Tag: drone

New Canadiana :: Chad Munson – Albedo

Chad_Munson_-_Albedo

The sound of fright and might: looped calm speaking to the gleaming infinity of what draws us to the sound of our own breath against a frozen windowpane. These are the sounds of our silence creaking underfoot; servience to the seasonal might that shatters, tears, lulls, and dispels. For every atomic confluence there is an identic marriage of waveforms breathing sempiternity; subtle to-and-fros pleading unto the frozen night that there is in fact a whispered mistral as gentle as it is sprightly. Unto the wind, ‘thank you’; unto the chill, ‘be still’. Unto the day, both heavy and quiet, ‘be as you are, forever as you can be’. Drone on.

Le son de la frayeur et de la puissance : un discours calme mis en boucle sur l’infinité miroitante de ce qui nous attire dans le son de notre propre respiration contre la vitre. Ainsi résonnent les silences grinçants sous nos pieds, soumis à la puissance saisonnière qui fragmente, déchire, berce et éparpille. Chaque confluence atomique crée un identique mariage d’ondulations sempiternelles; de subtiles vas-et-viens clamant dans la nuit glacée qu’il existe un mistral, chuchoté, aussi doux que vif. Dans le vent, «merci»; sous la fraîcheur, «ne bouge plus». Avec le jour, aussi lourd que serein, «sois toi-même, aussi longtemps que tu le peux». Et bourdonne.

Chad Munson – Southern Facing

Chad Munson – Infinity Mirror

New Canadiana :: Gabriel Piller – Les Autres

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There can never be enough nerve-balming drones of gentleness and light. Gabriel Piller has been churning the manual egg beater of sound into discerning ears for about a decade, but this is one of the gentlest jolts from his prolific label Knife in the Toaster—easily the longest-running and highest-quality noise factory east of the Straits (of Belle Isle). Set up a small internal desk and chair, sit down, and stare pensively out the window of your mind across the undulating vastness of these drone horizons. If you squint you can see (Weird) Canada from here.

On ne peut jamais avoir assez de baume à base de drones doux et lumineux pour calmer les nerfs. À l’aide d’un batteur à œufs, Gabe Piller a baratté du son dans les oreilles perspicaces depuis près d’une décennie. Toutefois, cet album est l’un des plus doux électrochocs de son label prolifique, Knife in the Toaster, qui est de loin l’usine à sons de très haute qualité la plus persistante de l’est du détroit (de Belle Isle). Aménagez un petit bureau interne, asseyez-vous et regardez pensivement par la fenêtre de votre esprit, à travers l’immensité ondulante de ces horizons bourdonnants. Si vous plissez les yeux, vous pouvez voir (Weird) Canada d’ici.

Gabe Pillar – Les Autres

Gabe Pillar – A Quiet Springer

New Canadiana :: Immortal Beings – Mars 1266

Immortal Beings - Mars 1266

Mars 1266, the 2 song limited edition cassette by Neil Burnby’s Immortal Beings, presumably issued from inside an electron diffusion region somewhere above Winnipeg in an accidental ejection en route to new worlds. The songs fasten together early electronica-kosmische sensibility with overlying melodies, fluctuating tremolo and legato drones. This brace offers recall to an extract of mid-century earthly soundscape, which leaves you to suspect the traveler is here wandering not only through the vastitude of space.

Mars 1266, la cassette de 2 pistes à tirage limité des Immortal Beings de Neil Burnby, nous arrive vraisemblabement d’une région de diffusion d’électrons quelque part au-dessus de Winnipeg, résultat d’une éjection accidentelle à mi-chemin vers de Nouveaux Mondes. Les chansons joignent à la sensibilité electronica-kosmische des mélodies flottantes, des trémolos fluides et des bourdonnements legato. Ce collage ravive un fragment des paysages sonores terrestres du milieu du siècle, laissant ainsi croire que le voyageur est ici même, errant dans plus que l’immensité de l’espace.

Immortal Beings – Side A (excerpt)

Immortal Beings – Side B (excerpt 2)

New Canadiana :: C. Diab – No Perfect Wave

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Bowed guitar forms the core of C. Diab’s expansive sound vision. It’s an ongoing meditation at once wistful, melancholy and coy. On this album, his third transmission, he evolves beyond the mother-instrument by incorporating piano, organ and trumpet. Vancouver tape decayer Ian William Craig plays a role in the project too. You can hear him in the crackling ghosts of “Your Interruption,” and in the way “Stars Fall to Flames (Shootout)” disintegrates on re-entry. This is crucial music, and perhaps Diab’s most cohesive message to date. An extended love song for the crooked valley made by trough and crest.

La révérence des guitares est au cœur de la vision sonore expansive de C. Diab; c’est une méditation continuelle qui est à la fois pensive, timide et mélancolique. Sur cette troisième transmission, il va au-delà de l’instrument-mère en incorporant piano, orgue et trompette dans son album. L’esthétique de la désintégration du Vancouvérois Ian William Craig est également de la partie. On peut l’entendre dans les crépitements fantomatiques de « Your Interruption » comme dans l’entrée désintégrée de « Stars Fall to Flames (Shootout) ». Cette musique cruciale est probablement l’ensemble le plus cohérent de Diab jusqu’à présent : une longue chanson d’amour pour sa vallée tortueuse, toute de crêtes et de dépressions.

C.Diab – Ice

C.Diab – Stars Fall To Flames (shootout)

New Canadiana :: Blakkr Nið – Holy Visions

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At some point in time, everyone loses someone they love. Whether it be a relative, friend or partner, everyone will experience this kind of lose eventually. But coincidentally, even though everyone inevitably goes through this, you never really feel what it’s like until it happens to you. Blakkr Nið and their collaborators (Missing Organs and King Brude) come the absolute closest to sonically explaining this feeling. Listening to Holy Visions is a very looming and haunting experience, evoking the same emotional responses you might feel after hearing a cancer diagnosis. This is music to bury your grandmother to.

À un moment ou un autre, tout le monde doit surmonter la perte d’un être cher, que ce soit un parent, un ami ou un conjoint. Par contre, même si nous traversons tous cette expérience, il est impossible de savoir ce que l’on ressent avant de l’avoir vécu. Avec cet album, Blakkr Nið et ses collaborateurs, Missing Organs et King Brude, sont presque arrivés à une explication sonore de ce sentiment. L’écoute de Holy Visions est baignée d’une imminence lancinante qui suscite une réaction émotive semblable à celle pouvant être ressentie suite au diagnostic d’un cancer. C’est le genre de musique que l’on mettrait à l’enterrement de notre grand-mère.

Blakkr Nið – Sunn (featuring Missing Organs)

Blakkr Nið – Meet Your Maker (featuring Missing Organs)

New Canadiana :: Sister Blanche – Three Swords

Sister Blanche - Three Swordssisterblanche-thumb

With an ear pressed against the wall, the throbbing loops of a neighbour’s solo shed session reverberates through insulated plaster and skin. An audible distance makes the heart drone fonder. Tape decay mimics the falling ceiling tiles and peeling paint of our scruddy homes. When this building comes tumbling down, the cassette will be the only treasure worth saving.

Les boucles musicales lancinantes de ton voisin qui joue seul dans sa remise se répercutent à travers le plâtre et la peau de ton oreille, collée sur le mur – une distance sonore qui fait s’amouracher du drone. La dégradation de bande rappelle le son des tuiles du plafond s’écrasant par terre, de la peinture s’effritant dans des maisons abandonnées. Cette cassette sera la seule chose méritant d’être sauvée lorsque l’édifice s’effondrera.

Sister Blanche – I’m Also Sorry

Sister Blanche – I Made a Mistake

New Canadiana :: Hazy Montagne Mystique – Lullaby Drone For Insomniac People

Hazy_Montagne_Mystique-Lullaby_Drone_for_Insomniac_People

Soft dreams of inverted balance; silence comes alive as drones of heavy sighs breathe an ambience that is both coloured and prismatic. Churned glimpses of retrofit eupnea: sartor and thread one and the same. Shattered lapse and opaque magic melt to the bottom of their wick as broken patterns of lunar-drawl stretch to meet the end of the earth. Sounds that double as chartered courses into the dim unknown; sounds that enter empty spaces, filling them with the voices of static revenants.

De doux rêves à l’équilibre inversé, et le silence qui s’anime et qui bourdonne des respirations lourdes d’une ambiance à la fois colorée et prismatique. Des aperçus barattés d’une eupnea: sartor améliorée, le fil unique, l’identique. Déchéance fragmentée et magie opaque fondent jusqu’au bas de leur mèche, pendant que des motifs brisés de coulées lunaires vont se perdent aux extrémités de la terre. Des sons en itinérance cartographiée dans le flou de l’inconnu; des sons qui pénètrent les espaces creux et les remplissent des voix de revenants statiques.

Hazy Montagne Mystique – Lunaire

Hazy Montagne Mystique – Respirer sous les étoiles de mer

New Canadiana :: The Gateless Gate – Near North

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“Quiet”. Woolgathering as soft steps struggle to stomach the circuitous decay underfoot. A quiet that doubles as both hum and rattle; tectonic yet remote. Reticence that builds upon itself as so many hours upon the day. This is time lapse caught in situ; the stillness has found mood-form in the vibrance of a tamed chaos. Where the halcyon subsides, we are trapped at the point of denoument and the twirling precipice of soundless collapse. In these faults we find effulgent absence; in absentia we find pieces abridged.

« Silence ». Rêvasser en marchant doucement, chaque pas s’efforçant d’assimiler le déclin tortueux du sol. Un silence qui est tant cliquetis que fredonnement, tectonique mais éloigné. Une réticence qui se construit sur elle-même, comme les heures sur le jour. C’est un laps de temps figé in situ, la fixité ayant trouvé sa forme-émotion dans la vibrance d’un chaos dompté. Là où le beau se retire, nous sommes prisonniers du point de dénouement, du précipice tourbillonnant d’un effondrement silencieux. Dans ces erreurs nous trouvons une absence éclatante; in absentia, des pièces abrégées.


The Gateless Gate – Our Forest Walk


The Gateless Gate – Snow and Lake

New Canadiana :: BABEL – ZWERM

There are no straight edges on Jupiter. Rhythm is broken into curving arabesques, resonating concentric circles into the cosmic void. Singular sounds interact over fluid ostinatoes – receding into background radiation in a prepared experiment. The instrument is bent into the music, layered and moulded through physical and ethereal alteration. The listener ascends into a frenzy of interplanetary messages emanating from a distance.

Il n’y a aucune ligne droite sur Jupiter. Le rythme se brise en arabesques, résonnant en cercles concentriques vers le vide cosmique. Les sons isolés interagissent sur de fluides ostinatos, l’expérience préméditée les réduisant à des radiations d’arrière-plan. L’instrument est courbé vers la musique; étagé puis moulé par des transformations physiques et éthérées. L’auditeur s’élève vers une frénésie de messages interplanétaires émanant du lointain.


BABEL – ZWERM.01


BABEL – ZWERM.05

New Canadiana :: Ian William Craig – A Turn of Breath

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Paysage dans la brume, les débris d’humanité révèlent un monde désenchanté. Nous ne sommes pas ici dans l’ornière du cliché post-apocalyptique, mais dans l’orbe de l’authentique révélation, sybilline et obvie. Le drone anthume de A Turn of Breath vous dépouille de toute ironie, de toute frivolité. En bon émule de la décadence, vous prenez ensuite place dans le char d’Hermès et montez à l’assaut de l’ineffable, muraille qui se donne à qui sait entendre. Alors vous verrez. Des ruines sans désespérance. La dignité dans le chaos. La grâce dans la voix humaine. La foi au bout du souffle.

A landscape in mist, humanity’s debris reveals a disenchanted world. We’re not here in the ordinary post-apocalyptic cliché, rather we’re in the sphere of authentic revelation, symbiotic, in the met-and-done-away-with. The authentic drone of A Turn of Breath strips you of all irony and friviolity. A good disciple of decadence, you then take the place on Hermes’ throne and mount the height of ineffability, a wall which gives to those who know how to listen. Then you see. Ruins without despair. Dignity in chaos. Grace of the human voice. Faith at the end of a breath.


Ian William Craig – One the Reach of Explanations


Ian William Craig – Either/Or