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Tune In :: Dan Galway on Human Feelings

Dan Galway - Human FeelingsDan Galway - Human Feelings-thumb

Submerged. A yawp from the deep, bubbling up to tundra. Time-lapse low tones and light tracers that liquefy the day under cover of night. A droning from the planet’s tipping point, coloured by the murky daydream of some suburban gymnasium slow dance.

Dan Galway unpacks the space between anxiety and intent – the tricky idea that “being human is difficult because we have to feel” – with the riddled atmospherics of his remote outpost: a single bulb in an uncluttered room; his stored motorbike’s dormant heat; sled dogs howling at the abyss of snow and sky outside; trans-zen-dental single notes and strong cadences decoded through a pair of headphones; his family sleeping down the hall. Galway says his four-month-old likes watching the computer screen but is startled by loud noises, “so he is a harsh critic.”

The Iqaluit-based artist gives the scoop on his song titles and what they grapple with.

 


“Human Feelings”

This song is one of Galway’s favourites and the CD-R’s title track because it speaks to the prevailing theme of his music: the complexity of emotions. “Human interaction is difficult. We are unable to express ourselves save for a setting in which that is implied. This is resolved by being honest to ourselves and others.”

 


“Latest Triumphs”

Galway: “This track speaks to the inherent tension within true happiness. The dissonant low tones sound both in opposition to and in harmony with each other. Feeling truly happy is a miracle, but it is not free from self doubt and anxiety.”

 


“Mediocrity”

“Music is a natural process for me – I generally build on an idea I have in my head for how I want a track to flow. This track, like a lot of my music, is based on the layering and manipulation of repetitive rhythms and melodies. At what point does this no longer challenge the listener? Is that the purpose of this music? If it isn’t, then what is? This must be something all creative types feel – the nagging idea that what you produce is not special, merely mediocre.”

 


“Real Talk”

The “slow, lumbering and uncomfortable” jam set against a 7/8 beat that repped Nunavut on the Wyrd Distro coast-to-coast-to-coast launch comp cassette. Galway calls it an experiment with “the juxtaposition of what we say versus how we really feel. Behind the facade we are people who may never truly know each other. The reason this is so troubling is because we need to exist outside of ourselves. But how well can we really know anyone?”

Submersion. Un gémissement venu des profondeurs bouillonne dans la toundra. Des basses en accéléré, des traînées de lumière qui liquéfient le jour à la faveur de l’obscurité. Un ronflement issu du pivot de la planète, coloré par la fantaisie glauque d’un slow de gymnase en banlieue.

Dan Galway déploie l’espace entre l’angoisse et l’intention, l’idée retorse selon laquelle « être humain, c’est difficile parce qu’il faut tout ressentir », à l’aide des atmosphères déchirées de son emplacement reculé : une ampoule seule dans une pièce épurée, la tiédeur latente de sa moto rangée, le jappement des chiens de traîneau dans l’abîme de neige et de ciel, des cadences fortes et des notes solitaires transcendantales décodées par une paire d’écouteurs, sa famille endormie au bout du couloir. Galway mentionne que son fils de quatre mois aime regarder l’écran de l’ordinateur mais que les bruits forts l’effraient : « c’est un critique impitoyable ».

L’artiste et résident d’Iqaluit nous explique les titres de ses chansons et leur signification.

 


“Human Feelings” (« Sentiments humains »)

C’est une des chansons favorites de Galway et la chanson-titre du CD-R parce qu’elle traite du thème principal de sa musique : la complexité des émotions. « L’interaction entre êtres humains est difficile. On est incapable de s’exprimer en dehors de certains contextes où cette difficulté est sous-entendue. La solution, c’est d’être honnête avec nous-mêmes et avec les autres ».

 


“Latest Triumphs” (« Triomphes récents »)

Galway : « Cette pièce parle de la tension inhérente au vrai bonheur. Les basses dissonantes sonnent à la fois en opposition et en harmonie entre elles. Le sentiment du bonheur réel est un miracle, mais il ne nous libère ni du doute que l’on ressent à propos de soi ni de l’angoisse ».

 


“Mediocrity” (« Médiocrité »)

« Pour moi, la musique est un processus naturel. D’habitude, je commence à partir d’une idée générale du mouvement de la pièce. Celle-ci, comme plusieurs de mes autres pièces, manipule des mélodies et des rythmes répétitifs et les dispose en couches. Mais jusqu’à quel point est-ce stimulant pour l’auditeur? Est-ce le but de cette musique? Sinon, quel est-il? J’imagine que tous les créateurs ont le même sentiment, la même idée tenace que ce que l’on produit n’est pas spécial, mais médiocre ».

 


“Real Talk” (« Paroles vraies »)

Ce morceau « lent, lourd et inconfortable » sur un rythme en 7/8 a représenté le Nunavut sur la cassette compilation du lancement de la Wyrd Distro aux quatre coins du pays. Pour Galway, c’est une expérience qui joue avec « la juxtaposition de ce que l’on dit et de ce que l’on ressent vraiment. Derrière la façade, nous ne nous connaîtrons peut-être jamais réellement. C’est troublant parce qu’on ressent le besoin d’exister hors de nous-mêmes, mais à quel point peut-on vraiment connaître qui que ce soit? ».

Video :: Shooting Guns – “No Fans” [Dir: Tyler Baptist]

Shooting Guns - No Fans video

Inspired by ’80s public access variety TV, Saskatoon’s Tyler Baptist hatches a kaleidoscopic Beat Club-style video out of middle Canada’s favourite psych-rock pentangle’s anti-hit, “No Fans.” Things get hammy with a generous use of greenscreen, broadcast switcher and video feedback overlay effects. Not to mention a prototypically listless introduction from the glacial host and actual news footage from the Martensville, SK Satanic ritual abuse daycare scandal, for which the album is named.

Inspiré par la télévision communautaire de variétés des années 80s, Tyler Baptist de Saskatoon accouche d’une vidéo kaléidoscopique dans le style « Beat Club » pour l’anti-succès « No Fans » du pentagramme psych-rock favori du Canada central. Le ton devient théâtral avec l’utilisation généreuse d’un fond vert, d’un mélangeur vidéo et des effets de rétroaction-superposition. Sans compter l’introduction prototypiquement indifférente par une animatrice glaciale, accompagnée d’images réelles d’un reportage sur le scandale des abus rituels sataniques dans une garderie de Martensville (SK), d’où le titre de l’album.

New Canadiana :: Doomsquad – Kalaboogie

Doomsquad - Kalaboogie

Born from the marriage of Moon and Crocodile, they emerge fully formed from the holy soil of eroded aeons. The bones of all beings rattle, their cells vibrating, muscles trembling. Skies heathered dark, lighting explodes across the earth as these three beings, contrived of the same infinite blood, rise higher, higher. Six iridescent eyes penetrate the minds of every man, woman, child. Their mouths move in union, with words heard heavily and forever: “Hear. The Terminus Approaches. So Now. Dance.”

Nés de la rencontre de la lune et du crocodile, ils jaillissent à l’état adulte hors du sol sanctifié des éternités corrompues. Chaque créature sent ses os tressaillir, ses cellules vibrer, ses muscles trembler. Sous la bruyère sombre des cieux, une explosion d’éclairs parcourt la terre et ces trois êtres, engendrés du même sang infini, s’élèvent toujours plus haut. Six yeux irisés pénètrent l’esprit de chaque homme, femme et enfant. Leurs bouches prononcent à l’unisson ces mots, qui résonnent pesamment et perpétuellement : « Hear. The Terminus Approaches. So Now. Dance. » (« Entendez. Le terminus approche. Alors maintenant. Dansez. »)


Doomsquad – Head Spirit (for our Mechanical Time)


Doomsquad – Eternal Return

New Canadiana :: The Lad Mags – Trick

The Lad Mags - Trick

The Lad Mags have always commandeered a dirty streak, but they’ve never sounded more in control of their otherworldly abilities, conjuring up fierce sound waves of soul-indebted scuzz rock . A-side “Trick” seems beamed from an alternate universe directly to the dark corners of your cerebral cortex with its sweet harmonies, lyrics of caustic kiss-offs, and indelible organ liftoffs. Yet b-side “You Stole My Mind” takes a different route entirely. Opting for an afterhours vibe, it’s a sonic invitation taking you into a groovy ghoulie bash. Dig in, but take heed!

The Lad Mags font de la grosse musique sale depuis toujours, mais ils n’ont jamais été aussi en contrôle de leur capacités surnaturelles, invoquant des oscillations rock scuzz imprégnées de soul. La face A « Trick » semble rayonner d’un univers alternatif directement vers les coins sombres de ton cortex cérébral avec ses douces harmonies, ses paroles d’adieux caustiques et ses orgues indélébiles planants. La face B « You Stole My Mind » prend une direction complètement différente. Optant pour une ambiance de fin de soirée, on te lance une invitation sonore à une fête macabre qui groove. Bon appétit, mais fais gaffe!


The Lad Mags – Trick


The Lad Mags – You Stole My Mind

New Canadiana :: Los – Romances

Los - Romances

Rock music is best seen in black and white, and it never drifts far without clashes. Los spare this album’s artwork of any shades of grey. In a skewed mindset, it might even spark some waiting room shivers, a Club Med sensuality or a Saturnian meditation. The true colour of Romances lies at the opposite extreme of these hints of exposed sepia, fluorescent and pastel worlds. In the contrast of black and white, its vital force spreads; in the here and now of its congruent guitars, its absorbant bass, its flamboyant drumline, its fiery tongue reminding us that a bird in the hand is worth two in the bush. Black, the sombre promise of danger, of posibilities, of animal submissivness and heroic uprisings. White, the answer given at dusk, four songs caressing and squaring you off, then leaving you bloodless and without the memory at dawn.

Le rock apparaît sous son meilleur jour en noir et blanc, et il ne s’éloigne jamais de cette palette sans péril. Romances épargne la pochette de toute nuance de gris, et ce titre, qui suscite selon vos dispositions particulières les frissons de salle d’attente, une sensualité de Club Med ou des ruminations saturniennes, laisse deviner des mondes sépia, fluo ou pastel. C’est plutôt dans le contraste du noir et du blanc que sa force vitale se déploie, dans l’ici et le maintenant de ses guitares congruentes, basse absorbante, batterie flamboyante, langues de feu qui vous rappellent, sur l’air des lampions, qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Noire, la promesse nocturne de dangers, de possibles, de soumissions animales et de soulèvements héroïques. Blanc, le chèque signé au crépuscule, quatre chansons qui caressent et équarrissent, puis vous laissent exsangue et sans le souvenir à l’aurore.


Los – Ghost


Los – Nature Boy