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Screening Room :: This Is Now Here

This Is Now Here [Dir. Colin Medley]

This 12-minute doc on the modest but madcap community of Sackville, NB and its yearly Stereophonic Festival is a feel-good blast of East Coast inspiration. Set against a lulling dronescape from Mike Smith, the narration is provided by prime movers from the Killer Haze crew, Julie Doiron and other recognizable Maritime musical faces. Lensman Colin Medley shines a light on the town’s current hotspots with the same subtle yet striking composition of his photographs and previous films. Everybody knows this is now here.

Stereophonic 11 runs from Wednesday, January 14 to Saturday, January 18, 2014 in various venues throughout Sackville, NB. For more info, visit the festival’s website.

Ce documentaire de 12 minutes sur la modeste mais folle communauté de Sackville, N.-B. et son festival annuel Stereophonic est un jet d’inspiration de la côte Est qui réchauffe le cœur. Accompagnée de l’apaisante musique drone de Mike Smith, la narration est assurée par les principaux membres de l’équipe de Killer Haze, Julie Doiron et d’autres visages connus de la scène musicale des Maritimes. Colin Medley, l’homme derrière l’objectif, met en lumière les endroits les plus fréquentés de la ville avec la subtile mais frappante composition déjà présente dans ses photographies et ses films précédents. Tout le monde le sait, c’est maintenant ici.

Le festival Stereophonic 11 se déroule du mercredi 14 janvier au samedi 18 janvier 2014 dans différents lieux de Sackville, N.-B. Pour plus d’informations, visitez le site du festival.

New Canadiana :: Kappa Chow – Kappa Chow

Kappa Chow - Kappa Chow

The turnt minds behind Astral Gunk split the sides of this cassette with paired off-the-floor sessions from Kappa Chow’s Sackville and Montreal incarnations. The former packs a sax blurt that shimmies like a ramshackle Shrines, while the slow churn of “Bang Bang” is positively Flipperesque. The backside brings some more gospel yeh-yeh to its buzzsaw garage, yet the fidelity drops down to boombox-in-a-trash-can levels of grizzle. Boss tunes from both line-ups, and any band with a name borrowed from Pootie Tang gets a lifetime thumbs up.

Les esprits frénétiques derrière Astral Gunk divisent les faces de cette cassette par la combinaison de sessions hors-de-ce-monde de Kappa Chow, des incarnations provenant de Sackville et de Montréal. Le premier laisse échapper un son de saxophone qui se dandine comme les Shrines délabrés, alors que le doux bouillonnement de « Bang Bang » est véritablement Flippant. Du dos de la cassette, on amène encore plus de gospel yeh-yeh au son garage bourdonnant de scie mécanique, et pourtant, la fidélité décline à un niveau de pleurnichement ghetto-blaster-de-poubelle. Boss s’accorde aux deux programmes et tout groupe portant un nom emprunté à Pootie Tang est approuvé à vie.

Kappa Chow – Save Your Opinion

Kappa Chow – Bang Bang

Screening Room :: MODULO

Modulo

As a hands-on conduit for sonic exploration, the modular synth reigns supreme. Ontario’s Hugh Le Caine is an unheralded pioneer in this universe, with early voltage-controlled instruments such as the Sackbut — ramshackle as they may seem today — paving the way for Moog, Buchla and their ilk. In this short documentary, modern-day modular heads Edmund Eagan, Arturo “Hard Science” Brisindi and Mike “Muffwiggler” McGrath offer a tour through Le Caine’s historic prototypes, now in the possession of the National Museum of Science and Technology. Director Travis Boisvenue and producer Ryan Gibson offer an engrossing introduction to the eccentric innovator, every bit as playful as his dripsody in blue.

À titre de canal d’exploration sonique tangible, le synthétiseur modulaire règne en maître. L’Ontarien Hugh Le Caine est un pionnier méconnu de cet univers : ses premiers prototypes commandés par tension, tel que le Sackbut, ont pavé la voie pour Moog, Buchla et leurs semblables, aussi déglingués peuvent-ils être aujourd’hui. Dans ce court-métrage, les têtes modulaires d’aujourd’hui, Edmund Eagan, Arturo « Hard Science » Brisindi et Mike « Muffwiggler » McGrath, nous font une visite guidée historique des machines de Le Caine, propriétés maintenant du Musée des sciences et de la technologie du Canada. Le réalisateur Travis Boisvenue et le producteur Ryan Gibson nous offrent une introduction passionnante au monde de cet inventeur excentrique, tout aussi ludique que sa Dripsody in blue.

New Canadiana :: Rec Centre – Times a Billion

Rec Centre - Times a Billion

Vancouver’s blitz kids have been delivering the goods all year long. Alex Hudson a.k.a. Rec Centre (a.k.a. the other tall guy second from left here) is a longtime associate of Jay Arner, and wafts in on a twin current of pure-pop melancholia. A clack-track deluge of digital handclaps, drum machine sputter and sensitive vocals tint these songs with outsized adolescent emotions, while the mopey perspective is patently adult. Grip time a billion!

Les nouveaux romantiques vancouvérois ont respecté leurs engagements tout au long de l’année. Alex Hudson alias Rec Centre (alias l’autre grand gars, deuxième à partir de la gauche ici), est un associé de longue date de Jay Arner et fait parvenir un courant double de mélancolie pop pur. Un déluge musical d’applaudissements digitaux, un crépitement de boîte à rythme et des voix délicates teintent ces chansons d’émotions surdimensionnées d’adolescent alors que la perspective boudeuse est manifestement adulte. À saisir des milliards de fois !

Rec Centre – Missin’ Out

Rec Centre – Let’s Get Divorced!

New Canadiana :: Femminielli Noir – L’Éveil

Femminielli Noir - L’Éveil

The cavernous blackness of this cassette sleeve is the gateway to a yawning abyss. Bad boys of the Montreal subterrain Bernardino Femminielli and Jesse Osborne-Lanthier welcome us into their sonic sepulcher to reveal themselves as altered beasts. Here, the sensual whispers and spectral Italo disco of Femminielli’s past masterworks are dispersed across an expressionistic soundscape of desolate ambience, garbled electronics and punishing four-on-the-floor. Only on side b’s “Semence En Moi, Le Danger” do we see a glint of light through the darkness, as a haunted music box melody twirls away in an empty room.

La noirceur caverneuse de la jaquette de cette cassette est une passerelle menant à un abysse béant. Les mauvais garçons du Montréal souterrain, Bernardino Femminielli et Jesse Osborne-Lanthier, nous invitent dans leur sépulture sonique où ils se révèlent à nous en tant que bêtes altérées. Ici, les chuchotements sensuels et l’italo disco spectral des dernières oeuvres de Femminielli se dispersent à travers un paysage sonore expressionniste à l’ambiance désolée, aux textures électroniques embrouillées et à la rythmique punitive. Seulement sur « Semence En Moi, Le Danger », sur le côté B, apercevons-nous une faible lueur à travers l’obscurité, tandis qu’une mélodie de boîte à musique tournoie au loin dans une pièce vide.

Femminielli Noir – Semence En Moi, Le Danger

Femminielli Noir – Boys Boudoir

New Canadiana :: Various Artists – A Fixture Records Sampler

Various Artists - A Fixture Records Sampler

Gliding above, below and beside in a stream of benevolent jams, this is the accompaniment for the walking person, the sitting person, the busy and the bored. The Fixture Records “sampler”, as they have so humbly put it, is home to 22 magnificently diversified tunes. It boasts a roster of names great and great, some bewilderingly great. Elder statespeople like Brave Radar, Mavo and Freelove Fenner — whose see-sawing Siouxsie-style riffage of “Sheperdess” is a standout here and on their latest LP — shuffle next to relative newcomers like the Haiduks, Night Sides and Homeshake — whose slinky seduction could melt any mixtape. Femminielli, Chevalier Avant Garde and Jef Barbara bring a dash of dangerous glamour, while Dirty Beaches hearkens back to his hazy days of yore. The jangular jawns of Sheer Agony close out this set with fizzical fitness, yet the show can’t be stolen when it’s stacked front to back.

Défilant par-dessus, par-dessous et tout près d’un courant de jams bienveillants, voici l’accompagnement de celui qui marche, de celui qui est assis, de celui qui s’affaire et de celui qui s’ennuie. Le « sampler » de Fixture Records, comme il a été si humblement désigné, nous offre 22 morceaux magnifiquement diversifiés. Il se vante d’un répertoire de grands noms, grands et d’un grand déconcertant. Des démagogues anciens tels que Brave Radar, Mavo et Freelove Fenner – dont le riff de « Sheperdess » de style Siouxsie oscillant est mis de l’avant sur leur dernier LP – se mêlent aux nouveaux venus comme les Haiduks, Night Sides et Homeshake – dont la séduction sinueuse ferait fondre tout mixtape. Femminielli, Chevalier Avant Garde et Jef Barbara apportent une touche dangereuse de glam, alors que Dirty Beaches remonte à ses jours brumeux d’antan. Le tintement anguleux de Sheer Agony clôture l’album avec un entraînement fizzical. La vedette ne peut toutefois pas être volée lorsqu’elle joue du début à la fin.

Freelove Fenner – Sheperdess

Homeshake – She Can’t Leave Me Here Alone Tonight

Sheer Agony – Fizzical Lime

New Canadiana :: Stolen Organ Family Band – The Glitter Cream Supreme Tape

Stolen Organ Family Band - The Glitter Cream Supreme TapeStolen Organ Family Band - The Glitter Cream Supreme Tape (thumb)

This cult-like family band of self-knighted psychedelic hillbillies have been cranking out their own homebrewed concoctions for as far back as a hazy brain can remember. Yet The Glitter Cream Supreme Tape might be the Stolen Organs’ magnum opus. Big Muffed guitar solos wail, Bella from Chains of Love gets cosmic on the keys, Casio bongos do battle with a flesh and blood funky drummer, and the duets of Kelly Badger and Conor Mack alternate from warped Johnny & June to a manic Father Yod. Ooo oww…

Hillbillies psychédéliques autoproclamés, les membres de ce groupe familial quasi-culte concoctent leurs mixtures artisanales aussi loin que mon cerveau embrouillé peut se souvenir. The Glitter Cream Supreme Tape est peut-être le magnum opus des Stolen Organs. Pédale Big Muff au plancher, envolées cosmiques de Bella de Chains of Love au synthé, affrontements sans merci entre les bongos Casio et un nouveau batteur funky en chair et en os, sans oublier les duos de Kelly Badger et Conor Mack qui ressemblent tantôt à une performance déjantée de Johnny & June, tantôt à celle d’un Father Yod maniaque. Ooo oww…

Stolen Organ Family Band – Glenn

Stolen Organ Family Band – Destroying The Past 2 Save The Future

New Canadiana :: Bernard Gagnon – Musique Électronique (1975-1983)

Bernard Gagnon - Musique Électronique (1975-1983)

Musique Électronique (1975-1983) is another fascinating archival dig from Tenzier, the vinyl reissue label exclusively dedicated to Quebec’s avant past. Bernard Gagnon’s roots run deep into the Montreal subterrain with woefully under-documented projects ranging from the “speed-psych” band Gandarhva to MetaMusic alongside Kevin Austin, founder of Concordia’s Electroacoustic Studios. After rubbing shoulders with no less than Xenakis and Cage, Gagnon hunkered down to workshop his own radiophonics, seven of which are collected in this snazzy reish.

The multi-part Moog suite “Gwendoline Descendue!” leads things off with a series of brain-tickling passages self-dubbed “musical giallo”, but to these ears sounding closer to a Gristleized El Topo. “Dictée” warps a harried vocal phrase and scribbling pencil into mutant concrete, while closer “Gololo-Mashta” refigures rock group samples into rhythmic shards presaging the sound of Zs. Best of all is “Totem Ben”, an aqueous outernational head-nodder created on Synclavier II that bangs like proto-Hobo Cubes. Stylish b&w cover art from the hyper-talented Felix Morel makes this a must-grip.

Musique Électronique (1975-1983) est un autre trésor dépoussiéré par Tenzier, maison de rediffusion de vinyles dédiée exclusivement à l’avant-garde québécoise d’autrefois. Les racines de Bernard Gagnon plongent au creux de l’underground montréalais avec des projets lamentablement sous-documentés tels le groupe psychédélique ultra rapide Gandarhva en passant par MetaMusic formé avec Kevin Austin, fondateur de Electroacoustic Studios à l’Université Concordia. Après avoir côtoyé rien de moins que Xenakis et Cage, Gagnon se retire dans son antre pour travailler sur ses propres radiofréquences, dont sept sont réunies dans cette réédition bichonnée.

« Gwendoline Descendue! », suite en plusieurs mouvements au synthétiseur Moog, ouvre le bal avec une série de passages titilleurs de neurones, un enregistrement qualifié par Gagnon de « giallo musical », mais qui se rapproche plutôt à mes oreilles d’El Topo joué par Throbbing Gristle. « Dictée » distord une phrase anxieuse et un crayon gribouilleur pour obtenir un mutant de musique concrète, alors que la finale « Gololo-Mashta » remanie des extraits de groupes rock en éclats rythmés et annonce le son de Zs. La meilleure piste demeure toutefois « Totem Ben », une création exonationale diaphane sur Synclavier II qui bûche comme du proto-Hobo Cubes et vous fera hocher de la tête en cadence. Avec en prime une pochette signée par l’hyper talentueux Félix Morel, sautez sur cet album immédiatement.

Bernard Gagnon – Totem Ben

Bernard Gagnon – Gololo-Mashta

New Canadiana :: Soft Serve – Sink Deep

Soft Serve - Sink Deep

Glorious jean-jacket jangle from a young Vancouver trio yet to celebrate their one-year birthday. This EP is a quickie, but I haven’t come across many finer mission statements than opener “Words For Others” in 2013. The Josef K-styled speak-sing of frontman Kyle Thiessen hovers above glistening guitarmonies and Feelies twitch throughout three minutes in heaven. Hat tip to Jay Arner for another production home run.

Un brillant tintamarre de veste de jean d’un jeune trio de Vancouver qui n’a pas encore célébré son premier anniversaire. Cet EP est bref, mais je ne suis pas tombé en 2013 sur un meilleur énoncé de mission que l’ouverture « Words For Others ». Le style chanté-parlé à la Josef K du leader Kyle Thiessen erre dans les harmonies polies de guitare et les tics à la Feelies pendant trois minutes au paradis. Je tire mon chapeau à Jay Arner à la production pour un autre coup de circuit.

Soft Serve – Words For Others

Soft Serve – The Hike

Ex Libris :: Lose 1-5 [Michael DeForge]

Lose 1-5 [Michael DeForge]Lose 1-5 [Michael DeForge] (thumb)

Michael DeForge’s one-man anthology is the gateway to a gob-dropping world. Launched in 2009 and currently stretching to issue #5, it showcases the Toronto artist’s darkened deadpan and warped imagination through a series of obsessively illustrated tales. Despite a range of narrators, from a sad-dad dog to a leather-skinned punk and zoologists’s daughter, there remains a prevailing motif of everyday unsettlement and a desire to escape/transform into something beyond the ordinary in their first-person streams of dream-logic consciousness. Quick-hit strips such as the Abbey Loafer series (also appearing in the hallowed pages of Offerings) are a blast, yet DeForge truly lets his freak flag fly in longer stories such as “It’s Chip” (Lose #2), “Someone I Know” (#4) or “Living Outdoors” (#5), following troubled characters through Kafka/Charles Burns-esque mutations. For those who missed out on individual issues, Koyama will bundle them together in the upcoming collection, A Body Beneath. Let’s get lost…

L’anthologie solo de Michael DeForge est une porte d’entrée dans un monde à la gueule qui dégoutte. Lancée en 2009 et publiée en exemplaires de 1 à 5, elle montre le côté sombre inexpressif et l’imagination déformée de l’artiste Torontois dans une série de contes illustrés de façon obsessionnelle. Malgré une variété de narrateurs, allant d’un père dépressif à une fille de zoologistes, punk et vêtue de cuir, il demeure un motif majeur de discorde quotidienne et un désir de s’enfuir ou de se transformer au-delà de soi, au-delà de sa conscience logique onirique. Les illustrations, comme la série des Abbey Loafer (aussi publiées sur les pages bénies d’Offerings) sont une bombe, mais DeForge impose véritablement son style dans des contes plus longs comme « It’s Chip » (Lose #2), « Someone I Know » (#4) ou « Living Outdoors » (#5), suivant des personnes tourmentées dans des mutations de Kafka et Charles Burns. Pour ceux qui ont manqué les publications individuelles, Koyama les réunira dans les prochaines collections appelées A Body Beneath. Ça dégage…

Lose 4 (Michael DeForge)

Lose 2 (Michael DeForge)