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New Canadiana :: Prison Hair – Relief Patterns

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Syrupy synths drip over kitchen countertops, warming to the temperature of the human body. From the living room comes a faint, high-pitched whistle; the whirring of a broken television set.

Thick, sluggish beats pulse like cotton balls dabbed on the trembling skin of closed eyelids. Soothing, soft, wet. A rattling snare chews through its harness and rocks itself to sleep.

The radio dial twists past the frequencies of a million collapsing stars, folding inwards like laundry. Galaxies form in cotton creases.

In a house made from memory foam, every surface remembers, and is remembered.

Des synthétiseurs sirupeux dégoulinent des comptoirs de cuisine et se réchauffent jusqu’à atteindre la température du corps humain. Du salon nous parvient un sifflement aigu et étouffé; le ronronnement d’un téléviseur brisé.

Des rythmes épais et engourdis pulsent comme des balles de coton tamponnant la peau tremblante de paupières closes. Apaisants, doux, humides. Une caisse claire clinquante mâchonne et scinde sa bride et se berce elle-même jusqu’au sommeil.

Le fredonnement de la radio se tord pour atteindre la fréquence d’un million d’étoiles en chute libre, repliées sur elles-mêmes tel le linge propre. Des galaxies se forment dans les plis du coton.

Dans une maison faite de mousse mémoire, chaque surface se souvient et l’on se souvient de chaque surface.

Prison Hair – Intro

Prison Hair – Head Shave (feat. Andrea Lo)

New Canadiana :: Virgins – Everyone Lost.

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Be still, don’t breathe. Doomsday is anthropogenic and takes the form of bio-cybernetic revolt. The planet is threatened and engages to resurrect its biomechanical engines of destruction from its underground dormancy to obliterate humankind. It’s the found percussion of hard struck cathedral bells and the incline of a chain hill wooden roller coaster on Everything Dies that mimics dialogue and AI takeover. The droning, Tripod-bass growls are impending. Seismic strides can be mistaken for the sunken heart throbs of those who are enduring a post-apocalyptic world.

Immobile, pas un souffle. L’apocalypse est anthropique et prend des airs de révolte biocybernétique. La planète est menacée et s’apprête à ressusciter de leur dormance souterraine ses engins de destruction biomécaniques pour anéantir l’humanité. La percussion retrouvée des cloches de cathédrale sonnées violemment et la pente d’une chaîne de montagnes russes de bois sur Everything Dies mimiquent les dialogues et conquêtes de l’IA. Le bourdonnement et les grognements de basse à Trépied survolent le tout, menaçants. Les éclats sismiques ressemblent à s’y méprendre aux battements de coeur en noyade de ceux qui perdurent dans un monde post-apocalyptique.

Virgins – The Air We Are Breathing (Be Still)

Virgins – Everything Dies

New Canadiana :: anthéne – repose

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There’s a stillness in the air; the sound of sanctuary. Each one of Brad Deschamps’ eight reveries opens like a cavern — reverberant, ancient, serene. Inside: a crackling warmth, and the echo of minimal melodies that shimmer in the depths. It’s a glowing kind of peace, anchored in hope or heartbreak. It swells with a sizzling hum. We breathe in and close our eyes.

L’air est calme; le son du sanctuaire. Chacun des huit rêveries de Brad Deschamps s’ouvre comme une caverne — pleine de réverbération, ancienne et sereine. Là-dedans, une chaleur crépitant et l’écho des mélodies minimales qui miroitent des profondeurs. C’est une paix rayonnante, qui est ancrée dans l’espoir ou le déchirement. Elle gonfle avec un bourdonnement sifflant. On inspire et ferme les yeux.

anthéne – reaction

anthéne – social engineering

New Canadiana :: Hexigen – Regenerations I-V

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It feels like electricity thudding into your body through the nerves of your fingertips. It rockets up into the ticklish base of your brain.

Brampton’s Hexigen releases a semi-improvised rainstorm of droning airborne frictions showering out of a near-future dystopia, from a time when the few remaining habitable areas of the earth have been enclosed in impenetrable low-lying domes.

The air, the rain, the sun: just cold and distant projections in the encased and gasping remnants of our dimming organic world. Our once soft bodies now composed of 60% cybernetic parts.

All touch so cold and plastic — but we will long to feel the texture of skin, and shriek for it in our coded dreams.

C’est une sensation comparable au martèlement de l’électricité qui traverse ton corps par les nerfs situés au bout de tes doigts. Ça se propulse jusqu’à la base chatouilleuse de ton cerveau.

Hexigen, groupe originaire de Brampton, lance une pluie diluvienne semi-improvisée de frictions bourdonnantes portées par le vent. Ces dernières coulent, tel un jet de douche, d’une dystopie de l’avenir proche, d’un temps où le peu de zones habitables restantes de la Terre sont enfermées sous d’impénétrables dômes de faible altitude. L’air, la pluie, le soleil : que des projections froides et distantes dans les vestiges mis sous verre et haletants de notre monde organique déclinant. Nos corps jadis tendres sont désormais composés à 60 % de pièces cybernétiques.

Tout contact est si froid et plastique, mais nous nous languirons de ne pas sentir la texture de la peau, et la réclamerons à grands cris dans nos rêves encodés.

Hexigen – RGN i: Initiation Wave

Hexigen – RGN iv: Razor Limbs Uncoil

New Canadiana :: Valiska – Repetitions

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Last summer, Krzysztof revisited with his Polish extended family overseas. Living in landlocked Alberta, he recalls his exciting encounter with the greatly flowing and ebbing Baltic Sea on the country’s northern coast, and the long steel rail commutes between cities and hamlets that bookend idyllic back country landscape. A fleeting honeymoon phase and the stirring ideas of repetition in musical arrangement led to a modern composition that longed for his evocative acculturation. Oscillating and saturated waves of clarinet and bassoon registers lay at the underbelly of looping piano improvs in cold ambience.

L’été dernier, Krzysztof a revu sa famille éloignée, qui habite en Pologne. Établi en Alberta – donc loin de l’eau –, il se rappelle sa rencontre formidable avec la mer Baltique, située sur la frontière au nord du pays, et le long rail ferroviaire faisant la navette entre les villes et les hameaux qui enserrent le panorama idyllique de l’arrière-pays. Une phase de lune de miel fugace et le brassage d’idées de répétitions dans un arrangement musical ont mené à une composition moderne se languissant de l’acculturation évocatrice du musicien : des vagues oscillantes et saturées de clarinette et de basson reposant au bas-fond d’impros de piano jouées en boucle dans une atmosphère froide.

Valiska – Glide

Valiska – Dawn

New Canadiana :: Guidewire – Surges EP

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A scream, a pause. An inch of water magnifies the floor like a shivering, glassy coat. It must have flooded overnight.

Blankly, you catch the reflection of a sallow, moonish face; it isn’t yours. A creature echolocates shrilly from behind the couch, the pitch squealing at your outstretched hands. You are not its friend.

Something less than anger retracts its claws inside your gut, tearing the pink, fearful folds, twitching as slowly as a vestigial organ, serving as little function as you do.

Your feet drag forward; you have always been slow; carving up confidence like pale, jellied meats. Fingers click impatiently against the doorframe. They’ve had enough of you.

Un cri, une pause. Telle une nappe vitreuse secouée de frissons, un pouce d’eau produit un effet grossissant sur le plancher. Ce dernier a du être inondé durant la nuit.

D’un air ahuri, tu saisis le reflet d’un visage lunaire au teint cireux; ce n’est pas le tien. Une créature écholocalise avec stridence depuis l’arrière du sofa, le ton monte à la vue de tes mains tendues. Tu n’es pas son ami.

Quelque chose de moins violent que la colère rétracte ses griffes à l’intérieur de tes tripes et déchire leurs plis roses et terrorisés. Ces derniers tressaillent aussi lentement qu’un organe vestigial qui aurait aussi peu de fonctions que toi.

Tu avances en traînant les pieds (tu as toujours été lent), découpant ton assurance comme si c’était de pâles viandes en gelée. Les doigts de la créature pianotent sur le cadre de porte. Ils en ont eu assez de toi.

Guidewire – The Churn

Guidewire – mar mar mar

New Canadiana :: Moss Harvest – Moments Of Inertia

Weird_Canada-Moss_Harvest_-_Moments_Of_Inertia

Driving along the coastline, an opaque and impenetrable fog wraps you inside a hazy cloak. Once tender waves crash precipitously on the shore, overflowing with impatience and animosity. The lines on the pavement dissolve into nothing. Trapped, with your senses smothered by the relentless density. There is no option but to push forward, into the isolation, into seclusion, hoping to see a sign of light, but the fog never breaks. You’re stuck here forever.

Pendant qu’on conduit le long du littoral, un brouillard obscur et impénétrable t’enveloppe dans un voile flou. Une fois les vagues douces s’écrasent à la hâte sur la rive, qui déborde d’impatience et d’animosité. Les lignes sur la chaussée s’évanouissent. Piégé, avec vos sens étouffés par la densité implacable. Il n’y pas de choix sauf d’avancer, dans l’isolement, dans la solitude, en espérant apercevoir un signe de la lumière, mais le brouillard ne se dissipe jamais. Tu es coincé ici pour toujours.

Moss Harvest – Dusk, Shrouded In Fog

Moss Harvest – Eastern Passage

New Canadiana :: Sarah Davachi – Barons Court

Sarah-Davachi

A long time ago, the island was born. It crept into the ocean with a tiny splash and paddled out into the blue depths. Salt crusted its craggy lips, forming razor sharp stalactites atop the shiny green eyelids of palm fronds.

The earth shifted its shoulders. Thick, bullying waves crashed into the shoreline, nipping granular bites and regurgitating a frothy mass. Ominous clouds muted the sun with discordant, deliberate bowstrokes. The wind wrote twin poems and tucked them between a stand of crooked trees.

Quietly and without complaint, the island pivoted with the earth, but it did not change partners.

Il y a de cela très longtemps, l’île vint au monde. Elle se glissa dans l’océan en laissant entendre un faible clapotis et nagea dans le bleu des profondeurs. Le sel se cristallisa sur ses lèvres burinées et des stalactites acérées se formèrent sur ses paupières vertes et luisantes en frondes de palmier.

La terre tourna les épaules. De grosses vagues coriaces s’écrasèrent sur les berges, les égrainèrent à petites bouchées et régurgitèrent une masse écumeuse. Les nuages menaçants étouffèrent le soleil avec des coups délibérés d’archet dissonant. Le vent écrivit des poèmes jumeaux et les blottit au creux d’une forêt d’arbres tortueux.

En silence sans se plaindre, l’île tourna avec la terre, mais ne changea pas de partenaire.

Sarah Davachi – Heliotrope

Sarah Davachi – Wood Green

New Canadiana :: ILLER/VIRTUAL FLANNEL

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Compelled to the point of happy-stance, these electro-experimenters exhume the currential bravado of B(oh)rlesque ingenuity and cast it in the au courant veil of colorful modalities. What remains after the lull… those carapaces of lurid and languid evenings; everything as one flying reel of a memory of a night. Dirty Tapes has done it again, our (not-so) southernly compatriots curating the soft-serve beats oftentimes lost to the whirling overture of everything else that we northernlies have to offer. Beats as currency, the dollar at an all-time high.

Contraints avec plaisir, ces électro-expérimentateurs exhument le bravado mouvant d’ingénuosité B(oh)r-lesque et le jette dans le voile de modalités colorées connu. Ce qu’il reste après l’accalmie… ces carapaces de soirées obscènes et languides; des souvenirs qui passent aussi vivement qu’une pellicule cinématographique. Dirty Tapes nous épate à nouveau, nos compatriotes du (pas si loin au) sud agencent les rythmes glacés-mous souvent perdus parmi l’ouverture tourbillonnante de tout le reste que nous les nordistes avons à offrir. Le rythme en tant que monnaie, le dollar plus élevé que jamais.

Iller – Never Again

Virtual Flannel – Ride Wid Me

New Canadiana :: Black Tremor – Impending

Weird_Canada-Black_Tremor-Impending

Like older siblings, they are flame. Dancing at the mouth of the end of it all. Cracks in the welkin overhead; impending kismet. Noumena in mirrors. Siimilar yet singular, gaining reverence for a rapture forced rather than happened upon; conjured rather than readily given; spliced, destroyed and put back together again, all while calamity whispers unto itself that the break in the storm is the end of the beginning of the end. The blackening tremors below allude to the baser animism in us all; rattled, reckoned; the chasm is all that matters. We are all heavy in the light.

Comme les aînés de la famille, ils pètent le feu. Dansant là où la fin de tout débouche. Des fentes dans la voûte céleste; le destin imminent. Noumènes dans les miroirs. Semblables, mais singuliers, gagnant une révérence pour une extase forcée plutôt que tombée dessus; conjurée plutôt que donnée; épissée, détruite et à nouveau reconstruite, tandis que la calamité se chuchote que l’éclaircie après l’orage est la fin du début de la fin. Les tremblements noircissant d’en bas font allusion à l’animisme infâme à l’intérieur de nous tous; secoué, calculé; le gouffre est tout ce qui compte. Nous sommes tous lourd dans la lumière.

Black Tremor – Markhor

Black Tremor – Rise