Tag: dianne lalonde

Ex Libris :: Jay Winston Ritchie – Something you were, might have been, or have come to represent

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“The idea of encountering another human being seemed paradoxical to being human.” A person-shaped hole is formed for each individual by others – expectations coalescing to fit perfectly the physical body. Jay Winston Ritchie details how the productions of Something You Were, Might Have Been, Or Have Come to Represent pummel the body like hundreds of fish rocketing out of a tube to reinforce their stock. Blows mold you in accordance to what the other’s desire projects onto you. You’re nothing but signifiers: your neighborhood, the music you play, the hummus you brought to the party Immersion into your hole lessens the brain noise, but not the frustration when confronted with something that cannot be rehearsed or pre-empted. By those words that cannot be easily translated into the symbolic order—stuck in your throat—I meant to say…

Ex Libris :: Sandra Riley – The Counting House

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Room to breathe in Sandra Riley’s writing – slack action – a courtesy not often afforded. Not being one of two witnesses in love and domination, we are offered glimpses into elements of the unconscious all too familiar. Projection, rejection.

Questions regarding the productive nature of violence/docility. Who I am after you? Eventually only ghosted – thoughts, a voice, a presence long after.

“I deny I fell – I curtsied.”

Les écrits de Sandra Riley laissent un peu de place pour respirer, un luxe que l’on se permet rarement – de l’action épisodique. N’étant pas l’un des deux témoins de l’amour ou de la domination, on peut apercevoir des éléments d’un inconscient déjà trop familier. Projets, rejets…

Un questionnement sur la nature productive de la docilité/violence. Qui suis-je après toi? Et puis, un jour, seulement le fantôme d’une idée, d’une voix, d’une présence qui nous manque.

« Je n’ai pas chuté – j’ai tiré ma révérence. »

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Ex Libris :: Jerry Levy – Urban Legend

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In many legends past, we learn of the various misfortunes inflicted by the ever-vigilant and preying monsters, just waiting for a lapse in character or wrong location. Consider the loup garou, the irreligious prey of the devil. These stories are passed along as a guide – don’t do that, live carefully, and you’ll be safe.

Jerry Levy’s urban legends do not just tell of how scary the external world is, but of how scary you can be to yourself. The pain, confusion, and stress endured daily in attempting to navigate this world while judging, pressuring, and at times defeating yourself. Levy draws attention to the ill-examined and scariest monster, the self.

Nombre de légendes du passé racontent les divers malheurs infligés par des monstres alertes guettant leur proie, à l’affût de la moindre erreur de jugement qui la mènerait au mauvais endroit. Le loup-garou est considéré comme la proie irréligieuse du diable. Ces histoires sont transmises comme on transmet de précieux conseils : ne faites pas certaines choses, soyez prudents et vous serez en sécurité.

Les légendes urbaines de Jerry Levy ne montrent pas seulement à quel point le monde extérieur est effrayant, mais également à quel point on peut l’être pour soi. On endure sans cesse la douleur, la confusion et le stress du quotidien tout en tentant de naviguer dans ce monde en jugeant, en se faisant pression et en se décourageant parfois. Levy attire l’attention sur le monstre le plus terrifiant et le moins bien connu, soi-même.

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New Canadiana :: ginla – “What About the Sun?”

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No need to see what is in front of you when you are so immersed in the sound. Pictures form waves that weave in and out of your path. The synths of ginla lift you – floating, drifting, ever higher and further away. Where am I now? That’s okay, I feel fine.

Voir devant soi est inutile quand on est autant immergé dans le son. Les images forment des vagues qui vont et viennent sur notre chemin. Les synthétiseurs de ginla sont enlevants – ils flottent, dérivant toujours plus haut, toujours plus loin. Où suis-je rendu? Ça va, je me sens bien.

Ex Libris :: Geneviève Castrée – Susceptible

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Pause in between each of Geneviève Castrée’s illustrations in Susceptible; otherwise, you will miss just how deeply they can permeate. Perceiving another’s childhood through illustration enables an empathic account, how much easier to project into the other when you can see the visions entrenched upon their eyes. Visions of their formulation, a process wholly incomplete.

Our formation is mentally and physically encumbered by what happened in the past. This isn’t necessarily a bad thing since our accident of entering into the world does not mean that our ties in it are any the less valuable. When saying, “oh I got that from Mom” or “this seems like something my father would do,” we are placing ourselves by some of the only references we know. However, doing so becomes much more difficult when our familial points of reference do not speak our language or share our values. Castrée shows the cognitive dissonance created between wanting our vision of the perfect family and admitting that reality is often far off, creating a tragedy. We subsequently ask: what does the (m)other want?

Prenez le temps de bien regarder chacune des illustrations de Geneviève Castrée en feuilletant Susceptible, sinon vous ne réaliserez pas à quel point elles peuvent s’imprégner dans votre être. Percevoir l’enfance de quelqu’un à l’aide du dessin permet d’adopter un point de vue empathique; il est tellement plus facile de s’identifier à une personne lorsque l’on peut voir à travers ses yeux. Des bribes de la formation de son être, un processus entièrement incomplet.

Notre formation est mentalement et physiquement encombrée par notre passé. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose puisque l’accident qu’est notre entrée dans ce monde ne diminue en rien la valeur de nos liens avec celui-ci. Lorsque l’on dit « oh, je tiens ça de ma mère » ou « on dirait quelque chose que mon père ferait », on se situe à l’aide des seules références que l’on connaît. Cela devient beaucoup plus difficile lorsque notre point de référence ne parle pas notre langue ou ne partage pas nos valeurs. Castrée illustre la dissonance cognitive causée par le fait d’avoir une vision de vie familiale parfaite, et en même temps d’admettre que la réalité est rarement comme on la souhaite, ce qui est tragique. On se demande ensuite : que veut donc la m(autre)iarche?

Genevieve Castree - SusceptibleGenevieve Castree - Susceptible

Ex Libris :: Michael Hingston – The Dilettantes

Michael Hingston - The Dilettantes

We are confronted by daily intrusions into our being or sense of self. Even welcomed obligations can come at a cost not entirely expected or known. With each job taken, organization joined, friend made, lesson learned – a little ribbon is tied to your wrist, pulling you in every which way. When one of these ribbons is removed, you gain a sense of freedom, a rotation of the wrist. The first turn is so satisfying. But what are you to do then? Without a tug in one direction or the other, how are you supposed to know where to go?

What if those ribbons were not just tugging on your wrist, but constructing it? Holding it together. Taking an amorphous flesh and giving it some sense of shape. Shape is by no means set – even physically manifested and labelled objects take on a myriad of forms. Simon Fraser University can at once be a university, the ruined Delphi Museum and the planet Tollana. In The Dilettantes, Michael Hingston explores the self in the midst of such (de)formation. People are tied in shape through labels applied by others, oh you’re one of those newspaper people, and this may well hold together how individuals see themselves, but it does not have to and it can be removed. In fact, your ribbons may be forcibly removed – a smile as they untie you not realizing, caring or concerned with just how painful the process will be.

Tous les jours, nous faisons face à des intrusions dans notre être ou dans la perception que nous avons de nous-mêmes. Même les contraintes bénéfiques peuvent avoir des conséquences cachées ou inattendues. Avec chaque nouvel emploi, chaque nouveau groupe, chaque nouvel ami, chaque leçon apprise, un petit ruban s’attache à votre poignet et vous tire de tout bord, tout côté. Lorsque l’une de ces attaches s’enlève, vous ressentez un certain sentiment de liberté, une rotation du poignet. La mobilité accrue procurée est tellement satisfaisante. Mais après, que faire? Sans une petite poussée dans la bonne direction, comment êtes-vous supposé savoir où aller?

Et si ces rubans n’étaient pas juste en train de vous « tirer » le poignet, mais qu’ils en étaient en fait les fondations? Le faisant tenir en place. Donnant une forme à votre chair amorphe. La forme n’est en aucun cas définitive, car même les objets clairement identifiés peuvent parfois prendre une multitude de formes. L’Université Simon Fraser peut simultanément être une université, les ruines du Musée Delphi et la planète Tollana. Dans The Dilettantes, Michael Hingston explore l’être en plein milieu d’une telle (dé)formation. Les gens sont liés à la perception que les autres ont d’eux, « oh, donc vous faites partie des gens de la presse », et bien que cela joue un rôle dans la façon dont nous nous percevons nous-mêmes, les rubans ne sont pas absolus. En fait, ils pourraient se détacher avec vigueur – un sourire alors qu’ils partent au vent sans que vous vous préoccupiez de toute la douleur que cette décision est sur le point de causer, et sans que vous vous en rendiez compte.

Michael Hingston - The Dilettantes