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Ex Libris :: Aaron Webster – Humour -vs- Hell Vol. I

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Zine introductions usually start out sounding something like this: ”I’m sorry for getting this out so late” or ”this zine took so long to finally get together.” But not the one for Humor -vs- Hell. Aaron dives right in but not without warning. Writing that this was their plan the whole time, Aaron presents us with a drunk introduction that is not as incoherent and regretful as you might think.

HvsH is only thirteen pages long but it’s stacked. The Greatest Giggle in History is a fable about a great cloud of gloom that threatens a population of pot smoking hippies with its negative thoughts and bad trips. Ham sandwiches are thrown into a Glowing Triangle to make it funny. Themes that seem obscure in the beginning of Aaron’s pieces show themselves before the conclusion and come full circle.

The futuristic kittens, humorous ham sandwiches, and talking household appliances that populate Aaron’s writing show up through a combination of a few different styles of writing and genres that are commonly found in zines, but not usually combined. Aaron keeps the reader focused and resists the temptation to wander off into convoluted imagery that no one understands but the author. It’s not something you would normally find me picking up at a zine fair, but having selected it at total random, I enjoyed it. Playful, creative, and with good formatting, HvsH is a great contribution to the East Coast zine scene.

Les introductions des fanzines commencent souvent par quelque chose du genre « Désolé pour le retard de ce numéro » ou « ça a finalement été très long avant de réussir à monter ce fanzine », mais ce n’est pas le cas avec Humor -vs- Hell. Aaron plonge au cœur du sujet, mais pas sans avertissement : il nous offre une introduction enivrée qui n’est pas aussi remplie de regret et d’incohérence qu’on le pourrait penser.

HvsH ne fait que 13 pages, mais elles sont pleines à craquer. The Greatest Giggle in History est un conte à propos d’un énorme nuage de morosité qui menace une population de hippies fumeurs de pot avec des pensées négatives et des bad trips. Dans Glowing Triangle, les lancers de sandwichs au jambon le rendent divertissant. Des sujets qui semblent obscurs au début des textes choisis se dévoilent avant la fin, bouclant ainsi la boucle.

Les chatons futuristes, les sandwichs au jambon humoristiques et les électroménagers parlants qui peuplent l’écriture d’Aaron parsèment une combinaison de divers genres littéraires et styles d’écriture que l’on retrouve souvent dans les fanzines, mais rarement combinés ensemble. L’auteur sait conserver l’attention du lecteur tout en résistant à l’envie de se perdre dans des images alambiquées qu’il serait le seul à comprendre. C’est un magazine que je n’aurais pas spontanément choisi dans un salon en temps normal, mais je l’ai choisi au hasard, et j’ai bien aimé. Joyeux, créatif et avec un bon format, HvsH est une belle contribution aux fanzines de la côte est.

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Ex Libris :: Leanne Simpson – Islands of Decolonial Love

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Islands of Decolonial Love, to use a phrase by its author Leanne Simpson, penetrates the aural perimeter. The narrative voice occupying her songs and stories sounds like a constant drum beat in your head, burrowing deep into your chest and stomach. Twisting and turning, the organs transform into a pulpy mass of knots where her words begin to move, slowly and surely rising up towards your mouth. You are afraid of what will come out and when it does, it offers only the slightest relief but it is one you need.

You laugh. A lot. In way that eases the pain by the knots that have formed. You laugh because Simpson discards tired ethnographic entrapments with ease. You laugh because her inclusion of the Nishnaabemowin language makes history jump from the page. You laugh because everything in these storied landscapes is clear and you understand. You laugh until the last of the slowly dissolving knots have moved to your throat and your eyes burn with tears.

You cry because colonial norms have ensnared western society for far too long and it’s frustrating and exhausting. You cry because every one of Simpson’s pieces are a unique celebration of Indigenous nationhoods and not enough people in this country will read them and change. You cry because Simpson shows that the same blood runs through everybody’s veins, we all want to be loved, and we all ultimately share a desire to walk instead of float.

Islands of Decolonial Love, pour se servir d’une phrase de l’auteur Leanne Simpson pénètre le périmètre auditif. La voix narrative qui habite ses chansons et ses histoires retentit dans le crâne comme le rythme constant d’un tambour qui s’enterre profondément dans votre poitrine et l’estomac. Tournant et retournant sur eux-mêmes, quand ses mots commencent à se déplacer, les organes se transforment en une masse de noeuds pulpeux qui montent lentement et sûrement vers votre bouche. Tu as peur de ce qui va sortir, et quand ça se passe, le moment offre un petit répit, mais c’est celui qui était nécessaire.

Tu ris. Beaucoup. Tu ris d’une façon qui soulage la douleur de ces noeuds qui se sont formés. Tu ris, car Simpson se débarrasse des pièges ethnographiques facilement. Tu ris, car elle inclut la langue Nishnaabemowin, car elle fait bondir l’histoire de la page. Tu ris, car tous les paysages historiques sont clairs et compréhensibles. Tu ris jusqu’à ce que le dernier des noeuds se dissolvant lentement passe par la gorge et que tes yeux brûlent de larmes.

Tu pleures parce que les normes coloniales ont enferré la société occidentale depuis trop longtemps, et c’est frustrant et épuisant . Tu pleures parce que chacune des oeuvres de Simpson est une célébration unique des Premières Nations et il n’y a pas assez de gens dans ce pays qui va les lire et changer. Tu pleures parce que Simpson démontre que le même sang coule dans nos veines à tous, nous voulons tous être aimés, et nous désirons tous marcher au lieu de flotter.

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Ex Libris :: Jerry Levy – Urban Legend

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In many legends past, we learn of the various misfortunes inflicted by the ever-vigilant and preying monsters, just waiting for a lapse in character or wrong location. Consider the loup garou, the irreligious prey of the devil. These stories are passed along as a guide – don’t do that, live carefully, and you’ll be safe.

Jerry Levy’s urban legends do not just tell of how scary the external world is, but of how scary you can be to yourself. The pain, confusion, and stress endured daily in attempting to navigate this world while judging, pressuring, and at times defeating yourself. Levy draws attention to the ill-examined and scariest monster, the self.

Nombre de légendes du passé racontent les divers malheurs infligés par des monstres alertes guettant leur proie, à l’affût de la moindre erreur de jugement qui la mènerait au mauvais endroit. Le loup-garou est considéré comme la proie irréligieuse du diable. Ces histoires sont transmises comme on transmet de précieux conseils : ne faites pas certaines choses, soyez prudents et vous serez en sécurité.

Les légendes urbaines de Jerry Levy ne montrent pas seulement à quel point le monde extérieur est effrayant, mais également à quel point on peut l’être pour soi. On endure sans cesse la douleur, la confusion et le stress du quotidien tout en tentant de naviguer dans ce monde en jugeant, en se faisant pression et en se décourageant parfois. Levy attire l’attention sur le monstre le plus terrifiant et le moins bien connu, soi-même.

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