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New Canadiana :: Viper Sisters – Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard for European Values

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Always in motion and never stationary. Viper Sisters’ (Jakub Tywoniuk) ‘Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard For European Values’ creates a vivid sonic landscape. Dense chaotic jungles of noise open up to vistas as you move through a shifting terrain of sound. In a certain abstract sense, there are some sonic cues taken from the more noise-oriented corners of techno, but this is not for dancing. Just as you feel as though you are about to be completely ensnared, the jungle relents and you start again.

Toujours en mouvement et jamais stationnaire, « Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard For European Values » de Viper Sisters (Jakub Tywoniuk) crée un paysage acoustique vif. Des jungles de musique bruitiste touffues et chaotiques s’offrent à ta vue alors que tu te déplaces à travers un terrain de son changeant. Dans un certain sens abstrait, cet album a des repères acoustiques issus des coins technos davantage orientés vers la noise, mais il n’est pas fait pour danser. Juste au moment où tu as l’impression que tu vas être complètement pris au piège, la jungle se radoucit et tu recommences.

Viper Sisters – Famine Along the Vertices

Viper Sisters – Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard for European Values

Ex Libris :: Dean Garlick – Chloes

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We often have the sensation of feeling as though we did not actually do something. Our memory recalls a person that is apparently ourselves, the facts we have more or less converge on it being us but nevertheless it feels as though it was a different person altogether. I couldn’t have done that?

Dean Garlick poses this question in Chloes. A Montreal bank clerk, Chloe Fortin is forced to experience herself in the present, while grasping what it is to be connected to your former self. With the arrival of a parakeet and the departure of a person, Chloe moves from past to present reconciling what it means to be oneself in flux. Accompanied by illustrations by Nicole Legault, Garlick weaves the narrative of an individual understanding the nature of the self as fractured but connected through the continuation of one’s body.

On a souvent le sentiment d’avoir fait quelque chose sans pourtant l’avoir faite. Une personne qui est supposément nous-même nous revient en mémoire, avec les faits de la chose qui convergent et démontrent qu’il s’agit bien de nous et pourtant, quelque chose indique que c’était quelqu’un d’autre. J’ai pas vraiment fait ça, moi?

Dean Garlick pose cette question dans Chloes. Commis dans une banque montréalaise, Chloe Fortin est confrontée à son soi présent tout en essayant de comprendre ce que c’est d’être connecté avec la personne qu’elle était auparavant. Avec l’arrivée d’une perruche et le départ d’une personne, Chloé passe du passé au présent, conciliant ce que ça signifie d’être soi-même dans un même flux. Agrémenté des illustrations de Nicole Legault, Garlick tisse le récit d’une compréhension individuelle de la nature du soi fracturée, mais connectée à travers la continuation corporelle.

Weird_Canada-Dean_Garlick-Chloes_Back

New Canadiana :: Tranzmit – Übertragung

Tranzmit - Ubertragung

A dance album that is aggressively non-danceable, Tranzmit’s Ubertragung assembles the ominous drums of EBM with a barrage of found sounds and samples which wouldn’t be out of place on a backing track from the Golden Age of hip-hop. Jakob Rehlinger creates an audio collage that depicts the unconcious psychic space of dance music by stretching its constitutive elements into new, barely recognizable forms. A wash of familiar but forgotten commercial voices, mechanical percussion sequences, and drugged-out effects cascade through your speakers. This is a place of too-high thoughts, fractured emotion, and the constant rush towards sensory limits.

Ubertragung de Tranzmit est un album dance qui repousse férocement toute tentative de danse, amalgamant la batterie inquiétante de EBM et un déferlement de sons et de fragments dignes d’une musique d’accompagnement datant de l’âge d’or du hip-hop. Jakob Rehlinger représente la psyché inconsciente de la musique dance en créant un collage audio qui déforme les éléments fondamentaux du style jusqu’à leur donner une toute nouvelle forme, à peine reconnaissable. Des enchainements de percussions mécaniques et une marée de voix commerciales oubliées, mais familières, forment un tout hallucinogène – émotions fracturées, pensées surélevées, recherche constante des limites sensorielles – qui cascade par nos haut-parleurs.


Tranzmit – Gesalzen


Tranzmit – Treulosen

New Canadiana :: Zones – Real Time

Zones - Real Time

In a musical landscape of genres built on pastiche and nostalgia, Derek McKeon a.k.a. Zones has carved out something unique. Images of a past not quite remembered and familiar feelings that cannot be pinpointed pervade the six songs of Real Time. Opener “Open Sky” sways with filtered voices, wavering into inaudibility as the guitar washes in and out. There is a certain feeling of memory evoked, much like looking at old travel photos; a familiar mood without a particular location. As the album progresses, this déjà vu dissipates and we see Zones’ krautrock and even prog sensibilities in a clearer light. With the driving bassline and meandering guitars of “Not Chet”, Zones draws up altogether alien forms. An assemblage of elements combine, detach and readjust as we continue to drive forward through unrecognizable terrain.

Dans un paysage musical de genres basé sur le pastiche et sur la nostalgie, Derek McKeon alias Zones a construit quelque chose d’unique. Les six chansons de Real Time sont envahies par des images d’un passé flou et des sentiments familiers indéfinissables. En ouverture, « Open Sky » valse avec des voix filtrées et chancelle vers l’inaudible grâce au va-et-vient des guitares. Un certain sentiment de mémoire est évoqué, un peu comme quand on regarde des vieilles photos de voyage; un sentiment familier sans lieu particulièrement défini. À mesure que progresse l’album, cette impression de déjà-vu se dissipe et les sensibilités krautrock, voire progressives de Zones se dévoilent sous un jour plus clair. Grâce aux lignes de basses fermes et aux guitares sinueuses de « Not Chet », Zones élabore des formes hors de ce monde. Un assemblage d’éléments se combine, se détache et se modifie alors que nous continuons à avancer à travers un terrain méconnaissable.

Zones – Not Chet

Zones – Open Sky

Ex Libris :: Switcheroo [Hana Pesut]

Switcheroo [Hana Pesut]

Hana Pesut’s Switcheroo is a collection from her ongoing series, utilizing a deceptively simple method:

  1. 1. Take a photograph of a pair of people.
  2. 2. Swap clothes.
  3. 3. Take a second photograph of the pair.

Repeat this process a few dozen times and one becomes acquainted with Switcheroo. This three-step simplicity has allowed Hana to capture the most subtle and surreal effects that a minimal shift of figures between portraits can accomplish. In each pair, features seem to jump in and out of our perceptual focus. Where in the first image a coat obscures a portion of a tree, it is revealed in the second. A FuBu football jersey hops between wearers. Each small shift contributes to an overall perspectival jump that floats between the photo pairs. Perhaps, we could say that Hana has invented the sartorial gestalt shift. We’ve lost stability, but we’ve gained a multitude of aspects hovering just on the edges of each image.

Switcheroo, de l’artiste Hana Pesut est un recueil d’une série récurrente pour laquelle elle a recours à une méthode d’une simplicité trompeuse :

  1. 1. Prendre deux personnes en photo.
  2. 2. Intervertir les vêtements.
  3. 3. Prendre une deuxième photo des deux personnes.

Réitérer ce processus plusieurs dizaines de fois et vous obtenez Switcheroo. Ce processus simple en trois étapes a permis à Hana de saisir les effets les plus subtils et les plus surréalistes qu’un simple glissement de détails d’un portrait à l’autre permet d’obtenir. Pour chaque duo, certains détails semblent surgir dans notre champ de perception ou au contraire s’en échapper. Lorsque dans la première image une veste cache une partie d’un arbre, celle-ci est révélée dans la seconde image. Un maillot de football Fubu passe d’une personne à l’autre. Chaque glissement, aussi minime soit-il, contribue à un changement de perspective global qui flotte entre les duos de photos. Qui sait, Hana a peut-être inventé le glissement de forme vestimentaire. On a perdu en stabilité, en revanche on y a gagné une multitude d’aspects qui planent aux confins de chaque image.

switcheroo-back

New Canadiana :: Evan A. James – Swell

Evan A. James - SwellEvan A. James - Swell (thumb)

Evan A. James presents Swell as a work balanced between the contrasting concepts of expanse and containment. The listening experience is like riding in a car along snowy roads late into the night. “A Small House In The Woods” wanders its way through a desolate soundscape of rising and falling echoes as sounds bend and waiver before entering back into bubbling white noise. Meanwhile, “Lifted/Tunneling Lights” opens with a thin line growing into a lush scene before decaying into static. Each tone feels as though it was deliberately placed to contrast the wilderness at its climax. However, though it may conjure images of wild freedom, Swell is not foreboding. Rather, its presentation is exploratory, with James as our guide. Take solace in the knowledge that despite the surface of noise, there is always a structure sitting below.

Evan A. James nous présente Swell, une oeuvre en équilibre entre les concepts opposés d’expansion et de rétention, balade nocturne en voiture sur des routes enneigées. « A Small House In The Woods » parcourt un paysage de désolation sonore peuplé d’échos qui s’élèvent et s’estompent au gré des contorsions avant de mourir avec les bouillonements en fond. Plus loin, « Lifted/Tunneling Lights » s’ouvre tout en délicatesse pour se gonfler en une fresque luxuriante avant de se défaire en fritures. Chaque ton semble placé précisément pour faire contraste avec la frénésie à son paroxysme. Or même si l’album évoque de violentes images de liberté, Swell n’est pas un sombre présage, mais plutôt une exploration, menée par James, notre guide. N’ayez crainte, car derrière la surface du bruit se cache toujours une structure enfouie.

Evan A. James – A Small House In The Woods

Evan A. James – Lifted / Tunnelling Lights

Evan A. James - Swell