Tag: claire marie guimond

New Canadiana :: Basic Nature – Circles + Lines

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Sunset tonight just for me and you and all our friends equally. When it goes away were they all counting the fadeout? There are enough scenic views to go around. Everyone you know, summer love: in true love with all your friends and the scene and comfortable shoes. Everyone you know, they come to your show. & I say thank you for sharing this moment – your very own – your own tiny hearts with jigsaw edges that need the hand to guide into the big picture. Big landscape drawing of the moment forever, the little features, freeze! Let’s not make any sudden movements.

Ce soir, le coucher de soleil est juste pour moi et vous, de même que tous nos amis. Lorsqu’il s’en est allé, ont-ils compté le temps qu’a duré le fondu au noir? Il y a assez de vues scéniques pour ça. Tous les gens que vous connaissez se joignent dans un amour d’été : véritables amoureux de tous vos amis, de la scène et du shoegaze confortable. Tous les gens que vous connaissez, ils viennent à votre spectacle. Et je vous dis merci de partager ce moment de gloire (ce moment bien à vous) qui s’applique à vos propres petits cœurs aux bords en dents de scie, ces derniers nécessitant que la Main les guide vers la vue d’ensemble. Un grand panorama étire le moment pour toujours, les petits détails, plus un geste! Ne faisons aucun mouvement brusque.

Basic Nature – Circles and Lines

Basic Nature – Winged Creature

New Canadiana :: Ought – More Than Any Other Day

Weird_Canada-Ought-More_Than_Any_Other_Day

Words about these four men of Beaubien have been filling up our sacred scrolls over the months since Ought’s first full-length unfurled. In part a rerecording of last year’s self-released EP of the same name, the visceral production and longer format (and violin!) keep this album’s burn more controlled – serene structure atop its often unforgiving instants of stasis-brewed rage. May the months and eternal years of tour keep feeding them with the life-affirming impulse they might someday share with us mystified, kneeling pupils.

Beaucoup de mots se sont dits sur ces quatre garçons de Beaubien dans notre divine barre de défilement depuis la sortie du premier long titre d’Ought. En partie un réenregistrement de leur EP du même nom autoproduit l’an dernier, ici la production viscérale et le format étendu (et le violon!) gardent le contrôle sur cet album incandescent – structure sereine au-dessus d’une tension statique qui culmine en des moments de rage souvent impitoyables. Puisse l’éternité des mois et des années de tournée continuer à les nourrir de cette pulsion porteuse de vie qu’ils nous transmettent, à nous, disciples mystifiés et à genoux.


Ought – Pleasant Heart


Ought – Gemini

New Canadiana :: Des Moines – Demoines

Des Moines - Desmoines

There are a few places on Earth where the sky at night has more depth than anywhere else. Usually these are great flat places, overloading the snowglobe perception. At this one in particular you can pick up a certain electromagnetic signal from deepest space. In attempt to cancel it out, Earth sent back the opposite signal, purposefully delaying First Contact and the next era—but Earth messed it up, so the transmission we intercepted is a jumble of both. It’s impossible to tell from here if the original alien broadcast was an invasion announcement, or just a friendly HELLO from some galaxy-traversing renegade youth. You understand this can in no way reach the press—standard-procedure gov’t cover-up—but, well, for how long can a prairie town hold such a big secret?

Il existe peu d’endroits sur la Terre où, pendant la nuit, le ciel a plus de profondeur que n’importe où ailleurs. En général, il s’agit de grands espaces plats, surchargeant la perception de style boule à neige. À partir d’ici en particulier, il est possible d’intercepter un certain signal électromagnétique provenant de l’espace profond. En tentant de l’annuler, la Terre a envoyé le signal opposé, retardant délibérément le Premier Contact et la prochaine ère – mais la Terre a raté son coup. Le signal que nous avons intercepté est un mélange des deux. Il est désormais impossible de dire si le message extraterrestre original annonçait une invasion, ou s’il s’agissait seulement d’un amical BONJOUR de la part de jeunes renégats traversant la galaxie. Vous comprenez qu’en aucun cas la presse ne doit être informée – procédure de dissimulation standard du gouvernement – mais, enfin, combien de temps une ville des prairies peut-elle garder un si grand secret?


Des Moines – By the By


Des Moines – Moving Through Cement

New Canadiana :: Girl Arm – Trading Cities

Girl Arm - Trading CitiesGirl Arm - Trading Cities

Girl Arm’s label headquarters lies directly underneath Montreal’s disreputable Boul. St-Laurent, which you must cross with an eye over your left shoulder, or you won’t even make it past the speeding taxis. To get to this underground chamber, you must descend a rickety staircase: a conglomerate of wooden slabs without mark of modern engineering, kin of rope bridges of the action-adventure type. As you know, taking a tentative approach to bridge-crossing — trying to re-center your balance on each beam before leaping to the next one — will likely result in your fall to the beast-ravaged jungle below. The trick is to move quickly and trust momentum. If you can synchronize your pace to the swinging of the wood beams you’ll be fine. Until the rhythm changes

Le siège social du label de disque de Girl Arm se trouve directement sous le boulevard Saint-Laurent, à Montréal; ce boulevard peu recommandable qu’il faut toujours traverser en regardant sur la gauche, sinon on ne s’en sort pas à travers les taxis qui roulent à toute vitesse. Pour atteindre la chambre souterraine, on doit descendre un escalier branlant : un conglomérat de dalles en bois sans trace d’ingénierie moderne, dans la famille des ponts de corde du style action-aventure. Comme on le sait, tenter de traverser le pont – essayer de retrouver son équilibre à chaque poutre avant de passer à la prochaine – provoquera sûrement notre chute dans la jungle ravagée par les bêtes en dessous. L’astuce est de bouger rapidement et de faire confiance à son élan. Si on arrive à synchroniser son allure au balancement des poutres de bois, on s’en sort. Jusqu’à ce que le rythme change


Girl Arm – Her Hands


Girl Arm – Trading Cities

New Canadiana :: Hana Vave – 1992

Hana Vave - 1992

The end of the free age was marked by a house show. When summer faded, Connor Dennehy of Hana Vave put down his guitar and joined Gretchen as a drummer. Together they sank into the deep waters of time, and could have been lost there forever.

But perhaps it is no coincidence that Alex Lavoie and Josh Boguski of another band, whose members once rocked out under different names at that house show four years ago, now stand next to Hana Vave singer Geneva, and next to Connor, while his fingers lay down old patterns to tape. Some things want to upwell. For there is ice over the Bow River tonight—our hope to melt it lies in a certain set of pop songs that have snared the power of a younger summer sun, out of the myth that bore them.

La fin de l’ère libre a été marquée par un spectacle à domicile. Lorsque l’été s’est dissipé, Connor Dennehy, de Hana Vave, a mis sa guitare de côté pour aller jouer avec Gretchen en tant que batteur. Ils ont plongé ensemble dans les eaux profondes du temps, au risque de s’y perdre à jamais.

Mais ce n’est peut-être pas une coïncidence qu’Alex Lavoie et Josh Boguski, d’un autre groupe dont les membres, qui, sous une identité différente, ont auparavant fait chauffer la scène de cette représentation à domicile il y a quatre ans, se retrouvent aux côtés du chanteur de Hana Vave, Geneva, et de Connors, qui crée de ses doigts de vieux accords pour le studio. Quelque chose cherche à jaillir : la rivière Bow est recouverte de glace ce soir, et si nous espérons pouvoir la faire fondre, il faudra faire appel à une certaine série de chansons pop qui, avec le mythe qui les a créées, ont pu saisir le pouvoir d’un jeune soleil d’été.


Hana Vave – The Expedition


Hana Vave – 1992

New Canadiana :: KoKo – Clean Livin

KoKo - Clean Livin

There’s a long network of alleys in the part of the city just east of Mont Royal, the known roadmap shifted in a linear translation, so a parallel urban system exists simultaneously. Each space corresponds to a shadow-space between backdoors. You walk into it looking for somewhere to piss after the show at Brasserie Beaubien. You notice for the first time the canopy of fire escapes lining either side of the darkened thoroughfare: where people sit alone in the afternoon and think no one sees them. The images of these people who live here are filling up your mind. Your first taste of true backwoods sincerity, and look, you’re a storyteller yourself.

Il y a un grand réseau de ruelles dans la partie de la ville juste à l’est de Mont-Royal. La carte routière qu’on connaît s’est déplacée en translation linéaire pour que notre système urbain fonctionne simultanément. Chaque espace correspond à un espace d’ombre entre des portes arrière. Tu y pénètres, cherchant un endroit pour pisser après le show à la Brasserie Beaubien. Tu remarques pour la première fois la canopée d’escaliers de secours s’enlignant de chaque côté du passage assombri, là où les gens s’assoient seuls en après-midi et pensent ne pas être vus. Les images des gens vivant là emplissent ton esprit. C’est ta première expérience de la sincérité de la forêt vierge, et regarde, te voilà déjà un conteur.


KoKo – Boys Will Be Boys


KoKo – Wasp

New Canadiana :: Wolfcow – Satanic Vacation

Wolfcow - Satanic Vacation

It turns out the hellish lifestyle is pretty easygoing. Changes of the weather tend to put things in perspective, and down here’s smooth sailing, alright. Nothing to fear, you have all the time in the world starting now to live your desires because reality is a lie. Your guide Wolfcow has wandered through new and occasionally brutal climes—the eternal synth fiend finding you just when you thought it was all over, both of you forming a psychic connection in that instant. Something shimmers in the dark… you’re getting warmer, sinking deeper, and you know the heat source is beneath for there is nothing higher…

Il s’avère que le style de vie d’enfer est assez décontracté. Les changements de météo ont tendance à mettre les choses en perspective, et l’eau est bien calme ici. Mais, vous n’avez rien à craindre : à partir de maintenant, vous avez tout le temps d’accomplir vos désirs, car la réalité est un mensonge. Votre guide Wolfcow a erré dans des cieux nouveaux et parfois brutaux, le démon éternel du synth vous retrouvant lorsque vous pensiez que tout était perdu, formant avec vous une connexion psychique en cet instant. Quelque chose brille dans la noirceur… vous vous sentez plus chaud, vous vous enfoncez plus profondément, et vous savez que la source de chaleur est au-dessous, car il n’y a rien plus haut…


Wolfcow – Take My Hand in Yours


Wolfcow – Cool Animal

New Canadiana :: Lonnie in the Garden // Planet Creature – Split

Lonnie in the Garden // Planet Creature - Split

Lonnie had surely been going in circles. But she’d been careful, tracing the fence with her right hand as she looked around, because that’s what you do when you’re trapped in a maze… which couldn’t explain the familiarity of that sunflower patch, and that’s when the dizzying fear building throughout this endeavour finally cracked – she had been here before and she now knew there was no way out – no way to reconcile the geometry of the place, no big picture, no bird’s-eye view. The birdsong very high up was taunting her, she was falling to her knees… no, it wasn’t a vengeful god, it was an invitation, the first sign of life she could remember, and up til now there was absolutely nothing to remember because the past was dead air. She needed to keep up with the eons and evolve, so she turned right to face the iron pickets and while the gap looked less than a handswidth she melted through it easily.

The new country was clear blue and breathable after the wildness of the maze. She could even sit down here – in fact, that was exactly what she wanted. She looked down from her perch in the sky and watched the shadows move with the sun, watched them for days, every day the same shadows, cycling and recycling hours one through twenty-three and she could see all of them at once, every potential moment in time as it materialized on the ground, and of this she built up a knowledge so intricate and intimate that no one else could ever match her understanding; time was all hers, she knew every movement because she’d watched it happen a million times. The future was never going to change, speaking from very high up…

Lonnie s’était rendue à l’évidence qu’elle tournait bel et bien en rond. Elle avait pourtant fait attention, gardant la main droite sur la clôture en tout temps alors qu’elle examinait ses alentours, parce que c’est la chose à faire lorsqu’on se retrouve prise au beau milieu d’un labyrinthe… ce qui n’expliquait pas pourquoi cette grappe de tournesols lui semblait si familière, et c’est à ce moment-là qu’elle fut submergée par cette peur étourdissante qui grandissait en elle depuis le début de ce voyage. Elle était déjà passée par ici et savait maintenant qu’il n’y avait aucune issue; la géométrie de l’endroit lui était inconnue, elle n’avait ni carte ni moyen d’avoir une vue aérienne des lieux. Le chant moqueur des oiseaux, venant de quelque part bien au-dessus d’elle, la fit tomber à genoux… non, elle n’avait pas attiré la colère des dieux, il s’agissait en fait d’une invitation, le premier signe de vie dont elle ait eu conscience, le reste perdu dans le néant qu’était son passé. Elle devait agripper l’éternité et évoluer avec, alors, d’un quart de tour vers la droite, elle fit face aux barreaux de fer. Bien que l’espace entre ceux-ci semblait à peine plus large qu’une main, elle s’y faufila aisément, tel de l’eau qui s’infiltre.

Cette nouvelle contrée était d’un bleu clair et après la sauvagerie du dédale, elle pouvait enfin respirer calmement. Elle pouvait même s’y asseoir, et elle n’en demandait pas plus. De sa perche au-delà des nuages, elle regardait les ombres bouger avec le soleil des jours durant, répétant un cycle infini partant d’une à vingt-trois heures. Elle pouvait voir chaque heure, chaque moment dans le temps se dérouler simultanément au ras du sol, ce qui lui permit d’acquérir une connaissance si complexe, si intime que personne ne pouvait jamais espérer accoter sa compréhension. Tout ça lui appartenait jusqu’au plus petit détail, qu’elle connaissait par cœur pour l’avoir vu se dérouler un million de fois. L’avenir n’avait aucune intention de changer, elle le savait, du haut de ses nuages…


Lonnie in the Garden – Untitled


Planet Creature – Damn This City

New Canadiana :: Head Honcho – Head Honcho EP

Head Honcho - Head Honcho EP

I woke up to a gentle forward jerk from the deceleration of the bus seat. The doors opened and the air changed, and I was suddenly blinking out all this light coming in. Guess the sun up here hit you faster than it did in my native smog… or those windowpanes must have really been dirty. I shoved up the window and stuck my head through the rim. The outside metal part was already burning hot, which confused me because there was definitely a breeze going. That was when I noticed where we’d parked.

I had been here before, but I knew that was impossible. Anyone could say that the lake, vast and flat as Earth, was a familiar memory — but not one that was mine alone. It was clearer and more substantial, I think, than any real place that anyone had ever seen. In the middle of our lake was an island, rising green out of the water in a perfect hemisphere.

And now that I think about it, I can’t remember if I got carried away and jumped straight out the window, or leaned too far and fell, or if I waited my turn to exit through the door, but right then I was sprinting head-on down the shoreline, lighter than spikes on turf, applause on the wind in my ears, and the peak of the island’s knoll always on the horizon — I knew that the person I travelled for would be waiting on the other side of the crest. Adrenaline masked the fear that drove me (the secret fear that I was starting to forget what she looked like). I pumped my legs and breathed.

Une douce secousse vers l’avant, causée par la décélération de l’autobus, m’a réveillée. Les portes se sont ouvertes, l’air a changé, et tout à coup, cette lumière qui pénétrait me faisait cligner des yeux. On dirait bien que le soleil vous importune plus rapidement ici que dans mon smog d’origine… ou ces vitres devaient être vraiment sales. J’ai poussé la fenêtre et j’ai passé la tête à travers le cadre. La partie métallique extérieure était déjà brûlante, me laissant perplexe, car je sentais bel et bien une brise. C’était à ce moment que j’ai remarquai où nous nous étions stationnés.

Je connaissais l’endroit, mais je savais que ce n’était pas possible. Le lac, vaste et plat comme la Terre, aurait pu être un souvenir familier pour n’importe qui ? il ne m’était pas unique. C’était plus clair et plus substantiel, je crois, que tout autre endroit réel jamais vu. Au centre de notre lac se trouvait une île, un morceau vert sortant de l’eau en un hémisphère parfait.

Maintenant que j’y pense, je ne me souviens plus si je me suis laissée emportée et si j’ai bondi par la fenêtre, ou si je suis tombée en me penchant trop vers l’avant, ou si j’ai attendu mon tour pour sortir par la porte, mais aussitôt, je courais à toute vitesse vers la rive, plus légère que des crampons sur le gazon, le vent dans mes oreilles ressemblant à des applaudissements, le sommet de la butte de l’île toujours à l’horizon. Je savais que la personne que je devais rencontrer m’attendait de l’autre côté de la crête. L’adrénaline cachait la peur qui me poussait (la peur secrète de commencer à oublier à quoi cette personne ressemblait). J’ai accéléré le pas et j’ai respiré.

Head Honcho – Man Oh Man

Head Honcho – Porno