Tag: noise

New Canadiana :: Hexigen – Regenerations I-V

Weird_Canada-Hexigen

It feels like electricity thudding into your body through the nerves of your fingertips. It rockets up into the ticklish base of your brain.

Brampton’s Hexigen releases a semi-improvised rainstorm of droning airborne frictions showering out of a near-future dystopia, from a time when the few remaining habitable areas of the earth have been enclosed in impenetrable low-lying domes.

The air, the rain, the sun: just cold and distant projections in the encased and gasping remnants of our dimming organic world. Our once soft bodies now composed of 60% cybernetic parts.

All touch so cold and plastic — but we will long to feel the texture of skin, and shriek for it in our coded dreams.

C’est une sensation comparable au martèlement de l’électricité qui traverse ton corps par les nerfs situés au bout de tes doigts. Ça se propulse jusqu’à la base chatouilleuse de ton cerveau.

Hexigen, groupe originaire de Brampton, lance une pluie diluvienne semi-improvisée de frictions bourdonnantes portées par le vent. Ces dernières coulent, tel un jet de douche, d’une dystopie de l’avenir proche, d’un temps où le peu de zones habitables restantes de la Terre sont enfermées sous d’impénétrables dômes de faible altitude. L’air, la pluie, le soleil : que des projections froides et distantes dans les vestiges mis sous verre et haletants de notre monde organique déclinant. Nos corps jadis tendres sont désormais composés à 60 % de pièces cybernétiques.

Tout contact est si froid et plastique, mais nous nous languirons de ne pas sentir la texture de la peau, et la réclamerons à grands cris dans nos rêves encodés.

Hexigen – RGN i: Initiation Wave

Hexigen – RGN iv: Razor Limbs Uncoil

Inferred Views :: The Nihilist Spasm Band

Weird_Canada-The_Nihilist_Spasm_Band-Then.jpg

The Nihilist Spasm Band have been playing every Monday night in London, Ontario for 50 years, but you won’t find them receiving any star spangled celebrations on television for their lifetime achievements. This is because the NSB were the first band in Canada (and, as it’s generally accepted, the world) to consistently and intentionally play the hated music, the despised music, the music of torture, and the music of alienation: noise music. To this day, they continue to play that lovely noise the same way they always have – spasmodically, nihilistically, together as a band.

It couldn’t be more appropriate that The NSB joined forces with their longtime collaborator, free jazz legend Joe McPhee, who joined them in a trio of shows in Toronto, London and Guelph: noise has always been the evil cousin of free jazz. You couldn’t find two more hated spawns of modern sound in a room of musical movements and genres than free jazz and noise rock. Not even uncle avant-garde could inspire so much reactionary despising. It could be said that the NSB has always thrived on negativity as much as realism and humility, but they’re not angry. “We were not angry in the ’60s and we are not angry now,” says Art Pratten, the NSB’s de facto spokesman and one of its founders. “We were all having a good time. The Nihilist Party we were members of took the party aspect very seriously.”

Music historians are hard pressed to pin down other groups tapping similar musical veins as far back as 1965, and even early Canadian innovators such as multi-disciplinary artist Michael Snow and Toronto avant-garde group Intersystems were still a few years away from making their marks in sound at this early crest of the ’60s subcultural tidal wave. “We were all greatly influenced by kindergarten rhythm bands and Guy Lombardo,” admits Pratten, when I ask him what they were listening to at the time.

The bleak, hopelessly disparate sounds of The NSB are not for the faint of heart. During their time, they’ve offended a lot of unsuspecting audiences with their heady cacophony and staunch nihilism. Pratten recalls one show in particular where concertgoers were driven into an angry uproar that got brought up onto the stage once the show had commenced. “Guelph, back in the late ’60s,” remembers Pratten. “We were booked as the final and professional act at Guelph University. Amateur Night.”

On the other hand, there have been countless good times along the way. “Playing Europe for the first time in 1969. Playing Japan. Any of the No Music Festivals,” which the NSB organized in London. “Jamming with R.E.M.,” lists Pratten.

Weird_Canada-The_Nihilist_Spasm_Band-Now.jpg

Michael Stipe endorsements notwithstanding, the NSB have never let themselves become preoccupied with petty ideas of capitalist success. “If we have played this Monday and are going to play next Monday night, all is well,” says Pratten. “The NSB has a short attention span, so all we ever plan to do is play next Monday night and that has carried us for 50 years.”

Le Nihilist Spasm Band joue chaque lundi soir à London (Ontario) depuis 50 ans; mais on ne les verra jamais participer à une cérémonie télévisée pour recevoir un prix – remis par une célébrité – en l’honneur de l’ensemble de leur carrière. Pourquoi? Parce que le NSB a été le premier groupe au Canada (et, d’après l’opinion générale, dans le monde) à jouer invariablement et intentionnellement cette musique de torture et d’aliénation haïe et méprisée qu’est la musique noise. À ce jour, ses membres continuent de jouer de ce doux bruit comme ils l’ont toujours fait : spasmodiquement, nihilistement et ensemble, en tant que groupe.

Rien de plus approprié pour le NSB, donc, que d’allier ses forces à celles de son collaborateur de longue date, la légende du free jazz Joe McPhee, qui l’a rejoint pour un trio de concerts à Toronto, à London et à Guelph – le noise a toujours été le cousin démoniaque du free jazz. Vous ne pourriez trouver deux rejetons de la modernité sonore plus détestés dans le spectre des courants et des genres musicaux. Même tonton avant-garde ne pourrait inspirer autant d’aversion réactionnaire. Or, on pourrait dire que le NSB s’est toujours épanoui dans la négativité, au moins autant que dans l’humilité et le pragmatisme, toutefois ses membres ne sont pas en colère. « Nous n’étions pas fâchés dans les années 60 et nous ne le sommes toujours pas maintenant », déclare Art Pratten, un des fondateurs du NSB et son porte-parole de facto. « On se payait du bon temps. Le Parti nihiliste dont nous étions membres prenait le volet party très au sérieux. »

En étudiant des groupes puisant dans une veine musicale similaire, les historiens de la musique peuvent difficilement remonter plus loin que 1965 – et à ce stade précoce du raz-de-marée sous-culturel des années 60, même les premiers innovateurs canadiens tels que l’artiste multidisciplinaire Michael Snow et le groupe d’avant-garde torontois Intersystems ne feraient leur marque sonore que quelques années plus tard. « Nous étions grandement influencés par les groupes rythmiques d’écoles maternelles et par Guy Lombardo », admet Pratten, lorsque je lui demande ce qu’ils écoutaient à l’époque.

Les sons mornes et désespérément disparates du NSB ne sont pas pour les cœurs sensibles. À travers son histoire, il a offensé un grand nombre d’auditoires mal préparés avec son nihilisme fervent et cette cacophonie entêtante. Pratten se souvient d’un concert en particulier où, une fois le spectacle commencé, le public s’est transformé en un tollé furieux qui s’est rendu jusque sur la scène. Pratten se rappelle que c’était à « Guelph, à la fin des années 60. Nous étions engagés en tant que numéro final et professionnel pour clore la soirée amateur de l’Université Guelph. »

D’un autre côté, il y a eu d’innombrables bons moments tout au long du chemin : « Jouer en Europe pour la première fois en 1969. Jouer au Japon. N’importe quel festival No Music, que le NSB organisait à London. Jammer avec R.E.M. », énumère Pratten.

Weird_Canada-The_Nihilist_Spasm_Band-Now

Malgré le soutien de Michael Stipe, le NSB n’a jamais été intéressé par l’insignifiante idée d’une réussite capitaliste. « Si on a joué ce lundi soir et qu’on jouera lundi prochain, tout va bien, affirme Pratten. Le NSB a une capacité d’attention courte, donc tout ce qu’on planifie, c’est de jouer le prochain lundi soir, et ça nous a porté pendant 50 ans. »

New Canadiana :: Cheap Wig – Magic Idea

Weird_Canada-Cheap_Wig_-_Magic_Idea

Glitter, grit, and spit soaked, Magic Idea is a ripping must-grip tape debut from Montréal’s new queer, feminist, ‘no-means-no wave’ foursome Cheap Wig. ‘Sleep Deprived’ and ‘Switch’ pack an irresistible freak-out energy, but the tape’s longest and most tantalizing track ‘Sieve’, loping along at stoner-metal speed at first, brings the voracious vocals of frontwoman Samantha Garritano (co-founder of Montreal’s Slut Island Festival) to the fore. She coyly spells out ‘F-U-C-K Y-O-U’, initiating the build to an ecstatic and furious climax, un vrai petit mort. “Oh no, you weren’t expecting that, were you?”

Des paillettes, des postillons et de la trempe. Ruez-vous sur Magic Idea, le saisissant premier album sur cassette du groupe montréalais Cheap Wig, un ménage à quatre de la nouvelle vague altersexuelle, féministe, «non-c’est-non». «Sleep Deprived» et «Switch» débordent d’une énergie détraquée, mais la piste la plus longue et la plus pétrifiante demeure «Sieve». La voix avide de Samantha Garritano, chanteuse principale (et co-fondatrice du festival Slut Island de Montréal), s’élève au premier plan. À vitesse métal stoner d’abord, fine enjôleuse, elle épelle «F-U-C-K Y-O-U» et progresse dans une montée effrénée et enragée jusqu’au climax, un vrai petit mort. «Oh no, you weren’t expecting that, were you?»

Cheap Wig – Switch

Cheap Wig – Sieve

New Canadiana :: Woolworm – Mikveh

Weird_Canada-Woolworm-Mikveh

Start off by throwing all your instruments on the floor and kicking them around for a while. Get into a song but then change your mind quickly and abandon it. Repeat that four times. Finally, play a full song in earnest. Scream your lungs out. Break the guitar’s heart.

Done.

Lancez d’abord tous vos instruments de musique au sol et flanquez-leur des coups de pied çà et là pendant un moment. Entamez une chanson, mais changez vite d’idée pour ensuite laisser tombée la suivante. Répétez l’opération quatre fois. Finalement, jouez une chanson au complet tout de hâte. Criez à vous époumoner. Brisez la guitare en son coeur.

Terminé.

Woolworm – Mikveh

Woolworm – Creeping Oppression

New Canadiana :: Outhouse Phantom – Space

Weird_Canada-Outhouse_Phantom-Space

Through the crackle and pulse of handmade electronics, existential questions are skirted. The mundane is analysed right in front of your tired eyes, and yet you cannot be certain if you have even left the house. But not me. I know exactly where I am and I realise I have never interacted with immortal beings before. These are the benefits of childhood indoctrination: superior business skills, a strong body (mainly lower back), and an alien-like approach to tantra. Safe keeping, Noise Fuck.

À travers le pétillement et le battement des appareils électroniques faits à la main, des questions existentielles sont contournées. Le banal est analysé devant tes yeux fatigués et, par contre, tu ne peux pas être certain d’avoir même quitté la maison. Mais pas moi. Je sais exactement où je suis et je me rends compte que je n’ai jamais auparavant interagi avec des êtres immortels. Ce sont les bénéfices de l’endoctrinement infantile : des habilités d’affaires supérieures, un corps robuste (surtout au bas du dos) et une approche au tantrisme comme un extraterrestre. Assurer la garde, Noise Fuck.

Outhouse Phantom – Primitive

Outhouse Phantom – Among the Stars Everything Is Still

New Canadiana :: Isles Day – Monoculture

isles_day_art

As many of us look towards the sky, perhaps it is time to consider that the reptilians among us may be emerging from subterranean bases. It is not outside the realm of possibility that our reptilian overlords have constructed these bases to carry out various drone and ambient projects. A majority of G8 countries have confirmed the existence of military drone squadrons and the installation of vast underground networks of modular synthesizers. They feed our fields. Isles Day is a product of Monoculture. The cultivation of the singular organism of sound.

Alors que plusieurs d’entre nous lèvent les yeux vers le ciel, il est peut-être le temps de prendre en considération que les réptiliens parmi nous pourraient êtres en train de surgir de bases souterraines. Ce n’est pas haut-delà du domaine de ce qui est possible que nos souverains réptiliens ont construit ces bases afin de réaliser divers projets drones et ambiants. Une majorité de pays G8 ont confirmé l’existence d’escadrons drones militaires et la mise en place de vastes réseaux souterrains de synthétiseurs modulaires. Ils alimentent nos champs. Isles Day est un produit de Monoculture. La culture de l’organisme singulier du son.

Isles Day – Monoculture

Isles Day – Subtle Pearl

New Canadiana :: Viper Sisters – Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard for European Values

Weird_Canada-Viper_Sisters

Always in motion and never stationary. Viper Sisters’ (Jakub Tywoniuk) ‘Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard For European Values’ creates a vivid sonic landscape. Dense chaotic jungles of noise open up to vistas as you move through a shifting terrain of sound. In a certain abstract sense, there are some sonic cues taken from the more noise-oriented corners of techno, but this is not for dancing. Just as you feel as though you are about to be completely ensnared, the jungle relents and you start again.

Toujours en mouvement et jamais stationnaire, « Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard For European Values » de Viper Sisters (Jakub Tywoniuk) crée un paysage acoustique vif. Des jungles de musique bruitiste touffues et chaotiques s’offrent à ta vue alors que tu te déplaces à travers un terrain de son changeant. Dans un certain sens abstrait, cet album a des repères acoustiques issus des coins technos davantage orientés vers la noise, mais il n’est pas fait pour danser. Juste au moment où tu as l’impression que tu vas être complètement pris au piège, la jungle se radoucit et tu recommences.

Viper Sisters – Famine Along the Vertices

Viper Sisters – Tropical Depression Precipitated by Nature’s Disregard for European Values

New Canadiana :: No Spectrum – No Spectrum

No_Spectrum

Like a twisting, reverberating steel wire strung between two skyscrapers, feedback loops from on high. Mangled fingers grasp the void, married to some unknown balance; estranged. The slow-motioned clawing frightens tropospheric zephyrs, skittering out of reach.

Beyond the mess of tangled, thrumming guitars, past the vertiginous dipping of your stomach, the melting point arrives.

Comme un fil de fer tordu et pris de vibrations suspendu entre deux gratte-ciel, l’accrochage acoustique fait de la haute voltige. Les doigts tailladés agrippent le néant, mariés à une sorte d’équilibre inconnu; à l’abandon. Les coups de griffe ralentis effraient les zéphyrs troposphériques, virevoltant hors de portée.
Par-delà les guitares enchevêtrées, après la chute vertigineuse et la peur au ventre, le point de liquéfaction est proche.

No Spectrum – Senators

No Spectrum – Drifting Glass

New Canadiana :: Homo Monstrous – You’ve Got Problems Kid

Weird_Canada-Homo_Monstrous-You_ve_Got_Problems_Kid

It’s a glorious mess. Synths shoot laser bolts left and right as the singer screeches with the dubious clarity of a glam rocker. She tries to make herself heard above the sound of power tools, which are out of tune but melodious nonetheless. A red-raw shambolic blast of sheer fucking genius.

Frankly, she sounds as if she could break your spine, but when she wails “I wish I were dead” you feel her pain. Homo Monstrous? It’s us. We are the monstrous species for permitting such pain.

Yeah, you do have problems, kid. It ain’t fair.

C’est un glorieux désordre. Des synthétiseurs tirent au laser dans tous les sens tandis que la vocaliste hurle avec la clarté ambigue d’une glam rocker. Elle tente de se faire entendre au-dessus du boucan d’outils électriques, ceux-ci sonnant faux mais mélodieux malgré tout. Une sanglante bouffée bordélique de pur fucking génie.

Franchement, elle a l’air de pouvoir nous casser le cou, mais lorsqu’elle gémit “I wish I were dead” on ressent sa souffrance. Homo Monstrous? C’est nous. Nous sommes la monstrueuse espèce qui permet une telle souffrance.

Pour reprendre le titre de l’album, eh oui – t’as des problèmes, le jeune. C’est pas juste.

Homo Monstrous – Rat Tails//Painted Nails

Homo Monstrous – Emily Haines

New Canadiana :: La Forêt rouge – Hors de tout doute raisonnable

La_Foret_Rouge

Percussion scatters like a stick dragged around the inside of a ridged tin can. Growling fingernails drag up coiled strings, arguing with whirring tape. Taut strings snap in a whiplash of stinging heat. The cacophony ends as quickly as it began. Clambering faces press against the glass. A twisted plastic bag crinkles slowly while a guitar stretches its legs. A low thunder of drumbeats hold council with sycophants of rewinding feedback. A howling voice grows from nothing before swallowing itself whole.

Des éclats percussifs comme un bâton que l’on frotte sur l’intérieur ondulé d’une conserve. Ongles grondants, traînants des cordes qui s’enroulent, débattant avec la bande magnétique qui frémit. Cordes raides qui cèdent dans un grand fracas de chaleur saisissante. Et la cacophonie qui se termine aussi vite qu’elle a commencé.
Des visages déformés, écrasés contre la vitre. Un sac de plastique froissé se tord lentement alors qu’une guitare s’étire les jambes. Un sourd tonnerre de tambours délibère avec les adorateurs des feebacks rembobinés. Une voix grondante naît du néant et grandit jusqu’à s’avaler en entier.

La Forêt rouge – Sur une lancée

La Forêt rouge – Tout vient à point…