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New Canadiana :: Zachary Gray – Live @ 423 English EP

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In an unassuming east end abode, Zachary Gray sits “cross-legged” on the floor, painting mental-pictures of the pastoral beyond. High-flying frequencies carry into the vacant lot next door where the legacy of the speed city went up in flames. Still, the warm glare of the horizon beckons us forward. Sepia-tinted scenes flicker in and out of consciousness while layers of modulated soundwaves envelop the room. For a moment no one stirs and time collapses into the present.

Dans une humble demeure située dans l’est de London, Zachary Gray, assis « jambes croisées » sur le plancher, est en train de peindre les images mentales d’une pastorale d’antan. Des fréquences de haut vol se portent jusqu’au studio vacant d’à côté où l’héritage de la ville du *speed* est parti en fumée. Pourtant, la lumière vive et chaleureuse de l’horizon nous fait signe d’approcher. Des scènes vacillantes couleur sépia entrent et sortent de la conscience alors que des couches de vagues sonores modulantes enveloppent la pièce. L’espace d’un instant, personne ne bouge tandis que le temps s’écroule dans le présent.

Zachary Gray – Gaze

Zachary Gray – Myrtle Beach (Edit)

New Canadiana :: Jonathan Scherk – Catalogue 1-12

Weird_Canada-Jonathan-Scherk-Cover

You’re at a party and it isn’t much fun. Clusters of secrets dangle from the ceiling. Pinched conversationalists poke their noses into everyone’s business. On the snack table, pressed against the farthest wall, is a punch bowl brimming with dark, celestial liquid. You shuffle over and clumsily ladle a cupful into a crystal goblet and take a trepidatious sip. All four limbs melt against the cream wall, running down in gooey streaks. The most embarrassing items in your handbag spill out first. Someone steps in your puddle and tracks it across the shag carpet. They laugh and wipe their feet. Your mother always said you were a mess.

Tu te trouves à un party plutôt emmerdant. Des grappes de secrets oscillent suspendues au plafond. Les bavards au bec pincé se mêlent des affaires de tout le monde. Sur la table de grignotines plaquée sur le mur du fond se trouve un bol de punch comble d’un liquide noir et céleste. Tu te faufiles tout près, verses une louche avec maladresse dans un verre de cristal et tu sirotes une gorgée furtive. Les quatre membres fondent sur le mur couleur crème et les coulées visqueuses dégoulinent au sol. Ton sac à main se renverse et le contenu le plus gênant s’en échappe. Quelqu’un pile dans ta flaque et laisse des traces de pas sur le tapis touffeté. Ils rient et s’essuient les pieds. Ta mère disait toujours que tu attirais la poisse.

Jonathan Scherk – 2

Jonathan Scherk – 4

New Canadiana :: Sarah Davachi – Barons Court

Sarah-Davachi

A long time ago, the island was born. It crept into the ocean with a tiny splash and paddled out into the blue depths. Salt crusted its craggy lips, forming razor sharp stalactites atop the shiny green eyelids of palm fronds.

The earth shifted its shoulders. Thick, bullying waves crashed into the shoreline, nipping granular bites and regurgitating a frothy mass. Ominous clouds muted the sun with discordant, deliberate bowstrokes. The wind wrote twin poems and tucked them between a stand of crooked trees.

Quietly and without complaint, the island pivoted with the earth, but it did not change partners.

Il y a de cela très longtemps, l’île vint au monde. Elle se glissa dans l’océan en laissant entendre un faible clapotis et nagea dans le bleu des profondeurs. Le sel se cristallisa sur ses lèvres burinées et des stalactites acérées se formèrent sur ses paupières vertes et luisantes en frondes de palmier.

La terre tourna les épaules. De grosses vagues coriaces s’écrasèrent sur les berges, les égrainèrent à petites bouchées et régurgitèrent une masse écumeuse. Les nuages menaçants étouffèrent le soleil avec des coups délibérés d’archet dissonant. Le vent écrivit des poèmes jumeaux et les blottit au creux d’une forêt d’arbres tortueux.

En silence sans se plaindre, l’île tourna avec la terre, mais ne changea pas de partenaire.

Sarah Davachi – Heliotrope

Sarah Davachi – Wood Green

New Canadiana :: Cyclopean Wall – Hypothetical Planet

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Monophonic guitars swirl towards a silvery nexus like draining bathwater, sucking and sputtering into a hollow vortex.

Spirographic noumena orbit an event horizon, watching time crawl on its hands and feet as magnetic lovers are drawn together in polar opposition, ripping themselves free at the promise of a chance encounter with an alternating current.

Shaking fingers parse cohesion from meaningless conversations. Mouthless smiles leak familiar words; sneered jabs plunged deep into diaphragmatic cradles protecting cloistered emotional hospices. You grit your teeth, you growl. You chew on enameled dust. The moon glowers. It has seen it all before.

De guitares monophoniques tourbillonnent vers un noyau argenté comme l’eau du bain qui se vide, suçant et crachotant en un creux vortex.

Des noumènes spirographiques orbitent à l’horizon d’un évènement, observant le temps qui se déplace à quatre pattes tandis que les amoureux magnétiques sont attirés l’un vers l’autre en opposition polaire, s’affranchissant pour la promesse d’une rencontre fortuite avec un courant alternant.

De doigts tremblants examinent la cohésion des conversations dénuées de sens. Des sourires sans bouche laissent écouler des mots familiers; des coups moqueurs plongent profondément dans les berceaux diaphragmatiques qui protègent les hospices émotionnels cloîtrés. Vous serrez les dents, vous grognez. Vous rongez de la poussière émaillée. La lune jette un regard noir. Elle a déjà tout vu.

Cyclopean Wall – Hypothesized Planet

Cyclopean Wall – Horn of Nimon

New Canadiana :: Sea Nymph Science – I do the Beats, I do the Rosary

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Bubbling blackness seeps into the pelagic gloom like a pool of spilled ink.

The suction of compressed air rises and falls with each intake of breath. A slow tidal pulse pulls and tugs, sending swollen bodies swaying in syncopation.

Incongruent geometric microorganisms float past a clutch of moaning hatchetfish with mouths pressed close together. Long-echoing snares collide with filtered vocals in a waterlogged tangle.

A grey-lipped, underslung jaw of jagged, interlocking teeth snap open and shut silently, catching nothing but dark water for infinity.

Une noirceur bouillonne et perfuse dans l’obscurité pélagique, puis s’étend comme une tache d’encre.

La succion d’air compressée s’accentue et s’apaise à chaque respiration. Le battement de la vague va et vient lentement, et rapporte les corps gonflés ballottant sur une même onde.

Les micro-organismes aux formes géométriques et incongrues flottent devant un banc de characidés, geignant, les mâchoires serrées l’une contre l’autre. L’écho lointain des percussions se heurte aux voix dans le remous des vagues.

La mâchoire retombante aux lèvres grises et hérissées de dents juxtaposées claque en s’ouvrant, mais se referme en silence pour n’attraper que l’eau sombre à l’infini.


Sea Nymph Science-There is a Cloud in Our Vision


Sea Nymph Science – Don’t Take Away My Time

New Canadiana :: Seth Smith – Lowlife OST

Seth Smith - Lowlife OSTSeth Smith - Lowlife OST (thumb)

This psychotropic cassette complements the cinematic experience that is Seth Smith’s same-titled, equally hazy, DIY-style film Lowlife. The soundtrack is an extension of some of Smith’s previous allusions to noisy experimentation with the prominent rumble of a blisteringly solemn tuba. Severed guitar twangs and aluminum effects ripple and crash over (mostly) marine-themed songs, oozing between a vividly dark musicality and murkily minimalistic anti-melodies. Relish in the slug-licking haze.

Cette cassette psychotrope complémente l’expérience cinématographique que propose le film bricolé du même nom et tout aussi trouble Lowlife de Seth Smith. La trame sonore est une extension de certaines allusions antérieures de Smith à l’expérimentation bruyante moyennant le célèbre grondement d’un tuba solennellement foudroyant. Des sons tranchés de corde pincée de guitare et des effets d’aluminium se propagent (pour la plupart) parmi des chansons à thème marin, glissant entre une musicalité sombre avec éclat et des antimélodies d’un minimalisme obscur. Prenez grand plaisir au brouillard léchant les limaces.

Seth Smith – Cheater’s Cove

Seth Smith – Fish Dream

New Canadiana :: Bitter Fictions – The First Book of Electricity

With a CV that includes music critic, record store clerk and CJSW show host, there can be no doubt that Devin Friesen feasts on a high protein diet of noise-rock. Incidentally, beware the flexing of his musical muscles for solo moniker Bitter Fictions. Friesen’s impressive debut c40, The First Book of Electricity, offers an expansive musical palette, melting a bit of each genre into some sort of experimental super-alloy. Chrome’s deconstructionist art-rock comes to mind, yet channeled through the detached, sluggish pace of early ’90s alternative. Here is an album that manages to question itself while maintaining a rock-solid focus. Somehow, it all relates to teaching kids about electricity.

Disquaire, journaliste musical et DJ à CJSW nul doute que Devin Friesen engloutit une diète hyperprotéinée de musique expérimentale. Redoutez-le donc lorsqu’il exerce ses muscles musicaux avec son projet solo Bitter Fictions. L’impressionnant The First Book of Electricity c40 explore une palette musicale sans égal, fondant un peu de chaque genre dans une espèce de super-alliage-expérimental. On y retrouve le art-rock déconstructiviste de Chrome incorporé du détachement et du rythme flâneur propre au rock alternatif du début des années 90. C’est un album qui parvient à se remettre en question continuellement sans dévier d’une trajectoire solide. Ne reste plus qu’à savoir quel est le lien avec apprendre les fondements de l’électricité aux enfants.


Bitter Fictions – In Absence


Bitter Fictions – On Film