Tag: grunge

New Canadiana :: TOWANDA – Plaything

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The air is thick with sonic fuzz, and the overbearing shadow of unease hangs above. While most suck in the bitter smog, Towanda lets out the snarls we’ve learned to outwardly deny and inwardly accept. The inexpressible desires churn the hedonist angst in the belly of your existence… because “love is wasted on the loved.” The demanding pulsations rupture the peaceful plastic façade in a chaotic yet oddly soothing mantra.

Plaything unapologetically toys with its players amidst devastating intimacy and snarky euphoria.

L’air est épais de duvet sonique et l’ombre de malaise impérieuse se balance au-dessus. Pendant que la plupart aspirent le brouillard amer, Towanda laisse sortir les grognements que nous avons appris à nier extérieurement et à accepter intérieurement. Les désires inexprimables retournent la colère hédoniste dans le ventre de votre existence…parce que ’’L’amour est gaspillé sur l’aimé.’’. Les pulsations exigeantes rompent la façade paisible de plastique dans un mantra chaotique, mais étrangement apaisant. Le jouet joue sans honte avec ses joueurs parmi une intimité dévastatrice et une euphorie mordante.

TOWANDA – Love is Wasted

TOWANDA – Damage/Control

Festivities :: Sappyfest XI

HeaderImageSappyFest

Photo by: Corey J. Isenor

Spending another listless summer tucked away in the Maritimes? Shake off that cozy stupor by sauntering over to the sentimental heart of Sackville, New Brunswick this weekend, and bask in the neon glow of a fish & chips food-truck. Then, stir up your own recipe for disaster with Cupcake Ductape, Chocolat, Nancy Pants, and more homemade, bitter-sweet indulgences. There’s nowhere else but nowhere.

Tu passes un autre été léthargique mis de côté dans les Maritimes? Secoue cette stupeur confortable en se promenant au cœur sentimental de Sackville au N.-B. cette fin de semaine, et savoure la lueur fluorescente d’un food truck fish-and-chips. Après, suscite ta propre recette du désastre avec Cupcake Ductape, Chocolat, Nancy Pants, et encore plus de petits plaisir saigres-doux faits-maison. Il n’y a nulle part ailleurs que nulle part.

New Canadiana :: Milk – Late Bloomer

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Milk’s self-released EP packs grunge, weirdo rock, and surf into 6 tracks, conjuring early summer barbeques that become late night adventures under the stars. The soft, almost beachy guitar chords are reminiscent of long days spent listening to waves at the beach while the lyrics are like sand: they stay with you for ages after you’ve left the shore. It’s the soundtrack to the summer you’ll remember forever with songs you’ll never forget.

Le maxi autoproduit de Milk case du grunge, du rock zarbi et du surf dans 6 morceaux. Il rappelle ainsi les barbecues estivaux précoces qui, tard en soirée, se prolongent en aventures sous les étoiles. Évocateurs de la plage, les doux accords de guitare sont empreints du souvenir des longues journées passées à écouter les vagues. Les paroles sont, quant à elles, comme le sable : elles restent avec vous un temps fou après avoir quitté le rivage. C’est la trame sonore de l’été dont vous vous souviendrez toujours grâce à des chansons que vous n’oublierez jamais.

Milk – Don’t Laugh

Milk – Standards

New Canadiana :: Foam – Charles (Craft Single)

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Foam, a boisterous three piece that emerged from an angry gaggle of notable punk bands from London, Ontario. The Out of Sound-ers carry on a legacy of the DIY punk stomping grounds in the “city of opportunity”. The opening track, “Charles” evokes a violent encounter between your big toe and an otherwise non confrontational coffee table. “Sludge” could be the soundtrack to a nosebleed you’ve woken up with after a fever dream. Though it’s perfectly normal for similar acts to make you drool, inform your doctor if these tracks cause foaming of the mouth.

Foam est un trio chahuteur sorti d’un troupeau colérique d’éminents groupes punk originaires de London, en Ontario. Les Out of Sound-eurs perpétuent dans la city of opportunity l’héritage des milieux punk DIY. Le premier morceau, « Charles », évoque une violente confrontation entre votre gros orteil et une table basse qui autrement ne cherche pas la bagarre. « Sludge » pourrait être la trame sonore d’un saignement de nez avec lequel vous vous êtes réveillés à la suite d’un rêve fiévreux. Bien qu’il soit tout à fait normal que de telles situations vous fassent baver, si vous avez l’écume aux lèvres après avoir écouté ces pistes, parlez-en à votre docteur.

Foam – Charles

Foam – Sludge

New Canadiana :: Dead Soft – Dead Soft

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Our windows open to the sounds and smells that haven’t been present in a season’s time. It’s the first day of a new year when landlords turn off the heat. In rush transmissions from decades back, when music videos first tumbled through coaxial cable, hitting us with feelings that made our hairs stand on end. Or are these the signals from the dawn of college radio? Either way, Dead Soft delivers the spirit of what these forces once were, of what they never could always be.

Nos fenêtres s’ouvrent sur des sons et des odeurs qui s’étaient absentés le temps d’une saison. Les propriétaires arrêtent le chauffage, c’est le premier jour d’une nouvelle année. Ce sont des transmissions expéditives datant de plusieurs décennies; quand les vidéoclips arrivaient pour la première fois à travers les câbles coaxiaux, nous tombant dessus avec des émotions à nous dresser les cheveux sur la tête. En tout cas, Dead Soft ramène l’esprit de ce qu’étaient alors ces forces – ce qu’elles ne pouvaient pas toujours rester.


Dead Soft – Never Forever


Dead Soft – Waste

New Canadiana :: Eating Out – Burn

Eating Out - Burn

Supergroup is a funny word. It summons visions of older men in sharp hats, or maybe younger men in eyeliner. Eating Out is a supergroup in that it features four punx from three super bands, but there is not a shred of ego heard in the music, nor a single note wasted. The songs on Burn sparkle and crunch like a smashed bottle on pavement darkened by West Coast cloudbursts. And then the closer, “That’s My Man,” is a ghostly-winsome grunge-pop dream. 100% fun.

Le terme « supergroupe » est amusant. Il rassemble les visions de vieux hommes portant d’élégants chapeaux, ou peut-être d’hommes plus jeunes portant du eye-liner. Eating Out est un supergroupe dans le fait qu’il comporte 4 punks provenant de 3 super groupes, mais aucune trace d’ego ne se trouve dans leur musique et aucune note n’y est perdue. Les chansons de Burn éclatent et craquent comme une bouteille se brisant sur la chaussée assombrie par les averses de la côte Ouest. Et puis, le dernier morceau, « That’s My Man », se voit être un rêve pop grunge fantomatique-charmant. Voilà 100 % de plaisir.

Eating Out – Burn

Eeating Out – That’s My Man

New Canadiana :: Jeans Boots – Z0RG C1TY

Jeans Boots - Z0RG C1TY

Filling in the cracks of the expansive prairie skyline with their chaotic sounds and distorted pop-rock melodies, Saskatoon’s Jeans Boots emerge as a band in control of their craft. Cutting through the grunge is the sickly sweet voice of Jeans herself: Jeanette Stewart. These four songs quickly captivate thanks to her confident vocal tone and the partnership of moveable guitar hooks. Despite the EP’s robotic title, its core contains a rich well of human emotions: desire, love, and loss. If these feelings suddenly become too intense, the sly deliverance and playful charm of the standout track, “Asshole”, will ease any burdens.

Remplissant les fissures du vaste horizon des Prairies avec ses sons chaotiques et ses mélodies pop-rock déformées, Jeans Boots de Saskatoon apparait comme un groupe qui maîtrise son art. À travers le grunge, on entend la voix mielleuse de Jeans elle-même: Jeanette Stewart. Ces quatre chansons sont captivantes grâce à sa tonalité vocale assurée et à la coopération de rythmes de guitare amovibles. En dépit du titre robotique de ce EP, son noyau contient un puits riche en émotions humaines: désir, amour et perte. Si ces sentiments deviennent tout à coup trop intenses, l’articulation futée et le charme espiègle du morceau, « Asshole », qui se démarque des autres, pourra alléger le fardeau.

Jeans Boots – Asshole

Jeans Boots – No Poet

New Canadiana :: Cascadia – Level Trust

Cascadia - Level Trust

Here’s a lean and mean one from our friends on the left coast. Melodic fury recalling Boston’s finest, The Swirlies, duking it out with a punch-drunk and possibly deafened Jesus Lizard. Shoegaze (starting to hate that word) styled lackadaisical vocals push “Yours” into a sonic space few venture near. KARP meets MBV? Yeah, I’m down. Flip the fucker and the b-side’s opener “Deny” hits all the right spots with railroad guitars nudging the vocals into a late-night meeting by the bridge for some FINALIZING of a situation. Closer “Ever” pulls the rug out with some neat sludge action and a speed-up that shows the folks to be no mere grunge (hate that one too) copyists. Check this Van City trio quick and maybe they’ll drive you into the woods. And leave you there.

Voici tout un EP de nos amis de la côte Ouest. Une fureur mélodique rappelant les meilleurs de Boston, The Swirlies, jouant avec un Jesus Lizard sonné et possiblement assourdi. Les voix apathiques de style shoegaze (je commence à haïr ce mot) poussent « Yours » dans un espace acoustique que peu osent approcher. KARP rencontre MBV? Ouais, j’suis partant. Retournez ce connard de disque et la première pièce de la face B, « Deny », vise juste à l’aide de chemins de fer de guitares, encourageant les voix vers un rendez-vous de fin de soirée près du pont pour FINALISER une situation. Le dernier morceau, « Ever », coupe l’herbe sous le pied avec de l’action boueuse intéressante et une accélération qui montre que ces gens ne sont pas de simples copieurs de grunge (j’haïs ce mot-là aussi). Jetez un coup d’œil à ce trio de Vancouver, ils vous mèneront peut-être dans les bois. Et vous y laisseront.

Cascadia – Josie

Cascadia – Deny

New Canadiana :: War Baby – Jesus Horse

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This might be one of those rare instances when a band can immediately invoke comparisons to Nirvana and not totally suck. In fact, the parallels are almost a disservice. War Baby lay down grungy jams on Jesus Horse that would make mainstream ’90s commercial radio throwback stations a thousand times more tolerable. Listening to this record on repeat will make your hair grow long and greasy at an alarming rate. This Vancouver-based trifecta of power invoke undeniable levels of thrash. Jon Reddit’s guitar and vocals are hypnotic summonings from a dark cave. Aaron Weiss’ bass lines patch into your spinal cord and induce uncontrollable nods of appreciation. Kirby Fisher caps the sonic assault by smashing the songs into your eardrums. All of this was somehow harnessed at The Noise Floor, home to some of the west coast’s best recordings of the last few years, among which Jesus Horse definitely belongs.

Voilà peut-être l’une des rares occasions où un groupe suscite instantanément des comparaisons avec Nirvana sans être totalement à chier. De fait, le parallèle lui fait presque du tort. War Baby nous offre sur Jesus Horse des jams grunge ayant le pouvoir de rendre mille fois plus tolérable n’importe quelle station de radio commerciale prisonnière du son mainstream des années 90. Écouter cet album en boucle rendra vos cheveux gras et les fera pousser à un rythme alarmant. Basé à Vancouver, ce triumvirat de puissance atteint des sommets incomparables de thrash. La guitare et la voix de Jon Reddit s’élèvent comme des incantations hypnotiques d’une sombre grotte. Les lignes de basse d’Aaron Weiss s’immiscent jusqu’à votre épine dorsale pour vous faire hocher incontrollablement la tête d’appréciation. Kirby Fisher mène l’assaut sonique en vous martelant les pièces directement sur vos tympans. D’une façon ou d’une autre, toute cette énergie a réussi à être canalisée depuis The Noise Floor, berceau de certains des meilleurs enregistrements de la côte ouest des dernières années, auxquels s’ajoute assurément Jesus Horse.

War Baby – Melting Witch

War Baby – Black Swan

Cameo :: Joe Strutt on Banned from Atlantis – People Write to Geena Davis in Japanese

Banned from Atlantis – People Write to Geena Davis in Japanese

Winnipeg makes an effective backdrop for a personal struggle to understand how a benevolent God could have created such a hostile universe.

— Mark Kingwell, Dreams of the Millennium

Kingwell would go on to bestow the name “Plague City” on the town he grew up in, as a not-quite-fond nod to its general hostility toward eking out a comfortable life in any season. It’s the sort of place where there’s not much to do, so you start a band. I guess that was sort of the case for Banned From Atlantis — I remember reading an interview where they joked that they got together because they were the only Superchunk fans in the city. Starting with some good songs on a decent self-recorded cassette, People Write to Geena Davis in Japanese would emerge as something startlingly transformed, with thunderous drums and aggressively slacker-ish guitars provided by Bob Weston who was brought in to produce the record. The album would be released against the backdrop of the funeral for the Jets (the real Jets, still exiled in Arizona, not the new, fake, militarism-humping Jets). The team would last for one more lame-duck season, but the band would be done by year’s end.

Things were grim in Plague City, with an unsavoury right-wing political-correctness (“how did they ever get so good at calling other people names?”) establishing a flimsy “Save Our Jets” narrative where we weren’t supposed to question the elites’ plans to cut a blank cheque for the city’s failed and cowardly capitalists. The home I grew up in got sold, and on the cusp of getting my degree (alongside — and this is a true story — no less than Fred Penner) I moved downtown, into my first apartment and quickly learned to recognize the local gang signs. Waving goodbye to all my friends left and leaving, I decided to stay for one more year. I put my polisci courses to work in a dead-end job that involved breathing in other people’s cigarette smoke and watching them piss away their paycheques on VLTs. I put my philosophy courses to work by settling into a winter-long existential funk, wondering what the hell I was going to do with my life.

Long story short: the things you don’t know about yourself in 1995 are going to be the things you don’t know about yourself in 2013. There’s a prairie myth of winter stoicism — that it toughens you up, makes things endure — but in the end it simply breaks some things, like the ice on the rivers at the city’s heart: solid ground heaved into fragments by remorseless, unseen forces. Long story short: the band would break up (though guitarist Doug McLean would notably move on to The Bonaduces and The Paperbacks), the Jets would leave, and I too would leave. “Because the thing about a Plague City summer is that it’s never quite long enough to let you forget that winter.”

Joe Strutt blogs at Mechanical Forest Sound, a slow-paced investigation of a wide range of artists — mostly reflecting on concerts as shared experiences, acts of citizenship and a chance to get down. Fuzzy photographs and clear-sounding original live recordings a specialty.

Winnipeg est un endroit particulièrement propice à la crise de conscience de l’individu qui tente de comprendre comment un Dieu bienveillant aurait pu créer un univers aussi hostile.

– Mark Kingwell, Dreams of the Millennium

Kingwell a aussi donné à la ville de son enfance le surnom pas si affectueux de « Plague City » (la ville de la peste), en référence à la difficulté d’y trouver une vie confortable, peu importe la saison. C’est le genre d’endroit où il n’y a pas grand chose à faire, alors on part un band. J’imagine que c’est le cas de Banned From Atlantis : je me rappelle avoir lu une entrevue avec les membres du groupe qui disaient s’être rencontrés parce qu’ils étaient les seuls fans de Superchunk en ville. À partir de quelques bonnes chansons sur une cassette enregistrée maison, People Write to Geena Davis in Japanese s’est métamorphosé en un album surprenant, plein de percussions retentissantes et de guitares slacker agressives offertes par le producteur invité Bob Weston. Le disque a paru pendant les funérailles des Jets (les vrais Jets encore exilés en Arizona, pas la fausse nouvelle équipe aux tendances militaristes). L’équipe a continué de jouer pour une saison pitoyable, mais le groupe s’est dissolu avant la fin de l’année.

Tout allait mal alors à Plague City : des relents déplaisants de rectitude politique de droite alimentaient un point de vue « sauvez nos Jets! » selon lequel on n’était pas supposé remettre en question l’idée des élites de faire un chèque en blanc aux capitalistes ratés et lâches de la ville. La maison de mon enfance a été vendue, et juste au moment où j’allais compléter mon diplôme (en même temps que Fred Penner, sans blague) j’ai emménagé dans mon premier appartement au centre-ville, où j’ai rapidement appris à reconnaître les symboles des gangs locaux. Au moment où tous mes amis partaient, j’ai décidé de rester en ville pour un an de plus. À l’aide de mes cours de science politique, j’ai décroché un emploi sans avenir où je respirais la fumée de cigarette des gens venus gaspiller leurs chèques de paye à la loterie vidéo. À l’aide de mes cours de philosophie, j’ai sombré dans le doute existentiel tout l’hiver en me demandant ce que j’allais faire de ma vie.

Bref, ce qu’on ne connaît pas à propos de soi-même en 1995, on ne le connaît pas plus en 2013. Il y a un mythe du stoïcisme hivernal qui veut que l’hiver des Prairies bâtit le caractère, qu’il permet de mieux endurer toutes sortes de vicissitudes, mais au fond, tout finit par casser comme la glace des rivières au coeur de la ville, un bloc solide fragmenté par des forces invisibles et impitoyables. Bref, le groupe s’est dissolu (toutefois, le guitariste Doug McLean a ensuite fait partie des Bonaduces et des Paperbacks), les Jets sont partis et moi aussi. « Parce que le problème avec l’été à Plague City, c’est qu’il n’est jamais assez long pour oublier l’hiver. »

Joe Strutt écrit pour le blog Mechanical Forest Sound, qui examine en profondeur un large éventail d’artistes en réfléchissant sur la notion du concert en tant qu’expérience partagée, acte de citoyenneté et occasion de s’amuser. Points forts : les photos floues et les enregistrements originaux clairs.

Banned From Atlantis – Sovereign Thug

Banned From Atlantis – Tantrums