ancient gas station. You decide to pull over.

Amid the broken boards and shingles inside you notice an old jukebox half crushed under a fallen roof beam producing faint crackles and pops. Not one for firsts, you push “B” and “2” and the mangled innards whir laboriously. “Widowmaker” comes on.

You hear a noise behind you and turn around quickly — what’s your next move? Turn to page 56 to investigate, or 108 to hurry back to the car.

La musique instrumentale a la capacité unique de situer les auditeurs plutôt que de dialoguer avec eux. Les nerfs à vif de Holidaying in the Psychotropics vous font vivre une aventure dont vous êtes le héros… Vous revenez à vous-même derrière le volant. Peut-être avez-vous conduit toute la nuit. Vous essayez de garder votre calme alors que tout va à vive allure dans votre tête… Combien de temps s’est écoulé et comment en êtes-vous arrivé là? On peut lire « Barstow City Limit » sur une pancarte. Une vieille station-service se dresse quelques pas plus loin. Vous décidez de vous y arrêter.

Parmi les débris à l’intérieur, vous remarquez, à moitié écrasé sous une poutre tombée du plafond, un vieux juke-box qui crépite encore faiblement. Chaque chose ayant une première fois, vous appuyez sur les touches « B » et « 2 », et son mécanisme détraqué s’active tant bien que mal. « Widowmaker » commence à jouer. Un bruit à l’arrière vous incite à vous retourner subitement. Et maintenant, qu’allez-vous faire? Pour continuer à explorer, allez à la page 56, pour décamper vers votre voiture, à la page 108.


Thee Mean Reds – Widowmaker


Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics