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New Canadiana :: Cris Derksen – Orchestral Powwow

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Enter through the East facing door. You are immediately drenched in the tears of spirits desperate to be heard over the deafening chatter of demons. You feel the vibrations of howling ghosts as they weave through intricate threads of conflicting comforts: loud and soft, weak and strong, destroyed and rebuilt, mourning and hopeful. In a daze, white light crashes into your body, rejuvenating lost hope and fusing the spirit world with your own. Electrified and covered in flecks of gold, you exit through the West door gasping for air.

Entrez par la porte qui fait face à l’Est. Vous êtes instantanément noyé dans les larmes des esprits désespérés de se faire entendre dans le brouhaha assourdissant des démons. On sent les vibrations des fantômes hurlant pendant qu’ils s’immiscent dans la trame d’un canevas complexe de conforts contradictoires : strident et apaisant, faible et puissant, démoli et rebâti, endeuillé et nourri d’espoir. En un éclair, une lumière blanche s’abat sur votre corps, ravive l’espoir éteint et fusionne le monde des esprits au vôtre. Électrifié et émaillé d’or, vous sortez par la porte de l’Ouest en cherchant à reprendre votre souffle.

Cris Derksen – Round Dance ft. Northern Voice

Cris Derksen – New Women Song ft. Jennifer Kreisberg

Far Shores :: Bob Scott

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From the spooky shores of Vancouver emerges Bob Scott’s Halloween masterpieces.

One of his latest is Baby Bogie #2, a bratty and condescending pumpkin child reminescent of the 1930s that is delicately crafted from recycled cork. It’s one of the many ghoulish carvings that appear as homemade decorations, but leave the impression of sinister intentions. Among the wall-eyed pumpkin and kooky black cat magnets, you’ll find more arduous and intricate demons, deities, and other legends attempting to run amok and stir up trouble.

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Folklore and nightmares also come alive in Scott’s hell-ish drawings. A sea of shark’s spew and skeleton punks are translated into record covers.

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Occasionally, cork-carved tiki figures surface as threatening onlookers or corrupt souls guised as Halloween characters. The menacing creatures seem to have evolved from earlier years when Scott had handpainted instruments, sometimes creating horrific tiki visions that were not for the faint of heart. Several guitars and even an upright bass have been marked straight from the pen of beezlebub himself.

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Des côtes effrayantes de Vancouver nous viennent les chefs-d’œuvre halloweenesques de Bob Scott.

Confectionné minutieusement à partir de liège recyclé, Baby Bogie #2, l’une de ses dernières créations, représente un enfant-citrouille malpoli et arrogant, tout droit sorti dirait-on des années 1930. Simples décorations artisanales à première vue, ses sculptures macabres laissent toutefois entrevoir leurs sinistres intentions. Parmi les aimants de citrouilles qui louchent et les chats noirs bizarres, vous trouverez aussi de complexes démons, déités et autres créatures de légende, tous prêts à se déchaîner et à semer la zizanie.

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Le folklore et les cauchemars prennent également vie dans les dessins infernaux de Scott. Un requin pris du mal de mer et des squelettes punk ornent ses affiches, tandis que des démons et des lutins malfaisants se transforment en pochettes d’album.

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À l’occasion, des figures tiki, sculptées dans le liège, surgissent tels des badauds inquiétants ou des spectres corrompus déguisés pour l’Halloween. Ces créatures menaçantes datent de l’époque où Scott peignait des instruments(http://bobscottartwork.tumblr.com/tagged/custom-handpainted) ornés parfois de terribles visions tiki. Cœurs sensibles s’abstenir. Plusieurs guitares et même une contrebasse portent la marque du stylo de Belzébob lui-même.

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Departures :: Poplar Hill Development School – My Northern Home

Poplar Hill Development School - My Northern Home

Located near the Manitoba-Ontario border is Poplar Hill, home to the Anishnaabe (Ojibway) Poplar Hill First Nation. Many of the children there attended the Poplar Hill Development School, an Indian Residential school that operated between 1962 and 1989. A quick Google search shows that many survivors have spoken openly about their experience, the good and the bad, but no one mentions the audio record of the experienced pain. To mark its tenth anniversary, the school released a 12-inch vinyl record called My Northern Home, which features fifteen recorded songs that had been sung by the children of Poplar Hill Development School between 1969 and 1972. Yet, as I scavenged for even a hint of information about its recordings or release, its existence seemed doubtful except for the fact that I had held the vinyl in my own two hands and heard it playback through my speakers as the needle took a plastic ride through history.

Of the fifteen songs, two were sung in Cree, a surprising feature considering the total suppression of Indigenous languages in residential schools, but even the Cree song “Down At The Cross” suggests a Western religious theme. If not exploring Christian teachings of Jesus Christ, the songs mentioned the land, the seasons or school life. As much as My Northern Home may feel like salt poured into open wounds, the powerful sound of these voices is an important learning experience to share. These songs eerily capture an oppressive past so distant, yet so near; they are acapella time capsules that run through the veins of Indigenous cultures and the current issues that echo so loudly.

Poplar Hill est située près de la frontière entre l’Ontario et le Manitoba. La Première Nation Anishnaabe (Ojibway) de Poplar Hill y habite. Là-bas, de nombreux enfants ont étudié à la Poplar Hill Development School, un pensionnat indien qui a été en activité entre 1962 et 1989. Une rapide recherche sur Google montre que plusieurs survivants ont parlé ouvertement de leur expérience, tant du bon que du mauvais, mais personne ne mentionne l’enregistrement audio de la douleur vécue. Pour souligner son dixième anniversaire, l’école avait lancé un vinyle 12’’ intitulé My Northern Home, qui comprenait quinze pistes chantées par les enfants de l’école entre 1969 et 1972. Mais, alors que je recherche toujours activement des informations sur cet enregistrement, son existence même semble incertaine, si ce n’est que j’ai tenu le vinyle dans mes propres mains et que j’ai entendu le son sortir de mes haut-parleurs au rythme de l’aiguille en plastique remontant le cours de l’histoire.

Deux des quinze chansons étaient chantées en Cri, ce qui est étonnant si l’on considère l’interdiction totale des langues indigènes dans les pensionnats, mais même la chanson en cri « Down At The Cross » suggère un thème religieux de l’Ouest. Quand elles ne traitaient pas des enseignements chrétiens de Jésus Christ, les chansons mentionnaient la terre, les saisons et la vie à l’école. Bien que My Northern Home puisse être vu comme du sel versé sur des plaies ouvertes, une leçon importante peut être tirée de ces voix au son puissant. Ces chansons sont la sinistre capture d’un passé oppressant éloigné, mais proche à la fois; elles sont des capsules temporelles a capella qui coulent tant dans les veines des cultures autochtones que dans les problématiques qui se font entendre actuellement.

Poplar Hill Development School – Down At The Cross (Cree)

Poplar Hill Development School – My Northern Home