Tag: punk

Ex Libris :: PostApoc [Liz Worth]


Liz Worth made her name with the Toronto/Hamilton punk tome Treat Me Like Dirt, and this poetic death trip is its illogical extreme. PostApoc’s rapidly unraveling plot is seen through the twitching eyes of a suicide pact survivor in the midst of a music scene taking no future to heart. Make-believe bands like Valium serve as stand-ins for the Viletones, Girl for the B-Girls, and Shit Kitten for Simply Saucer, providing the soundtrack for an unholy bender in bizarro Toronto after the world’s end.

As the second page explains, “it started with the earth sucking all the moisture back into the ground and replacing it with a slow, quiet dread that hung over the city like a veil.” But drought is the least worrisome thing in this dystrophic dystopia run rampant with flesh-eating canines, imploding chests, and the cries of the dead. The first-person narrative switch-turns from an amplification of the unreliable into a drug-addled nightmare; Visions of two-faced praying mantis people, black magic beach houses, and animals with fungus for brains flickering between intervals of true desperation.

Here in the real world, the flip from music journalist to fictional weaver has roots of platinum logic. Liz Worth’s blackened prose shoots up from six feet underground, and her characters still get treated like wormfood. Dig!

Liz Worth s’est fait connaître avec son tome punk en provenance de Toronto/Hamilton Treat Me Like Dirt. Ce présent délire mortel et poétique est extrêmement illogique par rapport à ce tome. Le dénouement rapide de l’intrigue de PostApoc se fait connaître à travers les yeux tremblants d’un survivant à un pacte suicidaire au beau milieu d’une scène musicale ne prenant espoir en aucun futur. Des groupes de musique inventés, tels que « Valium », servent de remplaçants pour the Viletones, Girl pour B-Girls et Shit Kitten pour Simply Saucer. Ils offrent la trame sonore d’une beuverie démente dans la ville bizarroïde de Toronto, après la fin du monde.

Comme la seconde page l’explique, « ça a commençé avec la Terre qui aspira toute l’humidité et la remit dans le sol pour la remplacer par un effroi silencieux suspendu sur la ville comme une voile » (NDT ceci fut traduit par la traductrice de cette critique. Voici le passage en langue originale anglaise : « it started with the earth sucking all the moisture back into the ground and replacing it with a slow, quiet dread that hung over the city like a veil. ») Mais, la sécheresse est la dernière inquiétude à avoir dans cette dystopie dystopique remplie de canidés mangeurs de chair, de poitrines en éclats et de cris de morts. La narration à la première personne oscille entre amplifications invérifiables et cauchemars embrouillés induit par la drogue: des visions de mantes religieuses humaines à deux visages, des maisons ensorcelées au bord de l’eau et des animaux ayant des moisissures en guise de cerveau qui clignote en intervalles de véritable désespoir.

Ici, dans le vrai monde, la journaliste musicale devenue une tisserande de fiction a des racines logiques et exubérantes. La sombre prose de Liz Worth ressort de six pieds sous terre et ses personnages se font encore traiter comme des appâts pour vers de terre. Ça vous plaira !


New Canadiana :: First Base – First Base

First Base - First Base

Twelve perfect bittersweet pop songs to get you ready for the summer and wish you were making out. First Base’s debut on Chicago-based HoZac Records is laced with hooks, charm and sing-alongs. These tunes will worm their way into your ears’ brain, throw up a cot and tell you to chill out and have a time. Don’t let them down this summer — pick up a copy on gold vinyl!

Douze chansons pop, douces-amères, parfaites pour vous donner envie que ce soit l’été et d’être en train d’embrasser quelqu’un. Le premier album de First Base sur HoZac Records installé à Chicago vous accroche, vous charme et vous invite à chanter. Ces chansons se transformeront en vers d’oreille, déposeront leurs valises et vous diront de relaxer et de prendre une pause. Ne les laissez pas tomber cet été : achetez-en une copie en vinyle or!

First Base – No Surprise

First Base – You Can Come Over

New Canadiana :: Zakary Slax – Teenage Mutant

Zakary Slax - Teenage Mutant

Despite the claims that rock and roll is dead, it remains alive and well in the multivalent work of Zakary Slax. This unhinged one-man multi-instrumentalist reinvigorates garage moves with a contemporary and relevant quality; combining cross-genre techniques from metal guitar gallops to funk-style drumming. The bass-heavy mosaic of musical styles proves that rock’s still charged with soul!

Malgré les détracteurs qui affirment que le rock and roll est mort, son existence perdure et il est bien vivant dans le travail polyvalent de Zakary Slax. Ce multi-instrumentiste dément revigore le genre garage en y apportant une sensibilité contemporaine et pertinente. Il y combine des techniques d’entrelacements de genres, des galops de guitares métal aux percussions funk. Cette mosaïque de styles musicaux à la basse lourde prouve que le rock est toujours rempli d’âme!

Zakary Slax – Get Yr Shit Together

Zakary Slax Slax – Rat City

New Canadiana :: Paul Jacobs – Drug Theaters

Paul Jacobs - Drug Theatres

Deep under the mountains of antiquity and reason, water drips from the ceilings in an infinite chorus of reverb. Stalagmites form from these drips, borrowing the reverb while mocking the mountains and their eternal rumbles. Young in contrast to the rocks from which they form, they are the mountain’s essence of youth. Paul Jacobs is a stalagmite. He rises from deep undercurrents, and yells into the depths.

Dans un refrain infini de réverbération, l’eau s’écoule des voûtes profondément enfouies sous les montagnes de l’Antiquité et de la raison. De ces gouttes d’eau s’élèvent des stalagmites, puisant à même les réverbérations et imitant ces montagnes et leurs grondements éternels. D’existence récente en comparaison des roches depuis lesquelles ils se forment, ils sont l’essence de la jeunesse de la montagne. Paul Jacobs est tel un stalagmite. Il s’élève par-delà des lointains courants sous-marins et hurle dans les profondeurs.

Paul Jacobs – Basement Corner

Paul Jacobs – I Got It

New Canadiana :: The New Values – The New Values

The New Values - The New Values

The New Values’ self-titled LP opens with a crash, like a beat up hot rod skidding to a stop on the neighbours’ lawn. The nervous mania of the class of 2013 makes fast friends with the relentless power chords of classic Stooges sped up to breakneck pace while the ghost of Malcolm Owen lingers in the corner. Smoke is pouring out of the car. It could explode at any moment. The pace is ever-shifting without letting up, lingering for a minute on noizy scuzz before deftly switching to tight Televisionesque rhythm. The driver stumbles out of the car, wild-eyed and coughing. Fifteen minutes later, you’re sitting in your quiet living room wondering what happened.

Le disque LP éponyme des New Values s’ouvre avec fracas, comme une hot rod cabossée dérapant sur le gazon des voisins. La manie nerveuse de la classe de 2013 s’acoquine rapidement avec les accords de puissance entêtés classiques des Stooges accélérés à une cadence folle, alors que le fantôme de Malcolm Owen lambine dans un coin. De la fumée se déverse de la voiture. Ça pourrait exploser à tout moment. Le rythme est en constante évolution sans s’adoucir, s’attardant une minute sur une crasse bruyante avant de passer habilement à un rythme Televisionesque. Le conducteur s’extirpe en titubant de la voiture, les yeux fous et toussant. Quinze minutes plus tard, vous vous retrouvez assis dans votre salon au calme et vous vous demandez ce qui s’est passé.

The New Values – Straight Line

The New Values – Axe on Your Doorstep

New Canadiana :: Toronto Homicide Squad – Nein Bullets

Toronto Homocide Squad - Nein Bullets

This drum and bass combo brings an uneasy rhythmic counterweight to songs perfect for a dystopian French Connection in downtown Toronto, let’s say, 2035. Fully setting the scene for Nein Bullets will require co-channeling William Gibson and Phillip K. Dick, an experiment they would probably both be up for.

You’re a cop, and not some replicant-hunter eating soba in the rain. You’re a beat cop rubbing shoulders with the day-traders turned nuke-junkies in TTC corridors. Your life is zur tshong khang (Tibetan corner store)-fueled all-night stakeouts, shaking down derelict Queen West hipsters, and losing perps in the dark alley birdsnest of MetaScarborough.

Another day bleeds into night and you’re searching for him, your flagitious Moby Dick. Every step you take closer to him the further away you end up. Tonight, you’re aimlessly rolling through cracked Annex side streets, Lakeshore ruins, and Toronto’s leaky ventricle, the DVP – like Conrad’s Congo snaking through the GTA’s own fattened and sluggishly opaque myocardium. Nein Bullets is the soundtrack to the sodium-vapour tinted pallet of your megacity delirium.

Cette combinaison basse/batterie apporte un contrepoids rythmique inconfortable à des morceaux parfaits pour une French Connection contre-utopique au cœur d’un Toronto situé, disons, en 2035. Pour réaliser la mise en scène de Nein Bullet, il faudrait brancher William Gibson et Phillip K. Dick sur la même longueur d’onde, une expérience à laquelle tous deux auraient sans doute participé. Vous êtes flic, et non pas un chasseur de réplicants qui mange des soba sous la pluie. Vous êtes un flic de quartier qui se frotte aux spéculateurs sur séance devenus accros à la nuke dans les corridors de la TTC. Votre vie carbure au zur tshong khang (dépanneur tibétain). Vous passez vos veilles à secouer des hipsters, épaves de Queen West, et à vous faire semer par des malfrats dans le réseau de sombres allées qu’est Meta-Scarborough. Un autre crépuscule sanglant coule vers la nuit alors que vous êtes à la recherche de votre Moby Dick infâme. Chaque pas qui vous rapproche de lui vous mène de plus en plus loin. Cette nuit, vous roulez sans but à travers les petites rues fissurées de l’Annex, les ruines de Lakeshore et le ventricule suintant de la Ville Reine. Le DVP, similaire au Congo de Conrad,serpente dans le myocarde opaque, empâté et léthargique du Grand Toronto. Nein Bullets est la bande sonore originale de la palette teintée de vapeur de sodium de votre délire de mégapole.

Toronto Homicide Squad – Cold Eggs

Toronto Homicide Squad – Coyote Killer

New Canadiana :: The Mouthbreathers – Appetite for Deconstruction

The Mouthbreathers - Appetite for DeconstructionThe Mouthbreathers - Appetite for Deconstruction

This time of year, as winter approaches, as the days lurch into longer, darker, heavier nights, it can be hard to keep your head up. It can be hard to care. Deep from the land of swamp magic come the Mouthbreathers, with nine joyful tunes that will worm their way into the sour core of your heart. These guys are preternaturally wise and yet sweetly raw, with a warm vitality thrumming beneath the surface. The lyrics are funny and friendly and wayyy too smart, and each song snaps like a whip, peppered with crunchy guitars and oddly heartfelt bon mots. It’s true, as singer/wordsmith Lucy Niles confesses on “Bender”, that some of us prefer songs about stuff, but it’s the deceptively simple stuff that feels like it matters — getting a crush and being a goof, loving your small town, yet dying to get out, getting baked and talking too much about your feels. The band says all of this is fine, and you will be fine. So stay here. Sit longer. Cherish the sweet, warming glow.

En cette période de l’année, comme l’hiver approche, les journées se transforment en nuits plus longues, plus sombres, plus lourdes et il peut être difficile de garder le moral. Il peut être difficile de se soucier de quelque chose. De la terre lointaine du marais magique nous arrive Mouthbreathers avec neuf joyeuses chansons qui se faufileront droit vers le noyau aigre de votre cœur. Ces gars sont prématurément sages, encore doucement bruts et possèdent une vibrante et chaleureuse vitalité. Leurs paroles sont drôles, amicales et beaaaaucoup trop intelligentes. Claquant comme le fouet, chacune de leurs chansons est parsemée de guitares croustillantes et de bons mots étrangement sincères. Il est vrai, comme l’avoue la chanteuse/parolière Lucy Niles sur « Bender », que certains d’entre nous préfèrent les chansons qui racontent quelque chose, mais ce sont les petites choses en apparence si simple qui finissent par nous parler le plus — tomber en amour et faire l’imbécile, aimer son patelin tout en rêvant de partir, se défoncer et parler trop de ses sentiments. Le groupe nous assure que tout cela est très bien, et que nous aussi nous irons bien. Alors restez ici. Installez-vous. Chérissez cette lueur, douce et chaleureuse.

The Mouthbreathers – Fever

The Mouthbreathers – Quicksand

New Canadiana :: The Mandates – The Mandates

The Mandates - The Mandates

The Mandates trade in greasy, sleazy rock ‘n roll without a care in the world, yet every moment is tight and compact. Some may hear this collection of fist-pumping gems and refer to it as a throwback: three-minute tunes basking in timeless traditions of balls-out rock. And while it’s true that songs like “Gotta Forget That Girl” and “Daggers Girl” get me thinking about the Dead Boys or Richard Hell and the Voidoids, the sheer pluckiness and charm of this record is pretty irresistible. “She’s Walkin’ Over” closes the album in style with a driving beat, trashy power chords, and infectious hooks. Simply put, the Mandates’ new record is a barrage of snot-nosed guitar-laden fun.

The Mandates font dans le rock ‘n’ roll graisseux, mal famé, sans le moindre tracas du monde, et pourtant chaque instant qu’ils produisent est juste et concis. Percutant comme un coup de poing, certains diront de ce rassemblement de petits bijoux qu’il est une visite dans le passé : des chansons de trois minutes faites dans les traditions pures d’un rock couillu. Même s’il est vrai que des titres comme « Gotta Forget That Girl » et « Daggers Girl » me font penser aux Dead Boys ou à Richard Hell and the Voidoids, la pure bravoure et le charme de cet album sont assez irrésistibles. Dans un rythme déferlant, c’est avec style que « She’s Walkin’ Over » clôt cet album grâce à ses power chords trash et ses hooks contagieux. En bref, ce dernier album de The Mandates est rempli d’un plaisir chargé d’arrogance et de guitares.

The Mandates – Neon Lights

The Mandates – She’s Walkin’ Over

New Canadiana :: Lightmares – Notamotto b/w These Trying Times

Lightmares - Notamotto b/w These Trying Times

It must have been seven or eight years now since I first saw Lightmares play a show. These three dudes weren’t old enough to stay in the bar after their set, but that didn’t stop them from giving out an insanely captivating and raw performance — or from handing out their demos to everyone as we went out to smoke. Since then they’ve tightened up their live show, songwriting and banter quite a bit, yet they seem just as hungry every time I see them play. This pair of weirdo pop-rock songs is a great representation of what these boys are capable of.

Ça doit maintenant faire sept ou huit ans que j’ai vu Lightmares en spectacle pour la première fois. Ces trois gars n’étaient pas assez vieux pour rester dans le bar après leur prestation, mais ça ne les avait pas empêchés de donner une performance extrêmement captivante et brut, ou de distribuer leur démo à tous ceux qui sortaient fumer. Depuis, ils ont pas mal amélioré leur spectacle, la composition de leurs chansons et leurs plaisanteries, mais ils semblent toujours aussi avides à chaque fois que je les vois jouer. Cette paire de chansons pop-rock étranges représente bien de quoi ces gars sont capables.

Lightmares – Notamotta

Lightmares – These Trying Times

New Canadiana :: The Soupcans – Parasite Brain EP

The Soupcans - Parasite Brain EP

Enter the Soupcans. Enter the Soupcans into a world of dystopian chaos, one of grinding distortions and impenetrable walls of sound. Manic screams guide you through dim-lit alleyways vaguely remembered. Living here, it sometimes calms down into a groove, but more days than not it’s the unceasing noise of your state oppressor, eating away at your once-sane consciousness. It’s hard to tell if it’s the cocktail your guy down the street cooked up for you or if that’s just the way it has become. Thoughts are fleeting, and you begin to wonder if anyone could ever help. Until you re-emerge, standing in the crowd of your local punk bar, listening to the Soupcans blow your mind. Thankfully it’s not the brain-oozing hell you thought it would be, just really good punk.

Entrez dans Soupcans. Entrez dans Soupcans, dans un monde dystopique, un cauchemar chaotique de distortion écrasante et de murs du son impénétrables. Des cris déments vous guident le long de sombres ruelles vaguement familières. Ici, parfois, ça se calme dans une sorte de groove, mais la majorité du temps, les journées sont imprégnées du bruit incessant de votre oppresseur, qui bouffe tranquillement votre conscience jadis intacte. C’est assez nébuleux, à savoir si c’est le cocktail que ce type en bas de la rue a cuisiné pour vous ou si c’est juste ce que les choses sont devenues maintenant. Les pensées s’enfuient et vous vous demandez si quelqu’un pourra un jour vous aider. Jusqu’à ce que vous émergiez debout dans une foule, dans votre bar punk local, en écoutant Soupcans et en hallucinant carrément. Heureusement, ce n’est pas l’enfer cérébral suintant que vous imaginiez, c’est juste du punk vraiment bon.

The Soupcans – Crimes

The Soupcans – Parasite Brain