Tag: Arachnidiscs

New Canadiana :: Moonwood – Hexplosion

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The world of improvised drone tends to employ the services of laptops, prerecorded samples and electronics in favour of live instrumentation. The world of impro-drone in the West is, for the most part, a digitized wonderland of electronics, synths and CPUS. Moonwood certainly use their share of binary vibrations, but to come across a live instrumental band that achieves that level of heart BPM reducing, out-of-body experience inducing, whimsically meandering drone that we all know and love is a rare thing indeed.

Le monde du drone improvisé a tendance à utiliser les services des ordinateurs portables, des échantillons pré-enregistrés et de l’électronique au profit de l’instrumentation en direct. Le monde du drone-impro dans l’ouest est, pour la plupart, un pays des merveilles de l’électronique, des synthés et des UCs. Moonwood se servent certainement de leur part de vibrations binaires, mais le fait de croiser un groupe live qui atteint un tel niveau de drone réducteur-de-BPM-du-coeur, inducteur-d’expérience-extra-corporelle et fantasquement méandre, que nous connaissons et aimons tous, est effectivement une chose rare.

Moonwood – Cosmic Ratio (2015.5.29)

Moonwood – Set the Overdrive For The Dark Side of the Nile (2015.01.09)

New Canadiana :: BABEL – Martialis

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BABEL’s meditations on Mars compose a world that does not get to change from red to green to blue. This Martian chronicle is one of a red world turning redder. A sonic world where isolation is salvation and the familiar story of human introduction of course leads to destruction. Curiosity, Odyssey, Orbiter, Spirit, Opportunity, give these exploits whatever name you want: they’re all still drones.

Les méditations sur Mars de BABEL composent un monde qui n’a pas la chance de changer de rouge à vert à bleu. Cette chronique martienne nait d’un monde pourpré qui s’empourpre toujours. Un monde sonique où l’isolation est le salut et l’histoire familière de l’introduction humaine mène bien sûr à la destruction. Curiosity, Odyssey, Orbiter, Spirit, Opportunity, nommez ces exploits comme vous voulez: ils s’agissent tous toujours de drones.

BABEL – Martialis III

BABEL – Martialis IV

New Canadiana :: M. Mucci – Secret Midnights

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  • Side B of this release was previously written about here.

Slowly, ever so slowly, thought takes form. Nadirs of fleeting melody particulate, each fleck of minute detail whisking away from its source; whisking away from itself. Slowly, ever so slowly, these details coalesce and emerge just as they fray at the seams and come to rest as tablatures too delicate to decipher. The re-release of this material is not only an acknowledgment of its quality, it is the recognition of how fragile permanence (as memory) can be. Incarnate tones tiptoe over themselves, their brittleness that which indentures their longevity. For all that is young and quiet, grow old and fond. For all that is fleeting and transient, stay still.

Lentement, toujours plus lentement, les pensées prennent forme. Les nadirs des particules d’une mélodie fugace, chaque détail minuscule qui passe transporté loin de sa source; transporté loin de son centre. Lentement, toujours plus lentement, ces détails s’amalgament et se décomposent, se déposent en tablatures trop petites pour être déchiffrées. La réédition de ces oeuvres n’est pas seulement un gage de leur qualité, c’est aussi la reconnaissance de la fragilité de la permanence et de la mémoire. Les tonalités incarnées s’entrechoquent, créant une fragilité qui diminue leur longévité. Étant donné que tout ce qui est jeune et tranquille vieillit et se gâte. Étant donné cette fugacité éphémère, restez immobile.

M. Mucci – The Secret is Knowing When To Close Your Eyes

M. Mucci – The Clam Of Knowing What Is Going To Happen Next

New Canadiana :: Semen Priest – Third Testament

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A grinning, skeletonized and sunglass-eyed Right Said Fred strutting through strobe lit hell-waste, lava sloshing to the groovy thrust. Rowland S. Howard rolled up in a rug made of disco ball shards, thwacked with sticks by little gremlin versions of A Certain Ratio. Masterful sleaze drips viscous. Fat cherry lips pout in the darkness and lick salaciously. Clammy palms rub together. Teeth gnash anticipation. The air is sulphur and cigarette.

Lunettes fumées et sourire aux lèvres, les squelettes des membres de Right Said Fred défilent dans une décharge infernale illuminée au stroboscope tandis que clapote la lave au rythme du groove. Rowland S. Howard enroulé dans un tapis de tessons de boule disco, fracassée à coups de bâton par les musiciens de A Certain Ratio version Gremlin. Savante débauche qui tombe en gouttes visqueuses. De pulpeuses lèvres rouge font la moue dans le noir et se pourlèchent d’un air salace. Des mains moites se frottent l’une contre l’autre. Des dents qui grincent d’anticipation. L’air n’est que souffre et cigarette.

Semen Priest – Person Suit

Semen Priest – Gendercide

New Canadiana :: BABEL – Alphabeta 2: Outskirts / Alphabeta 3: Organizm

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So many great poets exercise in form; the subtle limitations account for limitless variations on a theme. Toronto’s BABEL apply similar sensibilities to experimental ambiences and continues a prolific legacy. These two discs complete an Alphabeta trilogy where form meets concept and words become instrumental music. Outskirts, a collection of original demos and sketches, is an honest look at an artist itching an idea to blissful satisfaction. On Organizm, BABEL has embraced the inevitable drone of this mad experiment and allowed a brilliant idea to take control of the creation. This series of recordings is pure synthetic authenticity.

Beaucoup d’excellents poètes travaillent sur la forme; et ses contraintes subtiles expliquent les variations infinies sur le thème. BABEL, de Toronto, s’intéresse aux ambiances expérimentales avec une sensibilité similaire, augmentant un héritage déjà considérable. Ces deux disques complètent la trilogie d’Alphabeta, où forme, concept et mots deviennent un même instrument de musique. Outskirts, une collection de démos et de croquis originaux, offre un regard honnête sur l’idée qui démange un artiste; le soulagement n’arrivant qu’avec son accomplissement. Sur Organizm, BABEL s’est abandonné au drone inévitable de cette folle expérimentation en laissant une idée brillante diriger la création. Une série d’enregistrements faite d’authenticité synthétique pure.

BABEL – A Faded Cage

BABEL – Beg

New Canadiana :: BABEL – ZWERM

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There are no straight edges on Jupiter. Rhythm is broken into curving arabesques, resonating concentric circles into the cosmic void. Singular sounds interact over fluid ostinatoes – receding into background radiation in a prepared experiment. The instrument is bent into the music, layered and moulded through physical and ethereal alteration. The listener ascends into a frenzy of interplanetary messages emanating from a distance.

Il n’y a aucune ligne droite sur Jupiter. Le rythme se brise en arabesques, résonnant en cercles concentriques vers le vide cosmique. Les sons isolés interagissent sur de fluides ostinatos, l’expérience préméditée les réduisant à des radiations d’arrière-plan. L’instrument est courbé vers la musique; étagé puis moulé par des transformations physiques et éthérées. L’auditeur s’élève vers une frénésie de messages interplanétaires émanant du lointain.


BABEL – ZWERM.01


BABEL – ZWERM.05

New Canadiana :: Reverend Moon – Coyote Gospels

Reverend_Moon-Coyote_Gospels

Coyote Gospels is baptism in dusty oak, the songs and prayers of the olde overlords of darkness. The acoustic guitar rings like a broken down schoolbus travelling across a mountain range of terror, while handclaps and slide guitar dot the landscape as torn up road signs. People were once here, but what’s left is a hell of mental desolation. The songs put a pool cue in one hand and a broken bottle in the other. Be careful partner, ‘cause there ain’t no hospital here – you are all alone.

Coyote Gospels est un baptême sous des chênes ancestraux, avec les prières et les chansons des seigneurs des ténèbres. La guitare acoustique sonne comme un autobus scolaire déglingué traversant une chaine de montagnes horrifique dans un paysage où les tapements de mains et les slides de guitare sont comme des panneaux routiers arrachés. Avant, il y avait des gens, maintenant ce n’est qu’un enfer de désolation mentale. Les chansons donnent une queue de billard pour une main, une bouteille brisée pour l’autre. Attention cowboy, y a aucun hôpital ici – tu es tout seul.


Reverend Moon – Old Graves


Reverend Moon – God Don’t Love Us (Like The Devil Does)

New Canadiana :: Tranzmit – Übertragung

Tranzmit - Ubertragung

A dance album that is aggressively non-danceable, Tranzmit’s Ubertragung assembles the ominous drums of EBM with a barrage of found sounds and samples which wouldn’t be out of place on a backing track from the Golden Age of hip-hop. Jakob Rehlinger creates an audio collage that depicts the unconcious psychic space of dance music by stretching its constitutive elements into new, barely recognizable forms. A wash of familiar but forgotten commercial voices, mechanical percussion sequences, and drugged-out effects cascade through your speakers. This is a place of too-high thoughts, fractured emotion, and the constant rush towards sensory limits.

Ubertragung de Tranzmit est un album dance qui repousse férocement toute tentative de danse, amalgamant la batterie inquiétante de EBM et un déferlement de sons et de fragments dignes d’une musique d’accompagnement datant de l’âge d’or du hip-hop. Jakob Rehlinger représente la psyché inconsciente de la musique dance en créant un collage audio qui déforme les éléments fondamentaux du style jusqu’à leur donner une toute nouvelle forme, à peine reconnaissable. Des enchainements de percussions mécaniques et une marée de voix commerciales oubliées, mais familières, forment un tout hallucinogène – émotions fracturées, pensées surélevées, recherche constante des limites sensorielles – qui cascade par nos haut-parleurs.


Tranzmit – Gesalzen


Tranzmit – Treulosen

New Canadiana :: Clara Engel – Ashes and Tangerines

Clara Engel - Ashes and Tangerines

Some music seems too big for itself. Like an ancient encyclopedia with entries on folk, blues, post-punk, opera, and chamber music that sits on a shelf next to a pretty little wilting plant on one side and lonely fish in a bowl on the other — and you wonder how that tome doesn’t bring the whole bookcase crashing down. So big are the sounds here, so crackling with emotion that the perfect place to see it live would be somewhere old and wooden: a huge hall usually saved for ceremonies, lit by hundreds of candles, flickering and warm. Or, if not live, then as a soundtrack to a movie that takes place in a very old, grey city, where two lovers lose each other and have to spend a cold night wandering the wet streets searching for the other. It would be autumn, and most of the citizens of this city would also be cold, but some kind souls would extend their hands in help. In the end the lovers would find one another, but not after losing something else that they could never get back.

Certains genres de musique semblent trop vastes pour ce qu’ils sont. Imaginez ceci : reposant sur une étagère entre une plante fanée et un poisson rouge dans un bocal, une vieille encyclopédie remplie de fiches sur le folk, le blues, le post-punk, l’opéra et la musique de chambre, tellement massive que c’est à se demander quelle force divine maintient l’étagère au mur. La scène parfaite pour écouter une représentation de cette musique si vive, si débordante d’émotions serait un vieux hall habituellement réservé aux cérémonies où des centaines de chandelles projettent leur lueur chaude et crépitante sur ses murs faits de bois. Autrement, on pourrait l’imaginer comme la trame sonore d’un film qui se déroule dans une vieille ville grisâtre, où deux amants passent une froide nuit d’automne à errer en clapotant dans les rues mouillées à la recherche l’un de l’autre. Étant donné la saison, la plupart des habitants seraient aussi froids que la nuit, mais il y aurait quand même quelques bons samaritains prêts à donner un coup de main. À la fin, les amoureux seraient réunis, mais non sans sacrifier pour de bon quelque chose qui leur est très cher.


Clara Engel – Raven


Clara Engel – Marrow Bone

New Canadiana :: Babel – Sturm und Drang

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Babel has been pouring out a huge number of recordings for a good many years now. This album stands as the second in a trilogy of percussively minded releases focusing on prepared guitars and bass guitars. Sturm und Drang gets its three thematic counterparts going on a psychedelically stomping bare foot, where the emphasis is certainly on the minimalism and rhythm rhythm rhythm associated with the classic krautrock sound (“Sturm.01-03”), before going shot-for-shot into more serene dreams and foreign landscapes intent on flowing out into the ambient (“Drang.01-03”).

Whereas previous Babel releases (and there are very many, mostly released on CD-R) explored notions of post-rock and doom-metal inspired textures, the “Drang” pieces pursue a purer ambience, a oneness with the void perhaps. And then there are the “Black Lodge” and “White Pine” tracks, dipping into Angelo Badalamenti and Twin Peaks waters with inspiration and restraint. A project in metamorphosis, guided by Arachnidiscs head honcho Jakob Rehlinger and recorded in brilliant crystalline hi-fi, Sturm und Drang shows that Babel is towering with talent.

Babel sort un grand nombre d’enregistrements depuis bien des années maintenant. Cet album-ci est la seconde partie d’une trilogie de compositions axées sur les percussions qui se concentrent sur la guitare préparée et la basse. Les trois équivalents thématiques de Sturm und Drang s’en vont pieds nus sur une débandade psychédélique où l’accent est certainement porté sur le minimalisme et le rhythme rhythme rhythme associé à la sonorité krautrock classique (« Sturm.01-03 »), avant d’aller plan pour plan vers des rêves plus sereins et des paysages étrangers avec l’intention de se laisser porter vers le genre « ambient » (« Drang.01-03 »).

Alors que les enregistrements précédents de Babel (et il y en a toute une quantité, surtout sur CD-R) exploraient des notions de post-rock et des textures inspirées du doom metal, les morceaux de « Drang » recherchent une ambiance plus pure, une unité avec le néant, peut-être. Puis, avec les morceaux « Black Lodge » et « White Pine », on s’aventure dans les eaux d’Angelo Badalamenti et Twin Peaks avec inspiration et retenue. Enregistré en hi-fi cristallin resplendissant, ce projet en pleine métamorphose dirigé par Jakob Rehlinger, le grand manitou d’Arachnidiscs, nous montre que lorsqu’on parle de l’immense talent de Babel, sky is the limit!


Babel – Drang.01


Babel – Sturm.02