Tag: arbutus

New Canadiana :: Arbutus – Bedroom Safari

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Palm trees tickle the beach with long, feathery fronds. The golden sun drips slowly, like an egg slipping off the counter. A youthful relic floats; trapped in sea foam, bobbing like a toy. If you could ( rewind your life, where would you press pause? Would you pull out the magnetic ribbons by the handful, watch the plastic spools whir and try to smudge out the mistakes? No sung hymn is holy enough to purify your heart.

Des palmiers chatouillent la plage avec leur long feuillage plumeux. Le soleil d’or s’égoutte lentement, comme un oeuf glissant d’un comptoir. Une empreinte de jeunesse flotte, piégée dans l’écume de la mer, dansant comme un jouet . Si vous pouviez revenir en arrière, où voudriez-vous appuyer sur pause? Est-ce que vous feriez sortir les rubans magnétiques par poignées, en regardant le bourdonnement des bobines de plastiques et en essayant de maculer les erreurs? Aucun hymne chanté n’est assez sacré pour purifier votre coeur.

Arbutus – Bedroom Safari

Arbutus – Free Radicals

New Canadiana :: TOPS – Picture You Staring

TOPS-Picture_You_Staring

Circling the dark, the velvet that is TOPS presses lightly against us, asking “were you gonna let me know? Were you even gonna try?” Reading from the Book of Love, these moments are coated in plush synth sounds and Jane Penny’s lustruous vocals, floating around the ways of being seen, of watching, and the in-between. Interlocking with David Carriere’s guitar, a whispered scream breaks open within a singing wound: “Am I longing for something to remain when it’s time to move on?” Moon-talkers on the way back in from outside, TOPS bring us the daylight, “you’re the reason why.”

Encerclant la noirceur, le velours de TOPS nous pousse légèrement, demandant : « Allais-tu me le faire savoir? Allais-tu même essayer? » Rappelant « Book of Love », ces moments sont recouverts de sons somptueux de synthé et du chant brillant de Jane Penny, s’éparpillant entre les façons d’être vu, de regarder, et de tout ce qui se trouve entre les deux. S’entremêlant avec la guitare de David Carriere, un cri chuchoté se fait entendre en une blessure chantée : « Suis-je en attente de quelque chose qui restera quand il faudra passer à autre chose? » Parlant à la lune sur le chemin du retour, TOPS nous apporte la lumière du jour, « Tu en es la raison. »


TOPS – Circle the Dark


TOPS – Superstition Future

Ex Libris :: Derivé // The Lifeguard Suite [Trevor Barton]

Derivé // The Lifeguard Suite [Trevor Barton]Derivé // The Lifeguard Suite [Trevor Barton] (thumb)

    The beach.

    The surf.

Look past the insect husks, the empty white windless coast holding the throne is paramount. The Lifeguard Suite projects a subconscious internal dialogue onto your parents’ surreal post-war summer holiday, featuring the titular everyman, Death, Death’s Wife, unseen teenage ne’er-do-wells, and traditional gender roles. The temporal tension is captured in a tragicomedic mirror, reflecting the skeletons in the reader’s closet, prying open a third eye to inspect a self no one wanted to see.

Barton’s masterfully written minimal nightmare-collage pushes the reader through the looking glass. Derivé demands the reader to catch up, wake up, get up, paradoxically forcing them to stay down, slow down, climb down, and even when the rooster crows and the rosy-fingered Dawn embraces the sky, even when sleep has ceased, the dreams continue unrelenting. Hustlers of the world, though you may travel far and wide, there is one mark that you cannot beat: the mark inside.

    La plage.

    Le ressac.

Par-delà les carapaces d’insectes desséchées, la côte blanche, déserte, imperturbable règne sur l’horizon. Dialogue intérieur subconscient sur fond de vacances estivales d’après-guerre, The Lifeguard Suite met en scène l’homme de tous les jours, la mort et son épouse, une espèce nouvelle d’adolescents bons à rien, des hommes et des femmes prisonniers de leurs rôles traditionnels. La tension temporelle apparaît dans un miroir tragicomique, reflet des squelettes dans le placard du lecteur, et force l’ouverture d’un troisième œil qui s’abîme dans un pan de soi répudié jusque-là.

Écrit de main de maître, le collage cauchemardesque minimal de Barton pousse le lecteur au-delà du miroir. Dérivé exige de lui qu’il rattrape les nuits perdues, qu’il s’éveille, qu’il se lève, mais l’oblige paradoxalement à rester tapi, à ralentir, à s’enfoncer, et même lorsque que le coq vient à chanter, que l’Aurore aux doigts de rose embrasse les cieux et que le sommeil s’évanouit, les rêves poursuivent leur cours imparable. Arnaqueurs de ce monde, aussi loin pouvez-vous étendre vos tentacules, il demeure une victime qui échappera toujours à votre emprise : la victime en votre cœur.

Derivé // The Lifeguard Suite [Trevor Barton] (back)

Review :: Grimes – Geidi Primes

Geidi Primes is a landmark album of modern Canadian fringe, an assemblage of space-station pop memorabilia teleported from a time-static nether-zone beyond the scope of our earthly understanding. I’ve been waiting months for this, posting anxious pleas to Grimes after hearing the sinuous, harrowing bass-line on Rosa. With the curiously packaged cassette in my fiending grip, the orbiting swaths of synthetic warmth and echoing drum-machines have caused exciting astral projections outside my usual mental musicalia. Geidi Primes takes off from Rosa’s minimal bass-lines and launches straight into a strange hybrid of Björk, The Cure, Micachu, and other avant seamstresses, leaving a footprint in every decade and thankfully landing in ours. Chord progressions and samples are pulled from any source imaginable and the aggregation results in a Kate Bushian trail of decadence. It seems pointless and restrictive attempting to describe its brilliance, so I’ll stop with this: Geidi Primes is a flagship of hyperbolic dimensions. Get on board.

Geidi Primes est un album marquant de la marge moderne canadienne, une collection des souvenirs station-spatiale pop téléportée d’une netherzone statique du temps au-delà de l’étendue de notre comprehension terrestriale. J’attendais des mois pour ceci, en envoyant des appels anxieux à Grimes après avoir entendu les mélodies de basse sinueuse et éprouvantes dans Rosa. Avec la cassette curieusement-emballé dans mon poing diabolique, les bandes tournantes de la chaleur synthétique et des boîtes à rythme résonnantes a causé des projections excitantes et astrales hors de mon musicalia mental habituel. Geidi Primes s’envole des mélodies minimales de basse de Rosa et se lance directement dans un hybride bizarre de Björk, The Cure, Micachu, et les autres couturières avante-garde, en laissant un empreinte dans chaque décennie et heureusement en atterrisant dans la-nôtre. Les séries d’accords et les échantillons sont tirés de n’importe quelle source imaginable et l’accumulation donne comme résultat une trace Kate Bushian de la décadence. Il me semble inutile et restrictif d’essayer de décrire son génie, alors je vais arrêter avec ceci: Geidi Primes, c’est un produit phare des aspects hyperboliques. Monte à bord!

Grimes – Rosa

Grimes – Venus In Fleurs

Grimes – Zoal, Face Dancer

Grimes – Sardaukar Levenbrech

Review :: Sean Nicholas Savage – Spread Free Like a Butterfly

Sean Nicholas Savage - Spread Free Like a Butterfly

After witnessing a devastating croonappelic version of Mr. Savage’s hit Kisses Like a Girl, I opted out of waiting for the 12″ vinyl version of Spread Free Like a Butterfly (December 2009 on Arbutus Records) and copped the CDR for hasty highway blastery. And sure enough, within moments Savage’s Orbisinian vibrato and fetching harmonies had me rolling the windows and screaming all the lyrics; pop drive-byes delivered to unsuspecting ears Edmonton-wide. Sean’s writing has never been better, with his charismatic strangeness texturizing the relationships around him; awkward memories hidden beneath sun-bleached family photos and obscure grad quotes (or at least that’s what it conjures in my mind). It’s a landmark album refusing to languish in any genre; basement lonertude, campfire balladry, dreamy soft-psych, and, most importantly, hit-making. There is a reason I chose Sean Nicholas Savage as the first Weird Canada review.

Après avoir été témoin de la dévastante version croonappelique du hit Kisses Like a Girl de Mr. Savage, J’ai refusé d’attendre pour la version vinyle 12’’ de Spread Free Like a Butterfly (décembre 2009 sur Arbutus Records) et j’ai attrapé le CDR pour une explosion rapide sur l’autoroute. Et certainement, en quelques moments, Orbisinian Vibrato de Savage et ses charmantes harmonies m’ont fait ouvrir les vitres et crier toutes les paroles; le pop arrivé par livraison aux oreilles innocentes partout dans Edmonton. La composition de Sean n’a jamais été mieux, avec son étrangeté charismatique texturant les relations autour de lui; des mémoires gênantes cachées sous des photos de famille blanchies par le soleil et d’obscures citations de graduation (ou au moins c’est ce que cela conjure dans mon esprit). C’est un album repère refusant de se languir dans n’importe quel genre; dans la solitude de sous-sol, dans des ballades de feu de camp, dans du doux psych rêveur et plus important, dans des faiseurs de hits. Il y a une raison pourquoi je choisis Sean Nicholas Savage comme la première révision de Weird Canada.

Sean Nicholas Savage – Heart Wish

Sean Nicholas Savage – Kisses Like A Girl

Sean Nicholas Savage – Grandson