Tag: doom

New Canadiana :: Totenbaum Träger – Ouverture du cadavre de Sade

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Replaçant Sade dans le contexte néolibéral, Ouverture du cadavre de Sade est un livre-disque qui se soustrait au ton gourmand des chercheurs de scandale et souligne plutôt le caractère sinistre du banquet. Dans son requiem pour trompette au « souffle malade » et pulsations de guitare lancinantes, Totenbaum Träger nous offre la trame sonore d’un saccage planétaire du point de vue de ses échos. Les collages des éditrices juxtaposant bribes d’actualités économiques et images dérangeantes forment quant à eux une kabbale morbide qui révèle, entre des pages que le lecteur doit déchirer, la réalité abjecte de nos pulsions collectives : des coulées d’or se substituent au sang, au sperme et aux larmes des illustrations de tortures. Le tout nous propose une alchimie renversée qui nous pousse jusque dans les derniers retranchements de la chair, là où de toute part ça crie « non ».

Replacing Sade in a neoliberal context, Ouverture du cadavre de Sade is a book-album which focuses less on the gourmet elements of those looking for scandal and underlines instead the sinister character of the banquet. With its requiem for sick trumpet and darting guitar pulsations, Totenbaum Träger signs this sonic fabric with a planetary plunder from the point of view of its echos. The collages of the books juxtapose snippets of business news and deranged images to form a morbid Kabbalah which has, within the pages that the reader must tear apart, the abject reality of what we collectively draw on; streams of gold replace streams of blood, sperm and tears in these illustrations of torture. It is a reversed alchemy which pushes us until the edge of flesh, where we scream no from all sides.

Totenbaum Träger – Offertorium

Totenbaum Träger – Dies irae

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New Canadiana :: Fantasy Creeps – Sludge

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Fantasy Creeps check for weirdness and roll a natural 20. Complete with a front cover typographic tribute to Ozzy et al., “Sludge” is blacklit nostalgia for junior high basement sesh paranoia. Vocalists trade duties, creating a shoulder-angel, shoulder-devil dichotomy of faded angst-moan and classic rock wail. Keeping with this damaged aesthetic, the tape audio is janked, wavering in and out, constantly retreating and advancing. Which makes it hard to focus, sometimes, like reading the Monster Manual through thick clouds of nag champa. Ensorcelling nonetheless. “Sludge” is eight-track art brut for red-eyed dungeon crawlers.

Fantasy Creeps effectue un test de bizarrerie et obtient un 20 naturel au lancer de dés. Fourni avec une pochette rendant un hommage typographique à Ozzy et cie., Sludge est la nostalgie à lumière noire du temps où, ados, on devenait parano grâce aux séances de spliffs dans le sous-sol. Les chanteurs se relayent, créant une dichotomie ange-démon de gémissement d’angoisse estompé et de geignement rock classique. Suivant cette esthétique accidentée, la bande audio est en zigzag, ondule par intermittence, bat en retraite et attaque constamment. Ce qui rend des fois la concentration difficile, comme si on lisait le Manuel des monstres à travers d’épais nuages de nag champa. Ensorcelant néanmoins. « Sludge » est composé de huit morceaux d’art brut pour les explorateurs de donjon aux yeux rougis.

Fantasy Creeps – Icy Blood

Fantasy Creeps – Pope

New Canadiana :: Black Tremor – Impending

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Like older siblings, they are flame. Dancing at the mouth of the end of it all. Cracks in the welkin overhead; impending kismet. Noumena in mirrors. Siimilar yet singular, gaining reverence for a rapture forced rather than happened upon; conjured rather than readily given; spliced, destroyed and put back together again, all while calamity whispers unto itself that the break in the storm is the end of the beginning of the end. The blackening tremors below allude to the baser animism in us all; rattled, reckoned; the chasm is all that matters. We are all heavy in the light.

Comme les aînés de la famille, ils pètent le feu. Dansant là où la fin de tout débouche. Des fentes dans la voûte céleste; le destin imminent. Noumènes dans les miroirs. Semblables, mais singuliers, gagnant une révérence pour une extase forcée plutôt que tombée dessus; conjurée plutôt que donnée; épissée, détruite et à nouveau reconstruite, tandis que la calamité se chuchote que l’éclaircie après l’orage est la fin du début de la fin. Les tremblements noircissant d’en bas font allusion à l’animisme infâme à l’intérieur de nous tous; secoué, calculé; le gouffre est tout ce qui compte. Nous sommes tous lourd dans la lumière.

Black Tremor – Markhor

Black Tremor – Rise

New Canadiana :: Good People – Life is Very Long

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The stick-n’-poke-stained hand of the lifeguard waves you on. You’re up next on Powerviolence, the waterslide in the multi-gen post-grow-op punk-house. It smells like bongwater. Inside, your experience parallels a DMT trip soaked in the legacy of the hardcore music that is the very fabric of your enclosure. Blows to the head may not be a part of the design but certainly contribute to the experience. Like Alice, you tumble into a wonderland of frustration, black-out aggression, and the marginalization of humanity in general. The pit and the sweaty, bruised mess you’ll be after is your White Rabbit. You did this to yourself.

La main recouverte de tatouages artisanaux du sauveteur te fait signe d’avancer. C’est ton tour de grimper dans Powerviolence, glissade d’eau dans la maison punk multigén post-grow-op . Ça sent comme l’eau d’un bong. Une fois à l’intérieur, ton expérience se dédouble en un trip de DMT inondé de musique hardcore, celle-là même qui compose ton enclos. Les coups que tu reçois sur la tête ne sont peut-être pas voulus, mais ils font partie de l’expérience. Tout comme Alice, tu tombes dans un pays des merveilles fait de frustration, d’agressions, de pertes de connaissance et de marginalisation générale de l’humanité. L’épave couverte de sueur et de bleus que tu seras après, c’est ton Lapin blanc. Tu t’es fait ça à toi-même.


Good People – You’re Only as Rank as You Feel


Good People – Head Shaft Head

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Video :: Shooting Guns – “No Fans” [Dir: Tyler Baptist]

Shooting Guns - No Fans video

Inspired by ’80s public access variety TV, Saskatoon’s Tyler Baptist hatches a kaleidoscopic Beat Club-style video out of middle Canada’s favourite psych-rock pentangle’s anti-hit, “No Fans.” Things get hammy with a generous use of greenscreen, broadcast switcher and video feedback overlay effects. Not to mention a prototypically listless introduction from the glacial host and actual news footage from the Martensville, SK Satanic ritual abuse daycare scandal, for which the album is named.

Inspiré par la télévision communautaire de variétés des années 80s, Tyler Baptist de Saskatoon accouche d’une vidéo kaléidoscopique dans le style « Beat Club » pour l’anti-succès « No Fans » du pentagramme psych-rock favori du Canada central. Le ton devient théâtral avec l’utilisation généreuse d’un fond vert, d’un mélangeur vidéo et des effets de rétroaction-superposition. Sans compter l’introduction prototypiquement indifférente par une animatrice glaciale, accompagnée d’images réelles d’un reportage sur le scandale des abus rituels sataniques dans une garderie de Martensville (SK), d’où le titre de l’album.

New Canadiana :: Hawkeyes – Poison Slows You Down

Hawkeyes - Poison Slows You Down

No amount of sunbathing or vitamin supplements can prepare the body for the gut-shifting force contained within Hawkeyes’ black hole riffs. Running the earth’s energy fields through a chain of fuzz pedals and phasers, notes swirl violently in a spectacle that recalls memories of a recent tornado. The lurching advances of screaming frequencies march down decimated paths to the beat of thundering rhythms that hit the ground like flashes of dry lightning. Obsidian squalls enter the sightlines in the form of a distant mirage. The illusion creeps closer and closer, yet the real image barely takes a step forward. Quit looking ahead, you’ve already sunk to the earth’s core.

Aucune quantité de rayons solaires ou de suppléments vitaminiques ne peut préparer votre corps à la force aspirante contenue dans les accords dignes d’un trou noir d’Hawkeyes. Transformant les champs de l’énergie terrestre à l’aide d’une chaîne de pédales fuzz et de modulateurs de phase, les notes s’agitent violemment dans un spectacle qui rappelle le souvenir d’une récente tornade. De chancelantes progressions de fréquences perçantes empruntent une route décimée et la cadence de leurs rythmes tonitruants frappent le sol tels des éclairs. Des rafales d’obsidiennes traversent notre champ de vision sous la forme d’un lointain mirage. L’illusion se rapproche de plus en plus près, mais l’image réelle avance à peine. Cessez de regarder au loin, vous vous êtes déjà enfoncés dans le noyau de la Terre.

Hawkeyes – The Howling Damned

Hawkeyes – March Of The Elephants

New Canadiana :: Scab Smoker – Scab Smoker

Scab Smoker - Scab Smoker

A power trio which sways from down-tempo doom to British Heavy Metal, and their drummer’s tape manipulations are the glue that holds it all together? If the tectonic shifts don’t diminish you with a blink, nervous hums will creep up through Crabskull’s eerie non-sequiturs and form pustules on any clean mind — infectious stoner metal in its newest mutation, perversion, persuasion, enticing all to bang head, bang head, bang head.

Un trio en puissance qui se balance de perte de tempo fini à du British Heavy Metal et les manipulations de cassette de leur batteur sont la colle qui tient le tout ensemble? Si les mouvements tectoniques ne vous diminuent en un clin d’œil, des fredonnements vont grimpez à travers les sinistres non-sequiturs de Crabskull et former des pustules sur n’importe quel esprit—du métal infectieux de stoner dans sa plus récente mutation, perversion, persuasion, tentant tous à se cogner la tête, cogner la tête, cogner la tête.

Scab Smoker – Butcher of Daemons

Scab Smoker – Call of the First Aethry

New Canadiana :: AHNA – AHNA

In the valley between post-apocalyptic nihilism and ritual suicide resides a devastating sonic philosophy bred for mental undoing. Push the needle into AHNA’s polyvinyl debut and let this doomic celebration course through your mental veins. As the threads of fybre binding your consciousness burn away, AHNA’s desolate bellowing will forge new paths within the fermented entrails of your guttural chaos. Sip the froth of your own undoing and relinquish AHNA’s morose gin. \m/GRIP\m/

Dans la vallée entre le nihilisme post-apocalyptique et le suicide rituel il existe une philosophie sonique accablante pour la dissolution de santé mentale. Remplis ton aiguille des débuts polyvinyl d’AHNA et laisse couler dans tes veines mentales cette fête de morosité. Pendant que les fils de fybre qui attachent ta conscience sont consumés, le beuglement désolé d’AHNA va façonner des nouveaux chemins dans les entrailles fermentées de ton chaos guttural. Sirote l’écume de ta propre perte et savoure le gin morose d’AHNA. \m/ACHETE\m/


AHNA – I Saw You

Music :: Mongst – Kamira

Kamira sees Mongst traversing the dualic streams of Glassian multi-part ambience and melanic guitar exertion; both avenues percolating his soundscape with dialectical conviction. Let the hypnotic minimalia of “Or Does It Explode” take your mind through a 12 minute trip into ancient ambient pastures, climaxing with a heavy dose of tranquil string dronage. The whole passage seems serene when compared to “The Riverboard Caroline”‘s avant-occult shreddery, and thankfully the contradictions don’t stop there. A brilliant strip of experimentalia from one of Vancouver’s finest.

Avec Kamira, Mongst traversent les flots doubles d’ambiance multi-parte et Glassian et d’effort mélanique de guitare; les deux pistes s’infiltrent son paysage sonore avec une conviction dialectique. Le minimalisme hypnotique de “Or Does It Explode” fait voyager ta tête sur un trip de 12 minutes aux anciennes pâtures d’ambiance, en atteignant son point culminant avec une grande dose de string drones tranquilles. Le passage entier a l’air sereine par rapport au shreddery avant-occulte de “The Riverboard Caroline”, et heureusement les contradictions ne cessent pas là. Un morceau brillant d’expérimentation d’un de meilleurs de Vancouver.


Mongst – Or Does It Explode


Mongst – The Riverboat Caroline

Review :: PIG – Magnetic

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Continuing with their general disregard for genre fortification, PIG return with a c26 frothing with ataxic punk and chaotic sludge. After a side of perilous adventures through mires of improvised drones and guitar destruction, the quadro deliver a full blast of 90s doom-punk occultism. Part Altered Beast, part Ghosts and Goblins, Magnetic synthesizes the darkest parts of adjective-punk and coagulates them into an eerie resin of fractured sounds. A rare gift stolen from the hand of Moira. NO CONTINUES. GRIP++

Continuant avec leur inattention générale pour la fortification du genre, PIG revient avec un c26 moussant avec un punk ataxique et une boue chaotique. Après un morceau d’aventures périlleuses à travers des bourbiers de vibrations improvisées et de destruction de guitare, le quadro livre de l’occultisme à pleine capacité de punk-fini des années 90. À moitié Altered Beast, à moitié Ghosts and Goblins, Magnetic synthétise les parties les plus sombres du punk-adjective et les coagule dans une résine surnaturelle de sons fracturés. Une rare don volé de la main de Moira. PAS DE CONTINUATION. POIGNE++

PIG – HEATHERS

PIG – SOUTHERN DROWN

PIG – MAGNETIC