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New Canadiana :: Moss Harvest // Downfuckinghill – Split

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Aught Void is a new cassette label from Calgary, AB focusing on particularly dark strands of ambient, drone, and powerviolence. A V 01 slowly coaxes forth two long-form essays of looming pensivity from a pair of naturopathic hypnotists. Downfuckinghill’s swaying synths and cloudy tones run contrary to its anxiously forceful name, instead evoking the fragile magic of a misty ravine soundwalk. On the flip side, Moss Harvest brings an anxiously soothing rainy day ambience with swishing field-recording manipulations and hair-tussling wind sweeps to rid your mental floor of any hidden dust bunnies in the corners.

Aught Void est un nouveau label de Calgary axé sur des branches particulièrement sombres d’ambiant, de drone et de powerviolence. A V 01 attire lentement deux longs essais qui sont d’une pensivité à en donner la chair de poule, offerts par deux hypnotistes naturopathiques. Les synthés oscillants de Downfuckinghill ainsi que ses tons nuageux ne vont pas avec le nom anxieusement violent du groupe, évoquant plutôt la magie fragile d’une marche sonore dans misty ravine. En revanche, Moss Harvest amène une ambiance de jour pluvieux avec des manipulations sifflantes d’enregistrement sur place et des vents ébouriffants pour enlever les moutons de poussière des quatre coins de votre plancher mental.


Downfuckinghill – And So They Live


Moss Harvest – Swallowed Sparrows

New Canadiana :: Hag Face – Rag Face

Weird_Canada-Hag_Face-Rag_Face

Gunslinging sleep paralysis from the feminine witch nouns of Mare, these garage gremlins will sit on your chest until a “dirtbag dream boat” appears. Don’t be afraid to accept these blonde pillboxes’ invitation to dine on raccoon wishbones by candlelit salt circles at their smoky Kozmik Mansion. Metal moon séances will reveal what it’s like when a freak punk goes to the opera.

Simulant la paralysie du sommeil des sorcières associées à la mara, ces diablotines de garage s’assoiront sur votre poitrine jusqu’à ce qu’apparaisse un « apollon ordure ». N’ayez pas peur d’accepter l’invitation à dîner de ces piluliers blondes. Dans leur château kozmique enfumé, elles vous serviront des bréchets de raton laveur dans des cercles magiques illuminés aux chandelles. Les séances de métal à la pleine lune révéleront ce qui se passe quand un punk bizarre assiste à l’opéra.


Hag Face – Bendy Wendy


Haf Face – Dirtbag Dreamboat/BRAT

Ex Libris :: Claire Lacey – Twin Tongues

Claire Lacey - Twin TonguesClaire Lacey - Twin Tongues

A Western teacher far in the Eastern hemisphere. She is unprepared for the monsoon season, for her skin getting all sticky with humidity, for the betrayal of her umbrella. A strange lost bird in her apartment – a crow – mocks the very concept of the teacher’s teachings with relentless “Fuck you! I’m a crow! Fuck you! I’m a Crow! Fuck you! I’m a crow!…” Twin Tongues is a tale of English the colonist, the alien species that eradicates the native fauna only to discover its own alienness.

English is pervasive; it is easy to take its reach even to the most remote corners of the world for granted. Sometimes we vilify the tongue and blame its evil nature for the death of other languages. At other times we feel aggravated that not everyone in the world speaks English when we try and talk at them. How should one feel about this language? It’s so confusing!

Twin Tongues – a chaotic blend of fragmented narration and poetry – personifies this confusion. English becomes a thoroughly well-intentioned lady who is on a mission to teach the tongue in Papua New Guinea, where Tok Pisin, a pidjin derivative of English, is already the primary lingua franca (By the way, Papua New Guinea has more indigenous languages than any other country – over 820. We learn that the conception of Tok Pisin helped the local population retain its own identity in the time of colonization. Now English is diluting this identity yet again).

But back to our nice lady – she is doing the best that she can. She is nursing a cursing crow back to health. The bird’s repetitions of the heroine’s native phrases sound ridiculous and arbitrary. You know that feeling when you say a word over and over until you are unsure if that word has any meaning? How bizarre that we have collectively agreed to call particular combinations of sounds English. Does it even matter that in its dreams the local crow speaks English?

La langue anglaise étant omniprésente, il est facile de la voir étendre ses tentacules dans les recoins les plus éloignés de la planète. Nous jetons parfois le blâme sur celle-ci lorsque vient le temps de trouver un coupable responsable de la disparition d’autres langues. Il nous arrive parfois de sentir un certain agacement lorsque les interlocuteurs anglais sont aussi rares qu’une pluie dans le désert. Être ou ne pas être anglophone? Que de confusion.

Twin Tongues, un amalgame chaotique de prose et de poésie, personnifie cette confusion qui nous envoûte. Dans les pages de cet ouvrage, la langue anglaise prend les traits d’une vieille dame, pleine de bonnes intentions, partant propager la bonne parole en Papouasie Nouvelle-Guinée. Dans cette île du Sud se parle déjà un dérivé de l’anglais, le Tok Pisin, considéré comme la lingua franca du lieu. D’ailleurs, on compte 820 langues indigènes en Papouasie Nouvelle-Guinée, un nombre beaucoup plus important qu’ailleurs. Là-bas, le Tok Pisin était un moyen d’assurer la défense de l’identité locale, lors de la colonisation du territoire. On assiste aujourd’hui à un nouvel épisode d’anéantissement identitaire, sous l’égide de l’anglais.

Mais revenons à notre dame. Elle survit du mieux qu’elle peut. Elle offre des soins à un corbeau ayant perdu toute reconnaissance. Les mots de l’héroïne sonnent ridicules et arbitraires lorsqu’ils sortent de la bouche de l’animal. Avez-vous déjà eu le sentiment de répéter un mot ad nauseam, pour ensuite ne plus savoir s’il avait une quelconque signification? Le fait que la collectivité ait donné le nom d’anglais à un groupe de combinaisons sonores est bizarre. Dans ses rêves, le corbeau local est anglophone. Et alors?

Claire Lacey - Twin Tongues

New Canadiana :: Hana Vave – 1992

Hana Vave - 1992

The end of the free age was marked by a house show. When summer faded, Connor Dennehy of Hana Vave put down his guitar and joined Gretchen as a drummer. Together they sank into the deep waters of time, and could have been lost there forever.

But perhaps it is no coincidence that Alex Lavoie and Josh Boguski of another band, whose members once rocked out under different names at that house show four years ago, now stand next to Hana Vave singer Geneva, and next to Connor, while his fingers lay down old patterns to tape. Some things want to upwell. For there is ice over the Bow River tonight—our hope to melt it lies in a certain set of pop songs that have snared the power of a younger summer sun, out of the myth that bore them.

La fin de l’ère libre a été marquée par un spectacle à domicile. Lorsque l’été s’est dissipé, Connor Dennehy, de Hana Vave, a mis sa guitare de côté pour aller jouer avec Gretchen en tant que batteur. Ils ont plongé ensemble dans les eaux profondes du temps, au risque de s’y perdre à jamais.

Mais ce n’est peut-être pas une coïncidence qu’Alex Lavoie et Josh Boguski, d’un autre groupe dont les membres, qui, sous une identité différente, ont auparavant fait chauffer la scène de cette représentation à domicile il y a quatre ans, se retrouvent aux côtés du chanteur de Hana Vave, Geneva, et de Connors, qui crée de ses doigts de vieux accords pour le studio. Quelque chose cherche à jaillir : la rivière Bow est recouverte de glace ce soir, et si nous espérons pouvoir la faire fondre, il faudra faire appel à une certaine série de chansons pop qui, avec le mythe qui les a créées, ont pu saisir le pouvoir d’un jeune soleil d’été.


Hana Vave – The Expedition


Hana Vave – 1992

New Canadiana :: Dada Centauri – III

Dada Centauri - IIIDada Centauri - III

Like twin steamliners heaving through the restless sea, both sides of this tape from Burro bros Andrew Hume and Whitney Ota (on various “modular/mono/poly/synths, electronics, tapes, junk, noise”) simultaneously exude an airy and naturally ominous but overwhelmingly machinistic environment of aquatic immersion. The foggy drones and steam engine beats peak and rise like smooth brushstrokes, vividly conjuring a poly-mod dream where you’re flying but the sunset is nothing more than a sea of trees. In the end, this isn’t music that tells you anything explicitly, feeds you mantras of life and death, nor tries to teach you a lesson. It simply invites you along on its ominous journey; what you learn and take away from the ride is ultimately up to you.

Tel deux paquebots à vapeur identiques fendant les vagues de la mer agitée, les deux côtés de cette cassette concoctée par les Burro bros Andrew Hume et Whitney Ota (à l’aide de différents « modulaire/mono/poly/syntés, électroniques, cassettes, déchets, bruit ») exsudent un spacieux environnement d’immersion aquatique spacieux et naturellement inquiétant, mais aussi excessivement machinal. Les bourdonnements embrumés et les battements de machine à vapeur vont et viennent vers leur apogée tel de fluides coups de pinceau, conjurant avec clarté un rêve poly-modulaire dans lequel vous planez, mais où le coucher de soleil peine à percer la surface d’un océan d’arbres. Finalement, ce n’est pas une musique qui est explicite dans ce qu’elle exprime, qui vous nourrit de mantras de vie ou de mort, ou qui essaie de vous apprendre une leçon. Elle vous invite simplement à faire partie de son périlleux voyage; en fin de compte, ce que vous en retirez dépend de vous.


Dada Centauri – A (excerpt)


Dada Centauri – B (excerpt)

New Canadiana :: Chad VanGaalen – Shrink Dust

Chad VanGaalen - Shrink Dust

Renaissance man Chad VanGaalen welcomes old friends into the latest wing of his warped imaginarium. These sonic nooks and cram-stuffed crannies find the ol’ reliable ramshackle rockers and sweet falsetto swooners peppered with country-fried soundwaves of pedal steel guitar and electronic gurgle. Shake Dust continues to conjure la planète sauvage while singing the spiritual refrain of a match made in space-opera.

L’esprit universel Chad VanGaalen accueille de vieux amis dans la nouvelle section de son imaginarium tordu. Dans ces coins soniques et recoins remplis à bloc, on trouve les infaillibles brasse-scènes déglingués et les charmeuses ballades de fausset envahis d’ondes sonores déchirées au country habituellement émises par la guitare à pédale d’acier et le gargouillis électronique. Shake Dust continue d’évoquer la planète sauvage tout en chantant le refrain spirituel d’une union formée dans un space opera.


Chad VanGaalen – Cut Off My Hands


Chad VanGaalen – Weighed Sin

New Canadiana :: The Pygmies – Inside Your Mind

The Pygmies - Inside Your Mind

The Pygmies’ newest release is a mesmerizing set of tracks that get inside your mind, tinker around, and leave you dancing. Clean snare snaps break through layered instrumentation in energetic leaps. Thoughts ride on the clean bass and guitar, exploring new sonic spaces glued by smooth vocals and sweeping organ. The effect is total mind control: foot tapping leads extended to full-blown body moving.

La plus récente sortie de The Pygmies est un ensemble de chansons hypnotiques qui pénètrent votre esprit, s’y amusent et partent en vous laissant danser. Des bruits secs nets percent l’instrumentation superposée en bonds dynamiques. Des pensées se promènent sur les basses et les guitares épurées en explorant de nouveaux espaces acoustiques fixés à l’aide de chants doux et d’un organe qui glisse. L’effet manipule complètement votre esprit : les premiers tapements du pied mènent au mouvement du corps tout entier.


The Pygmies – Chain Reaction


The Pygmies – I Can’t Get Out

Ephemera :: Devin Friesen (Bitter Fictions) on The Life Story of the Fish

Ephemera :: Bitter FictionsEphemera :: Bitter Fictions

Perpetual arranger of words, recordings and epic experi-riffs Devin Friesen says the month he crafted The Life Story of the Fish was one “of many disappointments, more isolation than usual, and being frugal after an exhausting, long and bitter winter.” Dribbled-together, guitar pedal-painted assemblages eke out the grainy hot flash of elsewhere, an ever-melting taste of connectivity. Each hovering pluck is a suture; each distortion wave a snug wound dressing; each grey-sky glaze of drone a tender bite of anesthesia. The album’s name taps a gurgled lyric from Friesen’s 2011 tape, Looper Pedal Blues, but his fishbowl-trapped feedback trips are the sound of a seething need to leave oil-city purgatory.


Bitter Fictions – a vision of vision


Bitter Fictions – a catalogue

 

The Library window

Ephemera :: Bitter Fictions

Devin Friesen: “The Library is the name Kevin Stebner (my roommate) and I gave our house when we moved in here about four years ago. Both of us run record labels (Shaking Box Music for me, Revolution Winter/Bart Records for Kev), meaning there’s a room in our house that’s just boxes and boxes of unsold LPs. We both also have (frankly) ridiculous amounts of music in our possessions – in addition to my working in a record store for many years, Stebs has been working in book stores for many years, so we’ve amassed a lot of cool stuff. The basement is where all of our music happens. Stalwart Sons and Extra Happy Ghost!!! jammed there for a while, Cold Water jams there now, and most of the Bitter Fictions recordings have been done there.”

The view out the living room window of The Library – “when it’s ‘nice’ out,” notes Friesen – will be part of the artwork from a forthcoming Bitter Fictions release, No Fun in the Sun, which was recorded a few months after The Life Story of the Fish (TLSOTF).

 

Studio corner

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “The Library basement is a small, cramped room, especially with Stebner’s wall of amplifiers and drum kit taking up most of it. It’s crazy that we’ve fit bands in there at all, since it’s basically just an expanded hallway that leads to our bedrooms and the bathroom. Works great for me, being solo, anyways. We have a Tascam 244 four-track from the ’80s set up in the corner, and a couple of condenser mics. Most of what I do is improvised, so I usually just record everything and return to those recordings later. This is the ‘studio corner,’ I guess. Those are my two guitars, a bunch of drumsticks, tapes, boxes and the Tascam. Both guitars could use tuneups – the Strat only has one working pickup selector, and the Jazzmaster won’t ring out if you play it high on the neck. But on the other hand, those limitations can sometimes produce more interesting results.”

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Basement inspiration

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “On one of the walls of the basement: a Stay Cold banner from the Stalwart Sons LP of the same name, and the Bruce Lee poster insert from LP editions of Jim O’Rourke’s Eureka. Endlessly amused by that kid’s neck wrinkles. I also really dig Stay Cold, and not just because there’s an essay I wrote for it on the back cover. I think that banner might be there more for Kevin’s bands, mind you… It gets very cold downstairs, especially in the winter – there are no windows in the recording space, but if one leaves a glass of water near the window in my room overnight, it’ll be ice in the morning.”

 

bpNichol books

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “These are some books from bpNichol. My attitude towards song titles is that they’re often rather arbitrary, so I’ve occasionally turned to what I’ve been reading to mark them – call it the ephemeral bookmark. A bunch of the track titles on TLSOTF are from bpNichol poems collected in The Alphabet Game; EP no. 2 was all chapter titles from Luigi Pirandello’s The Late Mattia Pascal; and the Bitter Fictions 10” lathe, Journeying and the Returns, is a bpNichol reference too. I’ve named several of my tracks without stealing titles, but I like taking references from works around me. bpNichol is great for more reasons than I can get into here – he may as well be a Weird Canada section unto himself, with all the ground he covered across literary/visual/sound/etc. fields.”

 

Harmonic Percolator and Walkman

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “Rather than describing my whole pedal setup – which is kinda dull: ‘Look, a delay pedal!’ – I’ll just describe my favourite pedal. The tan box on the right is the Harmonic Percolator, one of two distortion pedals I use on the regular. The gear-curious usually ask about either the Percolator or the Feedbacker first, since I use both so frequently – and, y’know, one of them is an unmarked box. For the tech schematics of what it is, you should just watch this video of Steve Albini talking about it. I bought mine around 2007 from a fellow named Chuck Collins out of Milwaukee, and haven’t looked back since. There’s also a Sony Walkman in there with a built-in microphone recorder. This thing has seen all kinds of use: guitar pick, tape decay mixer, interview transcription, vocal mic, something handy to record choice quotes from movies with, etc. It’s usually kicking around somewhere…”

 

Records

Ephemera :: Bitter Fictions (L-R: Cluster – II; Loren Connors – The Departing of a Dream; The Dead C – Harsh 70s Reality; Fripp & Eno – Evening Star)

DF: “I can’t remember exactly what I was listening to around [the recording of TLSOTF], but I can go into a few things I was probably spinning. The weight of my record collection bears on my creative process to some extent – if you’re going to go out and make music worth hearing these days, you’d better have a damn good idea of what’s already been done.

“Cluster II is a personal favourite. I really like much of the German duo’s output – as well as the Harmonia records with Neu!’s Michael Rother – but II satisfies the most on the whole space/noise/drone drift. I appreciate the duo’s ear for tone, and since this LP sits nicely between the more structured/‘pop’ leanings of Zuckerzeit and the free noise of Kluster, I find myself returning to it quite often. I think much of the music I enjoy can be traced back to this record, frankly.

Loren Connors is an especially huge one for me. He was one of the first names I came across as a teenager branching out from Sonic Youth records into the larger world of free improv/outré music – the Harmony of the Spheres box set comes to mind, where he appears alongside other huge favourites/likely influences such as Roy Montgomery and Flying Saucer Attack. So there’s that, but more important is the way Connors commands sound so distinctly. On his own, as on any number of his masterful solo electric guitar suites throughout the ’90s, his guitar can be the most desolate and harrowingly lonesome sound in existence. It also manages to be light and ghostly, but also crushingly heavy and textural, as on The Bridge – which I named “& under the bridge” in slight homage to. Loren Connors proves that one doesn’t need crushing volume to be ‘heavy.’ In fact, the absence of volume can be just as startling. When one talks about ‘soulful playing,’ Connors is the first name I always think of – I don’t think of the instrument, I think of the soul enveloping a room. The loneliest guitar.

“I’m not a huge King Crimson fan – frankly, outside of American Primitivism I usually don’t care when the guitar is played ‘well,’ and most ’70s rock flat-out nauseates me, but I can dig on the Fripp & Eno LPs. Like Cluster, super formative recordings here. I bought Evening Star from the record store near my house, and I still find it quite funny that for almost a year afterwards the owner kept trying to ‘High Fidelity’ Robert Fripp solo albums on me – that’s record store clerk slang for ‘play in store so I’ll buy it.’

“Calgary isn’t as isolated from the world as New Zealand, but it sure feels like it sometimes, especially if your interests fall outside of getting drunk and ‘party rock.’ That’s partly why I find the Dead C endlessly fascinating – I love their records, but I also love how they’ve been making their noise on the edge of the world for longer than I’ve been alive. I once interviewed their amplifier player, Bruce Russell, and some of the things he wrote have stuck with me: BR: We were doing the right thing (however you describe it) out to the weird side of Sonic Youth, where noise, rock, improv and industrial all kind of ran out of steam together, leaving us charging towards the edge of the fucking universe. DF: “Plug in, play, see what happens. Maybe record it with a mic in a room.

BR: That’s the big difference between what we do and groups who ‘write songs’ or even ‘write pieces’ – we don’t write them, they quite literally ‘just happen.’ DF: “This type of music can be a largely transient and experiential; sometimes it gets captured to tape, other times lost to memory. Such is life, I suppose. Now that I’m well beyond accepting that guitar feedback is my favourite sound, I’m just happy that tape lends itself so well to all kinds of feedback work.”

Arrangeur infatigable de mots, d’enregistrements et de riffs expérimentaux épiques, Devin Friesen explique que le mois où il a façonné l’album The Life Story of the Fish en était un qui était alourdi par de nombreuses déceptions, un isolement plus grand que de coutume et des dépenses restreintes par un hiver long et glacial. L’assemblage de sonorités superposées, teinté par la pédale de guitare, fait durer la bouffée de chaleur granuleuse d’un ailleurs, le goût d’une connectivité fondant à l’infini. Chaque vibration planante est un point de suture; chaque vague de distorsion, un pansement bien ajusté; chaque bourdonnement d’acier, la douce morsure d’un analgésique. Le titre de l’album prend source dans un borborygme, des paroles de Looper Pedal Blues (2011), mais ce feedback dérapant confiné dans un aquarium est le son d’un violent besoin de fuir le purgatoire de la ville pétrolière.


Bitter Fictions – a vision of vision


Bitter Fictions – a catalogue

 

La fenêtre Bibliothèque

Ephemera :: Bitter Fictions

Devin Friesen : « La Bibliothèque. C’est le nom que nous avons choisi – Kevin Stebner, (mon colocataire), et moi – pour notre maison quand nous y avons aménagé il y a quatre ans. Nous dirigeons chacun notre maison de disque (j’ai Shaking Box Music et Kev a Revolution Winter/Bart Records,ce qui veut dire qu’une pièce dans notre maison est remplie par des boîtes et des boîtes de vinyles invendus. Nous avons aussi tous les deux une quantité (ridiculement) impressionnante de musique – j’ai travaillé dans un magasin de disques pendant plusieurs années, et en plus Kev travaille depuis longtemps dans une librairie, alors on a amassé beaucoup de trucs vraiment bien. C’est au sous-sol que se fait toute la musique. Stalwart Sons et Extra Happy Ghost!!! y jammaient pendant un moment, maintenant c’est Cold Water. La majorité des enregistrements de Bitter Fictions ont aussi été faits là. »

Une photo de la vue depuis la fenêtre du salon de la Bibliothèque – quand il fait « beau » dehors, ajoute Friesen – fera partie des illustrations du prochain album de Bitter Fictions, No Fun in the Sun, qui a été enregistré quelques mois après The Life Story of the Fish (TLSOTF).

 

Coin studio

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « Le sous-sol de la Bibliothèque est petit. On y est à l’étroit, surtout avec la batterie de Kev et son mur d’amplificateurs. C’est fou de penser qu’on a réussi à y faire entrer des groupes – en gros, c’est juste un couloir élargi qui mène à nos chambres et à la salle de bain. Mais, ça marche bien pour moi, je joue solo. Nous avons une Tascam 244 quatre pistes des années 80 installée dans un coin avec quelques condensateurs et des micros. Comme je fais surtout de l’improvisation, je vais généralement enregistrer tout ce que je fais puis écouter les enregistrements plus tard. C’est ce qu’on pourrait appeler le « coin studio ». Il y a mes deux guitares, un paquet de baguettes, des cassettes, des boîtes et la Tascam. Les guitares auraient besoin d’une mise au point – il n’y a qu’une des sélections de micros qui fonctionne sur la Strat et si on joue trop haut sur le manche de la Jazzmaster, le son ne va pas sortir. Mais d’un autre côté, ces limites peuvent parfois donner des résultats intéressants. »

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Affiches motivationnelles au sous-sol

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « L’affiche de l’album Stay Cold de Stalwart Sons et celle montrant Bruce Lee, qui était dans l’édition vinyle de Eureka de Jim O’Rourke, sont sur un des murs du sous-sol. Les rides dans son cou me font toujours rire. J’aime aussi beaucoup Stay Cold, et pas simplement parce que j’ai écrit l’essai qui est au verso de la pochette. Ceci étant dit, je pense que l’affiche est surtout là pour le groupe de Kevin… La température devient très froide au sous-sol, surtout l’hiver – il n’y a pas de fenêtre dans le studio, mais si on laissait un verre d’eau une nuit près de la fenêtre de ma chambre, il serait gelé le lendemain matin. »

 

Livres de bpNichol

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « Ce sont des livres de bpNichol. De façon générale, je préfère donner aux pistes des titres arbitraires. Il m’est arrivé de m’inspirer de ce que j’étais en train de lire pour les marquer – comme un signet éphémère. Plusieurs titres sur TLSOTF sont tirés des poèmes parus dans The Alphabet Game de pbNichol; ceux du EP no. 2 étaient tous des titres de chapitres de The Late Mattia Pascal, écrit par Luigi Pirandello; et Journeying and the Returns, le vinyle de Bitter Fictions, fait aussi référence à bpNichol. Sans voler les titres, j’ai nommé plusieurs de mes pistes ainsi parce que j’aime faire des références aux œuvres qui m’entourent. J’adore pbNichol – je n’aurais pas le temps d’expliquer toutes mes raisons ici –, mais il pourrait constituer une section entière de Weird Canada à lui tout seul vu tout le terrain qu’il a couvert dans les domaines de la littérature, de l’art visuel/sonore, etc. »

 

Walkman et Harmonic Percolator

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DF: « Plutôt que d’expliquer comment j’ai installé mes pédales – ce qui est assez ennuyeux : ‘Regardes, une pédale de délai! ’ – je vais juste décrire ma pédale préférée. La boîte brune sur la droite, c’est le Harmonic Percolator , un des deux accessoires que j’utilise le plus souvent. Les fans de matériel demandent généralement tout de suite des détails sur le Percolator ou sur le Feedbacker, puisque je les utilise très souvent et puis, vous savez, l’un des deux est une simple boîte. Si vous voulez les détails techniques, vous pouvez simplement regarder cette vidéo de Steve Albini qui en parle. J’ai acheté le mien en 2007 d’un homme qui arrivait du Milwaukee, Chuck Collins, et je ne l’ai jamais regretté. À l’intérieur, il y a aussi un Walkman Sony avec un enregistreur intégré. Je l’ai utilisé comme micro, pic de guitare, mixeur de déclin sur cassette, et aussi pour transcrire des entrevues, enregistrer des citations de films, bref pour faire toutes sortes de choses. Il traine toujours, quelque part… »

 

Disques

Ephemera :: Bitter Fictions

(L-R: Cluster – II; Loren Connors – The Departing of a Dream; The Dead C – Harsh 70s Reality; Fripp & Eno – Evening Star)

DF : « Je ne me rappelle pas de ce que j’écoutais précisément au moment où [j’enregistrais TLSOTF], mais je peux deviner quelques pièces qui me tournaient sûrement en tête. Le poids de ma collection de musique laisse une empreinte sur ma créativité – aujourd’hui, si on veut sortir et faire de la musique qui mérite d’être entendue, on est mieux d’avoir une très bonne idée de ce qui a déjà été fait. » « Cluster * II* est un de mes albums préférés. J’aime presque tout ce que fait le duo allemand – tout comme les enregistrements de Harmonia qu’ils ont fait en collaboration avec Michael Rother de Neu! –, mais II est plus satisfaisant côté espace/bruit/dérive bourdonnante. Ils ont l’oreille pour le ton, et comme ce vinyle est à mi-chemin entre Zuckerzeit, qui est plus structuré, plus pop, et le free noise de Kluster, je le réécoute souvent. En fait, je pense qu’une grande partie de la musique que j’écoute a un lien avec cet enregistrement. » « Loren Connors est vraiment quelqu’un d’important pour moi. C’est un des premiers noms que j’ai croisé quand j’ai commencé, adolescent, à diversifier la musique que j’écoutais, en m’éloignant de Sonic Youth. Je me lançais dans le monde beaucoup plus vaste de l’improvisation libre et de la musique expérimentale. Le coffret Harmony of the Spheres me revient en tête, où il joue avec d’autres grands noms que j’adore, comme Roy Montgomery et Flying Saucer Attack. Il y a ça, mais c’est surtout la façon particulière qu’il a de jouer avec le son. Jouant seul – comme dans n’importe lequel de ses solos magistraux de guitare électrique des années 90 – sa guitare peut être le son le plus désespéré de l’univers, une musique infiniment triste. Il est également léger et fantomatique, ou incroyablement lourd et texturé – comme dans The Bridge, auquel j’envoie un clin d’œil par son titre & under the bridge. Loren Connors prouve qu’il ne faut pas nécessairement un volume assourdissant pour être ‘lourd’. En fait, l’absence de volume peut être tout aussi surprenante. Quand on parle de jouer avec son âme, c’est toujours le premier nom auquel je pense – je ne pense pas à l’instrument, je pense à l’âme qui enveloppe la pièce, à la guitare esseulée. »

« Je ne suis pas un grand fan de King Crimson – pour être honnête, à part le primitivisme américain, ça ne m’intéresse pas vraiment quand la guitare est « bien » jouée, en fait la majorité du rock des années 70 m’écœure, mais j’aime bien les vinyles de Fripp & Eno. Comme ceux de Cluster, ces albums ont été formateurs pour moi. C’est drôle parce que j’ai acheté Evening Star dans un magasin de disque près de chez moi et pendant l’année qui a suivi, le propriétaire essayait de me vendre des albums solos de Robert Fripp en faisant jouer la musique dès que j’entrais dans le magasin. » « Calgary n’est pas aussi isolée du monde que la Nouvelle-Zélande, mais on en a l’impression parfois, surtout si on s’intéresse à autre chose que se soûler en écoutant du ‘party rock’. C’est en partie pour ça que Dead C me fascine. J’adore leurs albums, et aussi le fait qu’ils faisaient déjà leur noise à la limite du monde avant même que je ne sois né. J’ai déjà interviewé Bruce Russell, le joueur d’amplificateurs, et certains trucs qu’il a écrits me sont entrés dans la tête : BR : On faisait la bonne chose (peu importe ce que ça veut dire) dans le côté étrange de Sonic Youth, où le bruit, le rock, l’industriel et l’improvisation ont manqué de souffle comme tous ensemble, nous laissant seuls, fonçant vers la limite de cet univers merdique. DF : « Branchez les instruments, jouez et voyez ce qu’il va se passer. Peut-être l’enregistrer dans une pièce avec un micro. »

BR : C’est la grande différence entre ce qu’on fait et les groupes qui ‘écrivent des chansons’ ou même ‘écrivent des pièces’ – on n’écrit pas, ça se passe, tout simplement. DF : « Ce style de musique peut être très éphémère et expérimental; parfois il est enregistré sur une cassette, parfois juste dans les mémoires. C’est la vie, j’imagine. Maintenant que j’ai réussi à accepter que mon son préféré est le feedback d’une guitare, je suis juste heureux que la cassette permette de le travailler de plein de façons. »

Ex Libris :: Michael Hingston – The Dilettantes

Michael Hingston - The Dilettantes

We are confronted by daily intrusions into our being or sense of self. Even welcomed obligations can come at a cost not entirely expected or known. With each job taken, organization joined, friend made, lesson learned – a little ribbon is tied to your wrist, pulling you in every which way. When one of these ribbons is removed, you gain a sense of freedom, a rotation of the wrist. The first turn is so satisfying. But what are you to do then? Without a tug in one direction or the other, how are you supposed to know where to go?

What if those ribbons were not just tugging on your wrist, but constructing it? Holding it together. Taking an amorphous flesh and giving it some sense of shape. Shape is by no means set – even physically manifested and labelled objects take on a myriad of forms. Simon Fraser University can at once be a university, the ruined Delphi Museum and the planet Tollana. In The Dilettantes, Michael Hingston explores the self in the midst of such (de)formation. People are tied in shape through labels applied by others, oh you’re one of those newspaper people, and this may well hold together how individuals see themselves, but it does not have to and it can be removed. In fact, your ribbons may be forcibly removed – a smile as they untie you not realizing, caring or concerned with just how painful the process will be.

Tous les jours, nous faisons face à des intrusions dans notre être ou dans la perception que nous avons de nous-mêmes. Même les contraintes bénéfiques peuvent avoir des conséquences cachées ou inattendues. Avec chaque nouvel emploi, chaque nouveau groupe, chaque nouvel ami, chaque leçon apprise, un petit ruban s’attache à votre poignet et vous tire de tout bord, tout côté. Lorsque l’une de ces attaches s’enlève, vous ressentez un certain sentiment de liberté, une rotation du poignet. La mobilité accrue procurée est tellement satisfaisante. Mais après, que faire? Sans une petite poussée dans la bonne direction, comment êtes-vous supposé savoir où aller?

Et si ces rubans n’étaient pas juste en train de vous « tirer » le poignet, mais qu’ils en étaient en fait les fondations? Le faisant tenir en place. Donnant une forme à votre chair amorphe. La forme n’est en aucun cas définitive, car même les objets clairement identifiés peuvent parfois prendre une multitude de formes. L’Université Simon Fraser peut simultanément être une université, les ruines du Musée Delphi et la planète Tollana. Dans The Dilettantes, Michael Hingston explore l’être en plein milieu d’une telle (dé)formation. Les gens sont liés à la perception que les autres ont d’eux, « oh, donc vous faites partie des gens de la presse », et bien que cela joue un rôle dans la façon dont nous nous percevons nous-mêmes, les rubans ne sont pas absolus. En fait, ils pourraient se détacher avec vigueur – un sourire alors qu’ils partent au vent sans que vous vous préoccupiez de toute la douleur que cette décision est sur le point de causer, et sans que vous vous en rendiez compte.

Michael Hingston - The Dilettantes

New Canadiana :: Un Blonde – Tenet

Un Blonde - Tenet

The incantatory riffs and prayer-like vocals of Calgarian protégé Jean-Sebastien Audet are the trance-inducing culmination of his latest project, Un Blonde. Measured and raw instrumentation draws listeners into a space of the uncanny; out of the comfort zone and settled into a hypnotic groove. Capturing the ritualistic and communal qualities of live improvisation, this album is an exploration of a mysterious, undocumented space.

Les riffs incantatoires et les chants comme des prières du protégé calgarien Jean-Sebastien Audet sont les points culminants de son dernier projet inducteur de transe, Un Blonde. Une instrumentation mesurée et crue entraîne les auditeurs dans un espace étrange; hors de la zone de confort et posée dans un rythme hypnotique. Capturant les qualités ritualistes et de communion de l’improvisation en concert, cet album est une exploration d’un espace mystérieux, non documenté.


Un Blonde – Life Standing Before


Un Blonde – I Wake Up