Tag: griffin martell

New Canadiana :: Zachary Gray – Live @ 423 English EP

Weird_Canada-Zachary_Gray-Live_at_423_English-copy.jpg

In an unassuming east end abode, Zachary Gray sits “cross-legged” on the floor, painting mental-pictures of the pastoral beyond. High-flying frequencies carry into the vacant lot next door where the legacy of the speed city went up in flames. Still, the warm glare of the horizon beckons us forward. Sepia-tinted scenes flicker in and out of consciousness while layers of modulated soundwaves envelop the room. For a moment no one stirs and time collapses into the present.

Dans une humble demeure située dans l’est de London, Zachary Gray, assis « jambes croisées » sur le plancher, est en train de peindre les images mentales d’une pastorale d’antan. Des fréquences de haut vol se portent jusqu’au studio vacant d’à côté où l’héritage de la ville du *speed* est parti en fumée. Pourtant, la lumière vive et chaleureuse de l’horizon nous fait signe d’approcher. Des scènes vacillantes couleur sépia entrent et sortent de la conscience alors que des couches de vagues sonores modulantes enveloppent la pièce. L’espace d’un instant, personne ne bouge tandis que le temps s’écroule dans le présent.

Zachary Gray – Gaze

Zachary Gray – Myrtle Beach (Edit)

New Canadiana :: Kara-Lis Coverdale – Aftertouches

Kara-Lis_Coverdale2.jpg

A forgotten absence becomes present as a trace, an impression, an “aftertouch.” Kara-Lis Coverdale glimpses this unknowable truth as she leads us along a trail of evocative signifiers on her latest release for Sacred Phrases. Processing the baroque through synthetic constructions of choral affectivity, she delves the listener into a wormhole perpetually arriving at its present. A new futurity enters the horizon, viscerality in mechanized form. The ghost in the machine was never a delusion.

Une absence oubliée se présente sous forme de trace, d’impression, d’aftertouch. Kara-Lis Coverdale laisse entrevoir cette vérité inexplicable alors qu’elle nous guide le long d’une traînée de signifiants évocateurs dans son tout dernier opus lancé sous le label Sacred Phrases. Convertissant le baroque à travers des constructions synthétiques de chœurs affectifs, la musicienne plonge l’auditeur dans un trou de ver qui revient sans cesse à son présent. Un nouvel avenir point à l’horizon, une viscéralité sous forme mécanisée. Le cheval dans la locomotive n’a jamais été une désillusion.

Kara-Lis Coverdale – Touch Me & Die

Kara-Lis Coverdale – Splash 144

New Canadiana :: Così e Così – Being You Black Utopia

Weird_Canada-Cosi_e_Cosi-Being_You_Black_Utopia

To be yourself. A propositional existence that penetrates, wounds and bleeds. What is corporeality without violence? eros without death? And to negate or transcend? In the anonymity of 21st century life, Così e Così finds self while exiting self. A subject utterly alone in a vessel of flesh that enjoys and suffers and enjoys to suffer. With a cut and a caress, the I think is no more. You are you and I am me but what is real? #NOEXIST

D’être vous-même. Une existence propositionnelle qui pénètre, blesse et saigne. Qu’est-ce que la corporéité sans la violence? L’éros sans la mort? D’annuler ou de transcender? Dans l’anonymat de la vie au 21e siècle, Così e Così trouve le Soi en sortant de soi. Un sujet totalement seul dans un corps de chair qui s’amuse et qui souffre et qui s’amuse à souffrir. Après une coupure et une caresse, le Je pense n’est plus. Vous êtes vous et je suis moi, mais qu’est-ce que la réalité? #NOEXIST


Così e Così – Being You


Così e Così – Knife Play Forever

New Canadiana :: Le Révélateur – Extreme Events

Weird_Canada-Le_Révélateur-Extreme_Events

Absorbing the kosmische constructions of Extreme Events is just that, an extreme event. Upon the opening oscillations we finds ourselves adrift in the ether, thrust untethered from our complacent stasis. Following Le Révélateur’s momentous debut and extensive contributions to Montreal’s experimental scene, this album permeates the interstitial spaces formed between first wave elektronische musik and the contemporary new-age escapades. Let the reverberations of the expanding cosmic depths echo in our eardrums forevermore.

S’imprégner des constructions kosmische d’Extreme Events est en soi un événement extrême. Dès les oscillations d’ouverture, nous nous retrouvons à la dérive, propulsés dans l’éther, sans amarre, au large de notre inertie complaisante. Suivant un premier opus majeur de même que des contributions essentielles à la scène expérimentale de Montréal, cet album s’infiltre dans les interstices qui se sont formés entre la première vague d’elektronische musik et les escapades new-age contemporaines. Que résonnent à jamais, dans nos tympans, les réverbérations des profondeurs cosmiques en constante expansion.

La Révélateur – Afterimage Selves

La Révélateur – Followers

New Canadiana :: D. Tiffany – D. Tiffany

Weird_Canada-D_Tiffany-ST

The daydreaming demiurge that is D. Tiffany brings an architectural intuit to the placid sonics of hypnagogia on her self-titled release for 1080p. Where nebulous synth passages ebb and flow, buoyant techno percussion sways in methodical repetition. A dusky dayglo haze gradually seeps into the mix as D. meanders through Cascadian memories. Glassy facades reflect a familar orange glow. Fluidity unravels into a framework at the sedated pace of a faded twilight shuffle. D. observes contentedly from a veiled space, a divinity enmeshed in the infrastructure.

Sur son album éponyme sorti chez 1080p, la rêveuse démiurgique D. Tiffany présente son architecture intuitive des calmes acoustiques de l’hypnagogie; là où passent des fluctuations de synthétiseurs nébuleux, les technopercussions pétulantes ondulent au rythme de répétitions méthodiques. Une sombre brume fluo s’y infiltre graduellement alors que D. erre parmi les souvenirs cascadiens. Les façades vitreuses réfléchissent [une lueur orangée familière](http://www.nelson.ca/EN/main/visiting/photo-gallery/architecture/big-orange-bridge.html; la fluidité se transforme en charpente à la calme vitesse d’un crépuscule pâle et trainant. D., divinité entrelacée dans l’infrastructure, observe tout depuis un endroit voilé.


D. Tiffany – Tiffany Sway


D. Tiffany – Tranq Moon

New Canadiana :: Death Kneel – French Farewell

Weird_Canada-Death_Kneel-French_Farewwell

There is a suffocating sense of abandon that pervades the power noise Max Klebanoff crafts as Death Kneel. ‘French Farewell’, the first release on Klebanoff’s newly inaugurated Summer Isle label, encloses you in a chamber of predatory drones before abruptly thrusting your cold, naked body up to the panoptic surface. Not far off from the harsh industrial pummelings of early Tesco Organization releases, the A-side’s throbbing low-end frequencies evoke the bracing spectacle of a precarious helicopter landing. On the B-side, Klebanoff douses the throaty vociferations he howls with New Armour in an acid wash of prickly noise. As this chaos subsides and you re-orient your senses, a somber send-off reminds you that someone’s always watching.

Il y a un sens de l’abandon suffocant imbibé dans le power noise que crée Max Klebanoff à travers Death Kneel. “French Farewell”, la première sortie de Summer Isle, le label nouvellement-inauguré de Max Klebanoff vous enferme dans une chambre remplie de drones menaçants de avant de pousser soudainement votre corps froid et dénudé vers la surface panoptique. Non loin des martèlements industriels des premiers temps de Tesco Organization, les fréquences rythmiques bas de gamme du côté A évoquent toutes les sensations fortes qui viennent avec un atterrissage d’hélicoptère risqué. Sur le côté B, Klebanoff arrose ses vociférations rauques d’un torrent acide de bruit épineux à la New Armour. Alors que le chaos s’estompe et vous réorientez vos sens, un adieu sombre vous rappelle qu’il y a toujours quelqu’un qui vous observe.


Death Kneel – Perfume Bath


Death Kneel – French Farewell

New Canadiana :: RAMZi – Bébites

Weird_Canada-RAMZi-Bebites

The spirit of the jungle is a harmony that manifests in pluralistic conflict. As RAMZi pulls us below the canopy, the peace of chlorophyllic homogeneity gives way to alien discombobulation. The bébites scamper along the cold, damp earth, screeching in perpetual cacophony. This is the language of war and sex. Peace, for the bébites, is inexpressible. It is only through the polyglot mediation of RAMZi that their cacophony becomes euphony. As such, the meaningful substance of Bébites becomes apparent in its constituent sonic organisms. To bounce with the bébites is to see the unity of the jungle in all of its beautiful disarray.

L’esprit de la jungle est une harmonie qui se présente sous forme de conflit pluraliste. Alors que RAMZi nous amène sous la voûte forestière, la paix de l’homogénéité chlorophyllienne cède le passage à l’émoi extraterrestre. Les bébites galopent sur la terre froide et humide, hurlant dans une cacophonie perpétuelle – le langage de la guerre et du sexe. Pour les bébites, la paix est inexprimable. Leur cacophonie devient seulement euphonie dans la médiation polyglotte de RAMZi. L’importante substance même de Bébites devient apparente dans les organismes acoustiques qui le composent. Danser avec les bébites, c’est voir l’unité de la jungle dans toute sa jolie désorganisation.


RAMZi – Dancehall Bébite


RAMZi – Nuptial Bébites

New Canadiana :: Wrong Hole – 2012

Wrong Hole - 2012

Enlightenment through ignorance is the way of Wrong Hole. Spurred on by drummer Roland’s chintzy hardcore fury, keyboardist Jon Schouten (of Teenanger infamy) and guitarist Andrew Moszynski (of Comet Control polyphony) promulgate a squall of mid-day malaise. Instead of puritanical moralizing, funnyman vocalist Nick Flanagan spews moronically modest musings on the nature of automobiles, infertility and excessive wealth. Remarkably, at the core of all this absurdist comedy and self-aware idiocy is a profound embrace of the Socratic claim, “I know that I know nothing.” Embed this ancient Greek wisdom under an itchy blanket of sneering scuzz-punk and you get the first reg-rock masterpiece.

L’apprentissage par l’ignorance est la voie de Wrong Hole. Provoqués par l’intense furie rustique du batteur Roland, le claviériste Jon schouten (connu pour Teenanger) et le guitariste Andrew Mszunski (connu pour la polyphonie de Comet Control) répandent une rafale de malaise de mi-journée. Évitant la moralisation austère, le chanteur et comique Nick Flanagan se contente de débiter des conneries idiotement modestes sur la nature des automobiles, de l’infertilité et de la richesse excessive. Remarquablement, au coeur de toute cette comédie absurde et idiotie consciente se trouve une adhésion profonde à la maxime socratique «Je sais que je ne sais rien.». Recouvrez cette ancienne sagesse grecque d’une couverture piquante de scuzz punk et vous aurez le premier chef-d’oeuvre de reg-rock.


Wrong Hole – HDTV


Wrong Hole – I Love Opulence

New Canadiana :: Thantifaxath – Sacred White Noise

Thantifaxath - Sacred White Noise

The debut album from Torontonian black metal wizards Thantifaxath is as easily digested as a near-death experience. With every depraved howl and rhythmic contortion, the anonymous three-piece hurl the listener headlong towards eternity’s void. As the paralyzing sense of one’s finitude looms ever-larger, the Dark Mother rears her head, beckoning with a bloody tongue. What follows is a searing blur of rapturous agony. Now left bodiless and forlorn, the soul seeks refuge in an ocean of wisdom left to dry up long ago. This is the culmination of every nervous glance, every humiliation, every trial of humanity. Perhaps it is not a fear of the end that perpetuates our anxieties but a fear that the end will not come soon enough.

Thantifaxath, le premier album des magiciens black-metalleux torontois, est aussi agréable pour l’estomac que de frôler la mort. Avec chaque hurlement dépravé et chaque contorsion rythmique, ce trio anonyme projette l’auditeur tête première vers le néant de l’éternité. Alors que cette paralysante réalisation que la fin est imminente devient de plus en plus palpable, la Mère Sombre fait son entrée et séduit de sa langue ensanglantée. S’ensuit un flash brûlant d’exquise agonie. Laissée sans joie ni enveloppe corporelle, l’âme se réfugie dans un océan de sagesse asséché depuis longtemps. Ceci est la culmination de chaque regard nerveux, chaque humiliation, chaque épreuve à laquelle on a dû faire face. Peut-être que ce n’est pas une peur de la fin qui perpétue nos anxiétés, mais bien la peur que celle-ci ne vienne pas assez vite.

Thantifaxath – Gasping in Darkness

Thantifaxath – The Bright White Nothing at the End of the Tunnel