Tag: synth

New Canadiana :: The Royal Iguana Fur – Wingdings

These bed-headed blasts from the Royal Iguana Fur carry on the hazy humour and culture jam damage of R. Stevie Moore, Ariel Pink or Greydyn H. Wolfcow

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These bed-headed blasts from the Royal Iguana Fur carry on the hazy humour and culture jam damage of R. Stevie Moore, Ariel Pink or Greydyn H. Wolfcow. Opening your album with a riff on The Mickey Mouse Club is every bit as cracked as covering the theme from Andy Griffith, and Wingdings continues its wriggle through decades of pop culture detritus. From Ouija boards to Easy Bake ovens, Devo to Pinterest, a soda shop tribute to Satan to the creeper on the cover, no schlock is left unturned.

Ces explosions aux cheveux ébouriffés de Royal Iguana Fur poursuivent l’humour flou et les détournements culturels de R. Stevie Moore, Ariel Pink ou Greydyn H. Wolfcow. Commencer un album en improvisant sur The Mickey Mouse Club est tout aussi dingue que de faire un cover de la chanson thème d’Andy Griffith, et l’album Wingdings continue à se tordre à travers des décennies de détritus tirés de la culture populaire. Du Ouija aux fours Easy-Bake, de Devo à Pinterest, de l’hommage bonbon à Satan à l’homme louche sur la couverture, tout y est.

The Royal Iguana Fur – Synth Summer Fun (Play With Guns)

The Royal Iguana Fur – In n’ Out

Psyché.qc.ca :: Dionne-Brégent – Deux

Psyché.qc.ca :: Dionne-Brégent – Deux

Two, the number of the generation, the number of duality. Dionne-Brégent, a unique group in Québec’s 1970s musical landscape, became prophets on their second record. The duo began by casting a spell through a long invocation reminiscent of foreign devotional music, like an Asian El Topo soundtracked by Tangerine Dream. Once under the charm of the initiation ritual, the flipside sucks listeners into the swirling synths of Brégent, backed up strongly and effortlessly by a variety of complex rhythms from Dionne. Alongside them comes an arrangement of brass, strings and choir vocals, adding finishing touches to the already wide spectrum of sounds and worldly instruments played by the pair of multi-instrumentalists. These elements combine to form a unique album in its own right. Two stars out of two.

Deux, le nombre de la génération, le nombre de la dualité. Dionne-Brégent, groupe unique dans le répertoire québécois des années 70, se font prophètes dans leur deuxième album. Le duo commence par nous envoûter dans une longue invocation aux accents rappelant autant de la musique de dévotion étrangère qu’une trame sonore d’un El Topo asiatique faite par Tangerine Dream. Sur la deuxième face, déjà charmés par le rituel d’initiation, vous êtes happés par toute la force des synthétiseurs tourbillonnants de Brégent si bien appuyés par une variété de rythmes complexes si aisément confectionnés par Dionne. Toute une brochette de collaborateurs vient encore rajouter de la couleur à la déjà très grande diversité de sons et d’instruments du monde joués par les deux multi-instrumentistes. Le tout forme un album unique se méritant deux étoiles sur deux.

Dionne-Brégent – Campus (extract)

Dionne-Brégent – Le Prophéte (extract)

New Canadiana :: Police des Moeurs – Police des Moeurs

Police Des Moeurs - Police Des Moeurs

Police des Mœurs further their Euro connections with the Mannequin Records coldwave cartel. On their first full-length LP, the Montreal group expand on their synthetic anthems of dark/luminous feelings. Under the guise of an Orwellian aesthetic, they declaim slammed observations on the floating air of the current era with dark and sumptuous synth-pop attacks. Tightrope-dancing moves on the verge of the void make you feel like running away from your troubles or into them head on.

This is the secret score for a grey, urban wasteland in the making, a natural environment for doom-blessed lives. Everyone wears a mask in the public space, leaping into their fortress of worried solitude. These internalized dances externalize thoughts to escape the unease. Mistakes meditated over and over enable an elevation. You are invited to soundtrack your anxieties and simultaneously escape.

Police des Moeurs étendent leurs connexions européennes avec le cartel de la coldwave Mannequin Records. Sur leur premier long jeu, le groupe de Montréal prolongent leur hymnes aux sentiments clair-obscur. Sous le couvert d’une esthétique orwellienne, ils déclament des observations claquantes sur l’air ambiant de l’ère actuelle au milieu d’attaques synthpop toujours sombres et somptueuses. Des mouvements funambulistes dansants au bord du gouffre vous donne envie de courir pour fuir ou aller faire face à vos problèmes.

Ce disque est une bande-son secrète pour des pays urbain gris, champs de ruines en puissance, environnement naturel pour des vies condamnées-bénies. Tout le monde porte un masque dans l’espace public et s’enfonce dans sa forteresse de solitude inquiète. Ces danses interiorisées là exteriorisent des réflexions pour échapper au malaise. Les erreurs méditées continuellement permettent de s’élever. Vous êtes priés de nourrir vos anxiétés pour leur échapper.

Police des Moeurs – Dernière Chance

Police des Moeurs – Le Périmètre Des Fossoyeurs

New Canadiana :: Happy Trendy – For Trial Listening

Happy Trendy - For Trial Listening

Most of the time life is good, but sometimes it just really, really fucking sucks. During moments like this, it helps to soothe with a little sequence and synth. Edmonton’s Happy Trendy delivers on both with an added dash of musique concrète, building on the tradition of seminal works by Luc Ferrari, Pierre Schaeffer and Bernard Bonnier. These brushstrokes act as our anchor, our passenger plane through the foggy drones and comforting arpeggios of For Trial Listening’s earthly atmosphere.

‘Trial’ is the keyword here, but not in the context of demos. If anything, this is music to massage your frustration after numerous, unsuccessful rounds of Trials; comforting and childlike. “#14” reads the alphabet like it’s counting sheep, while “#07” and “#03” are twins after a visit to the dentist. “#13” and “#17” show clear roots in the visceral and vibrant analog explorations of synth pioneers such as Raymond Scott and the BBC Radiophonic Workshop, and might as well be the pillow you rest your head on at night. Sleep tight, child.

La plupart du temps, la vie est belle, mais parfois elle est aussi juste assez, assez merdique. Dans de tels moments, cela aide de s’apaiser avec un peu de séquences et de synthés. Happy Trendy d’Edmonton nous offre les deux à la fois et ce, ajoutant un soupçon de musique concrète qui s’appuit sur la tradition des oeuvres de Luc Ferrari, Pierre Schaeffer et Bernard Bonnier. Ces inspirations nous servent d’ancre et d’avion nous transportant à travers le drone brumeux et les arpèges réconfortants de l’atmosphère de For Trial Listening’s.

Ici, « Essai » est un mot clé, mais non pas dans le sens de démo. Il s’agit plutôt de musique pour évacuer votre frustration après de nombreux essais infructueux; réconfortant et enfantin, « #14 » fait la lecture de l’alphabet comme s’il s’agissait de compter les moutons, tandis que « 07 » et « #03 » sont tels des jumeaux après une visite chez le dentiste. Montrant clairement leurs racines provenant des explorations analogiques viscérales et vibrantes des pionniers du synthé tels que Raymond Scott et le BBC Radiophonic Workshop, « #13 » et « #17 » pourraient tout aussi bien être l’oreiller sur lequel se pose votre tête la nuit venue. Fais de beaux rêves, mon enfant.

Happy Trendy – #13

Happy Trendy – #07

New Canadiana :: Absolutely Free – On The Beach

Absolutely Free - On The Beach

Hidden behind a wall of synthesizers, a group of forward thinking architects conspire to fit the Autobahn on Saturn’s rings. Modifying a stolen NASA vessel into a time-warp capable automobile, they carve out each groove with synesthesia-inducing laser beams. Beta testing follows, leaving a trail of jubilant sweat from kosmische burnouts. The roads open up and our drivers are granted chaos-inducing control. Time for our ears to merge onto this expressway.

Dissimulé derrière un mur de synthétiseurs, un groupe d’architectes visionnaires complote pour intégrer l’Autobahn aux anneaux de Saturne. Après avoir transformé un vaisseau volé à la NASA en automobile capable de remonter le temps, ils façonnent chaque sillon à l’aide de rayons laser vecteurs de synesthésie. Vient ensuite le temps des tests beta, qui laissent une traînée de sueur radieuse provoquée par l’épuisement kosmische. Les routes s’ouvrent à nos conducteurs qui sont désormais aux manettes et roulent vers le chaos. Il est temps pour nos oreilles de rejoindre cette voie express.

Absolutely Free – On The Beach

Absolutely Free – Clothed Woman, Sitting

New Canadiana :: Femminielli Noir – L’Éveil

Femminielli Noir - L’Éveil

The cavernous blackness of this cassette sleeve is the gateway to a yawning abyss. Bad boys of the Montreal subterrain Bernardino Femminielli and Jesse Osborne-Lanthier welcome us into their sonic sepulcher to reveal themselves as altered beasts. Here, the sensual whispers and spectral Italo disco of Femminielli’s past masterworks are dispersed across an expressionistic soundscape of desolate ambience, garbled electronics and punishing four-on-the-floor. Only on side b’s “Semence En Moi, Le Danger” do we see a glint of light through the darkness, as a haunted music box melody twirls away in an empty room.

La noirceur caverneuse de la jaquette de cette cassette est une passerelle menant à un abysse béant. Les mauvais garçons du Montréal souterrain, Bernardino Femminielli et Jesse Osborne-Lanthier, nous invitent dans leur sépulture sonique où ils se révèlent à nous en tant que bêtes altérées. Ici, les chuchotements sensuels et l’italo disco spectral des dernières oeuvres de Femminielli se dispersent à travers un paysage sonore expressionniste à l’ambiance désolée, aux textures électroniques embrouillées et à la rythmique punitive. Seulement sur « Semence En Moi, Le Danger », sur le côté B, apercevons-nous une faible lueur à travers l’obscurité, tandis qu’une mélodie de boîte à musique tournoie au loin dans une pièce vide.

Femminielli Noir – Semence En Moi, Le Danger

Femminielli Noir – Boys Boudoir

New Canadiana :: Various Artists – Perdu dans l’abysse

Various Artists - Perdu dans l’abysse

What happens when two of the most productive entities in Canada team up? They go down to the abyss on the edge of the known world. Taking cues from the James Cameron film with aliens coming from beneath for a change, they make a detour from their trail of galactical altitude. The companions of Jeunesse Cosmique stop by La Cohu for a submarine ramble, trading their spacesuits for scubas. Past a certain depth, beyond conventional human conceptions and away from any stellar ray, this is a space odyssey the other way round into Neptune. Resting in deep ambience, altered heaviness, forgotten gravities. Hazy Montagne Mystique dip our stars’ dust in the water to depths where the sun can’t reach. YlangYlang makes us dance in analgesy until there’s no up or down anymore. Velvet Glacier distort us our minds with enunciations and killer vibes. Téléphone Maison touches the bottom to take its pulse, as we briefly see what it is to be the other. Makes me want to see the movie.

Que se passe-t-il quand deux des entités les plus productives du Canada font équipe ? Ils descendent dans l’abysse aux frontières du monde connu. Prenant son inspiration du film de James Cameron avec les aliens venant des profondeurs pour changer, ils font un détour de leur chemin d’altitude galactique. Les compères de Jeunesse Cosmique passent chez La Cohu pour un petit tour en sous-marin et troquent leurs combinaisons spatiales pour des scaphandres. Passé une certaine profondeur, au-delà des conceptions humaines convenues , loin de tout rayon stellaire, une odyssée de l’espace dans l’autre sens direction Neptune. Ambiances reposantes et profondes, pesanteur altérée, gravité oubliée. Hazy Montagne Mystique propage notre poussière d’étoiles sous l’eau jusqu’aux profondeurs où le soleil n’éclaire plus. YlangYlang nous fait valser en analgésie et nous fais oublier haut et bas. Velvet Glacier va ensuite distordre nos esprits en énonciations et en vibrations qui tuent. Téléphone Maison touche le plancher abyssal pour prendre son pouls, tandis qu’on entrevoie le fait de devenir l’autre. Ça donne envie de voir le film.

Velvet Glacier – L’unique (Remix pour Marie Davidson)

Téléphone Maison – Au chevet des profondeurs

New Canadiana :: Girls Casino – Leave It To Them

Girls Casino - Leave It To Them

In every adult there are feelings of fleeting adolescence that never quite fully diminish. These are visual feelings in nature; communal in their universality, emotional and intensely focused on the sensorium of the individual. Girls Casino is the sonic embodiment of these feelings. Under a lush mist of shimmering synths and Balearic beats, an androgynous voice chants mantras like pink Sunny-D. These songs live in a world where every friendly hello, brush of the skin or passing glance in the hallway means so much more. Where every house party or starlit Friday night presents another endless pool of possibilities to truly soak in the foolish freedom of being young.

Au tréfonds de chaque adulte, les sentiments fugaces de l’adolescence ne disparaissent jamais totalement. Ce sont des émotions de nature imagée : collectives de par leur universalité, émotionnelles et intensément focalisées sur le sensorium individuel. Girl Casino est l’incarnation sonique de ces sentiments. Sous une bruine luxuriante de synthés chatoyants et de Balearic house coule une voix androgyne chantant des mantras rose Sunny-D. Ces chansons vivent dans un monde où chaque salutation amicale, chaque effleurement de la peau ou chaque bref passage dans un couloir ont une plus grande symbolique encore. Où chaque fête à la maison ou chaque vendredi soir étoilé présente une mer infinie de possibilités dans laquelle nage une liberté insensée d’être jeune.

Girls Casino – Girls

Girls Casino – You + Me

New Canadiana :: Boha – Boil

Boha - Boil

Boha’s Boil is explicit sound art found somewhere between reality and dreamland. It’s a gloomy but spiritually transcendent experience. An orchestra of thick digital processing, field sounds, guitar and synths quite literally boil through the headphones. Boha seeks to surpass common song formats that shock the listener with abrupt blasts of futuristic reverberation. With field recordings collected over a year and an adaption of live instrumentation during shows, he has mastered the usually unattainable skill of fostering a relationship between musical and non-musical sounds, allowing the noise to interact with melodies through tasteful rhythm. Boil is suspended in a confused state of analog magic and sensual realism, each track an uncoiling cruise through a divergent world. The resonating emotion of “Soft Square” and delicate darkness of “Solstice” help secure respect for this beautifully crafted masterpiece.

Art sonore explicite, Boil de Boha se situe quelque part entre la réalité et le rêve. C’est une expérience sombre, mais spirituellement transcendante. Un orchestre d’effets numériques denses, d’enregistrements de terrain, de guitares et de synthés bouillonne littéralement à travers les écouteurs. Boha cherche à dépasser les formats de chansons qui déstabilisent généralement l’auditeur à coups de brusques décharges de réverbérations futuristes. Collectionnant depuis un an les enregistrements de terrain qu’il parvient à transposer sous forme instrumentale durant ses spectacles, Boha maîtrise l’art normalement impossible de mettre en relation sons musicaux et non musicaux, permettant ainsi aux échantillons d’interagir avec les mélodies à travers de délicieux rythmes. Boil flotte dans un brouillard de magie analogue et de réalisme sensuel, chaque piste entreprenant une traversée vers un monde divergent. L’émotion qui résonne de « Soft Square » et l’obscurité délicate de « Solstice » solidifient notre admiration pour cet impeccable chef-d’œuvre.

Boha – Soft Square

Boha – Solstice

New Canadiana :: Bile Sister // Wolfcow – Split Tape

Bile Sister // Wolfcow - Split Tape

This luxurious 90-minute split is a trip through catchy nihilist (punk) power-pop, flippant DIY expression, two awesome senses of humour and a synth/pedal effects sci-fi party. Up first, Bile Sister’s side jams juicy bouncing beats against a robotic hi-NRG voice, eerie I-don’t-care-about-the-world synths and constant but subtle distortion to create a sugar-rush addiction; the body is moving strangely, the brain is filled with fizz candies. Listening to short, smashed up earworms like “Mock Sin” and long, trippy synth jams like “Sustained Preventative Medicinal Penetration (Long Version)” feels like chilling in her living room while she’s experiencing a crazy inspiration wave. Meanwhile, the gang of teenage street kids in the first TMNT movie would love Wolfcow’s side. It’s rebellious, lo-fi, inventive, fast-paced and wild, oscilliating between harsh punk-pop, experimental electroclash sequences and strangely smooth synth-layered moments. The voices are buried in effects, while the whole is wrapped in crunchy saturated sound. These guys seem to channel a raw and unpredictable Residents vibe, or Caroliner with a touch of Les Georges Leningrad. All in all, this split activates the production of endorphins, like running a marathon or spending four hours in a Lazer Quest.

Ce luxuriant split de 90 minutes est un voyage powerpop(punk) nihiliste (mais) entrainant, un party sci-fi de synthés et de pédales à effets roulés dans la désinvolture DIY et l’humour désopilant. Tout d’abord, Bile Sister jamme sur de bons gros rythmes gras surplombés par la voix énergique d’une déesse robotique, de sinistres synthés je-me-fous-du-monde-entier et une subtile mais omniprésente distorsion à vous rendre accroc. Le cerveau rempli de bonbons Fizz, le corps danse en se tortillant nonchalamment. En écoutant ces courts hits fracassés (« Mock Sin ») et ces longs périples de synthés hypnotiques (« Sustained Preventative Medicinal Penetration (Long Version) »), on se croirait évachés dans le salon de l’artiste alors que déferle sur elle une vague d’inspiration déjantée. Pendant ce temps, les enfants de la rue du premier film des Tortues Ninjas écouteraient sûrement dans leur baladeur le côté de Wolfcow. Rebelle, lo-fi, inventif, rapide et sauvage, le tout oscille entre un punk-pop corrosif, des moments d’expérimentation électroclash et d’étranges séquences de synthétiseurs planants. Les voix baignent dans les effets et la saturation grésillante. Ces deux-là semblent canaliser une atmosphère crue et imprévisible à la Residents, un peu de Caroliner et une touche de Georges Leningrad. En somme, ce split active la production d’endorphines, tout comme courir un marathon ou passer quatre heures dans un Lazer Quest.

Wolfcow – Whatever’s Hovering Above Me

Bile Sister – Miel Sanglant