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New Canadiana :: Ought – More Than Any Other Day

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Words about these four men of Beaubien have been filling up our sacred scrolls over the months since Ought’s first full-length unfurled. In part a rerecording of last year’s self-released EP of the same name, the visceral production and longer format (and violin!) keep this album’s burn more controlled – serene structure atop its often unforgiving instants of stasis-brewed rage. May the months and eternal years of tour keep feeding them with the life-affirming impulse they might someday share with us mystified, kneeling pupils.

Beaucoup de mots se sont dits sur ces quatre garçons de Beaubien dans notre divine barre de défilement depuis la sortie du premier long titre d’Ought. En partie un réenregistrement de leur EP du même nom autoproduit l’an dernier, ici la production viscérale et le format étendu (et le violon!) gardent le contrôle sur cet album incandescent – structure sereine au-dessus d’une tension statique qui culmine en des moments de rage souvent impitoyables. Puisse l’éternité des mois et des années de tournée continuer à les nourrir de cette pulsion porteuse de vie qu’ils nous transmettent, à nous, disciples mystifiés et à genoux.


Ought – Pleasant Heart


Ought – Gemini

New Canadiana :: Land of Kush – The Big Mango

Land of Kush - The Big Mango

Sam Shalabi’s latest offering on Constellation Records features cascading and propulsive female vocals vying for position with a 20-person-strong orchestra, channeling the chaos of Cairo. Piano contemplation and droning eastern strings are circled by sporadically violent horns. Electric guitars surf an endless wave of jittery melodies. Western song forms furtively meet Middle Eastern and Indian harmonies and textures in a hazy alley just off Tahrir Square. At its most dramatic, The Big Mango travels the same road as Die Anarchistische Abendunterhaltung. At its grooviest, it offers parallels to (but never emulates) golden era Afro-jazz. The all-female vocals performed (and written) by various members of Montreal’s indie rock scene are beamed to our planet from a parallel world where radical equality and expression rule. Throw this on the turntable and you might forget winter is looming.

L’offrande la plus récente de Sam Shalabi au label Constellation Records est caractérisée par des chants féminins propulsifs qui luttent contre un orchestre fort de 20 personnes. Il fait penser au chaos du Caire. Un piano contemplatif et le bourdonnement de cordes indiennes sont encerclés sporadiquement par des cors violents. Les guitares électriques surfent sur une vague infinie de mélodies excitées. C’est une rencontre entre les formes du monde occidental et du Moyen-Orient dans une ruelle brumeuse près de la Place Tahrir. À son moment le plus dramatique, « The Big Mango » voyage sur les traces de Die Anarchistische Abendunterhaltung. À son plus “groovy”, il offre un son parallèle (sans jamais tomber dans l’émulation) à l’afro – jazz de la grande époque. Les chants, tous féminins, sont interprétés (et écrits) par plusieurs membres de la scène indie-rock Montréalaise et rayonnent d’un monde parallèle où une égalité radicale et une liberté d’expression règnent. Si tu mets ce disque dans ta table-tournante, il se pourrait que tu oublies que l’hiver approche.

Land of Kush – St. Stefano

Land of Kush – The Pit (Part 1)

New Canadiana :: Saltland – I Thought It Was Us But It Was All Of Us

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Saltland is the project of cellist Rebecca Foon, whose CV includes the excellent Montreal crews Esmerine, Thee Silver Mt. Zion, and Set Fire to Flames. With I Thought It Was Us But It Was All Of Us, she presents a collection of songs that effortlessly blur the lines between chamber pop, minimalist experimentation and drone. The pair of tracks that make up the album’s title “I Thought It Was Us” and “But It Was All Of Us” play perfect counterpoint to each other, demonstrating Foon’s skill at creating both dark, driving force in the former, and ethereal, sparse atmosphere in the latter. Together with the collaboration of Jamie Thompson (The Unicorns, Esmerine) the pair weaves layers of strings, thick basslines and subtle percussion for Foon’s silky vocals to transport us to stark landscapes. Deeply rewarding.

Saltland est le projet de la violoncelliste Rebecca Foon, dont le CV comprend les excellents groupes montréalais Esmerine, Thee Silver Mt.Zion, et Set Fire to Flames. Avec l’album I Thought It Was Us But It Was All of Us, elle présente une collection de chansons qui brouille sans effort les frontières entre la musique pop de chambre, l’expérimentation minimaliste et le bourdonnement. Les deux chansons “I thought It Was Us” et “But It Was All Of Us”, qui combinées donnent le titre de l’album, contrastent en parfaite harmonie l’une de l’autre et démontre la maitrise de Foon dans l’art de jouer autant d’une puissance sombre dans la première que de créer une atmosphère aérienne et sporadique dans la deuxième. Avec la collaboration de Jamie Thompson (The Unicorns, Esmerine), le duo réussit à tisser des nappes de cordes, d’épaisses lignes de basses et des percussions subtiles permettant à la voix soyeuse de Foon de nous transporter à travers des paysages saisissants. Profondément enrichissant.

Saltland – ICA

Saltland – Treehouse Schemes

New Canadiana :: Colin Stetson – New History Warfare Vol. 2: Judges

Virtuosity is a delicate thing. In the wrong hands, it creates total burnitude. But when given to someone whose taste complements his ability, get ready to have your mind blown. In fact, we at Weird Canada are barely recovering from the collective brain-melt caused by Colin Stetson’s New History Warfare Vol.2: Judges. Through his mastery of complex saxophone manipulation, Stetson sways us into dense landscapes, at times evoking the cumbersome dampness of a rainforest, other times pacing himself into a lighter, pastoral mood. Truly an avant-garde jazz epic, especially considering that no overdubs nor effects were used in recording. A 2011 essential.

J’évite souvent les virtuoses. Trop souvent, c’est de la platitude masturbatoire. Mais parfois, un artiste sait jumeler un esthétisme raffiné à un grand talent, et l’on peut alors s’attendre à être jeté par terre. En fait, l’équipe de Weird Canada est encore en convalescence suite à l’écoute de New History Warfare Vol.2: Judges de Colin Stetson. Par sa maîtrise extraordinaire du saxophone, Stetson nous envoûte et parvient à créer des paysages vifs, évoquant parfois la densité accablante de la forêt amazonienne, et se modérant par moments à une ambiance sereine et pastorale. Considérant que l’album a été enregistré sans utiliser d’effets ni de prises multipistes, Colin Stetson nous offre un album impressionnant et sublime de jazz avant-gardiste. Un incontournable de 2011.


Colin Stetson – Judges


Colin Stetson – The Righteous Wrath Of An Honorable Man