Tag: ambient

Wyrd Chill v1

Wyrd-Chill

Maybe you are rolling alone. Shift into a low gear. Open your windows. See that hill ahead? Climb it anyway. Roll into the long coast of nothing.

Peut-être que vous roulez seul. Mettre en marche basse. Ouvrez votre Windows. Vous voyez cette colline en avant? Montez de toute façon. Rouler dans la longue côte de rien.

New Canadiana :: Bone Marrow – A Spiritual Blur / Someone New EP

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You sent yourself a text message last night: “Seeking aural healing. Receiving heaven. Swallowed whole.” You must have interfaced with an angel last night. 1080p eyes probe the velvet dark. The room shifted overnight, or maybe just when you got home; piles of clothes heaped on keyboards, jeans weighing down oscillator keys, an organ flipped over and screaming. The phone screen glows, a cheap jellyfish sending tentacles into contact lists. Your long nails catch on the fibres of the blanket, pulling out synthetic fabric in squiggly fibres. It reminds you of shredding dandelions at the lake, feet swinging like Red Rover, slipping on wet wood, splinters gathering in palms, your peach body disappearing into indigo depths.

Tu t’es envoyé un message texte hier : « Recherche guérison auditive. Reçois le paradis : engloutissement total. » Tu as dû communiquer avec un ange hier soir. Des yeux en 1080p qui sondent le velours de l’obscurité. La pièce a changé cette nuit, ou peut-être juste quand tu as ouvert la porte de la maison. Des piles de vêtements jonchant des claviers, des jeans appuyant sur les touches d’un oscillateur, un orgue renversé qui se lamente. L’écran du cellulaire brille – une méduse en toc étirant ses tentacules à travers la liste de contacts. Tes longs ongles s’accrochent dans une couverture, tordant ses fibres synthétiques. Ça te rappelle les pissenlits s’effilochant au lac. Tes pieds se balançant comme pour Red Rover, qui glissent sur du bois mouillé; les échardes qui s’accumulent dans tes paumes. Ton corps de pêche qui disparaît dans les profondeurs indigo.

Bone Marrow – Lost, pt.II

Bone Marrow – A Kiss Goodbye

New Canadiana :: Pyramid//Indigo & SKIN – Split

Radio static is how we’ll know we’re eventually alone. That everything is over. Here is where Pyramid//Indigo’s “Lydian Grains” begins. A slight crescendo, disconcerting, leads to “Hands, Bursting with Light.” Sounds gleaned from frosted prairie fields build atmospheric swells that call the wild. A long final glance of pink and gold before the graying of sky.

Flip the split.

SKIN calls forth a soundscape marked by the hum of arthropod wings, wind seeping through a window’s breach, and the lure of a music box melody. Perhaps there are signs of life after all.

Des bruits parasites, voilà comment nous saurons que nous sommes éventuellement seuls. Que tout est fini. C’est ici que « Lydian Grains » de Pyramid/Indigo commence. Un léger crescendo, déconcertant, mène à « Hands, Bursting with Light ». Des sons glanés dans les champs de prairie givrés érigent des remous atmosphériques interpellant la campagne : un long coup d’œil ultime rose et or avant que le ciel vire au gris.

Changez de face.

SKIN évoque un paysage sonore marqué par le bourdonnement d’arthropodes ailés, le vent s’infiltrant par la craque d’une fenêtre et l’attrait suscité par la mélodie d’une boîte à musique. Peut-être y a-t-il des signes de vie après tout.

Pyramid//Indigo – Lydian Grains

SKIN – Gold

New Canadiana :: sp3ct3rs – we lost our way

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A glowing blue cloud suspended above a jagged metal junkyard. Abstract, scraped melodies rubbing together like the steel shoulders of old cars; rusted robin eggs rolling in a cream-spackled washbasin. The tenderness of fingertips drifting across peach-wrinkled eyelids, thin cotton sheets pulled over restless eyes. A mouth twitching and popping with tension, the copper tang of swallowed words, old scars where the teeth touched down, saving choice words for the lining of cheeks, clamp unyielding, pinching tighter and tighter, screams underwater converted into circular, silver bubbles, canine-gripped flesh, enamel instruments clattering, bowed instruments on metal, dried sand.

Un nuage d’un bleu éclatant suspendu au-dessus d’un dépotoir de ferraille dentée. Des mélodies abstraites et éraflées se frottent les unes aux autres comme les épaules d’acier des vieilles bagnoles; des œufs de merle rouillés roulent dans un lavabo colmaté au mastic. La tendresse des doigts flânant sur des paupières aussi ridées que la peau d’une pêche, de minces draps de coton tirés sur des yeux tourmentés. Une bouche tressaille et produit des bruits secs sous la tension, le goût ferreux de mots ravalés, d’anciennes cicatrices là où les dents se sont enfoncées, gardant des choix de mots à l’intérieur des joues, un serre-joint inflexible, serrant de plus en plus fort, des cris sous l’eau convertis en bulles d’argent sphériques, la chair mordue à pleines dents, le cliquètement d’instruments émaillés, des instruments à cordes sur du métal, du sable séché.

sp3ct3rs – hemiptera

sp3ctr3s – Hiveborn

New Canadiana :: Zachary Gray – Live @ 423 English EP

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In an unassuming east end abode, Zachary Gray sits “cross-legged” on the floor, painting mental-pictures of the pastoral beyond. High-flying frequencies carry into the vacant lot next door where the legacy of the speed city went up in flames. Still, the warm glare of the horizon beckons us forward. Sepia-tinted scenes flicker in and out of consciousness while layers of modulated soundwaves envelop the room. For a moment no one stirs and time collapses into the present.

Dans une humble demeure située dans l’est de London, Zachary Gray, assis « jambes croisées » sur le plancher, est en train de peindre les images mentales d’une pastorale d’antan. Des fréquences de haut vol se portent jusqu’au studio vacant d’à côté où l’héritage de la ville du *speed* est parti en fumée. Pourtant, la lumière vive et chaleureuse de l’horizon nous fait signe d’approcher. Des scènes vacillantes couleur sépia entrent et sortent de la conscience alors que des couches de vagues sonores modulantes enveloppent la pièce. L’espace d’un instant, personne ne bouge tandis que le temps s’écroule dans le présent.

Zachary Gray – Gaze

Zachary Gray – Myrtle Beach (Edit)

New Canadiana :: Man Meets Bear – I Want to Be a Gallant Rider Like My Father Was Before Me

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Winter is steadily encroaching; I can see it on the lake. Its once affable body has grown cold and still. Man meets Bear speaks of this change. The swirling reluctance of autumn to end (“Elm”), the ice glistening on the lake’s exterior (“Garrison Creek”), how an icy arm will plunge deep below the surface (“The Humber”). Despite the melancholy caught in their talk, Man meets Bear also presents small comforts for those who dread the dark days ahead. They remind us of the warmth of the holidays (“Xmas at Palais Royale”), how Spring always surfaces (“Fortunately, We Survived”) and the world blooms anew once again (“Sun’s Back”).

L’hiver s’en vient. C’est constant. La surface du lac en témoigne. Une masse affable devint froide. Man meets bear parle de ce changement. De la réticence tourbillonnante d’automne qui s’éteint : (« Elm »). La glace étincelante du lac : (« Garrison Creek »). Comment un bras refroidi plongera profondément en dessous de la surface (« The Humber »). Malgré l’évidence de la mélancolie, Man meets Bear présent aussi des petits réconforts pour ceux et celle qui redoutent les journées sombres qui s’en viennent. Ils nous rappellent la chaleur des Fêtes: (‘Xmas at Palais Royale »), que le printemps refleurit toujours (« Fortunately, We Survived ») et du fait que le monde s’épanouit de nouveau (Sun’s Back »).

Man Meets Bear – The Humber

Man Meets Bear – Garrison Creek

New Canadiana :: Anthéne – Permanence

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Nothing is permanent. There are, though, natural phenomena that make us believe in stability: the dance between the sun and the moon, the ocean’s breaths, the watchful eye of the goshawk. We often fall into steady routines, the fixedness of which quell our anxious hearts. The rolling darkness of anthéne’s permanence is a reminder that the world, and everything held in its hands, is in flux. The denseness of the synths mimic the nebulosity of the future, pressing us to savour the present before it transfigures once again.

Rien n’est éternel. Par contre, il existe des phénomènes naturels qui nous font croire à une certaine stabilité : la danse entre le soleil et la lune, le ressac de l’océan, le regard attentif de l’autour des palombes.
Nous succombons facilement à ces routines sécurisantes qui offrent une constance apaisante à nos cœurs inquiets. L’obscur roulement de l’album Permanence d’Anthéne, nous rappelle que le monde dans son entièreté est un flux. La densité des synthés imite la nébulosité du futur, nous incitant impérieusement à savourer pleinement le présent avant qu’il ne se renouvèle encore une fois.

Anthéne – Open Air

Anthéne – Permanence

New Canadiana :: Yankee Yankee – Segments

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Scram, scramble, flail. Slip into the grimy alley outside the reactor. Fingers digging into swirling space, mouths opening like dry fish. Waves of liquid synthesizers glide across polyphonic keys, drifting mercury desperately seeking cinnabar. Splintered chips making a slow transit across the sun, skin blistering, crust puckering. Rainbowed teeth floating into silicon space. Isolated letters tugged into orbit, tethered by minted floss. Thumbprint craters, alkaline water pooling in the hollows of eyes, a rippled disturbance, wobbling, tilted, reversing orbit. Eject into deep space via Calgary with the harsh ambient synths of Yankee Yankee’s Segments.

Dégage, défile-toi, débats-toi. Passe dans la ruelle sale en dehors du réacteur. Les doigts puisent au fond de l’espace tourbillonnant, les bouches ouvrent comme des poissons secs. Les vagues de synthé liquide planent à travers les touches polyphoniques, le mercure vagabond qui cherche désespérément le cinabre. Les éclats qui font un voyage lent à travers le soleil, les ampoules sur la peau, les plis dans la croûte. Les dents arc-en-ciel qui volent dans l’espace en silicium. Les lettres isolées qui sont attirées à l’orbite, attachées à la soie dentaire à la menthe. Les cratères d’empreinte, l’eau alcaline qui s’accumulent dans les creux des yeux, un tapage ondulé, l’orbite chancelant, penchée, contraire. Propulse-toi en espace lointain via Calgary avec les synthés crus et enveloppants de Segments de Yankee Yankee.

Yankee Yankee – Side B

Yankee Yankee – Side A

New Canadiana :: Eschaton – Torus

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The hypnotic nature of dreaming, softly re-etched within Eschaton’s album Torus, calls for a careful ear from the listener. Through provocative distortion and trill tones, this album takes the consciousness on an extended lucid dream, birthed through musical improvisation. An experience of expertly-crafted beats created by architects of both ear and the mind. E, emotional chaos ensues as the senses meet in an eruptive ballet. Restless tunes of intense dissonance are quickly followed by immense solace as the album’s narrative shakes the eardrum.

La nature hypnotique du rêve, doucement regravée dans l’album Torus d’Eschaton, demande une oreille méticuleuse de l’auditeur. Grâce à la distorsion provocatrice et aux tons de trille, cet album prend amène la conscience dans un rêve lucide prolongé, auquel l’improvisation musicale a donné naissance. Une expérience de rythmes fabriqués de mains expertes qui est créée par les architectes de l’oreille et de l’esprit. Le chaos émouvant s’ensuit au fur et à mesure que les sens se retrouvent dans un ballet éruptif. Le réconfort immense suit rapidement les mélodies agitées de la dissonance intense alors que le récit de l’album agite le tympan.

Eschaton – Pyjammers

Eschaton – To Dentist

New Canadiana :: Truck Driver – Truck Driver

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Another night of endless exams, revising, staring at the wall, drowning your sorrows. Locked out of the club yet again; a red velvet curtain has smothered your senses. Sitting on a bench at 3 AM near St. Joseph’s Oratory with a pack of cigarettes, listening to your dad’s old folk cassettes. Occasionally a quiet voice rises up through interference, low organ drones, and gentle guitar riffs; other times it mumbles about how being cool is really important, warped with severe granular synthesis pulsating around the mainframe, sharp attack, no decay, no sustain, no release. It’s not your fault. C’est dans tes yeux.

Une autre soirée d’examens interminables, tu étudies, tu fixes le mur, tu noies ton chagrin. T’es encore enfermé à l’extérieur de la boîte de nuit; un rideau de velours rouge a étouffé tes sens. T’es assis sur un banc à 3 h du mat près de l’Oratoire Saint-Joseph avec un paquet de cigarettes, t’écoutes les vieilles cassettes folk de ton père. De temps en temps, une petite voix émerge de l’interférence, des drones d’orgues basses et des riffs doux de guitare; d’autres fois, elle marmonne qu’il est vraiment important d’être cool, tordue avec la forte synthèse granuleuse qui palpite autour de l’unité centrale, l’attaque soudaine, aucune chute, aucune décomposition, aucun soutien, aucun relâchement. C’est pas ta faute. It’s in your eyes.

Truck Driver – Heaven

Truck Driver – Vhois