Category: New Canadiana

New Canadiana :: Benjamin Muñoz – Dear Ennui

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The chalky timbre of TUMS rattling in their bottle, the infinite drum roll of heavy rainfall: the right poly-rhythms have a way of both soothing us and sparking contemplation. With its heavy industrial past—echoes of primitive robots stamping out die-cast auto parts—Hamilton seemed destined to be Canada’s home of arrhythmic pop. Benjamin Muñoz cobbles warm, percussive electro, where tumbling woodblocks spoon seamlessly with avant-garde jazz-breaks. Delayed pianos dovetail sampled vocals forging sweater-weather melodies. Easily at home among Berlin’s Leaf Label, or Caribou’s debut explorations as Manitoba, Dear Ennui offers daydream voyages on pleasantly unpredictable oceans, slave to rogue waves, and bound by no anchor.

Le timbre crayeux d’un flacon de TUMS que l’on secoue, le roulement de tambour perpétuel d’une pluie battante: les bons motifs polyrythmiques apaisent et invitent à la contemplation. Avec son lourd passé industriel -lors duquel retentissait la résonance de robots primitifs martelant des pièces d’automobile moulées – Hamilton semblait destiné à être le foyer canadien du pop arythmique. Benjamin Muñoz nous concocte de l’électro percutante et chaleureuse dans laquelle s’harmonisent le wood-block et les interludes jazzy avant-gardes. Des mélodies de temps frisquet issues de l’accord entre des notes tardives de piano et des échantillons vocaux. Bien à sa place aux côtés de la maison de disque berlinoise Leaf Label, ou de Caribou à ses débuts, sous le pseudonyme Manitoba; Dear Ennui offre une rêverie de voyages sans ancre sur des eaux imprévisibles, esclave aux vagues scélérates.

Benjamin Muñoz – Anchors

Benjamin Muñoz – The Bonds That Fail Us

New Canadiana :: Atrum Machina – Machine Breathing

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Atrum Machina’s sonic shadows lurk amidst a graveyard of flickering neon signage and cracked plasmic tubing. Parasitic worms lurch themselves into gutters cratering the stale concrete. Here, damage and rot are imminent as industrial structure gives form to a mycotoxic playground. The evolutionary circuit opens, then closes. Beyond the rusted fence-links, stifled machinations seep from a grey warehouse. The fossil transmissions of Machine Breathing weave a blanket of warm static – as the heartbeat falters, oscillations slow.

Les ombres acoustiques d’Atrum Machina rôdent parmi un cimetière d’enseignes aux néons vacillants et de tubes plasma craquelés. Des vers parasites rampent dans les caniveaux cratérisant le béton plat. Ici, les dommages et la pourriture sont imminents alors que la structure industrielle donne forme à un terrain mycotoxique. Le circuit révolutionnaire s’ouvre, puis se referme. Au-delà du grillage rouillé, des machinations étouffées suintent d’un entrepôt gris. Les transmissions fossiles de *Machine Breathing* tissent une couverture d’électricité statique chaude. À mesure que le pouls faiblit, les oscillations ralentissent.

Atrum Machina – Grow (Trophus)

Atrum Machina – V S-1

New Canadiana :: Totenbaum Träger – Ouverture du cadavre de Sade

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Replaçant Sade dans le contexte néolibéral, Ouverture du cadavre de Sade est un livre-disque qui se soustrait au ton gourmand des chercheurs de scandale et souligne plutôt le caractère sinistre du banquet. Dans son requiem pour trompette au « souffle malade » et pulsations de guitare lancinantes, Totenbaum Träger nous offre la trame sonore d’un saccage planétaire du point de vue de ses échos. Les collages des éditrices juxtaposant bribes d’actualités économiques et images dérangeantes forment quant à eux une kabbale morbide qui révèle, entre des pages que le lecteur doit déchirer, la réalité abjecte de nos pulsions collectives : des coulées d’or se substituent au sang, au sperme et aux larmes des illustrations de tortures. Le tout nous propose une alchimie renversée qui nous pousse jusque dans les derniers retranchements de la chair, là où de toute part ça crie « non ».

Replacing Sade in a neoliberal context, Ouverture du cadavre de Sade is a book-album which focuses less on the gourmet elements of those looking for scandal and underlines instead the sinister character of the banquet. With its requiem for sick trumpet and darting guitar pulsations, Totenbaum Träger signs this sonic fabric with a planetary plunder from the point of view of its echos. The collages of the books juxtapose snippets of business news and deranged images to form a morbid Kabbalah which has, within the pages that the reader must tear apart, the abject reality of what we collectively draw on; streams of gold replace streams of blood, sperm and tears in these illustrations of torture. It is a reversed alchemy which pushes us until the edge of flesh, where we scream no from all sides.

Totenbaum Träger – Offertorium

Totenbaum Träger – Dies irae

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New Canadiana :: Phern – Cool Coma

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Pass the sticky note salad. Chomp on words to compensate for gaps in conversation. A dinner party in honour of bobbing guitar necks, bratty bass lines and sloppy-kiss snares. Guests swapping Canadian Post Punk All Starz™ trading cards under the table. Vocals pushed backwards through a cigarette filter until they plant feet firmly on the nose. Serve a second helping of sour tones with angular guitars that lodge sideways. A miserable, memorable meal served on chipped ceramic and splintered toothpicks.

Passe la salade de note toute collante. Mache bruyamment les mots pour compenser les trous dans la conversation. Un dîner de gala en l’honneur des manches de guitares qui se balancent, des lignes de basses qui crânent et des caisses claires au baiser feignant. Les invités s’échangent des cartes à collectionner du jeu du All Starz™ du post-punk canadien sous la table. Les voix sont poussées derrières à travers un filtre de cigarette jusqu’à ce qu’elles plantent fermement leurs pieds dans le nez. Deuxième service en renfort de tons acides avec des guitares anguleuses qui se logent dans le trottoir. Un repas misérable, mémorable servi sur de la céramique ébréchée avec des cure-dents éclatés.

Phern – Pebble

Phern – Moving Boxes

New Canadiana :: La Fête – Entropiques

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*Entropiques* est un système qui se construit et se défait en permanence, alternant entre des rythmes bondissants et fragmentés et des explorations sonores planantes. Les instruments jouent parallèlement les uns aux autres, sans relâche mais sans se presser, pareils à des gouttes de pluie qui se répondent en tambourinant. L’élément liquide est partout, dans le flux et le reflux de la voix aussi, dont les trémolos agissent comme la marée, qui emporte ou dépose le ruissellement dissonant des guitares. Idéal pour méditer en regardant la pluie, ou pour courir en dessous les yeux fermés.

Alternating between the leaping and fragmented rhythms and soothing sound explorations
*Entropiques* is a system that is constantly created and destroyed. Tirelessly, the instruments calmly play in unison, similar to raindrops which sound like a beating drum. The liquid element is everywhere, in the ebb and flow of the voice too, whose tremolos carry or deposit the guitars’ sour runoff like the tide. Ideal to meditate by rainfall, or to blindly run under it.

La Fête – La pluie

La Fête – Gagner rien

New Canadiana :: Piith – Sweet Sweet Morning

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Crystal-coated electric rhythms are the magnetic lure. Through the cracking glass slowly seeps a beckoning amorphous warmth. Love’s voice spins you into a beautifully contorted spiderweb of glistening digital morning dew. Synths and guitars shiver whispers like a holographic brook through the land of the silver birch. A dream is delicately yet so masterfully suspended by silk threads, you believe reality has finally uttered its tantalizing secrets in an escalating impenetrable epic.

Piith’s *Sweet Sweet Morning* marvelously slithers electronic dark pop fantasies into consciousness.

Le leurre magnétique est recouvert de cristaux. À travers le verre cassant s’infiltre lentement une chaleur amorphe séduisante. La voix de Love te pirouette dans une toile d’araignée merveilleusement contorsionnée de rosée matinale numérique luisante. Des synthétiseurs et des guitares frissonnent des chuchotement comme un ruisseau holographique à travers le pays du bouleau argenté. Un rêve est délicatement, mais si habilement, suspendu par des ficelles de soie, que tu crois que la réalité a finalement verbalisé ses secrets tentants dans une impénétrable épopée qui s’intensifie.

*Sweet Sweet Morning* de Piith glisse merveilleusement des fantaisies de musique pop sombre électronique jusque dans la conscience.

Piith – Song I Wrote About UUUU

Piith – Forever

New Canadiana :: Gal Gracen – The Hard Part Begins

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Gripping his mic and veering towards the edge of the stage, the singer croons in the direction of the new moon: “I said goodbye to the star of the show! The scent of cologne, a stage door out into the snow.” Moving back-and-forth to the doo-wop rhythm, the bassist lulls the crystal in his pocket to sleep. Every member of the band is licking their lips, the taste of Domino’s still on their breath. After the show, the audience follows them to their van with devotion. They drive off, Drake playing on the radio, and they whisper, “dream free.”

Ayant saisi son micro tout en se tournant vers le bord de la scène, le chanteur de charme fredonne vers la nouvelle lune : « *I said goodbye to the star of the show! The scent of cologne, a stage door out into the snow* ». Se balançant d’en avant en arrière au rythme du *doo-wop*, le bassiste berce le cristal qu’il a dans sa poche. Les membres du groupe se pourlèchent les babines, l’haleine encore imprégnée du goût de la Domino. Après le spectacle, l’auditoire les suit vers leur fourgonnette avec dévotion. Ils roulent, Drake jouant à la radio, et ils chuchotent : « *dream free* ».

Gal Gracen – Sincerely Baby Dumpling

Gal Gracen – Who is Standing Behind the Door?

New Canadiana :: Tunic – Disappointment

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Winnipeg’s Tunic roll up their sleeves on their 7” debut, a tetra-pack of knuckle-dragging noise-punk as exothermic (and ephemeral) as an arc flash. These Manitoban noisemongers scrape and claw through tracks like adderall-fueled Liz-kids. Got an itch you can’t scratch? Can’t get no satisfaction? Here’s a dose of *Disappointment*.

Le groupe Tunic de Winnipeg retrousse ses manches sur son tout premier super 45 tours, un Tetra Pak de punk noise primitif aussi exothermique (et éphémère) qu’un arc électrique. Ces sonoriers manitobains égratignent et griffent à travers les chansons comme de jeunes lézards roublards nourris à l’Adderall. Tu n’peux pas te *scratcher* pour soulager ta démangeaison? T’es pas satisfait? Voici une dose de *Disappointment*.

Tunic – Hestiant Gesture

Tunic – Disappointment

New Canadiana :: Pyramid//Indigo & SKIN – Split

Radio static is how we’ll know we’re eventually alone. That everything is over. Here is where Pyramid//Indigo’s “Lydian Grains” begins. A slight crescendo, disconcerting, leads to “Hands, Bursting with Light.” Sounds gleaned from frosted prairie fields build atmospheric swells that call the wild. A long final glance of pink and gold before the graying of sky.

Flip the split.

SKIN calls forth a soundscape marked by the hum of arthropod wings, wind seeping through a window’s breach, and the lure of a music box melody. Perhaps there are signs of life after all.

Des bruits parasites, voilà comment nous saurons que nous sommes éventuellement seuls. Que tout est fini. C’est ici que « Lydian Grains » de Pyramid/Indigo commence. Un léger crescendo, déconcertant, mène à « Hands, Bursting with Light ». Des sons glanés dans les champs de prairie givrés érigent des remous atmosphériques interpellant la campagne : un long coup d’œil ultime rose et or avant que le ciel vire au gris.

Changez de face.

SKIN évoque un paysage sonore marqué par le bourdonnement d’arthropodes ailés, le vent s’infiltrant par la craque d’une fenêtre et l’attrait suscité par la mélodie d’une boîte à musique. Peut-être y a-t-il des signes de vie après tout.

Pyramid//Indigo – Lydian Grains

SKIN – Gold

New Canadiana :: Mono No Aware – SAD HUMANS 2002

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Il pleut, la serveuse du café prépare tristement des cupcakes qui seront jetés à la fin de la journée. L’odeur du ruban magnétique encombre mystérieusement les narines des trois clients. Ils s’arrêtent de lire le Journal de Montréal et constatent, en coeur, la fluidité des belles choses. Soudainement, la chanson s’arrête sans crier gare et on retourne à la normalité. 2002 n’aura duré que 6 minutes.

It’s raining, the café waitress sadly prepares cupcakes that will be thrown out at the end of the day. The scent of a cassette tape mysteriously fill the nostrils of three patrons. They stop reading Le Journal de Montréal and make note of, in their heart of hearts, the fluidity of good things. Suddenly, the song stops without warning and things return to normality. 2002 didn’t last more than 6 minutes.

Mono No Aware – Mudville

Mono No Aware – Sad Humans 2002