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New Canadiana :: Le Pélican Noir – Le silence tendu au-dessus de nos têtes comme un orage en suspens

Le Pelican Noir - Le Silence

Celestial circumflexes as astral bodies collide to the subterranean syntax of voices registering an instrumental intonation, with arms and heads tilting skywards as the commiseration of the night wraps itself about the day. Take sartorial solace as bodies sway to the reassurances of the timbred phonetics that dance loosely on floors of imagined terrestrialism. The sky breathes heavily, exhaling a dusk that renders moot the muggy light emanating from dimly lit doorways, as denizens of Krautrock propinquities are captured in motion, swaying to the post-rock sepia of slow-form stellar dramatics. Projections of these asymptotic stargazers stand ghostly and translucent before the break of reverie, as the firmament collapses under the weight and provocation of stylistic convergence. Colours bleed into one another as telescopes turn inwards to capture the sights that are the sounds of the nothernly whispering amongst themselves.

Circonflexes célestes pendant que des corps astraux entrent en collision avec la syntaxe souterraine de voix qui enregistrent une intonation instrumentale, avec bras et têtes inclinés en direction du ciel, alors que la commisération de la nuit s’enveloppe autour du jour. Consolez-vous alors que ces astres se balancent aux timbres phonétiques rassurants qui dansent nonchalamment sur des planchers au terrestrisme imaginé. Le ciel a le souffle lourd; il exhale un crépuscule qui rend discutable la lumière moite émanant des portes faiblement éclairées, tandis que les proches de Krautrock sont capturés dans le mouvement, balançant aux sépias post-rock d’un lent drame stellaire. Les projections fantomatiques et translucides de ces astronomes asymptotiques se tiennent à l’aube de rêveries alors que le firmament fléchit sous le poids et la provocation de convergences stylistiques. Les couleurs déteignent les unes dans les autres tandis que le téléscope se retourne contre soi pour capturer les vues que constituent les sons des chuchotements du Grand Nord.

Les Pélican Noir – …Et Les Arbres Déserteront Les Champs

Le Pélican Noir – Kirschen Elektrische

New Canadiana :: Jerk Damaged – For the Ones Who Don’t Feel Right

Jerk Damaged - For the Ones Who Don’t Feel Right

Channeling Hüsker Dü and the Replacements, Truro legend Evan Mumford crafts a crucial reminder for us old-punks: it is still cool to wax poetic on the steady flashes of frustration, pain, and joy we haven’t lost ourselves to since high school. Half the tracks are backed by Sackville rats Joe Chamandy (Astral Gunk) and Scott Brown (Kappa Chow), making this an essential grip for fans of recent marsh-scuzz releases. For the Ones Who Don’t Feel Right is currently soothing my grown-up pains, and I’m considering crowd surfing on the TTC.

C’est en canalisant Hüsker Dü et The Replacements que la légende truroise Evan Mumford rappelle aux vieux punks quelque chose de crucial : il n’y a pas de honte à poétiser ces moments de frustration, de douleur et de joie dans lesquels on ne s’est pas abandonné depuis l’école secondaire. La moitié des morceaux sont faits en collaboration avec les rats sackvillois Joe Chamandy (Astral Gunk) et Scott Brown (Kappa Chow), faisant de cet album un incontournable pour les fans de punk sale et marécageux contemporain. For the Ones Who Don’t Feel Right met du baume sur mes plaies existentielles, et je pense sérieusement aller faire du body surfing sur le réseau de la TTC.

Jerk Damaged – Anthemage

Jerk Damaged – Evan

Cameo :: JFM on FM – Direct to Disc

FM - Direct to Disc

In 2001 I took up playing the drums in order to get a psychedelic-heroin-punk band going with two talented Scotts I’d recently meet. We called ourselves The Strag and released one compact disc during our brief run, which we aimed to release on our own imprint, initially called ‘Cut Throat Records’. I’d burned a few promotional copies and was eager to pass them to some clubs, then headed to a random show in Hamilton to try to secure an out of town show.

As I perused the records on the merch table I realized who was playing that evening — Nash the Slash (and SIANspheric or maybe Russian Futurists). It appeared that Cut-Throat Records was in fact already taken, and was the name of Nash’s own label. We quickly changed our label name before the CDs got printed and distributed.

When I was 15 I inherited my father’s eclectic LP collection. One of the real gems was a live recording made in Toronto in 1977 called Direct to Disc by a Canadian band called FM. Nash played in this band for years. I used one of my favourite passages from that record (listen below) as the main element behind a recent JFM track entitled “EENUFF”. Only after the old LP sleeve was found again after misplacing it for years, I realized this FM record was in fact the first to not feature Nash, but a rather good imitator instead.

In my own practices I always use bits and pieces from life that engage and inspire me. I don’t always know their respective origins and sometimes by the time I’m done I can’t recall what it was to begin with. It’s the thought that counts. R.I.P. Nash.

JFM lives out by the Atlantic ocean where he makes music for the jellyfish; a pirate without a ship.

En 2001, je me suis mis à la batterie pour fonder un groupe punk héroïno-psychédélique, The Strag, avec deux gars talentueux nommés Scott que je venais de rencontrer. Au cours de notre brève existence, nous avons produit un disque compact que nous avions l’intention de lancer sur notre propre étiquette, qui s’appelait à l’origine « Cut Throat Records ». J’ai gravé quelques exemplaires promotionnels pour les remettre à des boîtes de nuit, puis je me suis rendu à un concert à Hamilton un peu par hasard afin de trouver un endroit où jouer en dehors de la ville.

C’est en parcourant les albums du stand de vente que j’ai appris qui jouait ce soir-là : Nash the Slash (avec SIANspheric, ou peut-être était-ce Russian Futurists). Apparemment, notre nom d’étiquette Cut-Throat Records était déjà utilisé par nul autre que Nash the Slash. Nous nous sommes empressés de trouver un nouveau nom avant l’impression et la distribution de nos albums.

À l’âge de 15 ans, j’ai hérité de la collection éclectique de disques vinyle de mon père. J’y ai découvert un trésor : Direct to Disc, un disque enregistré en direct à Toronto en 1977 par un groupe canadien du nom de FM, dont Nash a été membre pendant des années. L’un de mes extraits préférés du disque (à écouter ci-bas) a été l’inspiration principale d’une pièce de JFM intitulée “EENUFF”. Ce n’est qu’en retrouvant la vieille pochette de l’album, des années plus tard, que je me suis rendu compte que ce disque de FM était en fait le premier album paru sans la contribution de Nash, et qu’il s’agissait plutôt d’une bonne imitation.

J’ai pris l’habitude d’incorporer à mes travaux des éléments glanés au hasard de la vie qui m’inspirent et me font réfléchir. Je ne connais pas toujours leur origine respective, et lorsque je termine un échantillonnage, il m’arrive parfois d’oublier de quoi il était question au départ. C’est la pensée qui compte. R.I.P. Nash.

JFM, pirate sans navire, habite la côte atlantique où il crée de la musique pour les méduses.

FM – The Third Movement (excerpt)

New Canadiana :: Seashells – The Fondness of a Memory

Seashells - The Fondness of Memory

Disorienting and sometimes harsh zones are par for the course when digging through the Inyrdisk crates, but this latest release from Seashells throws its curveball in the form of unassuming pop precision. Soft strums brush off our troubles with a melodic sleight of hand. Teresa Daniele’s vocals announce their calming presence without waking the silent spaces. Cut through your radio static and pay close attention to how the signal mixes with the hushed breeze outside. Your unfound memories from simpler times will transcend the clock through these saccharine gems.

Des zones déroutantes et parfois discordantes sont courantes quand on cherche parmi les boîtes d’Inyrdisk, mais cette récente sortie de Seashells lance sa balle courbe avec une précision de pop modeste. Des grattements doux écartent nos difficultés avec une dextérité mélodique. Les voix de Teresa Daniele annoncent leur présence calmante sans réveiller les espaces silencieux. Choisissez votre radio statique et prêtez attention à la manière dont le signal se mélange avec la brise feutrée à l’extérieur. Vos souvenirs cachés de temps plus faciles transcenderont l’horloge grâce à ces pierres précieuses saccharines.

Seashells – Westbound Train

Seashells – If Tomorrow

New Canadiana :: Organ Eyes – Visual Meetings

Organ Eyes - Visual Meetings

At dawn, Visual Meetings is perhaps the darkest. Waves of heavy fog, moving in from beyond. Rolling hills break up the heavy, low clouds with a hypnotic rhythm that mirrors our pulse. Yet, there is a warmth that carries through. As it brightens, strings and “Ahs” and an upbeat kick call-and-respond to a poppy psychedelic sensibility. Glowing, growing, spiraling and winding into a room that echoes, revealing its vastness. At dusk voices near and far, past and present, remind us that it’s only love that will break our hearts.

C’est aux premières lueurs du jour que Visual Meetings est à son plus sombre. Un épais brouillard surgit de l’au-delà. Un vallon de collines perce les nuages volant à basse altitude avec un rythme hypnotique qui évoque notre pouls. Pourtant, on peut sentir le passage d’une certaine chaleur. Alors que la journée avance, des coups de cordes, des multiples « Ah ! » ainsi qu’un bon coup enjoué réagissent harmoniquement à une sensibilité pop-psychédélique. Le son brille, croît, serpente et se répercute à l’intérieur d’une chambre avec un écho qui révèle son immensité. Au crépuscule, des voix de près et de loin, d’antan et d’aujourd’hui nous rappellent qu’il n’y a que l’amour qui peut nous briser le cœur.


Organ Eyes – Ghost Lap


Organ Eyes – Empty Time

New Canadiana :: The Party Upstairs – Cartoon Universe

The Party Upstairs - Cartoon Universe

Like a magnetic tape trip in a world of glitched cartoons. Like a virtual tour in a ghostly carnival-casino-city. Like augmented reality trances through the information magic beans forest. Like a blink of human sentience. Holy lustig music.

Comme un voyage sur bande-magnétique dans un monde de dessin-animés bugués. Comme une virée virtuelle hallucinée dans une ville-carnaval-casino fantômatique. Comme des transes en réalité augmentée à travers la fôret des harricots magiques de la communication. Comme un clignotement de la sentience humaine. De la musique de sacré foufou.


The Party Upstairs – Languid Laughing Infinity


The Party Upstairs – The Jackrabbit Boogie in the Desert Under the Moon and the Sun As Well

New Canadiana :: Carl Weathers – Tern

Carl Weathers - Tern

The most atmospheric experiences demand a counterpoint of unearthly disembodiment, a rhythm breaking the monotony of pure ambience. Montreal via Calgary’s Carl Weathers blend pointed repetition, cutting through their constructed aura of wide reverb. Tern is an exercise in musical closure, where sharp and soft instrumentation intertwine and coexist. Imagine a cup of coffee on a cold day, or watching the world go by from your window; this is the music of Carl Weathers.

Les expériences les plus atmosphériques exigent un contrepoint de désincarnation surnaturelle, un rythme pour briser la monotonie de l’ambiance pure. Les Montréalais originaires de Calgary Carl Weathers créent un mélange de répétitions pointues qui coupent à travers leur aura construit de larges réverbérations. Tern est un exercice d’acceptation musicale où sonorités tranchantes et souples s’entrelacent et coexistent. Imaginez boire une tasse de café lors d’une journée froide, ou regarder le monde passer à travers votre fenêtre : telle est la musique de Carl Weathers.


Carl Weathers – Same Exchange


Carl Weathers – Snowshoe Leaves

New Canadiana :: Psychic Fair – Bees on Ice

Psychic Fair - Bees on Ice

Bees on Ice glitters in its glammy pop like a neon sign for the mysterious palm reader down the street you always meant to visit. Gritty guitars grind like a weather beaten door, while clean drums cushion like dense velvet drapery slung across windows. The crystal ball conjures up Psychic Fair’s surreal world, bringing forth a prismatic, sparkling, and methodical strangeness, drawing the listener into the deeper mystery.

Bees on Ice brille dans sa glam pop comme l’enseigne au néon de la mystérieuse diseuse de bonne aventure un peu plus loin sur la rue que vous avez toujours voulu visiter. Des guitares rugueuses bûchent comme une porte battue par le vent pendant que les drums purs amortissent le tout comme un épais rideau de velours suspendu devant les fenêtres. La boule de cristal fait apparaître le monde surréel de Psychic Fair, donnant naissance à une étrangeté prismatique, étincelante et méthodique, amenant l’auditeur dans le plus profond des mystères.


Psychic Fair – Won’t it Be Weird When We Can’t


Psychic Fair – Keep It Strange

New Canadiana :: Boyhood – When I’m Hungry

Boyhood - When I'm Hungry

An all-encompassing and soothing coziness cloaks the 10-track span of Boyhood’s When I’m Hungry. The album unconceals a familiar and intimate kind of bedroom-solipsism, carving out delta waves in static and crafting out lo-fi hummed lullabies. Let ocean-fuzz seep through the pores of your speakers, reverberating through the room in an embryonic warmth that’s all too sedating to not become immersed in at once.

Une douceur enveloppante et curatrice recouvre les dix pièces de Boyhood sur When I’m Hungry. Dévoilant une sorte de solipsisme de chambre à coucher intime et familier, l’album taille dans la statique des ondes delta au son des berceuses lo-fi fredonnées. Laissez le fuzz océanique infiltrer les pores de vos haut-parleurs et se réverbérer à travers la pièce telle une chaleur embryonnaire beaucoup trop anesthésiante pour ne pas vous y noyer aussitôt.


Boyhood – As a Fog


Boyhood – Thailand

New Canadiana :: Mold Boy – Lost My Day

Mold-Boy

Upon first discovering Mold Boy, this secretive persona left many a WC writer scratching their heads as they tried to verify the identity of the project’s creative mastermind. Clues went everywhere as bandcamp tags were analyzed and anagrams investigated. Turns out we didn’t have to look farther than our own pages to find the six-string orchestrator. Alex Calder’s effortless pop chops rewind our minds back to the last carefree moment found in the memory log. We walk around paused in this state, slowly creeping towards hazy VHS images that carousel around us. The desire to break through this mirage weakens with each note.

Lors de la découverte de Mold Boy, ce persona cachottier laissa plus d’un membre de WC à se gratter la tête en tentant de vérifier l’identité du cerveau créatif derrière ce projet. Les indices fusaient de partout alors que les tags sur bandcamp étaient analysés et divers anagrammes étudiés. Il se trouve que nous n’avions pas à chercher plus loin que nos propres pages pour trouver cet orchestrateur à six cordes. Avec une technique pop nonchalante, Alex Calder renvoie notre esprit aux derniers moments d’abandon trouvés dans l’historique de notre mémoire. On déambule, suspendu dans cet état, en glissant doucement vers un carousel d’images voilées de VHS tournant autour de nous. Le désir de percer au travers de ce mirage s’atténue avec chaque note.


Mold Boy – Lost My Day


Mold Boy – Slowly Creeping