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New Canadiana :: Animal Faces – Half Asleep

Animal Faces - Half Asleep

Darkness. Absolute black clouds your vision and a humming begins; low at first then higher and louder. The thumping beat begins pulsing in the back of your head, making its way as a diffuse grey on the horizon. Then melody. Flowing between your ears in simple intertwining lines, as a landscape forms, iridescent in withheld time. A voice swirls throughout, sparse and powerful: molding the landscape, the darkness as clay. The voice activates its surroundings and is in turn activated by them in a methodical dance, blurring back into the darkness.

L’obscurité. Le noir absolu trouble ta vision, puis un bourdonnement se fait entendre; faible pour commencer, puis plus haut et plus fort. Le rythme lancinant se met à pulser au fond de ta tête, se frayant un chemin en un gris diffus sur l’horizon. Ensuite, la mélodie. Elle s’écoule entre tes oreilles comme des lignes simples entrelacées pendant qu’un paysage prend forme, iridescent dans le temps retenu. Une voix, rare et puissante, tournoie dans la totalité, modelant le paysage et l’obscurité comme de l’argile. La voix active ses alentours et ceux-ci l’activent ensuite dans une danse méthodique, brouillant le noir dans l’obscurité.


Animal Faces – Half Asleep


Animal Faces – Losing Speed

New Canadiana :: Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

Thee Mean Reds - Holidaying in the Psychotropics

Instrumental music has the unique ability to situate the listener rather than engaging in a dialogue. The jangly nerves of Holidaying in the Psychotropics lets you choose your own adventure

You come to at the steering wheel. Maybe you’ve been driving all night. You try to keep calm while your mind races… how did you get here and how long you were out? A sign reads Barstow City Limit, and beyond it is an ancient gas station. You decide to pull over.

Amid the broken boards and shingles inside you notice an old jukebox half crushed under a fallen roof beam producing faint crackles and pops. Not one for firsts, you push “B” and “2” and the mangled innards whir laboriously. “Widowmaker” comes on.

You hear a noise behind you and turn around quickly — what’s your next move? Turn to page 56 to investigate, or 108 to hurry back to the car.

La musique instrumentale a la capacité unique de situer les auditeurs plutôt que de dialoguer avec eux. Les nerfs à vif de Holidaying in the Psychotropics vous font vivre une aventure dont vous êtes le héros… Vous revenez à vous-même derrière le volant. Peut-être avez-vous conduit toute la nuit. Vous essayez de garder votre calme alors que tout va à vive allure dans votre tête… Combien de temps s’est écoulé et comment en êtes-vous arrivé là? On peut lire « Barstow City Limit » sur une pancarte. Une vieille station-service se dresse quelques pas plus loin. Vous décidez de vous y arrêter.

Parmi les débris à l’intérieur, vous remarquez, à moitié écrasé sous une poutre tombée du plafond, un vieux juke-box qui crépite encore faiblement. Chaque chose ayant une première fois, vous appuyez sur les touches « B » et « 2 », et son mécanisme détraqué s’active tant bien que mal. « Widowmaker » commence à jouer. Un bruit à l’arrière vous incite à vous retourner subitement. Et maintenant, qu’allez-vous faire? Pour continuer à explorer, allez à la page 56, pour décamper vers votre voiture, à la page 108.


Thee Mean Reds – Widowmaker


Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

New Canadiana :: Chevalier Avant Garde – Realign

Chevalier Avant Garde - RealignChevalier Avant Garde - Realign

Chevalier Avant Garde continue their descent into the electronic. Mirroring the contrasting grit and cuteness of Montreal, the tape moves as if through the city late at night, Dimitri’s disembodied voice narrating occasionally over vector-based melodies. You’ll hear a Postcards-era jam, as well as a field-recording of a woman asking something unrecognizable from strangers — she may or may not get what she asks for, yet gives thanks regardless. And you’ll hear something danceable overlain with an expatriate melancholy.

Chevalier Avant Garde continuent leur descente vers l’électronique. Imitant la dichotomie montréalaise entre le mignon et le réalisme presque film noiresque, la cassette progresse comme si on errait dans la ville tard le soir, la narration spectrale de Dimitri accompagnant occasionnellement des mélodies vectorielles. Vous entendrez un jam datant de l’ère des Postcards, ainsi qu’un enregistrement d’une femme qui demande à des étrangers de lui donner quelque chose qu’ils ne peuvent identifier; il se peut qu’elle reçoive ce qu’elle demande, tout comme il se peut qu’elle ne le reçoive pas; elle remercie ses interlocuteurs, peu importe le résultat. Puis viendra une mélodie qui fait bouger, celle-ci accompagnée d’une mélancolie expatriée.


Chevalier Avant Garde – Killing Fields (Nite Mix)


Chevalier Avant Garde – Nowhere (Remote Mix)

Ex Libris :: Geneviève Castrée – Susceptible

Genevieve Castree - SusceptibleGenevieve Castree - Susceptible

Pause in between each of Geneviève Castrée’s illustrations in Susceptible; otherwise, you will miss just how deeply they can permeate. Perceiving another’s childhood through illustration enables an empathic account, how much easier to project into the other when you can see the visions entrenched upon their eyes. Visions of their formulation, a process wholly incomplete.

Our formation is mentally and physically encumbered by what happened in the past. This isn’t necessarily a bad thing since our accident of entering into the world does not mean that our ties in it are any the less valuable. When saying, “oh I got that from Mom” or “this seems like something my father would do,” we are placing ourselves by some of the only references we know. However, doing so becomes much more difficult when our familial points of reference do not speak our language or share our values. Castrée shows the cognitive dissonance created between wanting our vision of the perfect family and admitting that reality is often far off, creating a tragedy. We subsequently ask: what does the (m)other want?

Prenez le temps de bien regarder chacune des illustrations de Geneviève Castrée en feuilletant Susceptible, sinon vous ne réaliserez pas à quel point elles peuvent s’imprégner dans votre être. Percevoir l’enfance de quelqu’un à l’aide du dessin permet d’adopter un point de vue empathique; il est tellement plus facile de s’identifier à une personne lorsque l’on peut voir à travers ses yeux. Des bribes de la formation de son être, un processus entièrement incomplet.

Notre formation est mentalement et physiquement encombrée par notre passé. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose puisque l’accident qu’est notre entrée dans ce monde ne diminue en rien la valeur de nos liens avec celui-ci. Lorsque l’on dit « oh, je tiens ça de ma mère » ou « on dirait quelque chose que mon père ferait », on se situe à l’aide des seules références que l’on connaît. Cela devient beaucoup plus difficile lorsque notre point de référence ne parle pas notre langue ou ne partage pas nos valeurs. Castrée illustre la dissonance cognitive causée par le fait d’avoir une vision de vie familiale parfaite, et en même temps d’admettre que la réalité est rarement comme on la souhaite, ce qui est tragique. On se demande ensuite : que veut donc la m(autre)iarche?

Genevieve Castree - SusceptibleGenevieve Castree - Susceptible

New Canadiana :: Hana Vave – 1992

Hana Vave - 1992

The end of the free age was marked by a house show. When summer faded, Connor Dennehy of Hana Vave put down his guitar and joined Gretchen as a drummer. Together they sank into the deep waters of time, and could have been lost there forever.

But perhaps it is no coincidence that Alex Lavoie and Josh Boguski of another band, whose members once rocked out under different names at that house show four years ago, now stand next to Hana Vave singer Geneva, and next to Connor, while his fingers lay down old patterns to tape. Some things want to upwell. For there is ice over the Bow River tonight—our hope to melt it lies in a certain set of pop songs that have snared the power of a younger summer sun, out of the myth that bore them.

La fin de l’ère libre a été marquée par un spectacle à domicile. Lorsque l’été s’est dissipé, Connor Dennehy, de Hana Vave, a mis sa guitare de côté pour aller jouer avec Gretchen en tant que batteur. Ils ont plongé ensemble dans les eaux profondes du temps, au risque de s’y perdre à jamais.

Mais ce n’est peut-être pas une coïncidence qu’Alex Lavoie et Josh Boguski, d’un autre groupe dont les membres, qui, sous une identité différente, ont auparavant fait chauffer la scène de cette représentation à domicile il y a quatre ans, se retrouvent aux côtés du chanteur de Hana Vave, Geneva, et de Connors, qui crée de ses doigts de vieux accords pour le studio. Quelque chose cherche à jaillir : la rivière Bow est recouverte de glace ce soir, et si nous espérons pouvoir la faire fondre, il faudra faire appel à une certaine série de chansons pop qui, avec le mythe qui les a créées, ont pu saisir le pouvoir d’un jeune soleil d’été.


Hana Vave – The Expedition


Hana Vave – 1992