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Ephemera :: Cosi e Cosi

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Seeing Yellow

Flora and I met up with Vincent Ferrari, a.k.a Cosi e Cosi, at Psychic City. The large, dark sub-basement space was filled with gesticulating instruments, props and aesthetically tantalizing oddities. Vincent lifted his belongings from a small dark corner. His minimal equipment, identified easily by his signature yellow tape, was wrapped in a yellow square of fabric. “The yellow cloth is from a decrepit shack between Winnipeg and the Minnesota border, where I lived in a cabin… it was the winter and there was no heating and I was walking through this frozen wasteland.” The cloth is symbolically similar to the ones babes are wrapped in when they’ve stretched from the womb. In a frozen white wasteland, the yellow cloth wrapped itself around a new creation – Cosi e Cosi.

“I don’t even really like yellow. It’s not my favorite colour,” he said.

From there, we made our way to his flat by Parc Laurier where Vincent produced a deal of yellow items.

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The Rings

“The last time I played hockey was two-thousand… I don’t remember anymore. 2004, 2005? I don’t play hockey anymore, but I used to play hockey a lot and this is a provincial championship ring from when I was 18 and this one is from a college championship in 2003. Two years in a row after that I lost in overtime in championship games and then I quit and I didn’t skate for five years at all,” he passes the rings through his fingers, puts them on. “When I quit, I started music.”

“Five years later I skated for the first time on the river at the forks with a girl… and it took another five years until I skated again with another girl on the river at the forks in Winnipeg. I haven’t skated otherwise. I won these rings and I had never worn them ever. I had put these rings in a box and left them with my parents and I found them and I’ve put them on because I’ve come to terms with my hockey past and I want to put them on.”

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Lambs

Vincent produces a small plush toy which looks like it’s seen time. “This is lamby,” he says, “very important to Cosi e Cosi, I’ve never really explained it, but Lamby sits at every show. I just like having a teddy bear there because it shows the side of vulnerability I like to have in contrast to my stage performance which is, I mean I am very vulnerable, but I like portraying the femininity in contrast to the masculinity. Keeping in touch with the tender side.”

“Are you playing with dialectics of gender – in one sense you have a hyper-masculine presence and simultaneously, it’s hyper feminine?” I ask. Vincent is at once a beautiful and handsome man who presents himself with thoughtfulness and ease. It is quickly discovered that each of the items in his space is symbolic of something.

“This project started in 2013 and before that I was playing guitar in a duo with a female singer and, touring around, we were just always playing with guitar bros and I was one of them. But, I never really felt like one of them. I just got so sick of guitars. I was burnt out.”

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Knives

Vincent sneaks his body around the space, trying to avoid being directly photographed with his objects. He picks up a pair of knives and starts touching them together, non-menacingly. I ask, “what’s with the knives?”

“Uh, well, I have a song called ‘Knife Play Forever’ which is part of a conceptual series, and I made a video for this song in Winnipeg and at that point I had a little yellow knife.” Vincent says ‘little,’ soft and quick on the t’s, ‘yellow’ soft and quick on the l’s and, ‘knife’ with a grand ease. He goes on to say for the final installment of the conceptual series, Worthy Knife Stab, “I made a video with Jean Bourbonnais et and I used this knife in that video, so there is a knife series.”

“And your fascination with knives is…?” I ask, remembering that despite my fear of knives (wielded), I feel in no danger.

“The depth that knives can penetrate.”

“Do you consider knives a weapon… an instrument… a tool? Like, how do you see it as an object?”

“Knives are a symbol… it’s more about the action.” He says, his voice becoming gravelly. “What you can do with it. So, it can be extremely dangerous, but also when I say depth of penetration I mean going really deep into something.”

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Leaf

“When I started Cosi e Cosi I drove around at night delivering newspapers and there was a very special night, one of those deeper than romantic nights, and as I was delivering papers leaves were blowing into my car and that’s one of the leaves.”

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Vincent Gallo

“I used to be a very big fanboy…” Vincent Ferrari holds the case in his ringed hands. “When I was younger people used to tell me I looked like him, but I never get it anymore so I’ve grown to not look like him.”

“This CD, there’s only 500. I’m not a collector, I’m not actually into material. Objects,” he pauses and repeats with intent, “objects are made of what you put into them, the object itself has no meaning.”

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Jaune partout

Nous avons rencontré, Flora et moi, Vincent Ferrari, alias Cosi e Cosi, au Psychic City. Le grand sous-sol sombre était rempli d’instruments gesticulants, d’accessoires et de bizarreries esthétiquement alléchantes. D’un petit coin sombre, Vincent a soulevé ses effets. Emballé d’un carré de tissu jaune, son équipement minimaliste est identifié par son ruban jaune habituel; « Ce tissu jaune provient d’une cabane délabrée située sur une terre gelée à la frontière entre Winnipeg et Minnesota où je suis resté pendant l’hiver, sans chauffage. Je marchais sur cette terre gelée. » C’est représentatif d’un linge servant à dorloter un nouveau-né. À travers un terrain vague gelé, le tissu jaune s’enroulait autour d’une nouvelle création – Cosi e Cosi

« Le jaune ne fait même pas vraiment triper. Ce n’est pas ma couleur préférée, » dit-il.

Nous nous sommes rendus à son appartement près du parc Laurier où Vincent fabrique plein de choses jaunes.

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Les bagues

« La dernière fois que j’ai joué au hockey remonte à 2004-2005, je crois. Je jouais souvent, mais je ne joue plus. Cette bague a été méritée au championnat provincial lorsque j’avais 18 ans et l’autre en 2003 lors d’un championnat collégial. Deux années de suite après cela, j’ai perdu des matchs de championnat en surtemps. J’ai donc abandonné et je n’ai pas patiné du tout pendant 5 ans, » dit-il en tournant ses bagues. « C’est à ce moment-là que je me suis intéressé à la musique. »
« Cinq ans plus tard, j’ai patiné pour la première fois au Forks à Winnipeg avec une fille, et encore une fois 5 ans plus tard avec une autre fille, au Forks. Sinon, je n’ai plus vraiment rechaussé mes patins. Les bagues ont été mises dans une boîte chez mes parents sans jamais les avoir portées. Lorsque je les ai retrouvées, j’avais envie de les porter afin d’accepter mon passé de hockeyeur. »

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Les Agneaux

Vincent sort son petit jouet en peluche qui semble très vieux. « C’est Lamby, il est très important pour Cosi e Cosi, » dit-il. « Je ne sais pas comment l’expliquer, mais Lamby est présent à chaque spectacle. Cet ourson aide à montrer ma nature fragile contrairement à la façon dont je performe sur scène. Je suis effectivement fragile, mais j’aime révéler la féminité versus la masculinité et garder le contact avec le caractère fragile. »

Je demande : « Vous jouez sur la dialectique des sexes ? D’un côté, vous avez une présence hyper-masculine, mais en même temps très féminine. » Vincent est quelqu’un d’élégant et aisé qui se présente avec délicatesse. Il a été noté que chaque élément qui l’entoure a une portée symbolique.

« Avant ce projet, qui a débuté en 2013, j’étais guitariste en duo avec une chanteuse et parfois en tournée. Je faisais partie d’une bande de guitaristes, mais je ne me sentais jamais à l’aise. Je me suis tanné de la guitare. J’étais épuisé. »

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Les Couteaux

En se faufilant autour de la pièce, Vincent tente d’éviter d’être photographié avec ses objets. Il ramasse deux couteaux et les manipule avec soin. « Pourquoi les couteaux ? », je demande.

« Bien, j’ai une chanson qui s’appelle *Knife Play Forever* qui fait partie d’une série conceptuelle. J’ai fait une vidéo pour cette chanson à Winnipeg et à ce moment-là j’avais un petit couteau jaune. » Vincent prononce les mots « petit » et « jaune » rapidement et doucement et « couteau » en toute confiance. Il ajoute ceci pour la dernière phase de la série conceptuelle
*Worthy Knife Stab*: « J’ai créé une vidéo avec Jean Bourbonnais et j’ai utilisé le couteau dans la vidéo. Il y a donc une série avec des couteaux.”
« Et la fascination avec les couteaux…? », je demande, en me souvenant que malgré ma phobie du maniement de couteaux, il n’y a aucun danger ici.

« La profondeur que peuvent pénétrer les couteaux. »

« Vous considérez les couteaux comme une arme… un instrument… un outil ? Vous les voyez comme des objets ? »
« Les couteaux sont un symbole… tout est dans l’acte, » dit-il avec une voix rauque. « Ce que tu peux faire avec. C’est très dangereux et quand je parle d’une pénétration profonde, c’est d’y aller dans la profondeur des choses. »

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La feuille

« Lors du lancement de Cosi e Cosi, je faisais la livraison de journaux et un soir en particulier, disons fortement romantique, des feuilles soufflaient sur ma voiture et c’est une de ces feuilles. »

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Vincent Gallo

« J’étais un grand admirateur » Vincent Ferrari tient l’étui dans ses mains baguées. « Dans ma jeunesse les gens me disaient que je lui ressemblais, mais avec le temps, ce commentaire a
cessé. »

« Il n’y a que 500 copies de ces CD. Je ne suis pas un collectionneur d’objets matériels. » Il arrête et répète avec conviction.
« L’objet lui-même n’a pas de signification. Un objet est la création de l’effort investi. »

Ephemera :: Brodie West

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Back a few seasons ago, while he was preparing to decamp to Hamilton, we ducked into the Kensington Market apartment of Brodie West, leader of the avant-calypso all-star band Eucalyptus. Brodie keeps busy as a father, saxophone soloist and sideman with many units, including Drumheller, The Ryan Driver Sextet, and the Lina Allemano 4 locally (and with legends like The Ex, Han Bennink and Getatchew Mekuria internationally). We spoke about banjo-ukuleles, grandmothers, cassettes (spooled and unspooled), and the nuances of heating foil as Brodie showed us the objects that inspire and move his art.

Album

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This the second 10″ Eucalyptus has done. The art’s a collaboration again with Sandy Plotnikoff and Seth, just like the first one. They’re all handmade, and each has slight variations with the design.

Stamp

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This is the stamp used for the face on the record. It was really fun to make all the little decisions about which foil, what colour to use… we tried so many things, I still have a bag of leftover foil bits. Just getting the right temperature was also tricky… we had to find out as we went along what was going to work and what didn’t, cause Sandy has a lot of foil options, but not all of them were sticking. And the other thing was dealing with the heat, how much it heats the record up. People have asked if that’s meant as a picture of my son Willie, but it kind of just came together that way. Seth brought a few options for different directions to go and we just made a quick decision. This one seemed really fun and playful… Sandy and I actually made a video of the record spinning, ’cause it actually pulsates, it shimmers in a really cool way as it’s spinning around and catches the light.

Fuzzy + Tape

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We had this as part of our series of release gigs at Hirut. One of the nights was my son’s first birthday, so this is something that Meagan LaCroix made to give to him. This is a character of Seth’s, from the movie Asphalt Watches. Megan liked the film and made a reproduction of this guy. The tape it’s resting on was something Sandy gave me for my birthday eight or so years ago. It’s a tape of the band Blurt.

Charts

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These are the charts for some of the songs. There aren’t arrangements for every member of the band. I mostly say, ”here’s the tune", and then we rehearse and talk about the arrangements. I wish I could say everything everyone needed to know right from the beginning. That’s the ultimate aim, but I’m learning as I do it. Ryan Driver’s really good at seeing what little thing I missed, what little details aren’t there, because he really reads. He’s a good person to test your accuracy with.

Sax

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My mom bought this for me when I was in high school. She was a high school teacher and she knew a student who was selling his horn. I was fourteen or fifteen when I got it and I was lucky to get a really nice one straight from the beginning. It’s been amazing to have one horn all that time. It’s certainly a precious thing, and it has a lot of nice details on it in the engraving.

Cassettes

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I like cassettes a lot. To have stuff like CCMC, a lot of Healing Power, and things that I found in Ethiopia. I’ve been there three times. The first time we didn’t have any gigs, but the second time we played in big theatres and everything. I’ve been playing with Getatchew Mekuria and The Ex for almost ten years now. The first album with Getachew, there was a cassette edition for Ethiopia, made for sale in Addis. I think they made 3000, because that was the smallest amount the label would do!

Mighty Blue

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My grandmother taught me how to play ukulele. She gave me a George Formby book, she was really into him. He played banjolele, which is what this is. This was something she left to me in her will… she must have found it at a garage sale. I don’t play it any more, not much. I did play it with Zebradonk. My grandmother’s name was Lorna, so that’s why my label’s name is Lorna Records. She had a lot of musical instruments and she loved music. She took me under her wing as soon as I started showing any interest in music. She was the first to teach me jazz songs, 30’s-style tunes. She subscribed to sheet-music magazines and she always had music in her house, a piano in the living room so the whole family with six kids would sing together. A really cool grandma, and really outgoing. She was a big influence on me.

Il y a de cela quelques saisons, lorsqu’il se préparait à décamper pour Hamilton, nous avons fait une escapade à l’appartement de Brodie West, leader du groupe étoile avant-calypso Eucalyptus, dans Kensington Market. Brodie est un homme occupé par la vie de père, de saxophoniste soliste et de collaborateur à plusieurs ensembles, dont Drumheller, The Ryan Driver Sextet, et Lina Allemano 4 sur la scène locale (et avec des légendes comme The Ex, Han Bennink et Getatchew Mekuria sur la scène internationale). Nous avons jasé de banjo-ukulélé, de grand-mères, de cassettes (bobinées et débobinées), et des nuances sur une pellicule sous l’effet de la chaleur pendant que Brodie nous présentait les objets qui inspirent et donnent forme à son art.

L’album

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C’est le deuxième vinyle de 10 po qu’Eucalyptus a fait. L’illustration est encore une fois une collaboration avec Sandy Plotnikoff et Seth, tout comme pour le premier. Ils sont tous faits main et le design de chacun varie un peu.

L’étampe

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Cette étampe est utilisée sur le dessus de l’album. C’était vraiment génial de prendre toutes les décisions sur la sorte de pellicule, le choix de couleur… On a essayé tellement de choses, j’ai encore un sac de retailles de pellicules. Obtenir la bonne température était laborieux… on devait apprendre au fur et à mesure ce qui fonctionnait ou pas parce que Sandy offre beaucoup d’options de pellicule. L’autre aspect était de manipuler la chaleur et de savoir quelle quantité de chaleur l’album pouvait tolérer. Les gens m’ont demandé s’il s’agissait d’une représentation de mon fils Willie, mais je crois que c’est juste sorti comme ça. Seth a proposé différentes avenues et nous avons pris la décision rapidement. L’idée semblait amusante et joviale… Sandy et moi avons même filmé l’album pendant qu’il tourne puisqu’il fait des pulsations. Il scintille d’une façon vraiment cool et, en tournant, reflète la lumière.

Toutou + Cassette

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Nous avions ceci pendant notre série de représentations de lancement au Hirut. L’anniversaire de mon fils a eu lieu un de ces soirs, Meagan LaCroix l’a fabriqué pour lui en faire cadeau. C’est un personnage de Seth’s, du film Asphalt Watches. Megan a aimé le film et a fait une version en peluche de ce personnage. La cassette sur lequel il repose est un truc que Sandy m’a donné pour mon anniversaire il y a environ huit ans. C’est une cassette du groupe Blurt.

Feuilles de musique

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Ce sont les feuilles de musique de certaines chansons. Je n’ai pas d’arrangement pour chaque membre du groupe. En somme, je dis « voici l’air », puis on pratique et on discute des arrangements. J’aimerais pouvoir expliquer à tout le monde ce qu’ils ont besoin de savoir dès le départ. C’est le but ultime, mais j’apprends au fur et à mesure. Ryan Driver a vraiment l’œil pour voir les petits détails que j’oublie, étant donné qu’il lit vraiment. Il est la personne idéale pour vérifier sa justesse.

Sax

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Ma mère me l’a acheté quand j’étais au secondaire. Elle était une enseignante au secondaire et elle connaissait un élève qui voulait vendre son instrument. J’avais quatorze ou quinze ans et j’ai eu la chance d’en avoir un bon dès le départ. Ce fut génial d’avoir un sax tout le temps. C’est vraiment un objet précieux, et il a beaucoup de gravures détaillées.

Cassettes

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J’aime beaucoup les cassettes. Avoir des trucs comme CCMC, beaucoup de Healing Power, et d’autres choses que j’ai trouvées en Éthiopie. J’y suis allé trois fois. La première fois je n’avais pas de concert, mais la deuxième fois, on a joué dans de grandes salles et tout. Je joue avec Getatchew Mekuria et The Ex depuis presque dix années. Au premier album avec Getachew, on a fait une édition sur cassette pour l’Éthiopie pour la vente à Addis. Je crois qu’ils en ont enregistré 3000 parce que c’était le nombre minimal que la maison pouvait faire!

Mighty Blue

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Ma grand-mère m’a appris à jouer le ukulélé. Elle m’a donné un livre de George Formby,elle l’aimait vraiment. Il jouait du banjo-ukulélé, et c’en est un. Elle me l’a donné en héritage… elle l’a probablement trouvé dans une vente-débarras. Je n’en joue plus vraiment, mais j’en ai joué avec Zebradonk. Ma grand-mère s’appelait Lorna, c’est pourquoi le nom de la maison de disques est Lorna Records. Elle avait beaucoup d’instruments et adorait la musique. Elle m’a prise sous son aile dès que j’ai commencé à montrer de l’intérêt pour la musique. Elle a été la première à m’apprendre du jazz, des airs des années 30. Elle s’est abonnée à des revues avec des feuilles de musique et il y avait toujours de la musique dans la maison, un piano au salon pour que toute la famille puisse chanter ensemble. Une grand-mère vraiment cool et dégourdie. Elle a eu une grande influence sur moi.

Ephemera :: Anamai

Ephemera: Anna

“As a kid I was always into small things. I think all the things I think are special are really small objects.” Anna Mayberry is leading me through her small apartment that she shares with her partner and HSY bandmate Jude in Toronto’s Chinatown. It’s a white, one room dwelling, almost barren but for scattered books and show posters, basic necessities that make a home like pots and pans, a mattress on the floor. The kitchen doubles as a living room, the bedroom is low-ceilinged below a storage space and there is barely any natural light. She explains to me that this is meant to be a temporary housing solution as HSY rests between tours and any left over money goes into projects like the ethereal, beautiful, dark ANAMAI.

ANAMAI is comprised of Anna Mayberry and Dave Psutka, with Allie Blumas helping with live support when not wrapped in duties with her band DOOMSQUAD. After releasing a lo-fi, self-titled EP in late 2013 with Buzz Records, ANAMAI went into Halocline Trance studios in Toronto to record their first full length, Sallows. It’s just under an hour of songs that push and pull between formal songwriting and formless structure, often with a drone in the background keeping the listener grounded to Anna’s strong, small voice.

Anna tells me, before I begin photographing, “I feel like I’ve gotten rid of so many things and tried to detach from things. So choosing the most special things? I’ve been trying hard not to do that!” But a detachment, a poverty of things, doesn’t mean she’s lacking in special objects. Anna proudly displays to me the things she hasn’t yet detached from, each with a story that pulls her back, sometimes hundreds of years, into family, love and the magic with which most special objects are imbued.

Anamai – Lucia

Anamai – Altar Coals

Barbie the Bike: It used to be pink and purple and I named it Barbie. I had it for a few years and now it’s just a reminder that you have to take care of your bike. I named it Barbie because it was really girly but it was awesome, like a tough road bike. Until I have a new bike I’ll keep Barbie under my table.

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Winter Coat: This coat reminds me of the Lion King. It always makes me feel like a more awesome, animal version of myself. I got it at this store in Montreal, I went in five times to look at it and it was always still there. Every time I went in and talked to the guy who ran the store he’d tell me things about myself while I wore it. Like, “Oh, it goes with your eyes. You want people to look at you.” And I’d be like, “Noooo!” (laughs).

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Swedish Book of Psalms: My Swedish grandmother gave this to me. I think it was my great-great grandmother’s. I can’t read Swedish. This is really old, there’s a date in here…1825. It’s all hand stitched together. I posted a picture of it to a blog from Sweden and someone said it was the most unreal, illegible Swedish they’d ever read. I think it’s a bunch of psalms but there’s funny little notes in it and this two of spades for some reason, which is a pretty auspicious thing for a person who’s very Christian to keep in this book.

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Secret Tin: I’ve had this for a long time. It was my secret tin when I was younger. When I was a kid I also went through all the provinces on road trips so it’s like a token of my childhood. I don’t think I’ve seen all those flowers though.

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Dead Air Plant: I got an air plant and it died because I didn’t water it. So I put this guy in the water. I think this is like how I feel. I’m not good at taking care of plants but I think I’m getting better.

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Problem Book: This I found in a second hand store. It’s called “Drum and Candle: First Hand Experiences and Accounts of Brazilian Voodoo and Spiritism.” There’s a lot of interesting problems with this. It’s all about witchcraft but it’s from this very colonial perspective. It’s by this white guy who investigated witchcraft, but there’s some great graphics in it. I’ve always wanted to use them for something. I like the clinical, sort of colonial way all these crazy, awesome spiritual events are written about. Like, why are these characters in suits? I don’t think this is how it happened at all.

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Strange Elvis: This was a gift. I don’t know anything about it. I mean, it’s Elvis but I don’t know what these symbols mean. It’s just funny to me. I like how someone went to all the trouble to make this and varnish it. Maybe it was someone’s school project? I hope those symbols say, “Elvis,” or, “The King.”

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Light Refracting Glass: These are made to refract light. This brown one is kind of sad because we don’t get light in this window, plus there are these bars, so it’s kind of depressing. But I like the blue and clear ones.

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Tiny Elephants: My Dad used to have a couple little carved elephants. At some point I decided that elephants were “his thing” so I always used to find little elephants and give them to my Dad. Even though he only had two, it’s like I made him start collecting elephants. So this is for him.

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« Petite, j’aimais toujours les petites choses. Je crois que toutes les choses que j’aime sont de petits objets. » Dans le quartier chinois de Toronto, Anna Mayberry me guide dans son petit appartement qu’elle partage avec Jude, conjoint et co-membre de HSY. L’habitation se résume à une pièce aux murs blancs, presque dénudée, hormis çà et là quelques livres et affiches de spectacle, les essentiels d’une maison, ustensiles, chaudrons et un matelas au sol. La cuisine fait également office de salon, sous un espace de rangement se trouve la chambre à coucher au plafond bas, et la lumière du jour y est rarissime. Elle m’explique qu’il s’agit d’un logement temporaire pour poser pied à terre entre les tournées de HSY et pour que tout surplus d’argent retourne dans les projets comme le beau, sombre et éthéré ANAMAI. ANAMAI comprend Anna Mayberry et Dave Psutka, Allie Blumas au soutien technique pendant les concerts… lorsque le devoir ne l’appelle pas pour son propre groupe DOOMSQUAD. Après le lancement d’un album EP lo-fi à la fin de 2013 pour Buzz Records, ANAMAI s’est rendue chez Halocline Trance studios à Toronto pour l’enregistrement d’un album LP, Sallows. Un peu moins d’une heure de chansons qui oscillent entre la composition en règle et la structure sans règles, un drone en trame de fonds accompagne souvent la petite et forte voix d’Anna et garde le mélomane sur la terre ferme. Avant que je commence à prendre les photos, Anna me dit : « J’ai l’impression que je me suis débarrassée de tant de choses pour essayer de me détacher. Choisir les choses les plus spéciales… je me suis vraiment efforcée de le faire! » Un détachement, une pauvreté de biens ne signifie en rien qu’elle manque d’objets spéciaux. Anna me montre fièrement les choses desquelles elle ne s’est pas départie, chacune a une histoire qui la ramène, parfois des centaines d’années en arrière, à la famille, à l’amour et à la magie qui se sont imprégnés dans chaque objet.

Le vélo Barbie: Il était rose et mauve avant, je l’ai donc appelé Barbie. Je l’ai utilisé quelques années et maintenant il me rappelle simplement qu’il faut prendre soin de son vélo. Je lui ai donné le nom de Barbie parce qu’il fait vraiment petite fille, mais il est génial, un vélo de ville solide. Jusqu’à ce que j’aie un nouveau vélo, je vais garder Barbie sous la table.

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Manteau d’hiver: Ce manteau me fait penser au Roi Lion. Il me donne l’impression d’être une autre moi, une version augmentée et bestiale de moi-même. Je l’ai déniché dans une boutique de Montréal, j’y suis entré cinq fois pour le regarder et il y était toujours. À chaque fois que j’entrais et parlais avec le gars propriétaire de la boutique, il faisait des commentaires à mon sujet pendant que je portais le manteau. Du genre « Oh, ça match avec tes yeux. Tu veux attirer le regard. » Ce à quoi j’ai répondu, « Nooon! » (rires).

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Les Psaumes en suédois: Ma grand-mère suédoise m’a donné ce livre. Je crois qu’il appartenait à mon arrière-arrière-grand-mère. Je ne sais pas lire le suédois. C’est vraiment un vieux bouquin, il y a une date à l’intérieur…1825. Il a été assemblé à l’aiguille. J’en ai envoyé une photo à un blogue suédois et quelqu’un a dit que c’était le suédois le plus irréel et indéchiffrable jamais lu. À mes yeux, ce ne sont rien que des psaumes, mais il y a de drôles de notes d’écrites et ce deux de pique, pour je ne sais quelle raison… un peu louche qu’une personne très croyante l’ait gardé dans un livre biblique.

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Coffret secret: J’ai ce coffret depuis longtemps. C’était mon coffre secret étant petite. Quand j’étais plus jeune, j’ai aussi voyagé dans toutes les provinces, donc ce coffre représente mon en enfance. Je ne crois pas avoir vu toutes ces fleurs par contre.

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Fille de l’air morte: J’avais cette plante, une fille de l’air, et elle est morte parce que je ne l’arrosais pas. Alors, je l’ai mise dans l’eau. Je crois que c’est comme ça que je me sens aussi. Je n’ai pas le tour pour m’occuper des plantes, mais je crois que je m’améliore.

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Livre à problèmes: J’ai trouvé ce livre dans une boutique d’occasion. Il s’intitule « Tambour et chandelle : Expériences et témoignages de vaudouisme et de spiritisme brésiliens ».* Ce livre pose une foule de problèmes. Il parle de sorcellerie, mais d’un point de vue totalement colonialiste. L’auteur est un Blanc qui a étudié la sorcellerie, les images restent intéressantes. J’ai toujours voulu les utiliser pour un projet. J’aime l’approche clinique, un peu coloniale utilisée pour raconter des expériences spirituelles déroutantes et fantastiques. Par exemple, pourquoi tous les personnages sont en habit-cravate? Je suis certaine que ça ne s’est pas du tout passé comme ça.

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Étrange Elvis: Je l’ai eu en cadeau. Je ne sais rien de son histoire. Oui, c’est Elvis, mais je ne connais pas la signification des symboles. C’est un objet étrange. J’aime savoir que quelqu’un s’est démené pour le fabriquer et le vernir. Un projet scolaire, peut-être? J’espère que ces symboles veulent dire « Elvis » ou « The King ».

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Pierre qui réfracte la lumière: Ces pierres servent à réfracter la lumière. La brune est un peu triste parce la lumière ne traverse pas cette fenêtre. En plus, il y a ces barreaux, c’est plutôt déprimant. Par contre, j’aime la bleue et la transparente.

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Éléphants miniatures: Mon père avait quelques petites sculptures d’éléphants. À un moment donné, j’ai décidé que, les éléphants, c’était « son truc » et je trouvais tout le temps de petits éléphants à lui donner. Il en avait pourtant seulement deux. C’est comme si je l’avais poussé à collectionner les éléphants. Celui-ci, c’est pour lui.

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Ephemera :: Alexandra Mackenzie

Alex

“Is this ephemera?” Alex Mackenzie, who is Petra Glynt, keeps asking me. Alex has a nervous energy that comes across charming, she fiddles with her fingernails and looks into the middle distance, away from you, when she speaks. When she does make eye contact she opens her eyes wide, her eyes constantly asking, “Right? You know what I mean?” with a demure, reserved sort of affection. She giggles a lot. She gets you on her wavelength this way. I reassure her constantly that whatever she wants to show me can be ephemera, as long as it’s important to her. Everything seems important to her. She covers every object she owns with her personality. She chooses her few words in quick bursts. She expresses herself most strongly in her visual art and her music. And her music is expressive. Sharp, multi-layered, foreboding, warm, with a darkness that doesn’t overpower her very bright light.

Petra Glynt released her lush 5-song EP Of This Land in 2013. Currently she is recording a full length which she aims to release late 2015. The photos contained herein were taken both at her Toronto apartment on Bloor St and at her partner Brian’s apartment in Parkdale.

Petra Glynt – Of This Land

Petra Glynt – Sour Paradise

Boombox

I got this to listen to the radio. I listen to Coast to Coast a lot. It’s a conspiracy radio show. Sometimes it’s good, sometimes it’s super out there. It’s really entertaining.

Sampler

I cover a lot of things in rhinestones. Mostly I don’t like to look at the brands. I use this sampler for live shows a lot.

Yoyo

One day I decided I really wanted a yo-yo. My friend, she’s a bike courier, she was delivering stuff and she went out of her way and delivered this to me. I can’t do any tricks on it, it’s the kind you just use. I want to get one of those fancy weighted ones.

Loop Pedal

This one has lots of stories. It was one of my first pedals I ever got and it opened up my whole world. I was like shit, I can jam with myself. So I started doing that a lot, it’s a lot of fun.

Screenprints_1 Screenprints_2

I used these patterns for an event at the Gladstone recently. I was DJing reggae songs in this huge tent and this pattern was surrounding it. I used three screens to make this print, which I’ve used a couple times now.

4-Track

I bought this off eBay. It’s really funny, it has speakers and effects. It has a doom metal setting! It’s very tacky, like serious kitch. I used to record to it all the time. Not as much anymore though.

Pot_Chain

I wear this a lot. My friend made it. He works at Toronto Laser Services and he made it at work with lasers. I attached it to a bunch of metal chains.

Ripped-Up_Shirt

It’s not nice but it’s my friend Blake’s Dad’s shirt so it’s important. Blake is my buddy. We lived together, he made the video for “Sour Paradise”. I don’t see him much now. I miss him.

Journal

This is a journal. I write dreams and songs in it. I have a bunch of these. I like them because they are short and small so I can fill them quick and move on to the next one. I like to start a new book, it’s exciting that way.

ID Box

This is a box I gave to Brian. There’s a spider ring, my old student ID, an old business card and a picture of me. That’s ephemera, right?

« Est-ce que c’est éphémère? » C’est ce qu’Alex Mackenzie, alias Petra Glynt, n’arrête pas de me demander. Son énergie nerveuse la rend charmante : elle joue après ses ongles et quand elle parle, elle regarde dans le vide, à mi-chemin entre elle et moi. Quand elle établit le contact visuel, elle écarquille les yeux, comme s’ils demandaient, à chaque instant, « Tu vois ce que je veux dire? », avec une cordialité timide, pudique. Elle ricane souvent, et c’est de cette façon qu’elle t’amène sur sa longueur d’onde. Je la rassure sans cesse en lui disant que tout ce qu’elle veut bien me montrer peut être dans Ephemera, tant que c’est quelque chose d’important pour elle. Et tout semble important pour elle. Elle étale sa personnalité sur tous les objets qu’elle possède. Elle choisit ses quelques mots par élans impulsifs. Elle s’exprime plus fortement en art visuel et en musique – et sa musique est expressive : incisive, multidimensionnelle, précurseure, chaleureuse, avec une obscurité qui ne parvient pas à éclipser son éclat brillant. C’est en 2013 qu’est sorti Of This Land, son premier EP de cinq chansons luxuriantes. Elle enregistre présentement un album complet, qui devrait être terminé vers la fin de 2015. Les photos figurant ici ont été prises dans son appartement sur la rue Bloor, à Toronto, et dans celui de son copain, Brian, à Parkdale.

Chanson : (Of This Land) Chanson : (Sour Paradise)

Boombox

Je l’ai achetée pour écouter la radio. J’écoute souvent l’émission conspirationniste Coast to Coast. Des fois c’est bon, des fois c’est vraiment n’importe quoi, mais c’est toujours divertissant.

Sampler

Je recouvre plein de trucs de faux brillant, principalement parce que je n’aime pas voir les noms de marque. J’utilise souvent cet échantillonneur pour mes spectacles en direct.

Yoyo

Un jour, j’ai décidé que je voulais vraiment avoir un yo-yo. Une amie, qui est messagère à vélo, était en pleine livraison, mais elle a fait un détour pour venir m’en porter un. Je ne sais pas faire de figures, c’est plus le genre avec lequel tu ne fais que jouer. J’en veux un lesté, de luxe.

Loop Pedal

Il y a beaucoup d’anecdotes sur celle-là : c’est une de mes premières pédales, elle a ouvert mon univers. J’étais comme : shit, je peux jammer toute seule. Alors, j’ai commencé à le faire souvent, c’est vraiment l’fun.

Screenprints_1 Screenprints_2

J’ai utilisé ces motifs récemment, pour un événement au Gladstone. Je faisais jouer des chansons reggae sous un chapiteau qui avait ce motif tout autour. Ça fait quelques fois que je l’utilise, il a fallu trois pochoirs pour le faire. (4-Track)

Je l’ai acheté sur eBay. C’est vraiment drôle parce qu’il a des haut-parleurs et des effets. Il y a même un réglage doom metal! C’est vraiment quétaine, genre kitch assumé. Avant, j’enregistrais plein de trucs dessus, mais c’est plus vraiment le cas aujourd’hui. (Chaîne avec feuille de pot)

Je la porte souvent. C’est un ami qui l’a faite où il travaille, avec des lasers (il travaille chez Toronto Laser Services). Je l’ai attachée à des chaînes en métal. (Chandail déchiré)

Il n’est pas beau, mais c’est le chandail du père de mon ami Blake, alors il est important pour moi. Blake, c’est un copain, on a déjà habité ensemble. Il a fait le vidéo pour « Sour Paradise ». Aujourd’hui, je le vois moins souvent. Je m’ennuie de lui.

Journal

C’est un journal où j’écris des rêves et des chansons. J’en ai plein comme ça. J’aime ces cahiers parce qu’ils sont petits et minces, alors on peut les remplir rapidement et en commencer un autre. J’adore commencer de nouveaux carnets, c’est stimulant.

ID Box

J’ai donné cette boîte à Brian. Dedans, il y a une bague en araignée, mon ancienne carte étudiante, une vieille carte d’affaires et une photo de moi. C’est éphémère, tu crois?

Ephemera :: Brooke Manning

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There is something incredibly delicate at the core of the music made by LOOM, like the ache that follows falling in love or the floating feeling of falling out of it. Brooke Manning, who is the main songwriter and driving force of LOOM, released a quiet, swirling EP in 2009. It was recorded in her living room with Thom Gill as well as Dan and Matt Pencer who improvised behind the songs on subtle, sweet keyboards and horns. A meditative collection with a strong focus on songwriting, it laid the foundation for what would become her full length, Epyllion, recorded on Toronto Islands. Made up of new songs and reworked songs from her EP, Epyllion featured a heavier, darker side of LOOM brought out with tunnel-reverb harps, frightening, distortion soaked synths and, at times, war-like percussion. Since Epyllion’s release LOOM has expanded into a backing band with members of Silver Pools and Gates to work on a follow up. LOOM’s words, her slow ease into a vibe, create a settling. Sit and breathe.

Weird Canada asked Brooke to show us objects that she holds sacred. She allowed us into her Toronto home and showed us things nostalgic, painful and held dear, all of which contribute to the words and music made by her slow and gentle hand.

Feel free to listen to these two songs from Epyllion as you view these photos. All words were dictated by Brooke, recorded and transcribed by Brad Casey.

Loom – There is Blood in My Body

Loom – Wholesome

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Shruti box

Sometimes if I’m feeling a block I sit with this for a while. It’s like a drone machine. I bought it at the Musideum in the Richmond building back in 2008. A friend also gave me another one in different key 5 months ago. I find them really nice to sing to.

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Uninhibitors

When I’m writing, if I feel nervous, I have some smokables and some wine. I don’t have any wine right now but I drink it out of this cup.

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Journals

If I’m having problems lyrically, which rarely happens, I flip through old journals and old books of poetry that I wrote. I try to channel what’s happening in that moment but sometimes if I’m wishing to speak about a certain moment or thing or cause or idea and I can’t get there I’ll go to my books.

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Tinctures

Sometimes my anxiety gets in the way. It used to more when I was younger. I had a hard time performing knowing that someone was in my house, like my Mom or roommates, so I’d cloister myself in small spaces. Now things are better but when my anxiety comes back I take these tinctures and I swear they work. I know this older woman, she’s this amazing mystic, she makes this tulsi tincture for women.
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Deaf Recordings

A teacher of mine gave me these tapes. They’re recordings of her daughter, who is deaf, just being around the house playing. They were part of a project she did and she thought I could use these. I grew up around a lot of deaf people because my parents worked at a school for the deaf. I went to kindergarten with a lot of deaf kids. I feel like there’s a different, more mindful way of listening to them. I use these tapes for inspiration. It’s good to hear that sense of silence when you’re trying to create something with sound.

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Love Letters

This is a box of notes from friends, family, lovers and people who have deeply influenced me. Sometimes I look through it but very rarely.

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Books

These are my favourite books. Sometimes I open it up and read a page and try to place myself on that page, with the idea. I try to envision what’s written about and it sets the tone for awareness in my body. It’s a great thing for visualizing.

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Jar of Souls

This is something I’ve had since I started playing and I’d bring it to shows. I did this funny project where I’d ask people if they could imagine their soul as something in a vessel, what would it be? I put an ad on craigslist and I got people to send them to me, these pieces of paper, and held them for a year and cared for them. I was never allowed to open the vessels because the vessels would release the soul. I’ve never opened it.

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Live Slow Knife

This was my Grandpa’s. Right before he died he was watching boats and I think he knew he was going to pass away. There a boat that kept travelling back and forth past the harbour and he would call me whenever he saw it and on the back it said ‘Live Slow.’ We had a lot of conversations then about what it meant to live slow and how he wished he had lived slower. Sometimes I lose it but it always gets sent back to me.

Il y a quelque chose d’incroyablement délicat au cœur de la musique de LOOM, comme la douleur qui suit le sentiment de tomber en amour ou la sensation de flottement lorsqu’on ne l’est plus. Brooke Manning, compositrice et force motrice de LOOM, a publié un EP calme et tourbillonnant en 2009. Il a été enregistré dans son salon avec Thom Gill ainsi que Dan et Matt Pencer, qui ont improvisé derrière les chansons avec des claviers subtiles et de douces cornes. Une collection méditative avec un fort accent mis sur ​​l’écriture, il a jeté les bases de ce qui allait devenir son album, Epyllion, enregistré sur les îles de Toronto. En constituant de nouvelles chansons et des chansons retravaillées de son EP, Epyllion présente un côté plus lourd et sombre que LOOM, avec des réverbérations de harpes, des synthés imbibés de distorsion, et, parfois, des percussions aussi effrayantes que la guerre. Depuis la sortie d’Epyllion, LOOM est devenu un back up band avec des membres de Silver Pools et Gates pour travailler sur un autre album. Les mots de LOOM, ainsi que sa facilité à créer une atmosphère, vous convient de vous Asseoir et de Respirer.

Weird Canada a demandé à Brooke de nous montrer des objets qui lui sont sacrés. Elle nous a permis de la rencontrer dans sa maison de Toronto et nous a presenté des choses qui pour elle sont nostalgiques et douloureuses, des objets qui lui tiennent à cœur et qui contribuent aux paroles et à la musique établi par sa tendresse.

N’hésitez pas à écouter les deux chansons de Epyllion pendant que vous regardez ces photos. Ce texte a été dicté par Brooke, et enregistré et transcrit par Brad Casey.

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Boite Shruti

Parfois, si je me sens comme un bloc, je m’assois avec ça pour un moment . C’est comme une machine de drone. Je l’ai acheté au Musideum dans le bâtiment Richmond en 2008. Un ami m’en a aussi donné un autre, il y a cinq mois. Ils sont vraiment agréables à utiliser en chantant.

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Uninhibitors

Quand j’écris, si je me sens nerveuse, je fume quelques cigarettes et bois du vin. Je n’ai pas de vin en ce moment, mais je le bois de cette tasse.

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Journals

Si j’ai des problèmes à trouver des paroles, ce qui arrive rarement, je feuillette mes anciens journaux et vieux livres de poésie. J’essaie de canaliser ce qui se passe dans ce moment précis, mais parfois si je désire parler d’un certain moment, d’un objet, d’une cause ou d’une idée et que je ne peux pas y arriver, je retourne à mes livres.

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Tinctures

Parfois, mon anxiété prend trop de place. Elle était souvent présente quand j’étais plus jeune. C’était difficile de pratiquer sachant que quelqu’un était dans la maison, soit ma mère ou mes colocataires, donc je me cloitrais dans des petites espaces. Maintenant, les choses vont mieux, mais quand mon anxiété fait surface, je prends ces teintures et je jure qu’elles fonctionnent. Je connais une femme plus âgée, elle est incroyable et mystique, elle fabrique cette teinture Tulsi pour les femmes.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Deaf_Recordings

Deaf Recordings

Ceci appartenait à mon grand-père. Juste avant sa mort, il regardait attentivement des bateaux et j’imagine qu’il se doutait que sa vie s’achevait. Il y avait un bateau en particulier qui passait souvent dans le port. À l’arrière du bateau, on pouvait lire les mots “Vivez Lentement”. Nous avons eu beaucoup de discussions à ce sujet, car mon grand-père souhaitait avoir pris plus son temps pour vivre. Parfois, je perds cet objet, mais il me revient toujours de nouveau.

Ephemera :: Devin Friesen (Bitter Fictions) on The Life Story of the Fish

Ephemera :: Bitter FictionsEphemera :: Bitter Fictions

Perpetual arranger of words, recordings and epic experi-riffs Devin Friesen says the month he crafted The Life Story of the Fish was one “of many disappointments, more isolation than usual, and being frugal after an exhausting, long and bitter winter.” Dribbled-together, guitar pedal-painted assemblages eke out the grainy hot flash of elsewhere, an ever-melting taste of connectivity. Each hovering pluck is a suture; each distortion wave a snug wound dressing; each grey-sky glaze of drone a tender bite of anesthesia. The album’s name taps a gurgled lyric from Friesen’s 2011 tape, Looper Pedal Blues, but his fishbowl-trapped feedback trips are the sound of a seething need to leave oil-city purgatory.


Bitter Fictions – a vision of vision


Bitter Fictions – a catalogue

 

The Library window

Ephemera :: Bitter Fictions

Devin Friesen: “The Library is the name Kevin Stebner (my roommate) and I gave our house when we moved in here about four years ago. Both of us run record labels (Shaking Box Music for me, Revolution Winter/Bart Records for Kev), meaning there’s a room in our house that’s just boxes and boxes of unsold LPs. We both also have (frankly) ridiculous amounts of music in our possessions – in addition to my working in a record store for many years, Stebs has been working in book stores for many years, so we’ve amassed a lot of cool stuff. The basement is where all of our music happens. Stalwart Sons and Extra Happy Ghost!!! jammed there for a while, Cold Water jams there now, and most of the Bitter Fictions recordings have been done there.”

The view out the living room window of The Library – “when it’s ‘nice’ out,” notes Friesen – will be part of the artwork from a forthcoming Bitter Fictions release, No Fun in the Sun, which was recorded a few months after The Life Story of the Fish (TLSOTF).

 

Studio corner

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “The Library basement is a small, cramped room, especially with Stebner’s wall of amplifiers and drum kit taking up most of it. It’s crazy that we’ve fit bands in there at all, since it’s basically just an expanded hallway that leads to our bedrooms and the bathroom. Works great for me, being solo, anyways. We have a Tascam 244 four-track from the ’80s set up in the corner, and a couple of condenser mics. Most of what I do is improvised, so I usually just record everything and return to those recordings later. This is the ‘studio corner,’ I guess. Those are my two guitars, a bunch of drumsticks, tapes, boxes and the Tascam. Both guitars could use tuneups – the Strat only has one working pickup selector, and the Jazzmaster won’t ring out if you play it high on the neck. But on the other hand, those limitations can sometimes produce more interesting results.”

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Basement inspiration

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “On one of the walls of the basement: a Stay Cold banner from the Stalwart Sons LP of the same name, and the Bruce Lee poster insert from LP editions of Jim O’Rourke’s Eureka. Endlessly amused by that kid’s neck wrinkles. I also really dig Stay Cold, and not just because there’s an essay I wrote for it on the back cover. I think that banner might be there more for Kevin’s bands, mind you… It gets very cold downstairs, especially in the winter – there are no windows in the recording space, but if one leaves a glass of water near the window in my room overnight, it’ll be ice in the morning.”

 

bpNichol books

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “These are some books from bpNichol. My attitude towards song titles is that they’re often rather arbitrary, so I’ve occasionally turned to what I’ve been reading to mark them – call it the ephemeral bookmark. A bunch of the track titles on TLSOTF are from bpNichol poems collected in The Alphabet Game; EP no. 2 was all chapter titles from Luigi Pirandello’s The Late Mattia Pascal; and the Bitter Fictions 10” lathe, Journeying and the Returns, is a bpNichol reference too. I’ve named several of my tracks without stealing titles, but I like taking references from works around me. bpNichol is great for more reasons than I can get into here – he may as well be a Weird Canada section unto himself, with all the ground he covered across literary/visual/sound/etc. fields.”

 

Harmonic Percolator and Walkman

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “Rather than describing my whole pedal setup – which is kinda dull: ‘Look, a delay pedal!’ – I’ll just describe my favourite pedal. The tan box on the right is the Harmonic Percolator, one of two distortion pedals I use on the regular. The gear-curious usually ask about either the Percolator or the Feedbacker first, since I use both so frequently – and, y’know, one of them is an unmarked box. For the tech schematics of what it is, you should just watch this video of Steve Albini talking about it. I bought mine around 2007 from a fellow named Chuck Collins out of Milwaukee, and haven’t looked back since. There’s also a Sony Walkman in there with a built-in microphone recorder. This thing has seen all kinds of use: guitar pick, tape decay mixer, interview transcription, vocal mic, something handy to record choice quotes from movies with, etc. It’s usually kicking around somewhere…”

 

Records

Ephemera :: Bitter Fictions (L-R: Cluster – II; Loren Connors – The Departing of a Dream; The Dead C – Harsh 70s Reality; Fripp & Eno – Evening Star)

DF: “I can’t remember exactly what I was listening to around [the recording of TLSOTF], but I can go into a few things I was probably spinning. The weight of my record collection bears on my creative process to some extent – if you’re going to go out and make music worth hearing these days, you’d better have a damn good idea of what’s already been done.

“Cluster II is a personal favourite. I really like much of the German duo’s output – as well as the Harmonia records with Neu!’s Michael Rother – but II satisfies the most on the whole space/noise/drone drift. I appreciate the duo’s ear for tone, and since this LP sits nicely between the more structured/‘pop’ leanings of Zuckerzeit and the free noise of Kluster, I find myself returning to it quite often. I think much of the music I enjoy can be traced back to this record, frankly.

Loren Connors is an especially huge one for me. He was one of the first names I came across as a teenager branching out from Sonic Youth records into the larger world of free improv/outré music – the Harmony of the Spheres box set comes to mind, where he appears alongside other huge favourites/likely influences such as Roy Montgomery and Flying Saucer Attack. So there’s that, but more important is the way Connors commands sound so distinctly. On his own, as on any number of his masterful solo electric guitar suites throughout the ’90s, his guitar can be the most desolate and harrowingly lonesome sound in existence. It also manages to be light and ghostly, but also crushingly heavy and textural, as on The Bridge – which I named “& under the bridge” in slight homage to. Loren Connors proves that one doesn’t need crushing volume to be ‘heavy.’ In fact, the absence of volume can be just as startling. When one talks about ‘soulful playing,’ Connors is the first name I always think of – I don’t think of the instrument, I think of the soul enveloping a room. The loneliest guitar.

“I’m not a huge King Crimson fan – frankly, outside of American Primitivism I usually don’t care when the guitar is played ‘well,’ and most ’70s rock flat-out nauseates me, but I can dig on the Fripp & Eno LPs. Like Cluster, super formative recordings here. I bought Evening Star from the record store near my house, and I still find it quite funny that for almost a year afterwards the owner kept trying to ‘High Fidelity’ Robert Fripp solo albums on me – that’s record store clerk slang for ‘play in store so I’ll buy it.’

“Calgary isn’t as isolated from the world as New Zealand, but it sure feels like it sometimes, especially if your interests fall outside of getting drunk and ‘party rock.’ That’s partly why I find the Dead C endlessly fascinating – I love their records, but I also love how they’ve been making their noise on the edge of the world for longer than I’ve been alive. I once interviewed their amplifier player, Bruce Russell, and some of the things he wrote have stuck with me: BR: We were doing the right thing (however you describe it) out to the weird side of Sonic Youth, where noise, rock, improv and industrial all kind of ran out of steam together, leaving us charging towards the edge of the fucking universe. DF: “Plug in, play, see what happens. Maybe record it with a mic in a room.

BR: That’s the big difference between what we do and groups who ‘write songs’ or even ‘write pieces’ – we don’t write them, they quite literally ‘just happen.’ DF: “This type of music can be a largely transient and experiential; sometimes it gets captured to tape, other times lost to memory. Such is life, I suppose. Now that I’m well beyond accepting that guitar feedback is my favourite sound, I’m just happy that tape lends itself so well to all kinds of feedback work.”

Arrangeur infatigable de mots, d’enregistrements et de riffs expérimentaux épiques, Devin Friesen explique que le mois où il a façonné l’album The Life Story of the Fish en était un qui était alourdi par de nombreuses déceptions, un isolement plus grand que de coutume et des dépenses restreintes par un hiver long et glacial. L’assemblage de sonorités superposées, teinté par la pédale de guitare, fait durer la bouffée de chaleur granuleuse d’un ailleurs, le goût d’une connectivité fondant à l’infini. Chaque vibration planante est un point de suture; chaque vague de distorsion, un pansement bien ajusté; chaque bourdonnement d’acier, la douce morsure d’un analgésique. Le titre de l’album prend source dans un borborygme, des paroles de Looper Pedal Blues (2011), mais ce feedback dérapant confiné dans un aquarium est le son d’un violent besoin de fuir le purgatoire de la ville pétrolière.


Bitter Fictions – a vision of vision


Bitter Fictions – a catalogue

 

La fenêtre Bibliothèque

Ephemera :: Bitter Fictions

Devin Friesen : « La Bibliothèque. C’est le nom que nous avons choisi – Kevin Stebner, (mon colocataire), et moi – pour notre maison quand nous y avons aménagé il y a quatre ans. Nous dirigeons chacun notre maison de disque (j’ai Shaking Box Music et Kev a Revolution Winter/Bart Records,ce qui veut dire qu’une pièce dans notre maison est remplie par des boîtes et des boîtes de vinyles invendus. Nous avons aussi tous les deux une quantité (ridiculement) impressionnante de musique – j’ai travaillé dans un magasin de disques pendant plusieurs années, et en plus Kev travaille depuis longtemps dans une librairie, alors on a amassé beaucoup de trucs vraiment bien. C’est au sous-sol que se fait toute la musique. Stalwart Sons et Extra Happy Ghost!!! y jammaient pendant un moment, maintenant c’est Cold Water. La majorité des enregistrements de Bitter Fictions ont aussi été faits là. »

Une photo de la vue depuis la fenêtre du salon de la Bibliothèque – quand il fait « beau » dehors, ajoute Friesen – fera partie des illustrations du prochain album de Bitter Fictions, No Fun in the Sun, qui a été enregistré quelques mois après The Life Story of the Fish (TLSOTF).

 

Coin studio

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « Le sous-sol de la Bibliothèque est petit. On y est à l’étroit, surtout avec la batterie de Kev et son mur d’amplificateurs. C’est fou de penser qu’on a réussi à y faire entrer des groupes – en gros, c’est juste un couloir élargi qui mène à nos chambres et à la salle de bain. Mais, ça marche bien pour moi, je joue solo. Nous avons une Tascam 244 quatre pistes des années 80 installée dans un coin avec quelques condensateurs et des micros. Comme je fais surtout de l’improvisation, je vais généralement enregistrer tout ce que je fais puis écouter les enregistrements plus tard. C’est ce qu’on pourrait appeler le « coin studio ». Il y a mes deux guitares, un paquet de baguettes, des cassettes, des boîtes et la Tascam. Les guitares auraient besoin d’une mise au point – il n’y a qu’une des sélections de micros qui fonctionne sur la Strat et si on joue trop haut sur le manche de la Jazzmaster, le son ne va pas sortir. Mais d’un autre côté, ces limites peuvent parfois donner des résultats intéressants. »

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Affiches motivationnelles au sous-sol

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « L’affiche de l’album Stay Cold de Stalwart Sons et celle montrant Bruce Lee, qui était dans l’édition vinyle de Eureka de Jim O’Rourke, sont sur un des murs du sous-sol. Les rides dans son cou me font toujours rire. J’aime aussi beaucoup Stay Cold, et pas simplement parce que j’ai écrit l’essai qui est au verso de la pochette. Ceci étant dit, je pense que l’affiche est surtout là pour le groupe de Kevin… La température devient très froide au sous-sol, surtout l’hiver – il n’y a pas de fenêtre dans le studio, mais si on laissait un verre d’eau une nuit près de la fenêtre de ma chambre, il serait gelé le lendemain matin. »

 

Livres de bpNichol

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « Ce sont des livres de bpNichol. De façon générale, je préfère donner aux pistes des titres arbitraires. Il m’est arrivé de m’inspirer de ce que j’étais en train de lire pour les marquer – comme un signet éphémère. Plusieurs titres sur TLSOTF sont tirés des poèmes parus dans The Alphabet Game de pbNichol; ceux du EP no. 2 étaient tous des titres de chapitres de The Late Mattia Pascal, écrit par Luigi Pirandello; et Journeying and the Returns, le vinyle de Bitter Fictions, fait aussi référence à bpNichol. Sans voler les titres, j’ai nommé plusieurs de mes pistes ainsi parce que j’aime faire des références aux œuvres qui m’entourent. J’adore pbNichol – je n’aurais pas le temps d’expliquer toutes mes raisons ici –, mais il pourrait constituer une section entière de Weird Canada à lui tout seul vu tout le terrain qu’il a couvert dans les domaines de la littérature, de l’art visuel/sonore, etc. »

 

Walkman et Harmonic Percolator

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DF: « Plutôt que d’expliquer comment j’ai installé mes pédales – ce qui est assez ennuyeux : ‘Regardes, une pédale de délai! ’ – je vais juste décrire ma pédale préférée. La boîte brune sur la droite, c’est le Harmonic Percolator , un des deux accessoires que j’utilise le plus souvent. Les fans de matériel demandent généralement tout de suite des détails sur le Percolator ou sur le Feedbacker, puisque je les utilise très souvent et puis, vous savez, l’un des deux est une simple boîte. Si vous voulez les détails techniques, vous pouvez simplement regarder cette vidéo de Steve Albini qui en parle. J’ai acheté le mien en 2007 d’un homme qui arrivait du Milwaukee, Chuck Collins, et je ne l’ai jamais regretté. À l’intérieur, il y a aussi un Walkman Sony avec un enregistreur intégré. Je l’ai utilisé comme micro, pic de guitare, mixeur de déclin sur cassette, et aussi pour transcrire des entrevues, enregistrer des citations de films, bref pour faire toutes sortes de choses. Il traine toujours, quelque part… »

 

Disques

Ephemera :: Bitter Fictions

(L-R: Cluster – II; Loren Connors – The Departing of a Dream; The Dead C – Harsh 70s Reality; Fripp & Eno – Evening Star)

DF : « Je ne me rappelle pas de ce que j’écoutais précisément au moment où [j’enregistrais TLSOTF], mais je peux deviner quelques pièces qui me tournaient sûrement en tête. Le poids de ma collection de musique laisse une empreinte sur ma créativité – aujourd’hui, si on veut sortir et faire de la musique qui mérite d’être entendue, on est mieux d’avoir une très bonne idée de ce qui a déjà été fait. » « Cluster * II* est un de mes albums préférés. J’aime presque tout ce que fait le duo allemand – tout comme les enregistrements de Harmonia qu’ils ont fait en collaboration avec Michael Rother de Neu! –, mais II est plus satisfaisant côté espace/bruit/dérive bourdonnante. Ils ont l’oreille pour le ton, et comme ce vinyle est à mi-chemin entre Zuckerzeit, qui est plus structuré, plus pop, et le free noise de Kluster, je le réécoute souvent. En fait, je pense qu’une grande partie de la musique que j’écoute a un lien avec cet enregistrement. » « Loren Connors est vraiment quelqu’un d’important pour moi. C’est un des premiers noms que j’ai croisé quand j’ai commencé, adolescent, à diversifier la musique que j’écoutais, en m’éloignant de Sonic Youth. Je me lançais dans le monde beaucoup plus vaste de l’improvisation libre et de la musique expérimentale. Le coffret Harmony of the Spheres me revient en tête, où il joue avec d’autres grands noms que j’adore, comme Roy Montgomery et Flying Saucer Attack. Il y a ça, mais c’est surtout la façon particulière qu’il a de jouer avec le son. Jouant seul – comme dans n’importe lequel de ses solos magistraux de guitare électrique des années 90 – sa guitare peut être le son le plus désespéré de l’univers, une musique infiniment triste. Il est également léger et fantomatique, ou incroyablement lourd et texturé – comme dans The Bridge, auquel j’envoie un clin d’œil par son titre & under the bridge. Loren Connors prouve qu’il ne faut pas nécessairement un volume assourdissant pour être ‘lourd’. En fait, l’absence de volume peut être tout aussi surprenante. Quand on parle de jouer avec son âme, c’est toujours le premier nom auquel je pense – je ne pense pas à l’instrument, je pense à l’âme qui enveloppe la pièce, à la guitare esseulée. »

« Je ne suis pas un grand fan de King Crimson – pour être honnête, à part le primitivisme américain, ça ne m’intéresse pas vraiment quand la guitare est « bien » jouée, en fait la majorité du rock des années 70 m’écœure, mais j’aime bien les vinyles de Fripp & Eno. Comme ceux de Cluster, ces albums ont été formateurs pour moi. C’est drôle parce que j’ai acheté Evening Star dans un magasin de disque près de chez moi et pendant l’année qui a suivi, le propriétaire essayait de me vendre des albums solos de Robert Fripp en faisant jouer la musique dès que j’entrais dans le magasin. » « Calgary n’est pas aussi isolée du monde que la Nouvelle-Zélande, mais on en a l’impression parfois, surtout si on s’intéresse à autre chose que se soûler en écoutant du ‘party rock’. C’est en partie pour ça que Dead C me fascine. J’adore leurs albums, et aussi le fait qu’ils faisaient déjà leur noise à la limite du monde avant même que je ne sois né. J’ai déjà interviewé Bruce Russell, le joueur d’amplificateurs, et certains trucs qu’il a écrits me sont entrés dans la tête : BR : On faisait la bonne chose (peu importe ce que ça veut dire) dans le côté étrange de Sonic Youth, où le bruit, le rock, l’industriel et l’improvisation ont manqué de souffle comme tous ensemble, nous laissant seuls, fonçant vers la limite de cet univers merdique. DF : « Branchez les instruments, jouez et voyez ce qu’il va se passer. Peut-être l’enregistrer dans une pièce avec un micro. »

BR : C’est la grande différence entre ce qu’on fait et les groupes qui ‘écrivent des chansons’ ou même ‘écrivent des pièces’ – on n’écrit pas, ça se passe, tout simplement. DF : « Ce style de musique peut être très éphémère et expérimental; parfois il est enregistré sur une cassette, parfois juste dans les mémoires. C’est la vie, j’imagine. Maintenant que j’ai réussi à accepter que mon son préféré est le feedback d’une guitare, je suis juste heureux que la cassette permette de le travailler de plein de façons. »

Ephemera :: Tim Hecker on Virgins

Tim Hecker

Intricate electronic sound experimentation is the lifeblood of Tim Hecker’s ambient creations. His most recent release, Virgins, is an album composed with the refined musicality of an academic that also effectively taps into an aural world of static-drenched, emotionally charged, melodic noise. As a result of the involved process of treating and re-treating sound, the whole album steadily resonates with a majestic and eerie luminosity. Weird Canada met up with Hecker to explore some of the ways in which the physical world inherently shapes his final product.

 

Tim Hecker – Virginal I

Tim Hecker – Black Refraction

 

Tupac

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I have this picture of Tupac over my speakers. When I’m doing a mix or something, I actually look at the speakers to zone in on the sound and when I look up, he’s always peripheral, just out of the plane of vision. His eyes are sort of floating too [Ed: Think the Mona Lisa], so it always encourages me to not step back [from what I’m doing], but push it because [the picture] makes me think “what would Tupac do?” I’m not making music like Tupac but there is a certain shared spirit.

ARP Omni MkII String Synthesizer

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This is a vintage string synthesizer that I used a lot on this record. It’s a synthesizer that specifically plays string sounds and I would treat it a lot. It’s a big aspect of some of the pieces. The synth has this kind of weird creepy presence to it. It’s a strange, very simple synthesizer that is relatively cheap compared to a lot of vintage things. It has a very limited purpose. It’s not that flexible, but I love it.

Traynor Studio Mate Amplifiers

I use these a lot to move digital audio into a room and then re-record. I moved the more digital pieces I was working out through the amps and hit them pretty hard, then re-record them with microphones and bring [the sound] back in. It’s this constant plasticity of taking sound and pushing it, and pushing it, analog to digital, digital to analog until it starts to take a weird uncanny specialness that’s different than what you started out with. That’s my general way of working.

The Studio Next Door

Tim Hecker Ephemera: Studio next door

The tenants have changed in this building. The fact that next door became a casting couch at the end of my time here has led to an energy that affects how I work. You can hear the coming and going on the other side of the door and even though I tried to soundproof the room, it’s not soundproof at all. The energy bleeds through. It’s a give and take. I’ve received a lot of sonic energy. The presence of neighbours has an effect…

L’expérimentation à base de sons électroniques complexes est le souffle des créations ambiantes de Tim Hecker. Composé avec la musicalité raffinée d’un académicien, son album le plus récent, Virgins, rejoint de manière efficace un monde auditif formé de musique bruitiste inondée d’électricité statique et chargée d’émotivité. Après un processus complexe de traitement et de retraitement sonore, l’album ne cesse de résonner d’une luminosité mystérieuse et majestueuse. Weird Canada a rencontré Hecker afin d’explorer en quoi le monde physique façonne l’essence de son produit fini.

 

Tim Hecker – Virginal I

Tim Hecker – Black Refraction

 

Tupac

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J’ai cette photo de Tupac au-dessus de mes haut-parleurs. Quand je fais du mixage ou quelque chose du genre, je fixe attentivement les haut-parleurs pour contempler le son et quand je regarde vers le haut, il est toujours en périphérie, tout juste hors de mon champ de vision. De plus, ses yeux sont animés d’une sorte de mobilité [N. D. É. : pensez à la Joconde]; ça m’encourage à ne pas m’éloigner [de que je suis en train de faire], à aller plus loin parce que [la photo] me fait penser : « Qu’est-ce que Tupac ferait? » La musique que je fais n’est pas comme celle de Tupac, mais il y a une certaine ressemblance dans l’esprit.

Le synthétiseur ARP Omni MkII

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J’ai pas mal utilisé ce synthétiseur de cordes vintage sur cet enregistrement. Il joue exclusivement des sons d’instruments à cordes auxquels j’ai fait subir de nombreux traitements. C’est un aspect majeur dans quelques-uns des morceaux. Le synthé y ajoute une sorte de présence louche qui fiche la trouille. C’est un synthétiseur étrange, très simple, relativement bon marché comparé à bien d’autres trucs d’époque. Il a très peu d’utilité. Il n’est pas si flexible, mais je l’aime.

Les amplificateurs Traynor Studio Mate?

Je les utilise souvent pour transférer de l’audio numérique dans un espace avant de le réenregistrer. J’envoie à travers les amplis les morceaux les plus numériques sur lesquels je planche, puis je les joue assez fort pour les enregistrer à nouveau avec des microphones et ramener [le son] dans le tout. C’est un mouvement de plasticité constante : prendre le son et le forcer encore et encore, de l’analogique au numérique, du numérique à l’analogique jusqu’à ce qu’il commence à prendre une tournure singulière et troublante, différente du son d’origine. Voilà comment je travaille en général.

Le studio d’à côté

Tim Hecker Ephemera: Studio next door

Les locataires de ce bâtiment ont changé. Le fait que le local voisin soit devenu un studio de « promotion canapé » vers la fin de mon séjour a apporté une énergie qui affecte la manière dont je travaille. On peut entendre les va-et-vient de l’autre côté de la porte et même si j’ai essayé d’insonoriser la pièce, elle n’est pas insonorisée du tout. L’énergie passe au travers. C’est donnant, donnant. J’ai reçu beaucoup d’énergie sonore. La présence des voisins me fait un certain effet…

Ephemera :: Freelove Fenner on Do Not Affect A Breezy Manner

freelovefenner

With an element of style, shoulder sway to the basement haze of Freelove Fenner’s latest LP, Do Not Affect a Breezy Manner. The Mile-End trio deliver dry-as-bone tone with an audible sepia filter courtesy of the Bottle Garden’s analog gear. Straight to tape, Caitlin Loney tracks ultra-caj vox over starry-eyed drums and tightly wound guitar riffs. Meanwhile, de facto producer George Harrison Cat purrs approvingly from behind an Otari MX70 8-track machine and takes stock of the diminishing Quantegy 456 supply. In line with Rule 9, DNABM is a felicitous release, neither fanciful or plain. We popped the bottle with the band to imbibe the elements that produced their instant fixture record.

Freelove Fenner – All Things Break Through

Freelove Fenner – George Harrison Cat

Mr. Brown

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We would drink this a lot during recording sessions. It’s like a coffee/milk beverage. You gotta shake it. It’s in a very small can and I think it’s made in Taiwan. They’re at certain deps. You can even mix it with vodka. Caitlin

Tambourine

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There’s always space for a tambourine, even though there’s only eight tracks. We make room for it. Caitlin

People are usually scandalized when they find out that I paid over $100 for a tambourine. It did feel pretty painful at the time, but I’ve used it on almost every song we’ve recorded. It’s a very underrated instrument. People always think of it as an afterthought but for us it’s sometimes as important as the drum kit. A lot of our all-time favourite songs have nice tambourine. Peter

Super 8 still/cover art

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These are scanned Super 8 strips from our video for “In The Sound”. We just took stills from that and photographed them with a macro lens for the album’s cover art. It’s filmed in Parc Viger, the name of the sculpture is the Agora. It’s just this bizarre nuevo-Greek structure. I think the word Agora refers to public space. It’s basically me in this black robe and vines in my hair. It’s a Quebecois architect that designed this space. Caitlin

I do think it’s an endangered space; there are some plans to demolish it. As it is right now, it’s mostly a brutalist park that heroin addicts like to hang out at. But it’s one of my favourite places in Montreal, though. I wish more people would hang out there. Peter

Tape machine

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This is the part of the tape machine where we do the cutting on the Studer. The splicing block tends to get worn out from razor blades. It’s from making loops. This machine’s from 1965; it’s been used a lot. Peter

There are usually q-tips everywhere. And for people who don’t understand they’re for cleaning equipment they think we’re really gross dirtbags who have an ear-cleaning fetish. We just constantly have to clean the tape heads. The tape will be rolling and Peter will yell “did you clean the heads?” It’s a common thing you hear in the house. Caitlin

Practical Techniques For The Recording Engineer

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One of my favourite recording books is Sherman Keene’s Practical Techniques For The Recording Engineer. He played bass in the band Spirit and worked at Ike Turner’s recording studio. It was self published in the ’70s; it was typed out. The illustrations in the book look like they were done by a deranged child. He would have the most wonderful advice. Stuff like "don’t do too many drugs when you’re recording or the client will haggle at the end of the session.” This is also coupled with superb technical advice. It’s probably the best technical recording book I’ve ever seen. Peter

George Harrison Cat

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There are probably a lot of songs about him, two on this record. He’s pretty special. He’s like our boss, I guess. Caitlin

I’ve written at least five songs about him. Peter

Avec une touche de style et un roulement d’épaules élégant, descendons dans le sous-sol embrumé de Freelove Fenner, encore imprégné de leur nouveau LP Do Not Affect a Breezy Manner. Le trio du Mile-End livre un son très sec, recouvert d’un doux filtre sepia, gracieuseté de l’équipement analogique de the Bottle Garden. Caitlin Loney dépose sa voix naturellement décontractée directement sur le ruban, au-dessus de la batterie aux yeux étoilés et des riffs de guitares comme des blessures soigneusement dessinées. Pendant ce temps, le producteur de fait George Harrison le Chat ronronne derrière son 8-pistes Otari MX70 et observe la lente diminution des réserves de Quantegy 456. Dans la lignée de Rule 9, DNABM est un album heureux, sans être fantaisiste, ni simplet. Nous avons ouvert une bouteille avec le groupe afin d’imbiber les éléments environnants qui se trouvent dans leur album.

Freelove Fenner – All Things Break Through

Freelove Fenner – George Harrison Cat

Mr. Brown

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Nous en buvions beaucoup durant nos sessions d’enregistrement. C’est une boisson qui ressemble à un mélange de café et de lait. Il faut la secouer. C’est dans une toute petite boîte de conserve et je crois que ça vient de Taiwan. On peut en trouver dans certains dépanneurs. On peut même la mélanger avec de la vodka.Caitlin

Tambourin

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Il y a toujours de l’espace pour du tambourin, même s’il n’y a que huit pistes. Nous faisons de la place pour lui.Caitlin

Les gens sont généralement scandalisés lorsqu’ils apprennent que j’ai payé plus de 100 $ pour un tambourin. Ça a été assez douloureux sur le coup, mais je l’ai utilisé sur presque toutes les chansons que nous avons enregistrées. C’est un instrument très sous-estimé. Généralement, les musiciens y pensent après coup, mais pour nous, c’est parfois aussi important que la batterie. Beaucoup de nos chansons préférées (à vie) contiennent du tambourin. Peter

Image fixe de Super 8 / Visuel de la pochette

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Ce sont des bandes de Super 8 scannées de notre vidéo pour la chanson “In The Sound”. On a choisi des images puis on les a photographiées avec une lentille macro pour faire la pochette de l’album. Ça a été filmé au Parc Viger, le nom de la sculpture est “L’Agora”. C’est une sorte de structure néo-grecque bizarre. Je crois que le terme “Agora” fait référence à l’espace public. C’est essentiellement moi dans une robe noire avec de la vigne dans les cheveux. C’est un architecte québécois qui a conçu l’espace. Caitlin

Je crois que c’est un endroit en danger; il existe déjà des projets visant à démolir cet espace. Dans son état actuel, c’est principalement un parc inspiré de l’architecture brutaliste où les toxicomanes aiment bien traîner. Ça reste tout de même l’un de mes endroits préférés à Montréal et j’aimerais que plus de gens viennent s’y promener. Peter

Magnétophone

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C’est la partie du magnétophone qui permet de faire le montage sur Le Studer. Les blocs de découpage ont tendance à être usés à cause des lames de rasoir. C’est à force de faire des boucles. Cette machine date de 1965, elle a été beaucoup utilisée. Peter

Il y a généralement des cotons-tiges partout. Pour ceux qui ne comprennent pas : c’est pour nettoyer l’équipement, pas parce qu’on est des fétichistes du nettoyage d’oreilles! On doit constamment nettoyer les têtes de bande magnétique. Le ruban sera en train de dérouler et Peter va hurler “As-tu nettoyé les têtes?” C’est une chose qu’on entend souvent à la maison. Caitlin

Practical Techniques For The Recording Engineer

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L’un de mes livres préférés sur l’enregistrement est Practical Techniques For The Recording Engineer de Sherman Keene. L’auteur a joué de la basse dans le groupe Spirit et a travaillé dans le studio d’enregistrement de Ike Turner. Il a publié lui-même son livre durant les années 70, tapé à la machine à écrire. Les illustrations ont l’air d’avoir été faites par un enfant un peu perturbé. Ce livre est truffé d’excellents conseils tels que “ne prenez pas trop de drogue lorsque vous enregistrez sinon le client va tenter de marchander à la fin de la session.” Ajoutez à ça des conseils techniques superbes et ce livre est probablement l’un des meilleurs livres sur les techniques d’enregistrement que j’aie jamais vu. Peter

George Harrison le Chat

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Il y a probablement beaucoup de chansons sur ce chat, deux sur cet album. Il est assez spécial. C’est notre patron en quelque sorte.

Caitlin

J’ ai écrit au moins cinq chansons sur lui. Peter

Ephemera :: Francesco de Gallo on Hobo Cubes // Taiwan Split 12″

Francesco de Gallo on Hobo CubesFrancesco de Gallo on Hobo Cubes (thumb)

The dogma of slowing right down is at the root of the symphonic revelation that is Hobo Cubes’ Francesco de Gallo’s recent work. The new sound is an experiment in deliberate unhurriedness. Inspired by artistic connections, de Gallo paired up with Edmonton’s Taiwan to release a 12” split. Things that are independently constructed can merge together in magical ways. Fully succumbing to the wayward spirit of collaboration, the 12” released by Toronto’s Pleasence Records demonstrates physical proof of this phenomenon in the fluid conjoining of artists — but also in Hobo Cubes’ approach to his contribution. Through the involved process of collaging, deconstructing and layering, intricate soundscapes emerged. And although this variegated sound occupies a world of its own, we indulgently explored the nexus of “stuff” that contributed. Align your senses. Listen to this track while you float through these gorgeous photos.

Hobo Cubes – The Hourglass

 

Labyrinths by Jorge Luis Borges

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Luis Borges

My friend Ryan lent me this Borges book before I knew his writing at all. It doesn’t really directly have anything to do with the album but I just feel like after I read this I had a different state of mind. I wanted to go into more minimal but deeper sounds conceptually. Borges’ stuff is super illustrative but almost abstract. Also, I just love labyrinths and the concept of the maze. Maybe this marked the beginning of the slowness in my life. I recently found this copy for sale and it has the same cover as the one my friend lent me.

Synthesizer (Roland JX-3P) // Controller (PG-200)

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Synth

I bought the synth from a guy in Montreal. It had been in storage for 10 years and I bought it really cheap but then had to get it fixed and that cost a lot of money. The controller, which you can buy separately, I got from my friend Christian. His friend found the controller, and gave it to him, so he just gave it to me. But, I had to get a specific cable from Italy. Unfortunately this was during a time when Canada Post was on strike, so I had to wait for like two months until I could even use it. [The controller] truly opened up a different world of sounds because I could manipulate the synth more. It’s possible to manipulate the synth from inside but I don’t have that logic. I don’t want to get inside the synth. The controller is just hands-on. You hear it a little bit on the album.

Alto-Sax

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Saxophone

I learned on this saxophone. This is the one I was using to tour a little bit and it’s what Alex Dirty Beaches saw me playing in Calgary when he said we should tour together. The first tour [with Dirty Beaches] was done with this sax. One show in France we were playing in this small venue inside a boat. The show was so crazy and at the end of the set I pulled off this weird punk move and dropped the sax. During the next show I was like “why is the sound all… fuck, I broke the sax.” It sucked, but it’s something that people remember from that show. I could get it fixed, I just never have, because in my heart I know I want a tenor sax — that heavier sound.

“Focus” Tattoo

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Focus

When I got it, I was really in that focus zone. Now it’s harder to focus in general. But I have it here, so now I can’t not focus. At the same time, the tattoo is sort of blurry. So it becomes this double-edged message. Sometimes life is pretty fucked, but you just gotta see what’s in there anyways — and sometimes you have to focus.

Tapes

Francesco de Gall on Hobo Cubes - Hobo Cult Tapes

http://hobocult.blogspot.ca/

« Ralentir radicalement », c’est le dogme au cœur de la révélation symphonique qu’est l’œuvre récente de Hobo Cubes de Francesco de Gallo. Ce nouveau son est une expérience dans l’art de prendre délibérément son temps. Inspiré par leurs connexions artistiques, de Gallo s’est joint à Taiwan d’Edmondton pour nous offrir un split sur vinyle. Des éléments élaborés séparément peuvent fusionner de façon magique. Fruit d’un abandon total aux aléas de la collaboration, ce 12 pouces du label torontois Pleasence Records est la preuve concrète de ce phénomène, d’abord dans la fluidité de cette rencontre entre artistes, puis dans l’approche collaborative même d’Hobo Cubes pour ce projet. Du processus complexe d’assemblage, de déconstruction et de mise en couches, émerge un paysage sonore complexe. Bien que ce son bigarré subsiste dans un monde qui lui est propre, nous avons exploré avec indulgence la constellation de « choses » ayant contribué au tableau. Ajustez vos sens. Écoutez cette piste tout en laissant planer votre regard sur ces images magnifiques.

Hobo Cubes – The Hourglass

 

Labyrinths de Jorge Luis Borges

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Luis Borges

Mon ami Ryan m’a prêté ce livre de Borges avant même que je connaisse l’auteur. Il n’y a pas vraiment de lien avec cet album, mais je sens simplement qu’après cette lecture, je n’ai plus été dans le même état d’esprit. J’ai voulu explorer un son minimaliste mais de conception plus profonde. Ce qu’écrit Borges est hyper illustratif, mais presque abstrait. De plus, j’adore les labyrinthes et le concept de dédales. C’est peut-être le point de départ de la lenteur dans ma vie. Récemment, j’ai trouvé cette édition à vendre et elle a la même couverture que celle que mon ami m’avait prêtée.

Synthétiseur (Roland JX-3P) // Contrôleur (PG-200)

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Synth

J’ai acheté ce synthétiseur d’un gars à Montréal. Il était entreposé depuis dix ans et je l’ai eu pour pas cher du tout, mais j’ai ensuite dû le faire réparer, ce qui a coûté vraiment cher. Le contrôleur qu’on peut acheter séparément, je l’ai eu de mon ami Christian. Son ami l’avait trouvé et le lui avait donné, et il me l’a donné par la suite. Par contre, j’ai dû obtenir un fil spécial d’Italie. Malheureusement, tout ça se déroulait au moment où Poste Canada était en grève. J’ai dû attendre deux mois avant de pouvoir m’en servir. Le contrôleur m’a ouvert la porte sur un nouveau monde sonore en me permettant de manipuler davantage le synthétiseur. C’est possible de faire ça en jouant avec les circuits du synthétieur, mais je ne suis pas doué avec ces trucs. Le contrôleur est plus pratique. On peut l’entendre un peu sur l’album.

Le sax alto

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Saxophone

J’ai appris avec ce saxophone. C’est celui que j’utilisais en tournée et c’est celui avec lequel je jouais à Calgary le jour où Alex Dirty Beaches(http://weirdcanada.com/tag/dirty-beaches/) a proposé qu’on fasse une tournée ensemble. J’ai joué avec ce saxophone lors de ma première tournée avec Dirty Beaches. Pendant un concert en France, nous jouions dans une petite salle sur un bateau. L’ambiance était malade et à la fin j’ai fait une genre de pirouette punk bizarre et je l’ai échappé. Au concert d’après, je me demandais « pourquoi est-ce que le son est tout… merde, j’ai brisé le sax ». C’était chiant, mais c’est quelque chose que les gens ont retenu du spectacle. Je pourrais le faire réparer mais je ne l’ai jamais fait, parce qu’au fond de mon cœur, je veux un saxophone ténor — pour ce son plus grave.

Le tatouage « Focus »

Francesco de Gallo on Hobo Cubes - Focus

Quand je l’ai fait faire, j’étais vraiment dans une phase de concentration. Maintenant, c’est généralement plus difficile de rester concentré. Mais je l’ai, donc je ne peux pas ne pas être concentré. En même temps, le tatouage est un peu flou. Donc, ça devient un peu un message à double sens. Parfois, la vie est un vrai foutoir, mais tu dois quand même voir ce qui s’y trouve malgré tout — et parfois il faut se concentrer.

Les cassettes

Francesco de Gall on Hobo Cubes - Hobo Cult Tapes

http://hobocult.blogspot.ca/

Ephemera :: Carl Didur on Zacht Automaat

Ephemera :: Carl DidurWeird_Canada-Ephemera-Zacht_Automaat-Carl_Didur_1-thumb

Here at WC, we’re prone to hyperbole when describing the things we love. Yet no amount of outsized praise, imaginary adjectives or inappropriate hyphens could come close to capturing the mystical powers of Carl Didur and Michael McLean (a.k.a. Zacht Automaat). Seemingly unhindered by time and space, the duo’s creative output since 2010 has included a jaw-dropping 11 albums of seamlessly flowing instrumental expeditions into the farthest reaches of Canteburian prog, Düsseldorf-schooled kosmische and outernational hep. Slim Twig is the group’s tireless champion, and has now done the world a great service by collecting choice cuts from their chronology onto an astronomical double LP published by his Calico Corp. imprint. To celebrate this momentous release, we met up with Didur in his hobbit-sized attic space for the latest edition of our Ephemera series spotlighting six totemic items from the Automaat story.

Zacht Automaat – Lost In The Peak District

Zacht Automaat – Ancaster Heights

 

NEW MEANS OF ORGANISATION

Ephemera of Carl Didur - New Means of Organization

At the end of an afternoon of conversation my friend Eugene casually said "I have something for you, I think.” He proceeded to lend me Twentieth Century Music by H.H. Stuckenschmidt, a book I carried around until the spine broke (it was admittedly fragile to begin with). It was a general history of the progression of the avant-garde from serialism through minimalism back to popularism or what-have-you. This particular page fell out one day and struck me vividly, as it dealt with the determination of a past generation to find new forms of expression; a recurring problem. That same day I contacted my friend Michael McLean and proposed we form a project called ZACHT AUTOMAAT dedicated to exploring any NEW MEANS OF ORGANISATION we could implement. We made a list (since lost) of every musical idea we had ever considered and set out to explore them as a highly disciplined, mobile, local unit. Taken as broadly or specifically as you please, it is a usefully vague motto.

ETHEL 1. CHAIR

Ephemera :: Carl Didur - Ethe1 1. Chair

Michael McLean and I have been making music for 14 years now. This small yellow plastic chair has been a constant companion. Originally adopted by McLean as a totemic object in 2000 it was in his possession until 2010. This chair was at nearly every gig played by our old band and was always in the studio with us. Undue amounts of energy were spent on making sure the chair was in the appropriate position. Once it was left behind in Belleville, Ontario. Some strangers took it to the fair, to the beach, and a tattoo shop. They sent the band a series of photos before returning it with a treble clef tattooed to the right of the ‘1’ (since faded). When McLean moved to England in 2011 I became its keeper. This chair is perpetually occupied by our childhood selves and is a constant connection to the spirit of freewheeling wonderment once-known. To me, the faded stencil evokes the VOYAGER probe in Star Trek I and speaks of long journeys in space. So picture a small child alone in space on this chair, making quiet sound effects and kicking tiny feet in the void.

SONG CHARTS

Ephemera :: Carl Didur - Song Charts

Here you see a selection of spontaneous notations, some rhythmic, some pitch related. Much of our music is off the cuff, undiscussed. We jot down just enough information to lay a musical groundwork. These scraps are usually abandoned by McLean at the end of the session and gathered up by me even though they rapidly become meaningless as the details fade from memory. They are shown here on my most radiant cape, hand-made by Alicia Nauta.

TAPE LOOPS AND TAPES

Ephemera :: Carl Didur - Tape Loops and Tapes

We record on tape because it is easy and familiar and makes things sound easy and familiar. One slight disadvantage is the amassing of physical piles of data, as it were. Here is a small selection of tapes and 1/4 tape loops related to ZACHT AUTOMAAT and my solo shows. All AUTOMAAT cassettes are labeled with date and number by McLean and this vital service should not go unnoticed. As material is transferred to computer for editing the tape itself becomes essentially useless and joins a ready pile. Contained between the bits selected for use, however, are thousands of passing moments of angry banter, abandoned melodic ideas, brief improvisations, long stretches of flam-riddled solo drumming, manic laughter, supercilious commentary, etc. All of the fleeting bits of process related to making-up music and being old friends are captured here in queasy aspic. We keep most of the original 2010 sessions in this homemade gun case McLean found on the street one day. There’s a metaphor for you to explore.

MY TROUBLES FICTITIOUS, MY PLEASURES DELICIOUS

Ephemera - Carl Didur - My Pleasures Fictitious, My Troubles Delicious

This is a 13×13 painting done on drywall by Benjamin Rosenblum in 2003 or so. His ceiling collapsed and the landlord recommended he fix it himself. On the extra scraps of drywall left over he did a series of tempera paintings that I found compelling. I asked him to make an album cover for me for a projected album to be called “My Troubles Fictitious, My Pleasures Delicious” and he painted this without further instruction. I decided I didn’t like the title and he forbade me to use the painting for any other purpose. It hung in my kitchen until 2011 when I decided enough time had passed that I could use it, what the hell, and it became the cover of WE CAN’T HELP YOU IF WE CAN’T FIND YOU. I really really like this painting.

LIFE IS HARD, BUT GREAT

Ephemera :: Carl Didur - Life is Hard, But Great

When attempting to get anything done at any time one should always remember this. It is hard to see but it says “LIFE IS HARD, BUT GREAT.” Drawn in pen by Eugene Slonimerov (see NEW MEANS OF ORGANISATION) for someone in need of reassurance, it was left behind and became a sad but friendly piece of ephemera that has persisted beyond expectation. Take in pieces or whole as you need it.

Chez WC, nous aimons user d’hyperboles pour parler de choses que nous aimons. Cependant, aucun éloge dithyrambique, aucun adjectif imaginaire ni aucun trait d’union inapproprié ne saurait rendre toute la portée des pouvoirs mystiques de Carl Didur et de Michael McLean (alias Zacht Automaat). Apparemment libre de toute emprise spatio-temporelle, le duo a produit depuis 2010 un impressionnant total de 11 albums instrumentaux explorant sans relâche les confins du prog cantorbéryen, du kosmische de Düsseldorf et du cool extranational. Slim Twig, infatigable fidèle du groupe, vient de rendre une fière chandelle à l’humanité en regroupant sur un double album astronomique, paru sur son étiquette Calico Corp., une sélection de leurs meilleurs morceaux. Pour célébrer cette sortie capitale, nous avons rencontré Didur dans son grenier de hobbit dans le cadre de notre série Ephemera. Il nous présente ici six objets emblématiques dans l’histoire d’Automaat.

Zacht Automaat – Lost In The Peak District

Zacht Automaat – Ancaster Heights

DE NOUVELLES FORMES D’ORGANISATION

Ephemera of Carl Didur - New Means of Organization

À la fin d’un après-midi en compagnie de mon ami Eugene, il m’a dit tout bonnement : « Je pense que j’ai quelque chose pour toi. » Il m’a alors prêté La musique du XXe siècle par H.H. Stuckenschmidt, livre que j’allais traîner jusqu’à ce que s’arrache la reliure (cette dernière était déjà abîmée au moment du prêt). Histoire générale de l’avant-garde, le livre retraçait l’évolution de la musique sérielle jusqu’au minimalisme pour revenir ensuite sur le populisme ou quelque autre courant. Une page, qui était tombée, attira particulièrement mon attention : elle traitait de la volonté d’une génération passée de découvrir de nouvelles formes d’expression, un problème récurrent. Le même jour, j’ai contacté mon ami Michael McLean pour lui proposer de former un projet appelé ZACHT AUTOMAAT, lequel serait dédié à l’exploration de NOUVELLES FORMES D’ORGANISATION que nous pourrions mettre de l’avant. Nous avons fait une liste (perdue depuis) de toutes les idées musicales que nous avions déjà eues, et nous nous sommes donnés pour objectif de les explorer méticuleusement en tant que formation versatile et locale. Qu’il soit pris de manière générale ou spécifique, ce mot d’ordre vague allait nous être utile.

CHAISE ETHEL 1.

Ephemera :: Carl Didur - Ethe1 1. Chair

Voilà déjà 14 ans que Michael McLean et moi faisons de la musique. Cette petite chaise de plastique jaune nous accompagne depuis. Adoptée à l’origine par McLean en 2000, elle a été en sa possession jusqu’en 2010. Cette chaise s’est retrouvée pratiquement à chaque concert de notre ancien groupe et nous suivait toujours en studio. Nous avons passé un temps fou pour nous assurer qu’elle se trouvait toujours au bon endroit. Une fois, nous l’avons oubliée à Belleville en Ontario. Des inconnus l’ont amenée dans une foire, à la plage, dans un salon de tatous. Ils nous ont envoyé une série de photos avant de nous la retourner avec une clé de sol tatouée à la droite du « 1 » (effacée depuis). Lorsque McLean a déménagé en Angleterre en 2011, j’en suis devenu le dépositaire. Cette chaise est occupée perpétuellement par l’enfant qui sommeille en nous et nous garde en contact permanent avec cet esprit d’émerveillement sans bornes qui était jadis le nôtre. Les inscriptions effacées me rappellent la sonde VOYAGER dans Star Trek I et évoquent pour moi les longs périples dans l’espace. Imagine un enfant seul dans l’espace sur cette chaise, qui produit de faibles effets sonores et qui fait aller ses petits pieds dans le vide.

SCHÉMAS DE CHANSONS

Ephemera :: Carl Didur - Song Charts

Voici une sélection d’annotations spontanées, certaines à propos du rythme, d’autres en lien avec la hauteur du son. Une grande part de notre musique est improvisée, non préméditée. Nous rassemblons juste assez d’informations pour ébaucher les fondations de notre musique. McLean abandonne normalement ces bouts de papier à la fin des sessions et je les ramasse même s’ils deviennent rapidement incompréhensibles au fur et à mesure que leurs détails s’effacent de notre mémoire. Ils sont rassemblées ici sur ma cape brillante de mille feux, fabriquée à la main par Alicia Nauta.

BOBINES ET CASSETTES

Ephemera :: Carl Didur - Tape Loops and Tapes

Nous enregistrons sur cassette parce que c’est facile et familier, ce qui donne un résultat facile et familier. Un léger désavantage de cette méthode est, comme vous pouvez le constater, l’accumulation de piles de données physiques. Il s’agit d’une petite sélection de cassettes et de bobines que nous utilisons pour ZACHT AUTOMAAT et mes concerts solo. McLean numérote et date toutes les cassettes de AUTOMAAT, une étape tout à fait vitale. Au fur et à mesure que le matériel est transféré sur ordinateur pour être édité, les cassettes deviennent inutiles et vont rejoindre le reste de la pile. Parmi les fragments retenus, on retrouve cependant un millier de moments évanescents de babillage colérique, d’idées mélodiques abandonnées, de brèves improvisations, d’interminables solos de batterie, d’éclats de rire maniaque, de commentaires dédaigneux, etc. Tous ces fragments, qui témoignent du processus musical et de notre amitié de longue date, sont conservés ici dans une glu qui donne mal au cœur. Nous gardons la plupart des enregistrements originaux de nos sessions de 2010 dans un étui à carabine artisanal que McLean a trouvé un jour dans la rue. À vous de faire sens de cette métaphore.

MES PROBLÈMES FANTAISISTES, MES PLAISIRS DÉLICIEUX

Ephemera - Carl Didur - My Pleasures Fictitious, My Troubles Delicious

Il s’agit d’une peinture de 33x33cm sur plâtre par Benjamin Rosenblum datant des alentours de 2003. Son plafond s’est affaissé et le proprio lui a recommandé de faire les travaux lui-même. Sur les restes de Gyproc, il a effectué une série de temperas que je trouve fascinantes. Je lui ai demandé de faire la pochette d’un album que je projetais d’intituler « My Troubles Fictitious, My Pleasures Delicious » [Mes problèmes fantaisistes, mes plaisirs délicieux] et c’est ce qu’il a peint sans d’autre instruction. J’ai décidé que je n’aimais plus le titre, mais il m’a interdit d’utiliser la peinture pour quoi que ce soit d’autre. Jusqu’en 2011, le cadre est resté accroché dans ma cuisine. Je me suis finalement dit « Ah pis d’la marde » et j’ai décidé que suffisamment de temps s’était écoulé pour que je l’utilise : c’est devenu la pochette de WE CAN’T HELP YOU IF WE CAN’T FIND YOU. J’aime vraiment vraiment cette peinture.

LA VIE C’EST DURE, MAIS FORMIDABLE

Ephemera :: Carl Didur - Life is Hard, But Great

Au moment d’entreprendre quoi que ce soit, on devrait toujours se rappeler cette phrase. C’est difficile à distinguer, mais c’est écrit « LA VIE C’EST DURE, MAIS FORMIDABLE ». Tracée au stylo par Eugene Slonimerov (voir DE NOUVELLES FORMES D’ORGANISATION) à l’intention de quelqu’un qui avait besoin de réconfort, l’affiche a été abandonnée et est devenue un triste mais amical artefact ayant survécu beaucoup plus longtemps que prévu. On peut la considérer en tout ou en partie selon les besoins.