Ephemera :: Cosi e Cosi



Seeing Yellow

Flora and I met up with Vincent Ferrari, a.k.a Cosi e Cosi, at Psychic City. The large, dark sub-basement space was filled with gesticulating instruments, props and aesthetically tantalizing oddities. Vincent lifted his belongings from a small dark corner. His minimal equipment, identified easily by his signature yellow tape, was wrapped in a yellow square of fabric. “The yellow cloth is from a decrepit shack between Winnipeg and the Minnesota border, where I lived in a cabin… it was the winter and there was no heating and I was walking through this frozen wasteland.” The cloth is symbolically similar to the ones babes are wrapped in when they’ve stretched from the womb. In a frozen white wasteland, the yellow cloth wrapped itself around a new creation – Cosi e Cosi.

“I don’t even really like yellow. It’s not my favorite colour,” he said.

From there, we made our way to his flat by Parc Laurier where Vincent produced a deal of yellow items.


The Rings

“The last time I played hockey was two-thousand… I don’t remember anymore. 2004, 2005? I don’t play hockey anymore, but I used to play hockey a lot and this is a provincial championship ring from when I was 18 and this one is from a college championship in 2003. Two years in a row after that I lost in overtime in championship games and then I quit and I didn’t skate for five years at all,” he passes the rings through his fingers, puts them on. “When I quit, I started music.”

“Five years later I skated for the first time on the river at the forks with a girl… and it took another five years until I skated again with another girl on the river at the forks in Winnipeg. I haven’t skated otherwise. I won these rings and I had never worn them ever. I had put these rings in a box and left them with my parents and I found them and I’ve put them on because I’ve come to terms with my hockey past and I want to put them on.”



Vincent produces a small plush toy which looks like it’s seen time. “This is lamby,” he says, “very important to Cosi e Cosi, I’ve never really explained it, but Lamby sits at every show. I just like having a teddy bear there because it shows the side of vulnerability I like to have in contrast to my stage performance which is, I mean I am very vulnerable, but I like portraying the femininity in contrast to the masculinity. Keeping in touch with the tender side.”

“Are you playing with dialectics of gender – in one sense you have a hyper-masculine presence and simultaneously, it’s hyper feminine?” I ask. Vincent is at once a beautiful and handsome man who presents himself with thoughtfulness and ease. It is quickly discovered that each of the items in his space is symbolic of something.

“This project started in 2013 and before that I was playing guitar in a duo with a female singer and, touring around, we were just always playing with guitar bros and I was one of them. But, I never really felt like one of them. I just got so sick of guitars. I was burnt out.”



Vincent sneaks his body around the space, trying to avoid being directly photographed with his objects. He picks up a pair of knives and starts touching them together, non-menacingly. I ask, “what’s with the knives?”

“Uh, well, I have a song called ‘Knife Play Forever’ which is part of a conceptual series, and I made a video for this song in Winnipeg and at that point I had a little yellow knife.” Vincent says ‘little,’ soft and quick on the t’s, ‘yellow’ soft and quick on the l’s and, ‘knife’ with a grand ease. He goes on to say for the final installment of the conceptual series, Worthy Knife Stab, “I made a video with Jean Bourbonnais et and I used this knife in that video, so there is a knife series.”

“And your fascination with knives is…?” I ask, remembering that despite my fear of knives (wielded), I feel in no danger.

“The depth that knives can penetrate.”

“Do you consider knives a weapon… an instrument… a tool? Like, how do you see it as an object?”

“Knives are a symbol… it’s more about the action.” He says, his voice becoming gravelly. “What you can do with it. So, it can be extremely dangerous, but also when I say depth of penetration I mean going really deep into something.”



“When I started Cosi e Cosi I drove around at night delivering newspapers and there was a very special night, one of those deeper than romantic nights, and as I was delivering papers leaves were blowing into my car and that’s one of the leaves.”


Vincent Gallo

“I used to be a very big fanboy…” Vincent Ferrari holds the case in his ringed hands. “When I was younger people used to tell me I looked like him, but I never get it anymore so I’ve grown to not look like him.”

“This CD, there’s only 500. I’m not a collector, I’m not actually into material. Objects,” he pauses and repeats with intent, “objects are made of what you put into them, the object itself has no meaning.”


Jaune partout

Nous avons rencontré, Flora et moi, Vincent Ferrari, alias Cosi e Cosi, au Psychic City. Le grand sous-sol sombre était rempli d’instruments gesticulants, d’accessoires et de bizarreries esthétiquement alléchantes. D’un petit coin sombre, Vincent a soulevé ses effets. Emballé d’un carré de tissu jaune, son équipement minimaliste est identifié par son ruban jaune habituel; « Ce tissu jaune provient d’une cabane délabrée située sur une terre gelée à la frontière entre Winnipeg et Minnesota où je suis resté pendant l’hiver, sans chauffage. Je marchais sur cette terre gelée. » C’est représentatif d’un linge servant à dorloter un nouveau-né. À travers un terrain vague gelé, le tissu jaune s’enroulait autour d’une nouvelle création – Cosi e Cosi

« Le jaune ne fait même pas vraiment triper. Ce n’est pas ma couleur préférée, » dit-il.

Nous nous sommes rendus à son appartement près du parc Laurier où Vincent fabrique plein de choses jaunes.


Les bagues

« La dernière fois que j’ai joué au hockey remonte à 2004-2005, je crois. Je jouais souvent, mais je ne joue plus. Cette bague a été méritée au championnat provincial lorsque j’avais 18 ans et l’autre en 2003 lors d’un championnat collégial. Deux années de suite après cela, j’ai perdu des matchs de championnat en surtemps. J’ai donc abandonné et je n’ai pas patiné du tout pendant 5 ans, » dit-il en tournant ses bagues. « C’est à ce moment-là que je me suis intéressé à la musique. »
« Cinq ans plus tard, j’ai patiné pour la première fois au Forks à Winnipeg avec une fille, et encore une fois 5 ans plus tard avec une autre fille, au Forks. Sinon, je n’ai plus vraiment rechaussé mes patins. Les bagues ont été mises dans une boîte chez mes parents sans jamais les avoir portées. Lorsque je les ai retrouvées, j’avais envie de les porter afin d’accepter mon passé de hockeyeur. »


Les Agneaux

Vincent sort son petit jouet en peluche qui semble très vieux. « C’est Lamby, il est très important pour Cosi e Cosi, » dit-il. « Je ne sais pas comment l’expliquer, mais Lamby est présent à chaque spectacle. Cet ourson aide à montrer ma nature fragile contrairement à la façon dont je performe sur scène. Je suis effectivement fragile, mais j’aime révéler la féminité versus la masculinité et garder le contact avec le caractère fragile. »

Je demande : « Vous jouez sur la dialectique des sexes ? D’un côté, vous avez une présence hyper-masculine, mais en même temps très féminine. » Vincent est quelqu’un d’élégant et aisé qui se présente avec délicatesse. Il a été noté que chaque élément qui l’entoure a une portée symbolique.

« Avant ce projet, qui a débuté en 2013, j’étais guitariste en duo avec une chanteuse et parfois en tournée. Je faisais partie d’une bande de guitaristes, mais je ne me sentais jamais à l’aise. Je me suis tanné de la guitare. J’étais épuisé. »


Les Couteaux

En se faufilant autour de la pièce, Vincent tente d’éviter d’être photographié avec ses objets. Il ramasse deux couteaux et les manipule avec soin. « Pourquoi les couteaux ? », je demande.

« Bien, j’ai une chanson qui s’appelle *Knife Play Forever* qui fait partie d’une série conceptuelle. J’ai fait une vidéo pour cette chanson à Winnipeg et à ce moment-là j’avais un petit couteau jaune. » Vincent prononce les mots « petit » et « jaune » rapidement et doucement et « couteau » en toute confiance. Il ajoute ceci pour la dernière phase de la série conceptuelle
*Worthy Knife Stab*: « J’ai créé une vidéo avec Jean Bourbonnais et j’ai utilisé le couteau dans la vidéo. Il y a donc une série avec des couteaux.”
« Et la fascination avec les couteaux…? », je demande, en me souvenant que malgré ma phobie du maniement de couteaux, il n’y a aucun danger ici.

« La profondeur que peuvent pénétrer les couteaux. »

« Vous considérez les couteaux comme une arme… un instrument… un outil ? Vous les voyez comme des objets ? »
« Les couteaux sont un symbole… tout est dans l’acte, » dit-il avec une voix rauque. « Ce que tu peux faire avec. C’est très dangereux et quand je parle d’une pénétration profonde, c’est d’y aller dans la profondeur des choses. »


La feuille

« Lors du lancement de Cosi e Cosi, je faisais la livraison de journaux et un soir en particulier, disons fortement romantique, des feuilles soufflaient sur ma voiture et c’est une de ces feuilles. »


Vincent Gallo

« J’étais un grand admirateur » Vincent Ferrari tient l’étui dans ses mains baguées. « Dans ma jeunesse les gens me disaient que je lui ressemblais, mais avec le temps, ce commentaire a
cessé. »

« Il n’y a que 500 copies de ces CD. Je ne suis pas un collectionneur d’objets matériels. » Il arrête et répète avec conviction.
« L’objet lui-même n’a pas de signification. Un objet est la création de l’effort investi. »

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birthed: 2016-07-06

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