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Ex Libris :: First Spring Grass Fire [Rae Spoon]

First Spring Grass Fire by Rae Spoon

Rae Spoon’s debut novel (Fictionalized memoir? Personalized fiction? Diaristic mindfuck?) reads like a series of postcards from a profoundly painful adolescence. For those of us who didn’t grow up Calgarian evangelicals, it also serves as a tour of fundamentalist strangeness, featuring faith healings, speaking in tongues, and (perhaps most frightening of all) trips to Christian summer camp. It is hard not to experience First Spring Grass Fire as a pyramid of hurt, stacked on a foundation of doubt and fear. But this series of vignettes succeeds because Spoon is absolutely unflinching in staring down the fucking monsters of their youth. Mental illness, queer-phobia, loss, humiliation, self-doubt: all are splayed on the autopsy table under the pathologist’s blinding light. Like mortality, it is… uncomfortable.

Yet Spoon’s narrative approach lures even the squeamish. Despite having shed their country-music image, Spoon nevertheless retains the cowboy’s plain-spokenness, and a golden haze of nostalgia hovers around even the most brutal scenarios. Also, the meta antics of author-as-character/memoir-as-fiction act as a nice foil to the squirm-inducing honesty displayed on almost every page. Yes, junior-high-school gymnastic routines happened to all of us, but Spoon’s treatment reconstructs them as fictions. Still harrowing, but possible to isolate as stories, and to extract as tumours of humiliation.

This is a book about the redemptive power of art in general, and music in particular. This is Spoon’s wellspring of hope. It is a parable about being saved, not by a deity, but by a guitar. It is, at heart, the story of how the creator of this video grew from the person who once resolved, “I will never play music in front of people again.”

Le premier roman de Rae Spoon (autobiographie romancée? fiction personnelle? journal intime hallucinant?) se lit un peu comme une série de cartes postales venues d’une adolescence terriblement douloureuse. Pour ceux qui n’auraient pas grandi dans la communauté évangélique de Calgary, il dépeint également toutes les bizarreries du fondamentalisme, entre autres la guérison par la foi, la glossolalie et peut-être la plus effrayante de toutes, les camps d’été chrétiens. First Spring Grass Fire se présente comme une pyramide de douleur fondée sur le doute et la peur. Néanmoins, cette série de vignettes est un succès puisque Spoon, imperturbable, ne cède pas devant tous les monstres de son enfance : les troubles mentaux, la queer-phobie, la défaite, l’humiliation, le doute de soi-même sont tous écartés sur la table d’autopsie sous la lumière aveuglante du médecin légiste. C’est inconfortable… comme la mort.

Pourtant, l’approche narrative de Spoon est susceptible d’attirer même les esprits délicats. Ayant délaissé son image country-western, Spoon en garde toutefois le parler franc du cowboy et on remarque comme une aura dorée de nostalgie même autour des scénarios les plus durs. Les méta-espiègleries narratives (auteur-personnage / auto-bio-fiction) complémentent agréablement l’honnêteté dérangeante présente sur presque chaque page du livre. Oui, nous avons tous fait de la gymnastique au secondaire, mais le traitement de Spoon réinvente la situation comme une fiction. Cette approche nous permet d’isoler ces événements, quoiqu’ils restent extrêmement pénibles, comme autant de récits ponctuels, de tumeurs d’humiliation à extraire.

C’est un livre qui parle des pouvoirs de rédemption de l’art en général et de la musique en particulier : c’est la source de tout l’espoir de Spoon. C’est une parabole qui montre qu’on peut trouver le salut, non pas en un dieu, mais en une guitare. C’est un livre qui raconte, au fond, comment quelqu’un qui a déjà déclaré « Je ne jouerai plus jamais de musique devant les gens » en est venu à créer ce vidéo.

New Canadiana :: Quaker Parents // Dream Friends – Tap Turns Off // Dream Girls

This EP is a one-two Haligonian punch that will split (pun intended) your lip and leave you sucking its tangy aftertaste till you flip the tape to get another faceful. Quaker Parents bring a dose of helium-inflated ’faxpop that hops and reverses quicker than a Dukes of Hazzard car chase. Haphazardly tossing off bons mots and melodic firecrackers, the Parents bask forever in a summer of magical thinking. Dream Friends crank the grunge dial up a notch but match their tapemates’ cultural literacy and easy hookery lick for finger-lickin’ lick. True to their name, these aural explorers hack at flora of overgrown dreamscapes with serrated blades, dodging overhanging fronds and staring straight into the unreal haze. Grip and ponder: where would we be without parents and friends?

Cet EP est un coup de poing Haligonien un-deux qui va fendre votre lèvre et vous laissez sucer son après goût acidulé jusqu’à ce vous retournez la cassette pour ravoir une autre face pleine. Quaker Parents apportent une dose de faxpop gonflé d’hélium qui saute et s’inverse plus vite qu’une poursuite en voiture de Dukes of Hazzard. Lançant au hasard de bons mots et des pétards, les Parents se prélassent pour toujours dans un été de pensage magique. Dream Friends font tourner la manivelle du grunge et monte d’un cran, mais égalent l’alphabétisation culturelle et les accrochages liché à liché de lichage de doigt de leurs compagnons de cassette. Fidèle à leur nom, ces explorateurs auditifs piratent la flore des paysages de rêves géant avec des lames crantés, évitant les frondes surplombantes et fixent directement dans l’irréelle brume. Attrapez et considérez; où seriez-vous sans vos parents et vos amis?

Dream Friends – Aging Sportstar

Quaker Parents – Teeshirt

New Canadiana :: istagamble! – Which House?

Wedding hip-pop beats to the screams of mortally wounded modems, itsagamble! is the arbiter of an arranged marriage (“Do you, fried circuit board, take this fat beat…?”) that has blossomed into love. Leaving behind flora and fauna, Rob Ross chronicles the mating rituals of robots: the tentative caress of electrons across a breadboard, melodrama chopped then screwed to a wall of electromagnetic interference (“Baby Maker”), and slow jamming (“Fox”) that builds breakbeats out of sex-chimes, all glazed in Kraftwerkian synth flavours. Which House? hops valences quicker than a supercharged particle but keeps it somewhere within the sphere drum’n’bass’n’saw wave’n’laser’n’I could go on… Tin foil chewers, bite down on this.

Du hip-pop de mariage bat au son des cris d’un modem mortellement blessé, c’est risqué! est l’arbitre d’un mariage arrangé (prenez- vous, clavier court-circuité, ce rythme gras pour…?) qui s’est épanouit vers l’amour. Laissant derrière la flore et la faune, Rob Ross fait les chroniques les rituels d’accouplement des robots : la caresse hésitante des électrons à travers une platine d’expérimentations, de la mélodrama coupée puis vissée à un mur d’interférence électromagnétique (Baby Maker), et le lent jammage (‘’Fox’’) qui bâtit des breakbeats à partir de carillons de sex, le tout givré de saveurs de synth kraftwerkienne. Which House? Saute les valences plus vite qu’une particule surchargée mais le garde quelque part dans la sphère ‘’batterie et basse et onde de scie et laser et l’’ pourrait continuer…mâcheurs de Tin Foil, mordez sur ça.

itsagamble! – Baby Maker

itsagamble! – Fox

itsagamble! – When Did I Disappear

New Canadiana :: Skip Jensen – The Spirit Of The Ghost

Grafting a yippin’n’yodellin’ head onto garage’s grimy shoulders, Skip Jensen has created a hybrid monster, a ten-gallon-hat sporting scuzzball who fancies a two-step with the fuzzbox dialed up. Skip’s world-weary howl winds its way around the barroom, dragging behind it a mesmeric, slimy tail of guitar riffage. Skip jams several blotters’ worth of campfire undulations into wild-eyed jams like “Crows”, then drops into the lazy-drunk gait of tracks like “As Much As I Do.” Is that a honky-tonk piano I hear on “Revival” or is it just the “Spirit of the Ghost” dripping yesteryear’s blood all over the garage?

Greffant une tête de cri et de yodel sur les épaules sales d’un garage, Skip Jensen a créé un monstre hybride, un fier-pet arborant un chapeau de dix gallons qui aime un deux étapes avec la boîte à distorsion composée. Le hurlement d’un monde fatigué de Skip serpente autour de la sale de bar, traînant derrière une hypnotique queue gluante de riffs de guitare. Skip jam plusieurs registres valant les ondulations d’un feu de camp dans des jams aux yeux fous comme “Crows”, puis descend dans une allure ivre-paresseuse de pistes comme “As Much As I Do.” Est-ce un piano honky tonk que j’entends sur “Revival” ou est-ce simplement le “Spirit of the Ghost” qui dégoute de sang des ans passés partout dans le garage?

[audio:http://weirdcanada.com/binary/Weird_Canada-Skip_Jenson-Spirit_of_the_Ghost.mp3|titles=Skip Jensen – The Spirit of the Ghost] Skip Jensen – The Spirit of the Ghost
[audio:http://weirdcanada.com/wp-content/uploads/2011/07/11-Revival.mp3|titles=Skip Jensen – Revival] Skip Jensen – Revival

New Canadiana :: Liam Trimble – Ultra Rare EP

Oh man, this tape has everything a hollow-toothed pop sucker could want. Sweet crooning, elastic guitar work, qwerty percussion, a waltzified Kinks cover, dinky keyboards, a touch of Tim Buckley (maybe a couple slugs of Buckley’s), guest vox from best-kept-secret Jessica Jalbert, and above all, a craftsman’s ear for song construction. The union of lyrics and (melodic) lines is no marriage of convenience, and the coupling births some extremely well spoken offspring. Take “Money in the Bank,” a complete parable on the transience of local celebrity in two and a half minutes, or “Long Year”, a tangled, chimerical yarn. The tape also comes with a Wing’s Fortune. Mine says: “Someone is speaking well of you.” Well, ditto, Mr. Trimble.

Fiou, cette cassette contient tout ce qu’un fan aux dents creux de pop pourrait désirer. Le chantonnement doux, les riffs élastiques de guitare, la qwertybatterie, une reprise valsifiée de Kinks, les claviers mignons, un peu de l’air de Tim Buckley (peut-être quelques lampées de Buckley’s), la voix invitée du secret le mieux gardé Jessica Jalbert, et surtout, une oreille d’artisan pour la construction des chansons. Le mariage des paroles et des mélodies n’est pas celui de convenance, et le jumelage donne naissance à une progéniture tellement éloquente. Par exemple, “Money in the Bank” est une parabole complète à propos de la nature éphémère de la célébrité du coin dans deux minutes et demi, et “Long Year”, c’est une conte enchevêtrée et chimèrique. La cassette est accompagné d’un horoscope. Le mien se lit: “Quelqu’un dit du bien de toi.” Bien, pareil, M. Trimble.

Liam Trimble – Small Talk

Liam Trimble – Money in the Bank

New Canadiana :: DoT – Mizz Teviak

Jesus, I wish I liked whiskey. A slow glass of the smoky stuff, a rocking chair, and DoT’s Mizz Teviak wafting from the victrola: that’s how this summer’s sweltering twilights should look. Too bad I hate hard liquids, and this album isn’t on vinyl — it’s exactly the kind of dusky, slack-jointed folk that the occasional needle-pop could only accentuate. Without reaching outside of an acoustic palate, DoT does everything from syllable-splitting yarns to softly swirling paranoiac melodies to wurly kitsch. Compounded, these tracks will have you mesmerized on your porch, too heavy-lidded to slap the mosquitos eating your flesh. Bliss.

Merde, j’aimerais bien si j’aime le whiskey. Une verre lente de liquide de fumée, un rocking-chair, et Mizz Teviak de DoT soufflant tout doucement du Victrola. Dommage que je déteste l’alcool fort et cet album n’est pas en vinyle— c’est exactement le genre de folk sombre et détendu que le bruit occasionnel du saphir pourrait accentuer. Sans tendre le bras dehors de la palette acoustique, DoT fait toutes choses depuis les contes syllabe-coupantes jusqu’aux mélodies paranos et doucement tourbillonnantes, jusqu’au kitsch frisé. Ensemble, ces morceaux vont te hypnotiser sur ta véranda, trop somnolent pour frapper les moustiques qui mangent ta chair. Quel bonheur.

DoT – Jimmy Jump

DoT – October Afternoon

New Canadiana :: Holzkopf – Sober Materials #2

If there exists such a thing as a virtuoso of synthesis, Holzkopf is it. In the live recordings that make up Sober Materials #2, he pulls at sine waves like taffy, twisting his tracks into vertiginous mazes of inner-ear confusion. “Still” opens with a single note being twisted into Mobius contours, as strata of frequency are sandpapered away and rebuilt. The album’s piece de resistance is “Live at Madame Claude,” a 20-plus minute improvised (!!!) sythpocalypse which layers machine-gun drums over a sandstorm of swirling textures and a sucking tar pit of deep, doom-laden bass whorls. It’s the death of the dinosaurs all over again.

S’il y a quelque chose comme un virtuose de la synthèse, c’est Holzkpf. Avec les enregistrements live qui forment Sober Materials #2, il étire les sinusoïdes comme si elles étaient des bonbons, en tordant ses voies en les labyrinthes vertigineux de confusion à l’oreille interne. “Still” commence avec une seule note en train d’être tordue en contours de Mobius, pendant que les couches de fréquence sont poncées et reconstruites. Le clou de l’album est “Live at Madame Claude”, une synthépocalypse improvisée de plus de 20 minutes qui étale la batterie mitrailleuse sur une tempête de textures tourbillonnantes et une fosse de bitume des volutes lourdes et trempées de basse. C’est la mort des dinosaures une fois encore.

Holzkopf – Gone

Holzkopf – Stoned in the Airport

New Canadiana :: Little Jungles – Wuts Goin Thru Yer Head

Little Jungles’ debut EP consists of single servings of bitter truth wrapped in shiny pop-gaze wrappers like so much hard, hard candy. Lines like “You’re always telling me / All the negative things / That I know I could change / But it takes a long time to change” drill straight to the marrow of the contemporary quarter-life crisis, throwing off flecks of angst and sugar-coated bone. Matthew Niemann’s voice somehow floats above the cloaks of reverb and drum echoes, cutting through like a mosquito’s bombinations — yet his whine carries irresistible melodic missives. Wuts Goin Through Your Head is a shot to the heart for sugar freaks and a soundtrack to spring fever mistakes. Enjoy with sunlight and a soda.

Le EP des débuts de Little Jungle est consisté d’unique portions de vérité amer enveloppée dans de l’emballage de gaze pop luisant comme ceux des très dur, dur bonbons. Des lignes comme ‘’ You’re always telling me / All the negative things / That I know I could change / But it takes a long time to change” percent directement à la moelle de la crise contemporaine du quart de vie, lançant des éclaboussures de colère et d’os enduits de sucre. La voix de Matthew Niemann flotte d’une façon ou d’une autre au-dessus des manteaux de réverbe et d’échos de batteries, coupant à travers comme les bourdonnements d’un moustique—mais encore sa plainte porte d’irrésistibles missives mélodieuses. Wuts Goin Through Your Head est un coup au cœur pour les fous du sucre et une bande sonore pour faire naître des erreurs de fièvre. À apprécier avec du soleil et un soda.

Little Jungles – Drive Yerself Crazy

Little Jungles – Turn To Me

New Canadiana :: No Gold – No Gold

The debut LP from Unfamiliar Records’ No Gold starts with a blissed-out wormhole of kaleidoscoping liquid noise punctuated by percussive rattles and Phil Collins-esque tom-tom punches. Opener “Rainforce” gives a full-body dirty massage before dropping you in a humid garden of psychedelic fronds sprouting equatorial fruits, ripe and ready to spray tropical colours all over your palate. No Gold have come out from recording hibernation with a serious penchant for deep grooves, spinning themselves outward with mesmeric effects. Set to ensconce your lobes in a magic mushroom cloud, the Vancouver group nevertheless adhere to their own brand of stoner logic, exhibiting sharp moments of hooked-out melody and self-aware lyrics like “All that I can smell is weed and Nag Champa.” So it isn’t just me, then.

Le premier LP de No Gold d’Unfamiliar Records commence avec un trou de ver bienheureux du bruit liquide et kaléidoscopique tacheté par les râles de percussion et les coups de tam-tam façon Phil Collins. La première partie “Rainforce” donne un massage sale intégral avant de vous laisser tomber dans un jardin humide des frondes psychédéliques qui germent les fruits équatoriales, mûrs et prêts à vaporiser les couleurs tropicales sur tout ton palais. No Gold ont quitté l’hibernation d’enregistrement ayant trouvé un gros penchant pour se balancer, en tournant vers l’extérieur produisant les effets hypnotiques. Prêt à emballer tes lobes dans un nuage des champignons hallucinogènes, le groupe Vancouverois adhèrent néanmoins à leur propre type de logique camée, en montrant des moments nets de mélodie entraînante et de paroles attentives comme “All that I can smell is weed and Nag Champa” [tout ce que je peux sentir est l’herbe et le Nag champa.” Alors c’est pas juste moi, hein.

No Gold – Weird Week

No Gold – Rainforts

New Canadiana :: Induced Labour – Untitled 7″

Borne on tsunamis of guitar malice, Leslie Predy’s gremlin mutterings harsh the mellow of the past year’s beach-tinged zeitgeist. Funhouse mirror distortion perverts carnivalesque hooks, begetting a potential soundtrack to Pogo The Clown’s ritual bloodlettings. The face-liquefying thrashery is referenced in the cover’s flesh-drippings, and Induced Labour boil it all down into a thick, bloody gravy. Serve hot on a bed of hardboiled terror.

French Review


Induced Labour – Whore Eyes


Induced Labour – Condo Party