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New Canadiana :: Sissys – Sleep

Sissys - Sleep

Here’s the adult side of the Southern Albertan punk scene, where the most tasteful elements of turn-of-the-century post-hardcore are still savoured with forceful melancholy. This tape is called Sleep because Sissys can’t get any of it. It’s easy to imagine them staying up late with a soldering iron and a circuit schematic, searching for the best way to make their discomfort and exhaustion an aural sensation. Subjects addressed in addition to sleeplessness include creaky joints, expiring friendships, and boring songs. But Sissys are probably most annoyed when they’re asked to turn down.

Voici le côté adulte de la scène punk du sud de l’Alberta, où les meilleurs éléments du post-hardcore du tournant du siècle se savourent encore avec une forte mélancolie. Cette cassette s’intitule Sleep (dormir) parce que Sissys ne le font tout simplement pas. C’est facile de les imaginer tard le soir avec un fer à souder et un schéma de circuit, cherchant la meilleure façon de rendre en sensations auditives leur inconfort et leur épuisement. En plus de l’insomnie, les thèmes abordés comprennent les articulations qui craquent, les amitiés qui prennent fin, et les chansons ennuyantes. Mais Sissys sont probablement le plus irrités quand on leur demande de baisser le volume.


Sissys – Denimolition


Sissys – PTSD

New Canadiana :: GNATS – To the Hands of Heathens

GNTAS - To the Hands of Heathens

Gnats’ layered noise-punk is a musical punch in the face, wrenching listeners into a frenzy of flailing instrumentation. The chaos is held in check by snare blasts through the storm of distortion, a swarm of unconventional musical runs with a logic of its own. As a necessary element of the music instead of mere ornamentation, the noise take precedence as it gains its own melodic nature. This forms a complex composition revealed through the sonic commotion.

Le bruitisme punk de Gnats est un coup de poing musical dans la face; il déchire les auditeurs dans une frénésie instrumentale déboitée. Le chaos est contenu par des pièges à souffles au travers d’un orage de distortion, un essaim de musique non conventionnelle s’envolant avec une logique qui lui est propre. En tant qu’élément nécessaire à la musique plutôt que simple ornement, le bruit prédomine et nous démontre sa propre nature mélodique. Ceci forme une composition complexe, révélée dans cette commotion sonore.


GNATS – Coffinwood


GNATS – …to the Hands of the Hopeful

New Canadiana :: Barnaby Bennett – Shadows and Reflections

Barnaby Bennett - Shadows and ReflectionsBarnaby Bennett - Shadows and Reflections

This Calgarian cosmonaut and MTT-wunderkind sits a spell on the banks of the elysian ocean, strumming his guitar and occasionally dipping his toes into the celestial well-spring. His sound might seem paradoxical at first, but the goal here isn’t to bury/subvert folk or country, instead seraphically lifting them up up up. In “A Satisfied Mind,” chugging psychedelics, in the form of a burnt-out dub, give way to Bennett’s cosmic croons — Flying Burrito Brothers comfortably in orbit. “Mystery Girl” does the opposite, with its hushed strums retreating back into the void. This anthology spanning six years and 20 (!) songs is lovingly delivered between worlds, outside the entrance to the Church of Parsons.

Originaire de Calgary, le cosmonaute et organisateur prodige du festival MTT s’assoit brièvement sur les rives de l’océan élyséen, grattant sa guitare et se mouillant les orteils de temps à autre dans la source céleste. Si ses sonorités peuvent paraître paradoxales, son but n’est pas d’ensevelir ou de détourner le folk et le country, mais de les élever angéliquement vers le firmament. Sur « A Satisfied Mind », le souffle psychédélique d’un dub brûlé croûle sous le charme cosmique de la voix de Bennett, comme les Flying Burrito Brothers décrivant une orbite douillette. Les accords feutrés de « Mystery Girl » s’inscrivent dans un mouvement contraire, se repliant vers le néant. Cette anthologie de 20 (!) chansons, couvrant six ans de travail, vient au monde entre les mondes, sur le parvis de l’Église de Parsons.


Barnaby Bennett – A Satisfied Mind


Barnaby Bennett – Mystery Grrl

New Canadiana :: Astral Swans – You Carry A Sickness b/w Park Street

Astral Swans - 7"

Super cheerful poltergeist Matt Swann returns under the guise of Astral Swans. As the first release on Dan Mangan’s Madic Records, this 7” contains a pair of phantom hymns cut from the same cloth as the melancholic psychedelia Swann makes as Extra Happy Ghost!!!, albeit taking a more minimalistic approach. On “You Carry a Sickness”, his unembellished vocals float atop a spectral reverie, anchored by sparse percussion and permeated by rays of ’60s-organ sunshine. “Park Street” is an even starker outing, complete with a sample of the late Chris Reimer’s “Truck Middle” that hums and buzzes throughout like some audible form of cosmic background radiation. Take a minute to get lost in the ether — I’ll meet you on the astral plane.

Le poltergeist particulièrement enjoué Matt Swann nous revient en tant qu’Astral Swans. Les deux hymnes fantomatiques de cette galette de 7”, première parution de l’étiquette Madic Records de Dan Mangan, sont faits de la même étoffe mélancolique et psychédélique que l’autre projet de Swann, Extra Happy Ghost!!!, quoique son approche soit ici plus minimaliste. Sur « You Carry a Sickness », sa voix plane sans ornement au-dessus d’une rêverie spectrale ponctuée de percussions discrètes et illuminée par un orgue sixties ensoleillé, tandis que « Park Street » est encore plus dépouillée, avec un échantillon bourdonnant de « Truck Middle », de feu Chris Reimer, qui résonne à travers la pièce comme un rayonnement de fond cosmique. Prenez un instant pour vous perdre dans l’éther, on se revoit sur le plan astral.


Astral Swans – You Carry a Sickness


Astral Swans – Park Street

New Canadiana :: Teledrome – Teledrome

Teledrome - Teledrome

This virtual galactic domain has suddenly grown hot. The cybernated neutron star is pulsing in binary code to distant nebulae and the data overload has begun, succumbing to computer-generated gravity. Critical density has been reached, and Teledrome is a digital collapsar with hyper-momentum made angular and hexagonal. The pathway to the 12th dimension is now bona fide. You will be absorbed into their stellar black hole, and the spatio-temporal fabric will distend, but time was never real anyway.

Le domaine galactique virtuel se réchauffe soudainement. L’étoile à neutrons cybernétisée émet une pulsation binaire en direction des nébuleuses lointaines. Les données s’accumulent en un raz-de-marée, succombant à la gravité synthétisée numériquement. Nous avons atteint une densité critique : Teledrome est un collapsar informatique rendu angulaire et hexagonal par l’hyper-mouvement. Le chemin vers la douzième dimension est dorénavant authentique. Vous serez absorbés dans le trou noir stellaire, le tissu spatio-temporel se distendra – qu’importe? Le temps n’a jamais vraiment existé.


Teledrome – Boyfriend


Teledrome – Spirals

New Canadiana :: Faster Disco – Faster Disco

Faster Disco

Welcome to the world of Mark Fleischhaker. Existing somewhere between Yamatsuka Eye’s work with John Zorn’s Naked City, Mike Patton’s freak-out scat, and the surrealist comedy skits of Sun City Girls, the spazz-beat of this duo with drummer Joe Serdarevic is just one of the weapons in the man’s arsenal. A fixture in Regina and Calgary’s music scenes for nearly a quarter century, Mark and his compatriots deliver abrasive catharsis and primal pleasure like acid rain during an equinox. His YouTube channel is a library, archiving every studio creation, live recording, and personal influence that has manifested in experiments and collaborations. These include solo collage noise, Residents-esque readings of beloved children’s books, fiery experimental rock with Calgary lynchpins Chris Dadge (Lab Coast, Bug Incision) and Scott Munro (Viet Cong), twisted ambient soundscapes that recall the KLF at their most chill, and ’90s alternative rock that, oddly enough, was featured twice in a 1997 ABC TV movie. Enter the funhouse.

Bienvenue dans l’univers de Mark Fleischhaker. Existant quelque part entre le travail de Yamatsuka Eye pour le groupe Naked City de John Zorn, le déboussolant scat de Mike Patton et les sketches comiques surréalistes de Sun City Girls, la cadence spasmodique composée en duo avec le batteur Joe Serdarevic n’est qu’une des multiples armes de l’arsenal de cet homme. Un incontournable des scènes musicales de Regina et de Calgary depuis près d’un quart de siècle, Mark et ses compatriotes produisent ensemble une catharsis abrasive et un plaisir primaire, telle une pluie acide tombant durant un équinoxe. Sa page YouTube est une bibliothèque archivant chaque création en studio, chaque enregistrement en direct ainsi que ses influences personnelles se manifestant dans ses explorations et collaborations. Ceux-ci incluent de bruyants collages en solo, des lectures Residents-esques de livres pour enfants, du rock expérimental fougueux avec les piliers musicaux calgariens Chris Dadge (Lab Coast, Bug Incision) et Scott Munro (Viet Cong), de paysages sonores ambiants tordus qui rappellent KLF à leur heure plus posée et du rock alternatif des années 90 qui, curieusement, a figuré deux fois dans un film d’ABC TV de 1997. Veuillez entrer dans le palais du rire.


Faster Disco – 56 Songs in in 17 Minutes (Excerpt 1)


Faster Disco – 56 Songs in in 17 Minutes (Excerpt 2)

Ex Libris // New Canadiana :: Holgans – The Night Garden

Holgans - The Night Garden

Frogs chirrup in a bog of midnight synth muck. Pixel-men glitch and flit through polygonal flora, navy, mustard, scarlet. Post-organic romance tickles the tympanic membrane of a ruined universe with lilting songs of chromatic chaos. Cross-legged star-travelers pluck banjos of string theory lore, reading from notation inscribed upon the mind of a slumbering data-beast. The Internet implanted begins a slow drag outward to meet a core of light, perfect, immaculate. Oceans unimagined collapse and undulate in eternal trigonometry. A window opens to the last bedroom, an ear hears a hymn, a tear squeezes free from steel. Glory erupts in a light speed rainbow helix flare and crashes into the closing credits of the film of existence. All this enclosed in a tome kept static at the centre of a black hole.

Des grenouilles coassent dans la vase analogique d’un marécage nocturne. Des hommes-pixels avancent par pulsion et oscillent dans la flore polygonale, marine, ambre et écarlate. La romance post-organique titille la membrane du tympan, éveillant un univers en ruine bercé par la mélodie chromatique du chaos. Des voyageurs célestes, en position du lotus, jouent l’immémoriale théorie des cordes au banjo, en lisant une partition gravée dans l’esprit d’une bête de données sommeillante. L’Internet implanté déclenche la longue traversée vers le monde pour y rencontrer un noyau lumineux, parfait, immaculé. Des océans encore inimaginés s’effondrent et ondulent dans l’éternelle trigonométrie. Une fenêtre s’ouvre sur la dernière chambre, l’oreille entend un hymne et une larme s’extirpe de l’acier. À la vitesse de la lumière, la gloire jaillit sous forme d’un arc-en-ciel hélicoïde et s’écrase dans le générique du film de la vie. Le tout encapsulé dans un tome immobilisé au cœur d’un trou noir.

Holgans – Tuning Mellow Rays

Holgans – Think Camp

New Canadiana :: Devonian Gardens – Solar Shifting

Devonian Gardens - Solar Shifting

When we embrace our psychotic freedom, our world ceases to be pedestrian. Calgary’s Devonian Gardens (ex-Deadhorse) are five of the sublimely experienced, and with Solar Shifting they exhibit the laid back devotion of a group that has done its own for years. The tools and accents are many, swarming the waves and sines with harp fuzz, gnarly 12-string twang, joyous reverb coil vibrations and divine five-part vocal harmonies (just to name a few). Deceivingly loose in its technicality, the pastel psychedelia preached here may very well iterate the decades of past, present and (!?) future. Devonian Gardens have found their sea legs.

Lorsqu’on épouse notre liberté psychotique, notre monde cesse d’être prosaïque. Les cinq membres de Devonian Gardens de Calgary (ex-Deadhorse) sont sublimement expérimentés et avec Solar Shifting, ils affichent la dévotion décontractée d’un groupe qui fait cavalier seul depuis des années. Les effets y sont nombreux : l’harmonica qui envahit les ondes et les sinusoïdes, le son nasillard de la guitare à 12 cordes, les vibrations joyeuses de la reverb à ressort et les divines harmonies vocales à cinq voix (pour n’en citer que quelques-uns). Avec ses détails techniques faussement approximatifs, l’univers psychédélique aux tons pastel prôné ici pourrait fort bien être la bande son des décennies passées, du présent et du futur. Devonian Gardens a trouvé son rythme de croisière.

Devonian Gardens – Goldbond

Devonian Gardens – Lab Coat Country

New Canadiana :: Lucid 44 – Sweep/Sweep

Lucid 44 - Sweep/Sweep

The untrackable and unknowable Markus Overland (a.k.a. Lucid 44 a.k.a. Beerwolfe, etc.), Calgary’s most singularly undersung genius, comes at us once again. This tape/CD-R of understated jams channels his family’s fervour, grumbly grunge dirge and Uncle Neil’s stage presence. The vision is so interior, we are lucky to hear the reverberations of his muse. He won’t look at the crowd, the crowd cannot fathom his gaze.

L’intraçable et mystérieux Markus Overland (alias Lucid 44, alias Beerwolfe, etc.), le génie calgarien le plus singulièrement méconnu, nous revient une fois de plus. Cette cassette/CD-R de jams raffinés rassemble la ferveur de ses ancêtres, un [chant funèbre de grunge râlant et la présence sur scène d’Uncle Neil. La vision est d’une telle intériorité que nous sommes chanceux d’entendre les réverbérations de sa muse. Il ne regarde pas la foule, la foule ne peut sonder son regard.

Lucid 44 – Grease Fire

Lucid 44 – Torture Film

New Canadiana :: Faux Fur – Faux Fur

Faux Fur - Faux Fur

Prairie turbines spin and sway to the odd patterns of an interstellar wind. Their movements are not uniform, each falling under the influence of a different timekeeper. The dissonant choreography confuses drivers passing through the area, with the FM radio perhaps serving as an antidote to the liberation that awaits outside. The day gets longer and inevitably forces a few travellers to stop and take a break. Looking out at the swinging blades, the rotations entrance and melt into a projection of the mind. A strong gust pushes the body off balance and it finds itself in the midst of a growing rhythm. Every change is felt now, the pace picking up in search of a new pattern for communicating with the cosmos. The sun falls below the horizon and the ensuing calm opens the eyes to a different vision. The scene here has no spinning blades in sight, just fingers running sprints across strings while a crowd sways to interlocking notes that talk in youthful excitement. Their conversation is a joy to behold.

Les éoliennes de la prairie tournent et se balancent au rythme d’un vent interstellaire étrange. Leurs mouvements ne sont pas uniformes, chacun d’entre eux étant influencé par un différent maître du temps. La chorégraphie dissonante jette la confusion sur les conducteurs traversant la zone, la radio FM servant peut-être d’antidote à la libération qui attend dehors. Le jour s’allonge et force inévitablement quelques voyageurs à s’arrêter pour souffler. Celui ou celle qui jette un oeil aux lames tournoyantes se voit plongé dans une transe où rotations se fondent en projection de l’esprit. Une puissante bourrasque fait perdre l’équilibre au corps et le voilà qui se retrouve au milieu d’un rythme en expansion. Chaque changement est ressenti maintenant, la cadence s’accélère à la recherche d’une nouvelle direction pour communiquer avec le cosmos. Le soleil se couche à l’horizon et le calme qui s’ensuit ouvre les yeux sur un paysage nouveau. Plus de lames en rotation en vue, seulement des doigts en plein sprint le long de cordes tendues tandis qu’une foule se balance au son de notes imbriquées qui parlent dans une excitation juvénile. Leur conversation est une joie à contempler.

Faux Fur – Burnt

Faux Fur – Discolouration