Category: Departures Revisited

Cameo :: Matthew Samways on Ceramic Hello – The Absence of a Canary

Ceramic Hello - The Absence of a Canary

My initial instinct to spotlight of one of Canada’s most outstanding and unique records was an epic approach, analyzing its prominent contributions to music – cultural and suburban influence, inspirations, aspirations, tools used. I even went to the extent of contacting Brett Wickens – the main songwriter on this truly wonderful masterpiece – to conduct a small interview. Yet as I collected this information, I realized it would prove to be a total contradiction of what makes the album so beautiful: its minimalism.

The Absence of a Canary was originally issued in 1980 by the now defunct Mannequin Records (not to be confused with the great contemporary Italian/German Wave label Mannequin) out of Burlington by-way-of Toronto, Ontario. It has since has seen two comprehensive reissues. The first was a deluxe box set issued by the soon to be legendary boutique label Vinyl on Demand with elaborate, alternate artwork and bonus material. The most recent edition comes from Canadian imprint Suction, whose owner is also the brain behind Solvent and producer of the upcoming modular synth documentary, I Dream Of Wires.

This LP was released in a time where mail order via catalogue was one’s only option. You couldn’t go to Ceramic Hello’s shows, because they never played live. You could find these two young men hiding in their bedrooms at their parents’ houses exchanging Kraftwerk LPs, listening to Gary Numan singles on the radio, and of course paying their respects to Brain Eno, whose influence is likely the most prominent, particularly 1974’s Taking Tiger Mountain (By Strategy). Wickens later went on to do graphic design for the inimitable Factory Records, notably working on Orchestral Manoeuvers in the Dark’s third album Architecture & Morality.

With respect to the up and coming artists chasing a vision based on what was accomplished by groups like Ceramic Hello, I do believe the majority are simply overlooking what makes this music unique – organic creation, naivety, lack of resources – a true dystopia. It’s not complicated. Bedrooms were the breeding grounds for the beginning of this era, using affordable pieces of equipment that were available at the time – notably the Korg MS-20, Roland CR-78, Polymoog and Minitmoog. In fact, the whole record was recorded on a borrowed Teac 8-track. Not to sermonize my beliefs, but in my opinion this time was Ground Zero for what is now considered a revived sound. There were no impulses for Brett Wickens and Roger Humphrey to create a groundbreaking sound that would escalate the charts, they were only doing what was natural to them. For that, we will always be grateful for Ceramic Hello’s sole LP, which will be celebrated for years to come.

Matthew Samways is the owner and primary operator of Minimal Electronic/Wave imprint Electric Voice Records. He is also the assistant director of Halifax fringe music and arts festival OBEY Convention as well as developing his solo musical endeavour under the moniker Amour Noir.

Ma première idée pour rendre hommage à l’un des plus remarquables et uniques disques canadiens était d’adopter une approche exhaustive à l’extrême et d’analyser ses contributions majeures à la musique – son influence culturelle et banlieusarde, ses inspirations, ses aspirations, les moyens utilisés. Je suis même allé jusqu’à contacter Brett Wickens, le compositeur principal de cet incroyable chef-d’œuvre, pour une petite entrevue. Cependant, alors que je recueillais toute cette information, je me suis rendu compte que ma démarche était en parfaite contradiction avec ce qui faisait la beauté de cet album : le minimalisme.

The Absence of a Canary a été à l’origine lancé en 1980 par la défunte Mannequin Records (à ne pas confondre avec l’étiquette germano-italienne de renom Mannequin) basée à Burlington par l’entremise de Toronto. L’album a depuis fait l’objet de deux rééditions augmentées. Un premier coffret de luxe distribué par le légendaire label à en devenir Vinyl on Demand comprenait une nouvelle pochette et des bonus. On doit la plus récente édition à l’étiquette canadienne Suction, dont le propriétaire est aussi le cerveau derrière Solvent et le producteur du documentaire à paraître I Dream Of Wires sur le synthé modulaire.

Ce LP est paru à une époque où la seule option pour se le procurer était de le commander par catalogue. On ne pouvait pas non plus assister aux concerts du groupe parce qu’il n’en donnait tout simplement pas. Les deux jeunes hommes pouvaient être trouvés dans leur chambre chez leurs parents s’échangeant des albums de Kraftwerk, écoutant du Gary Numan à la radio et bien sûr louangeant Brain Eno, dont l’influence est probablement la plus marquante, en particulier son album de 1974 Taking Tiger Mountain (By Strategy). Plus tard, Wickens travaillerait comme designer graphique pour l’inimitable Factory Records, notamment sur le troisième album de Orchestral Manoeuvers in the Dark Architecture & Morality.

Avec tout le respect que je dois aux artistes de la relève en quête d’une vision s’inspirant de ce que des groupes comme Ceramic Hello ont accompli, je crois que la plupart se méprennent sur ce qui rend cette musique unique : la création organique, l’innocence, les moyens limités – une véritable dystopie. Ce n’est pas compliqué. Les chambres à coucher ont été les terreaux fertiles des débuts de cette ère où on utilisait de l’équipement bon marché disponible à l’époque – notamment le Korg MS-20, le Roland CR-78, le Polymoog et le Minitmoog. D’ailleurs, l’album a été enregistré au complet grâce à un enregistreur à huit pistes Teac emprunté. Je ne voudrais pas porter atteinte à mes convictions, mais à mon avis cette époque était la préhistoire de ce qu’on qualifie aujourd’hui de son remis au goût du jour. Brett Wickens et Roger Humphrey ne cherchaient pas à créer de la musique innovatrice qui gravirait les sommets des palmarès, ils ne faisaient que ce qui leur paraissait naturel. C’est pour cela qu’on aimera toujours l’unique album de Ceramic Hello, lequel sera encore encensé pour bien des années à venir.

Matthew Samways est propriétaire et homme à tout faire de l’étiquette électro minimal Electric Voice Records. Directeur adjoint du festival de musique et d’arts parallèles OBEY Convention, il s’aventure également en des territoires musicaux inexplorés sous le pseudonyme d’Amour Noir.

Ceramic Hello – Climactic Nouveaux

Ceramic Hello – Footsteps in the Fog

Cameo :: David Dacks on Silk Stockings – A Donde Esta El Mercado?

Silk Stockings – A Donde Esta El Mercado

I got into jazz through the ’80s via Queen St. circa my age of majority. There was a surprising amount of jazz — electric jazz, not Wynton Marsalis clones — in clubs like the Rivoli, Bamboo and the Cameron House. Ornette Coleman’s “harmolodic” was the style at the time; a concept of music with no fixed tonal center where rhythm, melody and harmony were equally important. Some called it free funk. Ornette could never truly explain the concept properly, but that didn’t stop dozens of bands from trying to figure it out for themselves.

Silk Stockings definitely spoke Ornette’s language, although if anything, this records owes more to the Lounge Lizards’ work at the time, such as Voice of Chunk. This was a project of prepared guitar sensei Rainer Wiens (then in Toronto, now in Montreal) released on Bill Grove’s BFish label. Grove’s Whitenoise and Wiens’ other band NOMA both owed a heavy debt to free funk, but Silk Stockings’ record stands apart. With its careful compositions, bent guitars, extensive free improvisation and globally informed rhythms, A Donde Esta El Mercado? points forward to the next few decades of jazz in Toronto. This record would not sound out of place on either Rat-drifting or Barnyard today.

Mike Murley (of the Shuffle Demons) plays some kind of edgy soprano sax, Rich Bannard grooves hard but slides just as easily into freedom — maybe thanks to his studies from Andrew Cyrille. “Remnants” starts with George Koller’s DJ Premier-worthy bass line before the ride gets bumpier. Further outside is “Mirror, No Makeup” where Wiens’ trembling, resonant guitar work shines.

David Dacks is the Artistic Director of the Music Gallery in Toronto and writes for Exclaim! and CBC Music.

A l’approche de ma majorité, j’ai découvert le jazz dans les années 1980 en trainant sur Queen Street. On y jouait un nombre incroyable de musiques jazz (du jazz électrique, différent de celui de Wynton Marsalis) dans certains clubs : Rivoli, Bamboo et the Cameron House. La philosophie musicale harmolodic développée par Ornette Coleman était celle à la mode à cette époque. Il s’agissait d’un concept avant-gardiste : la musique était jouée en l’absence d’un centre tonal, avec une égalité majeure du rythme, de la mélodie et de l’harmonie. Certains l’appelaient alors free funk, concept qu’Ornette Coleman était incapable d’expliquer clairement, ce qui n’a pas empêché plusieurs groupes d’essayer de le découvrir par eux-mêmes.

Silk Stockings avait absolument adopté le style d’Ornette Coleman, bien qu’à l’époque certaines mélodies se rapprochaient davantage du style des Lounge Lizards, comme l’opus Voice of Chunk. Jouée avec une guitare sensei, il s’agissait d’une musique Rainer Wiens (d’abord à Toronto, et maintenant à Montréal) sortie sous le label BFish Bill Grove’s. Whitenoise, une mélodie de Grove, et un groupe avec lequel joue Wiens NOMA produisent tous des sons allant du grave au free funk, mais la musique de Silk Stockings est unique. A Donde Esta El Mercado? est le résultat d’une composition minutieuse, avec guitare courbée, improvisation totale et rythme effréné, et annonce l’avenir du jazz à Toronto. Cet enregistrement ne pourrait plus être disponible sur Rat-drifting ou sur Barnyard aujourd’hui.

Mike Murley (the Shuffle Demons) joue une variété de saxophone soprano, Rich Bannard interprète un rythme groovy, mais pouvant être joué en toute liberté— peut être grâce à des cours suivis chez Andrew Cyrille. « Remnants » que George Koller (bass) débute en première ligne avant que les harmoniques ne deviennent plus toniques. « Mirror, No Makeup » est plus différent, Wiens vibre, sa guitare raisonne et rayonne.

David Dacks est le directeur artistique de the Music Gallery à Toronto et rédige des articles pour Exclaim! et pour CBC Music.

Silk Stockings – No Mirror No Makeup

Silk Stockings – Remnants

Cameo :: Joe Strutt on Banned from Atlantis – People Write to Geena Davis in Japanese

Banned from Atlantis – People Write to Geena Davis in Japanese

Winnipeg makes an effective backdrop for a personal struggle to understand how a benevolent God could have created such a hostile universe.

— Mark Kingwell, Dreams of the Millennium

Kingwell would go on to bestow the name “Plague City” on the town he grew up in, as a not-quite-fond nod to its general hostility toward eking out a comfortable life in any season. It’s the sort of place where there’s not much to do, so you start a band. I guess that was sort of the case for Banned From Atlantis — I remember reading an interview where they joked that they got together because they were the only Superchunk fans in the city. Starting with some good songs on a decent self-recorded cassette, People Write to Geena Davis in Japanese would emerge as something startlingly transformed, with thunderous drums and aggressively slacker-ish guitars provided by Bob Weston who was brought in to produce the record. The album would be released against the backdrop of the funeral for the Jets (the real Jets, still exiled in Arizona, not the new, fake, militarism-humping Jets). The team would last for one more lame-duck season, but the band would be done by year’s end.

Things were grim in Plague City, with an unsavoury right-wing political-correctness (“how did they ever get so good at calling other people names?”) establishing a flimsy “Save Our Jets” narrative where we weren’t supposed to question the elites’ plans to cut a blank cheque for the city’s failed and cowardly capitalists. The home I grew up in got sold, and on the cusp of getting my degree (alongside — and this is a true story — no less than Fred Penner) I moved downtown, into my first apartment and quickly learned to recognize the local gang signs. Waving goodbye to all my friends left and leaving, I decided to stay for one more year. I put my polisci courses to work in a dead-end job that involved breathing in other people’s cigarette smoke and watching them piss away their paycheques on VLTs. I put my philosophy courses to work by settling into a winter-long existential funk, wondering what the hell I was going to do with my life.

Long story short: the things you don’t know about yourself in 1995 are going to be the things you don’t know about yourself in 2013. There’s a prairie myth of winter stoicism — that it toughens you up, makes things endure — but in the end it simply breaks some things, like the ice on the rivers at the city’s heart: solid ground heaved into fragments by remorseless, unseen forces. Long story short: the band would break up (though guitarist Doug McLean would notably move on to The Bonaduces and The Paperbacks), the Jets would leave, and I too would leave. “Because the thing about a Plague City summer is that it’s never quite long enough to let you forget that winter.”

Joe Strutt blogs at Mechanical Forest Sound, a slow-paced investigation of a wide range of artists — mostly reflecting on concerts as shared experiences, acts of citizenship and a chance to get down. Fuzzy photographs and clear-sounding original live recordings a specialty.

Winnipeg est un endroit particulièrement propice à la crise de conscience de l’individu qui tente de comprendre comment un Dieu bienveillant aurait pu créer un univers aussi hostile.

– Mark Kingwell, Dreams of the Millennium

Kingwell a aussi donné à la ville de son enfance le surnom pas si affectueux de « Plague City » (la ville de la peste), en référence à la difficulté d’y trouver une vie confortable, peu importe la saison. C’est le genre d’endroit où il n’y a pas grand chose à faire, alors on part un band. J’imagine que c’est le cas de Banned From Atlantis : je me rappelle avoir lu une entrevue avec les membres du groupe qui disaient s’être rencontrés parce qu’ils étaient les seuls fans de Superchunk en ville. À partir de quelques bonnes chansons sur une cassette enregistrée maison, People Write to Geena Davis in Japanese s’est métamorphosé en un album surprenant, plein de percussions retentissantes et de guitares slacker agressives offertes par le producteur invité Bob Weston. Le disque a paru pendant les funérailles des Jets (les vrais Jets encore exilés en Arizona, pas la fausse nouvelle équipe aux tendances militaristes). L’équipe a continué de jouer pour une saison pitoyable, mais le groupe s’est dissolu avant la fin de l’année.

Tout allait mal alors à Plague City : des relents déplaisants de rectitude politique de droite alimentaient un point de vue « sauvez nos Jets! » selon lequel on n’était pas supposé remettre en question l’idée des élites de faire un chèque en blanc aux capitalistes ratés et lâches de la ville. La maison de mon enfance a été vendue, et juste au moment où j’allais compléter mon diplôme (en même temps que Fred Penner, sans blague) j’ai emménagé dans mon premier appartement au centre-ville, où j’ai rapidement appris à reconnaître les symboles des gangs locaux. Au moment où tous mes amis partaient, j’ai décidé de rester en ville pour un an de plus. À l’aide de mes cours de science politique, j’ai décroché un emploi sans avenir où je respirais la fumée de cigarette des gens venus gaspiller leurs chèques de paye à la loterie vidéo. À l’aide de mes cours de philosophie, j’ai sombré dans le doute existentiel tout l’hiver en me demandant ce que j’allais faire de ma vie.

Bref, ce qu’on ne connaît pas à propos de soi-même en 1995, on ne le connaît pas plus en 2013. Il y a un mythe du stoïcisme hivernal qui veut que l’hiver des Prairies bâtit le caractère, qu’il permet de mieux endurer toutes sortes de vicissitudes, mais au fond, tout finit par casser comme la glace des rivières au coeur de la ville, un bloc solide fragmenté par des forces invisibles et impitoyables. Bref, le groupe s’est dissolu (toutefois, le guitariste Doug McLean a ensuite fait partie des Bonaduces et des Paperbacks), les Jets sont partis et moi aussi. « Parce que le problème avec l’été à Plague City, c’est qu’il n’est jamais assez long pour oublier l’hiver. »

Joe Strutt écrit pour le blog Mechanical Forest Sound, qui examine en profondeur un large éventail d’artistes en réfléchissant sur la notion du concert en tant qu’expérience partagée, acte de citoyenneté et occasion de s’amuser. Points forts : les photos floues et les enregistrements originaux clairs.

Banned From Atlantis – Sovereign Thug

Banned From Atlantis – Tantrums

Cameo :: Chris Jacques on Johnny Zhivago – Microalbum

Johnny Zhivago - Microalbum

I’ll jump into the wayback machine for this one. Welcome to 1984. I’m 13 and just heading out of my dumb headbanger phase and tumbling headlong into punk rock. I head downtown every weekend to learn about new sounds at Pyramid Records and Records of Wheels. On a whim or by chance, I come across this local 7″ by Johnny Zhivago. I remember having seen a performance a year or so before on Alternative Rockstand and maybe even a video on Video Video, both great local access shows on the much missed VPW (West of the Red).

I held the record with both interest and mild revulsion. These guys use synths! Blech. It would be another couple of years before I could fully appreciate the damage that could be wrought with a Moog / Korg / Arp, etc. Throwing caution and taste to the wind, I hand over $2 and scurry home with my funny sounding record. I played it all the time — for myself — never for others. It was my guilty pleasure — a truly guilty pleasure — as it was never displayed, often hidden. That all changed a number of years ago when I could comprehend and appreciate the great pop synth wave aktion they had happening.

I don’t know anything more about these guys — if they had anything else recorded or what they’re doing now. I’d be super down with doing some reissue stuff for certain.

Chris Jacques lives in Winnipeg. He runs Dub Ditch Picnic Records and is a closet New Romantic.

Je vais devoir sauter dans ma machine à voyager dans le temps pour celle-là. Bienvenue en 1984. J’ai 13 ans et m’apprête tout juste à sortir de ma stupide phase de headbanger pour plonger tête première dans le punk rock. Chaque fin de semaine, je me rends au centre-ville pour découvrir de nouveaux sons chez Pyramid Records et Records of Wheels. Sur un coup de tête ou par simple chance, je tombe sur un 7″ du groupe local Johnny Zhivago. Je me rappelle une prestation vue sur Alternative Rockstand il y a à peu près un an et peut-être même un vidéoclip sur Video Video, deux excellentes émissions locales diffusées sur la très regrettée chaîne de télévision publique VPW (West of the Red).

Mi-fasciné, mi-dégoûté, je tenais le disque dans mes mains. Du synthé? Ouache. Il me faudrait encore quelques années avant que je puisse apprécier pleinement les dommages que pouvaient affliger un Moog, un Korg ou autres Arp. Envoyant au diable toute forme de précaution ou de goût artistique, j’ai sorti un 2$ de mes poches et suis retourné en hâte chez moi avec mon disque aux drôles de sonorités. Je le faisais jouer constamment – pour moi-même – jamais pour qui que ce soit d’autre. C’était mon plaisir coupable, un vrai plaisir coupable; jamais je ne le montrais et même je le cachais souvent. Tout cela devait changer des années plus tard lorsque j’apprendrais à comprendre et à apprécier cette magnifique vague de pop synthétique qui avait alors cours.

Je ne sais vraiment rien de plus sur eux – s’ils ont enregistré autre chose ou ce qu’ils font à présent. Je serais toutefois tout à fait disposé à rééditer de leur matériel.

Chris Jacques habite à Winnipeg. Il est à la tête de Dub Ditch Picnic Records et est un Nouveau Romantique inavoué.

Johnny Zhivago – New Things

Johnny Zhivago – Echo

Cameo :: Steve Guimond on Deja Voodoo – Swamp of Love

Deja Voodoo - Swamp of Love

Tony Dewald (drums) and Gerard van Herk (guitar/voice) were musical men ahead of their time. Born into a Montreal scene — and somewhat reflective of a greater pan-Canadian one — in the early 1980s that offered little or no support to independent bands, Deja Voodoo took control of their careers like no one who came before them. The duo birthed Og Music (home to their six records and the highly influential It Came from Canada compilation series), hosted and curated the annual Voodoo BBQs, and somehow managed to tour the world before calling it a day at the dawn of the next decade. Deja Voodoo’s third LP, Swamp of Love, was where it was at for me, a teen growing up sheltered on the South Shore of Montreal. It’s a greasy gumbo of rock, sludge, garage, and ’billy. Case in point is the awesome tune “Coelecanth”: “I live in the sea, and swim around, the coolest fish, you ever found. A coelacanth…”

Steve Guimond is the booker for Montreal venues Casa del Popolo and La Sala Rossa, and the artistic director of Suoni Per Il Popolo, an annual experimental music festival celebrating its 13th year.

Tony Dewald (batterie) et Gerard van Herk (guitare et chant) étaient des musiciens en avance sur leur époque. Laissés pour compte comme tant de groupes indépendants au beau milieu de la scène montréalaise du début des années 1980 (qui n’était pas si différente, à cet égard, de la grande scène pan-canadienne) Deja Voodoo ont pris les rênes de leur carrière comme personne d’autre auparavant. Le duo a ainsi donné naissance à Og Music (qui a mis sur le marché leur six albums ainsi que l’influente série de compilations It Came from Canada), animé et dirigé les événements annuels Voodoo BBQ et réussi à effectuer une tournée mondiale avant de se séparer au début des années 1990. Le troisième album de Deja Voodoo, Swamp of Love, est un ragoût gras de rock, de sludge, de garage et de rockabilly qui a été un événement marquant pour l’adolescent isolé de la Rive-Sud que j’étais à l’époque. Pour la preuve, je cite l’excellente « Coelacanth » : “I live in the sea, and swim around, the coolest fish, you ever found. A coelacanth…” (Je vis dans la mer et je me déplace en nageant, je suis le poisson le plus cool que vous ayez jamais vu : un coelacanthe…).

Steve Guimond organise les concerts des salles montréalaises Casa del Popolo et La Sala Rossa. Il est également directeur artistique du festival annuel de musique expérimentale Suoni Per Il Popolo qui célèbre cette année son treizième anniversaire.

Deja Voodoo – Love Me Now

Deja Voodoo – Coelacanth

Cameo :: Darcy Spidle on Lubomyr Melnyk – KMH

Lubomyr Melnyk - KMH

In 1979 Manitoba’s Lubomyr Melnyk unleashed his “continuous mode” of piano technique with the release of KMH on Toronto’s prolific Music Gallery Editions imprint. The “continuous mode” is an extreme exercise in minimalism that involves pounding arpeggios up and down the keyboard at hyper speed. At times he is playing an astonishing 19 notes per second on each hand. According to Melynk, the magnitude of this music and the sonic ghosts that arise from the clashing of notes at such a pace can evoke spiritual experiences for the listener. It is a lofty claim, and one that it is sometimes tossed around too often. But if music of any kind can bring on altered states, this pianist’s super-human performances probably can, especially in a live setting.

Writing in the liner notes, Melnyk chastises technology as “a violent yet subtle tearing away from our foundations of peace.” He is talking here about his reluctance, at the time, to record this album. Like all of his compositions, KMH is an exercise in physicality, a musical feat that is rooted in a unique space and time. In 1979 Melnyk was barely willing to allow his musical time bending to be recorded, or as he eloquently put it, “handed over to be re-cooked as leftover meat.”

A few years back I was fortunate enough to witness Melnyk in concert. And I will say, the enormous wave of sound that washed over the audience that night would certainly not be forgotten by anyone who was in the room. Of course, a record can never quite articulate that level of intimacy and intensity, but KMH is the next best thing. It is a document of potent virtuosity by a musician in his prime who was (and still is) obsessed with exploiting his freakish gifts and affinity for the piano. It is certainly a one-of-a-kind release, and contrary to the artist’s concerns, the record’s beauty does in fact lay in its ability to capture — however imperfectly — a momentous performance by one of Canada’s most unusual talents. Last I heard he still had a few sealed copies of the original 1979 release. So, as they say around here, GRIP OR REGRET.

Darcy Spidle is the founder of Divorce Records, the OBEY Convention festival and recently starred in the film LOWLIFE. He also plays a mean jaw harp as Chik White.

En 1979, Lubomyr Melnyk, originaire du Manitoba, présentait pour la première fois sa technique pianistique du « mode continu » avec l’album KMH, paru sur la prolifique étiquette torontoise Music Gallery Editions. Exercice extrême de minimalisme, le mode continu consiste à jouer des arpèges ascendants et descendants avec force et à vitesse hallucinante, parfois jusqu’à 19 notes par seconde. Selon Melnyk, l’ampleur de cette musique et les fantômes soniques issus du choc constant des notes peuvent mener à des expériences spirituelles chez l’auditeur. Ce genre de déclaration, que l’on entend parfois trop souvent, peut paraître trop ambitieuse, mais si la musique est capable de provoquer des états altérés de conscience, cela s’applique probablement aux performances surhumaines de Melnyk, particulièrement sur scène.

Dans les notes d’accompagnement de l’album, Melnyk accuse la technologie de causer « un déchirement violent et subtil de nos fondements pacifiques ». Il fait ici référence à sa réticence, à l’époque, d’enregistrer cet album. Comme toutes ses compositions, KMH est un exercice physique, une prouesse musicale intimement liée à un point spatio-temporel particulier. En 1979, Melnyk était peu disposé à enregistrer ses exploits musicaux « pour qu’on les réchauffe comme des restants de viande ».

Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’assister à un concert de Melnyk. Je dirai ceci : personne qui était présent dans la salle ce soir-là n’oubliera de sitôt l’immense vague de son qui a déferlé sur l’auditoire. Évidemment, un enregistrement ne pourra jamais attester précisément toute l’intimité et l’intensité d’un tel événement, mais KMH est la meilleure alternative. C’est un témoignage de la virtuosité et de la puissance d’un musicien dans la force de l’âge qui était continue d’être voué à l’exploitation de ses dons surnaturels et de son affinité pour le piano. C’est un album unique en son genre, et malgré les inquiétudes de l’artiste, sa beauté vient de sa capacité à capturer, bien qu’imparfaitement, une performance historique d’un des talents canadiens les plus singuliers. Aux dernières nouvelles, Melnyk avait encore quelques copies scellées de l’édition originale de 1979. Comme on dit ici, SAISISSEZ OU REGRETTEZ.

Darcy Spidle est le fondateur de Divorce Records et du festival OBEY Convention et a récemment joué dans le film LOWLIFE. Il est également joueur accompli de guimbarde sous le nom de Chik White.

Lubomyr Melnyk – (excerpt)

Lubomyr Melnyk – (excerpt 2)

Departures :: Threads of Fybre – Mama b/w Believe Me [1967]

Threads of Fybre - Mama // Believe Me

Trapped within the ephemeral “top five dead or alive desert island nascent garage punk singles of Canada,” few compete with the utter rawness of our unthreaded friends of fibre. From “Mama”‘s washboard wranglin’ nastiness to “Believe Me”‘s hypnotic, dissonant outro, the fybre forged new paths to a continuum of primitive gnarliness. Creative expression by any means necessary. Germinating in St. Clements, Ontario, and recorded in the tiny Mennonite community of St. Jacob’s, their lone single received radio play on Kitchener’s CHYM before the group quickly disappeared, laying the groundwork for future generations of collector frenzy. Mama!

Piégé dans les “meilleurs cinq singles vivantes ou mortes île déserte garage punk naissant du Canada”, il y en a peu qui rivalisent avec la crudité pure de nos amis désenfilés de fibre. Depuis la vacherie querelleuse de planche à laver jusqu’à l’outrance hypnotique et dissonante de “Believe Me”, leur fybre a façonné nouveaux chemins dans une gamme de rudesse primitive. C’est l’expression créative par tous les moyens. Originaire de St. Clements, en Ontario, et enregistré dans la petite communauté mennonite de St. Jacobs, leur seul single était passé à la radio sur CHYM de Kitchener avant que le groupe ait rapidement disparu, en posant les bases pour les générations de frénésie de collectionneur à l’avenir. Chica boum chica boum.

Threads of Fybre – Mama

Threads of Fybre – Believe Me

Departures :: The Party’s Over – Tissue Sample

The Party's Over - Tissue Sample

Decades before filesharing, Discogs and the ‘Tube democratized musical knowledge, news of the Industrial Revolution could only arrive on this side of the pond through word of mouth or at the cost of pricey imports. Alongside contemporaries like March of Values, Diner’s Club (featuring a nascent Brian Ruryk) and local legends Fifth Column (all of whom appear on Urban Scorch, Toronto’s answer to No New York), The Party’s Over were a gang of art-school insurgents who got the memo and decided to spread it around town however they could. The squelched electronics, Xerox paste-jobs (1, 2) and lab horror imagery of their 1981 cassette not only point the way to countless post- and post-post-punk iterations, but also parallel the earliest budgeted efforts of Cronenberg. Though members would go on to achieve higher levels of notoriety in Kids on TV and the Cure-worshipping combo Century’s End, it’s the contagious Tissue Sample that’s most likely to cause a future outbreak.

Des décennies avant que le partage de fichiers, Discogs, et Youtube aient démocratisé la connaissance musicale, les nouvelles de la révolution industrielle pouvaient seulement arriver à ce côté de l’océan par le bouche à l’oreille ou au prix des imports chers. À côté des tels contemporains que March of Values, Diner’s Club (mettant en vedette un Brian Ruryk naissant), et les légendes du coin Fifth Column (dont tous passent à Urban Scorch, la réponse de Toronto à No New York). The Party’s Over étaient un gange des insurgé d’école d’art qui ont reçu le memo et ont décidé de le faire passer autour de la ville peu importe comment ils le pouvaient. L’électronique marécageuse, les couper-collers de Xerox (1, 2), et les images d’horreur de leur cassette de 1981 montrent le chemin à d’innombrables itérations post- et post-post-punk, mais qui sont parallèles aussi aux efforts économiques les plus tôts de Cronenberg. Même si les membres ont atteint plus tard les plus grands niveaux de notoriété dans Kids on TV et le combo Cure-vénérant dit Century’s End, c’est le Tissue Sample contagieux qui est le plus probable de provoquer une pandémie à l’avenir.

The Party’s Over – Action Seeks Violence

The Party’s Over – Ken

Departures :: Odette Doiley – Comin’ At You Boy b/w Comin’ At You Boy (Instrumental)

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Another addition to the fringe on top of fringe that is New Jack Swing Canadiana. As much as I want to quote verbatim from the description of Odette Doiley on the back of her 1987 private press 12 inch (calling her “a very dedicated singer and performer [who] is all ready to make her contribution to the music industry”), I will instead say that “Comin’ At You Boy” is a bangin’ New Jack chune. With its catchy chorus, classic synth production (by someone named Carl Ottway) and perfectly written bridge, it’s part Come on shake your body baby, do the conga, part entitled high school student, and all Oakwood and Vaughn. The twelve inch is confirmed not raer (or at least not sought-after) so cop while you can and send yourself swanging. Doiley has at least one other single and this very necessary piece of video.

Un nouvel ajout à la marge sur la marge qui est New Jack Swing Canadiana. Autant j’ai envie de citer mot pour mot la description d’Odette Doiley sur l’envers de son 12” presse privée de 1987 (qui l’appelle “une chanteuse-interprète tellement dévouée qui est prête à contribuer à l’industrie musicale”), autant je dirai à la place que “Comin’ At You Boy” est un morceau super balançant de New Jack. Avec son refrain entraînant, son synthé classique (par quelqu’un qui s’appelle Carl Ottway) et son interlude parfaitement écrit, c’est une partie Viens bouger ton corps bébé, fais la chenille, une partie élève du secondaire présomptueuse, et complètement Oakwood and Vaughn. Le vinyle est assurément pas rare (ou au moins, c’est pas coinvoité) alors achetez-le quand vous le pouvez et laissez-vous balancer. Doiley a au moins une autre single et cet extrait de vidéoclip tellement nécessaire.

Odette Doiley – Comin’ At You Boy

Departures :: Kitty Rouler – My Boyfriend b/w Version [1988]

Kitty Rouler - My Boyfriend b/w Version

The physical connections between Jamaica and Toronto have been well documented by one Kevin Sipreano. Less known amongst the gripper elite are the abundance of fantastic dancehall singles produced in the heart of TO. Kitty Rouler’s stock-label entry on the ubiquitous Toronto imprint Classic Sounds is an addictive conjuring of dancehall-fuzed 80s R&B. Kitty’s staccato, pseudo-rap delivery, with pitched melodies, strangely anthemic flow, and relentless pursuit of her lyrical boyfriend, mutates traditional rhythms into a netherworld of clurb bangin’ and ep swingin’. It’s immediacy and nuanced personality made it an instant classic at WC HQ after Brandon Hocura dropped the bomb on us. “My Boyfriend” pre-dates Mike Jones‘ telephone # drop by 20 years, making it a proto-Swishahouse classic. Super grip.

Les connexions physiques entre la Jamaïque et Toronto ont été bien documentées par un Kevin Sipreano. Moins connu parmi les saisisseurs d’élite est l’abondance de solos de salle de danse fantastique produits au cœur de TO. L’entré du label de stock de Kitty Rouler sur l’empreinte omniprésente Classic Sounds de Toronto est une conjuration addictante de R&B des 80 de salle de danse fusionnée. Le staccato de Kitty, la distribution de pseudo-rap, avec de hautes mélodies, un courant étrangement hymnique et une infatigable poursuite de son petit copain en paroles, se mute en rythmes traditionnels dans un enfer de tapage de clubs et de swing d’EP. Son immédiateté et sa personnalité nuancée l’en a fait un classique instantané au QG de WC après que Brandon Hocura ait lâché la bombe sur nous. ‘’My Boyfriend’’ précède la tombé de telephone # de Mike Jones de 20 ans, en faisant un classique proto-Swishahouse. Super-saisi.

Kitty Rouler – My Boyfriend