Tag: library

Far Shores // Sanctum :: Also As Well Too

IMAGE1-1

“It’s something in between a fun thing to do with other artists and a throwing-up-of-hands in the face of the ridiculously precarious position that artist-run culture is in today.” – Letch

Taking advantage of the potential in a living room of one’s own, Also As Well Too is bridging the vast physical distance between Canadian artists. Brainchild of Letch Kinloch, the library/gallery is generously based in Kinloch’s Winnipeg home, and there seems to be no more appropriate location. Bright windows illuminate bookshelves brimming with donated and loaned books, zines, cassettes, and records – an impressive response to a humble call for submissions. It comes as no surprise that the community response has been as supportive as it has been collaborative. Workshops and residencies began earlier this summer, and The Wandering Albatross tour, accompanied by Ray Fenwick’s Le Moat Juice, paid a visit to artist-run centers such as TRUCK, SAAG, and Yellow Dog, with more manifestations coming soon. A library never looked so good or felt so fresh.

IMAGE2-2

How did this project come into being?

I’d wanted to make an arts space for a long time – something that gave every artist the potential for equal billing and opened up options for responsive opportunities and collaboration. But every time I looked for spaces to rent or buy, the cost seemed totally impossible. One day it struck me – the Morbid Anatomy Museum in Brooklyn started in Joanna Ebenstein’s living room. She housed it there for 10 years as it grew into an amazing community and eventually a museum in its own building. I was already using my living room as a studio, so I just cleared it out, put up some shelves, and started asking people about artist books. The response was fast and incredible.

Individuals who love and/or make books will find this totally exciting, but what would you tell someone who might not consider a library a relevant contemporary project?

I would say that, like so many other media, artist books are marginalized because people simply haven’t recognized their importance yet. Bookworks still operate on the fringes and, maybe because of that, they are often used to explore ideas that are not accepted in the mainstream. As they have not yet been co-opted or canonized, the medium gives people a certain freedom from the historical oppressiveness of other media, in the same way that video did. It can be anything. So maybe their lack of recognition is a good thing.

But really, it doesn’t matter. The great response I’ve had to the project – people sending in their books and the books of other artists they’ve collected, people showing up to read and explore the collection, the really amazing response to the workshops and events – there is already a large community that has been working with and thinking of artist books as relevant to contemporary art long before I ever showed up on the scene. I don’t really care if anyone else thinks it’s important.

IMAGE3-3

There is totally something about the physical book that is inexplicably important – will Also As Well Too strive to be a physical-only library, or are you thinking of going digital?

It is both! There are some really neat artist books that exist in a digital format that mimics the classic page-turning of traditional books, and it is the perfect medium through which to create that bridge. But there are also digital works that really push the parameters of what a “book” can be. But I don’t think this is totally new to the digital age. There are cassette tapes and records in the Library’s collection that I see as precursors to the digital books.

Another digital aspect to the library is an upcoming project I’m working on, which will be launched with the Wandering Albatross Tour – a geographical database of the locations of artist books around the country (a lot of them are hiding out in regular libraries because people don’t know how to categorize them). The idea is to get people to review the artist books that they find, which will help people be able to engage with them from afar, and maybe get some exciting conversations started. All of this will be hosted on the Also As Well Too website.

IMAGE4-4

“Also As Well Too” strikes me as all the words we use as filler when we’re really excited about something and can’t stop talking – how did you source this title?

These were words my friends and I used to string together in high school, emphasizing and extending the awkwardness of communication, the arbitrariness of the beginning and end of thoughts, the questionableness of language choices. It became a joke, almost like a tic – something we eventually filled in for each other.

Anything you would like to take this opportunity to say to the world?

Send me your artist books!

If you’re not in the neighbourhood or on the tour route, you can cruise the current catalogue, submit and get excited for the library’s future endeavours. Also As Well Too is worth checking out (and renewing).

C’est quelque chose qui se situe entre un truc amusant à faire avec d’autres artistes et simplement baisser les bras face à la position ridiculement précaire de la culture gérée par les artistes d’aujourd’hui. » [traduction] — Letch

Tirant avantage du grand potentiel d’un salon propre à soi, Also As Well Too vient combler la distance physique considérable entre les artistes canadiens. La bibliothèque/galerie est la progéniture intellectuelle de Letch Kinloch, et il a généreusement décidé de l’installer dans son domicile à Winnipeg — un emplacement on ne peut plus approprié. La lumière éclatante des fenêtres illumine les étagères qui débordent de livres, de zines, de cassettes et de vinyles donnés et prêtés : l’impressionnante réponse de la communauté à un humble appel aux soumissions. La réaction communautaire a été aussi encourageante que collaborative, et ce n’est pas surprenant. Des ateliers et des résidences ont débuté plus tôt cet été, et la tournée Wandering Albatross, accompagnée par Le Moat Juice de Ray Fenwick, a notamment rendu visite aux centres d’artistes tels que TRUCK, SAAG, et Yellow Dog, suit par d’autres manifestations bientôt. Jamais une bibliothèque n’a parût si belle et originale.

IMAGE2-2

Comment ce projet est-il né?

Je voulais créer un espace artistique depuis longtemps, un endroit qui donnerait à chaque artiste la chance d’avoir une facturation égale et qui ouvrirait la porte aux possibilités et à la collaboration. Mais chaque fois que je trouvais des espaces à louer ou à vendre, le prix était complètement hallucinant. Puis un jour, ça m’a frappé — le Morbid Anatomy Museum à Brooklyn a commencé dans le salon de Joanna Ebenstein. Elle l’a accueilli pendant 10 ans, développant une communauté extraordinaire avant de devenir un véritable musée. Je me servais déjà de mon salon comme studio, alors je l’ai simplement vidé, puis j’ai installé des étagères et j’ai commencé à poser des questions au sujet de livres d’artistes dans mon entourage. La réaction a été rapide et incroyable.

Les gens qui adorent et/ou font des livres trouveront ça hyper passionnant, mais que diriez-vous à ceux qui ne considèrent pas une bibliothèque comme un projet contemporain pertinent?

Je dirais que, comme de nombreux autres médias, les livres d’artistes sont marginalisés parce que les gens n’ont simplement pas encore reconnu leur importance. Ces livres existent en marge de la société, et, peut-être grâce à cela, ils sont souvent utilisés pour explorer des idées qui ne sont pas acceptées par l’idéologie dominante. Comme ils n’ont pas encore été récupérés ni canonisés, le médium accorde encore aux gens une certaine liberté (contrairement au caractère oppressif d’autres médias), comme la vidéo l’avait fait. Ça peut être n’importe quoi. Alors peut-être que leur manque de reconnaissance est une bonne chose.

Mais ça n’a vraiment aucune importance. La quantité immense de réponses que j’ai eues pour le projet – les gens qui envoient leurs livres ou ceux qu’ils ont collectionnés faits par d’autres artistes, les gens qui se présentent pour lire et explorer la collection, leur présence aux ateliers et aux évènements – me montre qu’il y avait déjà une grande communauté qui travaillait sur les livres et qui les considérait comme étant pertinents dans le cadre de l’art contemporain longtemps avant que je n’arrive sur la scène. Ça m’est vraiment égal que les autres pensent que c’est important ou non.

IMAGE3-3

Il y a quelque chose au sujet des livres matériels qui est inexplicablement important. Est-ce qu’Also As Well Too s’efforcera d’être une bibliothèque purement physique, ou est-ce que vous pensez vous convertir au format numérique?

Les deux! Il y a des livres d’artistes vraiment intéressants en format numérique qui imitent l’action de tourner les pages des livres traditionnels, et il s’agit du médium parfait pour créer un pont entre les deux. Il y a également des ouvrages numériques qui repoussent les paramètres de ce qui constitue un « livre ». Mais je ne crois pas que ce soit une nouveauté propre à l’ère numérique. Il y a des cassettes et des vinyles dans la collection de la bibliothèque que je vois comme des précurseurs. Un autre aspect numérique de la bibliothèque est un projet sur lequel je travaille actuellement, qui sera lancé avec la tournée Wandering Albatross Tour – une base de données géographiques situant les livres d’artistes à travers le pays (beaucoup se cachent dans les bibliothèques régulières car les gens ne savent pas comment les catégoriser). L’idée est d’inviter les gens à faire la critique des livres qu’ils trouvent, ce qui aidera le monde à s’engager avec eux à distance et permettra peut-être d’entamer des conversations excitantes. Le tout sera publié sur le site web d’Also As Well Too.

IMAGE4-4

« Also As Well Too » me fait penser à tous les mots vides que l’on emploie lorsqu’on tripe sur quelque chose et qu’on ne peut pas arrêter d’en parler – comment avez-vous obtenu ce titre?

LK : Ce sont les mots que mes amis et moi avions l’habitude d’enchaîner au secondaire, en rallongeant sur le malaise de la communication et en mettant l’accent sur l’arbitraire du début et de la fin des pensées, sur le doute dans les choix langagiers. C’était devenu une blague, presque comme un tic – un vide que nous remplissions mutuellement.

Voulez-vous saisir cette occasion pour dire quelque chose au monde?

Envoyez-moi vos livres d’artistes!

Si vous n’êtes pas dans le quartier ou sur la route qui sera suivie en tournée, vous pouvez feuilleter le catalogue actuel, faire une soumission et vous réjouir des futures entreprises de la bibli. Also As Well Too vaut la peine d’être découverte (et alimentée).

New Canadiana :: Rakam – Stranger Things Before

Rakam - Stranger Things Before

Channeling the spirit of disco, funk and library music, Rakam conjures visions of nocturnal metropoles splashed with neon pink, gold and green. Stranger Things Before makes 14 offerings of back-alley side-stepping and finger-snapping melodies that haunt brains and headphones. Synths make passage from the realm of the smooth to the crispy, carried by portly bass expressions. Peppered throughout by direct communications with the organic, the occasional innocent guitar peeks out, if only to hide upon arrival of the precipitating groove. A veritable spectre of Montrealean cool.

Puisant à même l’esprit du disco, du funk et de la « library music », Rakam convoque des visions de métropoles nocturnes éclaboussées de néons roses, dorés et verts. Stranger Things Before présente 14 offrandes de mélodies de voyous de ruelles et de claquements de doigts qui hantent les cerveaux et les casques d’écoute. Les synthés passent du royaume du langoureux au croustillant, portés par de généreuses courbes de basse. Pimentée d’un bout à l’autre par ses liens directs avec l’organique, la musique laisse poindre à l’occasion une guitare innocente, seulement pour se terrer de nouveau à l’arrivée du groove précipité. Un véritable spectre du cool montréalais.

Rakam – Le jazz dans la rue

Rakam – Human convoy