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Ex Libris :: Leanne Simpson – Islands of Decolonial Love

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Islands of Decolonial Love, to use a phrase by its author Leanne Simpson, penetrates the aural perimeter. The narrative voice occupying her songs and stories sounds like a constant drum beat in your head, burrowing deep into your chest and stomach. Twisting and turning, the organs transform into a pulpy mass of knots where her words begin to move, slowly and surely rising up towards your mouth. You are afraid of what will come out and when it does, it offers only the slightest relief but it is one you need.

You laugh. A lot. In way that eases the pain by the knots that have formed. You laugh because Simpson discards tired ethnographic entrapments with ease. You laugh because her inclusion of the Nishnaabemowin language makes history jump from the page. You laugh because everything in these storied landscapes is clear and you understand. You laugh until the last of the slowly dissolving knots have moved to your throat and your eyes burn with tears.

You cry because colonial norms have ensnared western society for far too long and it’s frustrating and exhausting. You cry because every one of Simpson’s pieces are a unique celebration of Indigenous nationhoods and not enough people in this country will read them and change. You cry because Simpson shows that the same blood runs through everybody’s veins, we all want to be loved, and we all ultimately share a desire to walk instead of float.

Islands of Decolonial Love, pour se servir d’une phrase de l’auteur Leanne Simpson pénètre le périmètre auditif. La voix narrative qui habite ses chansons et ses histoires retentit dans le crâne comme le rythme constant d’un tambour qui s’enterre profondément dans votre poitrine et l’estomac. Tournant et retournant sur eux-mêmes, quand ses mots commencent à se déplacer, les organes se transforment en une masse de noeuds pulpeux qui montent lentement et sûrement vers votre bouche. Tu as peur de ce qui va sortir, et quand ça se passe, le moment offre un petit répit, mais c’est celui qui était nécessaire.

Tu ris. Beaucoup. Tu ris d’une façon qui soulage la douleur de ces noeuds qui se sont formés. Tu ris, car Simpson se débarrasse des pièges ethnographiques facilement. Tu ris, car elle inclut la langue Nishnaabemowin, car elle fait bondir l’histoire de la page. Tu ris, car tous les paysages historiques sont clairs et compréhensibles. Tu ris jusqu’à ce que le dernier des noeuds se dissolvant lentement passe par la gorge et que tes yeux brûlent de larmes.

Tu pleures parce que les normes coloniales ont enferré la société occidentale depuis trop longtemps, et c’est frustrant et épuisant . Tu pleures parce que chacune des oeuvres de Simpson est une célébration unique des Premières Nations et il n’y a pas assez de gens dans ce pays qui va les lire et changer. Tu pleures parce que Simpson démontre que le même sang coule dans nos veines à tous, nous voulons tous être aimés, et nous désirons tous marcher au lieu de flotter.

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Ex Libris :: Dean Garlick – Chloes

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We often have the sensation of feeling as though we did not actually do something. Our memory recalls a person that is apparently ourselves, the facts we have more or less converge on it being us but nevertheless it feels as though it was a different person altogether. I couldn’t have done that?

Dean Garlick poses this question in Chloes. A Montreal bank clerk, Chloe Fortin is forced to experience herself in the present, while grasping what it is to be connected to your former self. With the arrival of a parakeet and the departure of a person, Chloe moves from past to present reconciling what it means to be oneself in flux. Accompanied by illustrations by Nicole Legault, Garlick weaves the narrative of an individual understanding the nature of the self as fractured but connected through the continuation of one’s body.

On a souvent le sentiment d’avoir fait quelque chose sans pourtant l’avoir faite. Une personne qui est supposément nous-même nous revient en mémoire, avec les faits de la chose qui convergent et démontrent qu’il s’agit bien de nous et pourtant, quelque chose indique que c’était quelqu’un d’autre. J’ai pas vraiment fait ça, moi?

Dean Garlick pose cette question dans Chloes. Commis dans une banque montréalaise, Chloe Fortin est confrontée à son soi présent tout en essayant de comprendre ce que c’est d’être connecté avec la personne qu’elle était auparavant. Avec l’arrivée d’une perruche et le départ d’une personne, Chloé passe du passé au présent, conciliant ce que ça signifie d’être soi-même dans un même flux. Agrémenté des illustrations de Nicole Legault, Garlick tisse le récit d’une compréhension individuelle de la nature du soi fracturée, mais connectée à travers la continuation corporelle.

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Ex Libris :: The Plan [Gleb Wilson]

The Plan by Gleb Wilson

Despondent Soviet soldiers. Directionless Hollywood hacks. Status-seeking high school burnouts. In The Plan, Gleb Wilson collects heart-wrenching stories of boys and men alike, trying and failing to fulfill goals shaped by their own skewed sense of self. Hopelessness. Decay. Dissatisfaction. The subtly humorous and melancholic dialogue between characters exposes their lack of empathy as they attempt to play their part. The inability to communicate and relate reveals a facade embedded in our understanding of happiness, success, and masculinity. Facades of life, social media superficiality personified, appearances on top of appearances on top of appearances, with personality, expression, and internality buried so deep, it’s hardly there; and so their struggle continues.

Des soldats soviétiques déprimés. Des écrivains médiocres de Hollywood sans direction. Des burnouts d’école secondaire en quête de statut social. Dans The Plan, Gleb Wilson recueille les histoires déchirantes de garçons et d’hommes qui tentent sans succès d’atteindre des objectifs dictés par une vision déformée d’eux-mêmes. Le désespoir, la décadence, le mécontentement. Le dialogue subtilement comique et mélancolique révèle le manque d’empathie des personnages qui tentent de jouer leur rôle. Cette incapacité à communiquer et à s’identifier aux autres trahit un blocage inhérent à notre compréhension du bonheur, du succès et de la masculinité : les apparences des apparences des apparences, la superficialité des médias sociaux, les façades de la vie, tandis que la personnalité, l’expression de soi, la subjectivité sont reléguées si profond qu’elles sont à peine présentes, et le combat continue.

The Plan by Gleb Wislon (page scan)

Ex Libris :: I Am My Own Betrayal [Guillaume Morissette]

I Am My Own Betrayal by Guillaume Morissette (cover)

Sleepwalking through pop culture lugubriousnesses, avoidable faux-paux, and intentional bridge-burning, Guillaume Morissette’s I Am My Own Betrayal rubs the dust from its eyes, confused, and with a bloody nose, but grinning upon the light of the new morning. Post-mortem, dream analysis, hung-over last-night-puzzle-piece configuring, the stories and poems within try to make sense of events, painful or pleasant, in the context of transitional analysis and Wrestlemania video games, though neither one more successful than the other. However, it would not be fair to paint too blue a picture of Morissette; you will find no self-pitying apathy here. There is pain and hope: “If life is a minefield, then happiness was probably running in it.”

Avançant à tâtons parmi la culture pop lugubre, les faux-pas faciles à éviter et les ponts brûlés, « I Am My Own Betrayal » de Guillaume Morrissette se frotte les yeux pour en ôter la poussière, confus et saignant du nez, mais souriant dans la lumière du matin. Post-mortem, à la manière de l’analyse des rêves ou d’un casse-tête intérieur de lendemain de brosse, les histoires et les poèmes de ce recueil tentent de donner un sens à des événements douloureux ou joyeux dans un contexte d’analyse transactionnelle et de jeux vidéo de Wrestlemania, même si ni l’un ni l’autre n’ont de succès. Mais il ne serait pas juste de montrer Morissette comme quelqu’un de trop las ou mélancolique : vous ne trouverez aucune apathie ni apitoiement ici. Il y a de la douleur comme de l’espoir : « si la vie est un champ de mines, le bonheur c’est de courir à travers ».

I Am My Own Betrayal by Guillaume Morissette (page)
I Am My Own Betrayal by Guillaume Morissette (Back Cover)

Ex Libris :: The North Yorker [Alain Mercieca]

The North Yorker by Alain Mercieca

These are bizarro world visions: TVs with assholes, post-apocalyptic condo developments, spoon manufacturers who refuse to make forks. Somehow, miraculously, Mercieca makes them resonate. Staring at a cement block, the narrator reflects that “whorehouses should change their names to Energy Exchange Bureaus or Hormonal Release Societies”, a foreign thought perhaps, but not an entirely unrelatable one; city dwellers spend a lot of time staring at concrete. The North Yorker is about intentional weirdness, quiet confusion vs. screaming boredom, and the perils of unchecked introspection. Spend too much time inside yourself and everything gets strange.

Voilà des scènes dignes du monde de Bizarro : des télévisions avec des anus, des condos post-apocalyptiques, des fabricants de cuillères qui refusent de faire des fourchettes… mais comme par miracle, Mercieca les fait résonner. En regardant un bloc de ciment, le narrateur pense que « les bordels devraient être rebaptisés “bureaux d’échange de l’énergie” ou “sociétés de libération des hormones” », pensée certes inhabituelle, mais à laquelle on peut tout de même s’identifier : après tout, les citadins passent beaucoup de temps à regarder le béton. The North Yorker parle de bizarrerie délibérée, de confusion silencieuse et d’ennui criant, et des dangers de l’introspection excessive. Quand on passe trop de temps à l’intérieur de soi-même, tout devient étrange.

The North Yorker by Alain Mercieca (excerpt)
The North Yorker by Alain Mercieca (back)

Ex Libris :: The Lease [Mathew Henderson]

The Lease by Matthew Henderson

The voice of Mathew Henderson’s The Lease is one of the thousands of young people who head to the Alberta oil fields in search of work, finding only endless labour, condensed male sexuality and constant physical pain. This is an alien landscape lit by the gas flare of the oil rigs where “you are the only thing with feet and hands / on a flat dying moon.”

An Edward Hopper painting if he painted the rigs, these tight, narrative-driven poems are reminiscent of the traveler’s estrangement felt in Antony Di Nardo’s Alien, Correspondent and the overheard-dialouge-while-working-your-ass-off accessibility of Michael Turner’s Company Town. And like those collections, it focuses on the day-to-day. The only thing that breaks up the apathy is when, for a moment, we turn away from the work and notice our surroundings: prairies as wide as the sky, cows grazing at night, “palm-sized moths”, and the terrible cold letting us know we don’t belong here this time of year. Nature reminds us that we are only barely tolerated.

La voix de The Lease de Mathew Henderson est l’une des milliers de jeune gens qui se dirige vers les champs pétroliers d’Alberta à la recherche de travail, trouvant seulement du labeur interminable, de la sexualité mâle condensée et une douleur physique constante. C’est un paysage extraterrestre éclairé par les flammes de gaz des plates-formes de pétrole où ‘’vous êtes la seule chose avec des pieds et des mains / sur une lune plate mourante.’’

Une peinture d’Edward Hopper s’il peignait les plates-formes, ces poèmes, serrés, menés en narration sont réminiscent de l’éloignement de voyageur ressentit dans Alien, Correspondent de Antony Di Nardo et le ‘’dialogue entendu par hasard pendant que tu travail comme une bête de l’accessibilité de Company Town de Michael Turner. Et comme ces collections, elle se concentre sur le jour-à-jour. La seule chose qui brise l’apathie c’est quand, pour un moment, nous nous détournons de l’œuvre et remarquons ce qui nous entoure : des prairies aussi vaste que le ciel, des vaches broutant durant la nuit, ‘’des mouches de la grosseur d’une paume’’, et le terrible froid nous laissant savoir que nous ne devrions pas être ici à ce temps de l’année. La nature nous rappelle que nous sommes à peine tolérés.

Ex Libris :: The Logogryph [Thomas Wharton]

The Logogryph by Thomas Wharton

Bursting into existence from the inscrutable mind/body syzygy of Thomas Wharton comes The Logogryph, a fictional work containing dozens of vistas and histories, marginalia and miscellanea, curiosities, obscurities, and impossibilities. It is a book of ideas, a book of metaphors, a book of questions. What is the origin of paper? What about Atlantean literature? What if you fell out of a novel? It is a Canadian book of stories, describing Stand By Me-framed digs in Jasper pizza joints circa 1981 complete with lame Terry Fox slams, else-referential culturial Canadiana, and Mexican excavations of Odyssian proportions. It is a collection of accumulated lacunae, a Borgesian beastiary, a labyrinth of Lynchian puzzles and problems, some unsolved, others unsolvable. The singular unifying light amidst this beautiful confusion is the common theme suggested by the subtitle, “a Bibliography of Imaginary Books.”

A mystery wrapped in a riddle wrapped in a dust jacket wrapped in a sleeve, we would be remiss if we didn’t take a moment to appreciate the physical splendor of The Logogryph. As always, Gaspereau Press has taken pains to make the reading experience a physical and aesthetic pleasure: the creamy textured paper, letterpress dust jacket, and sleeve will have you cozying up to this book after lights-out. Grip, read, and be read.

Explosant dans l’existence de l’inscrutable esprit/corps de la syzygie de Thomas Wharton vient The Logogryph, une œuvre de fiction contenant des douzaines de vues et histoires, marginalie et diversité, de curiosités, d’obscurités et d’impossibilités. C’est un livre d’idées, un livre de métaphores, un livre de questions. Quel est l’origine du papier? Et que dire de la littérature Atlantaine? Et si vous tombiez d’un roman? C’est un livre d’histoire canadien, décrivant les fouilles de Stand By Me-framed dans des joints de pizza de Jasper à l’entour de 1981 de proportions complètement Odysséennes. C’est une collection de lacunes accumulées, un bestiaire Borgésien, un labyrinthe de casse-têtes et de problèmes Lynchien, certains non résolus, d’autres insolubles. L’unique lumière unifiante parmi cette magnifique confusion est le thème commun suggéré par le sous-titre, ‘’une Bibliographie des Livres Imaginaires.’’ Gaspereau Press en a bavé pour faire l’expérience de lecture un plaisir physique et esthétique: la texture crémeuse du papier, une jaquette de livre typographiée et une gaine qui va vous acclimater à ce livre après la fermeture des lumières. Saisissez, lisez, et soyez lu.

Alternative Cover: The Logogryph by Thomas Wharton
Sleeve: The Logogryph by Thomas Wharton
Dust Jacket: The Logogryph by Thomas Wharton