we are northernly


New Canadiana :: okpk – 2010

okpk - 2010okpk - 2010

A years always seem to start off at its darkest. Life mostly lived under blacklight. White winter fallacy and an overdose of halogen. Arms outstretched to stumble until you’re once again voyaging down that unseen pathway. A spring that propels you out of the stream and into a pursuit of light. Where things can be different. Where things can be alright. Squint in your pursuit of spectral seasons past. The search for the perfect summer. When was the last time weather lived up to your bone memory? We can keep doing laps of the sun until we get things right. Luckily life’s spirals are just another kind of loop on which you can build beats.

On dirait qu’une année commence toujours à son niveau le plus sombre. Que l’on a passé la majeure partie de son temps sous la lumière noire. Hiver blanc fallacieux et overdose d’halogène. Les bras tendus pour avancer de façon hésitante jusqu’à emprunter de nouveau ce sentier dissimulé. Un ressort qui nous propulse hors du courant et nous lance à la poursuite de la lumière. Là où les choses peuvent se passer différemment. Où elles sont à leur place. Réfléchissez un peu à votre expérience des saisons spectrales. La quête de l’été parfait. La dernière fois que le temps vous a marqué dans la chair, c’était quand? On peut toujours attendre les prochaines rotations autour du soleil jusqu’à ce que les choses aillent mieux. Heureusement les spirales de la vie sont elles aussi des sortes de boucles qui nous permettent de bâtir des rythmes.


okpk – blacklight


okpk – bone memory

New Canadiana :: Fakes // Harsh Reality – Split

Fakes // Harsh Reality - Split

Newly christened Montreal collective Misery Loves Company packs a vicious split of grainy punk pastures and noise rock destruction. Side one has Fakes asserting a charged jolt of weirdo primitive punk held up by a simple trifecta of fuzzy guitar, pounding drums, and a voice that either sounds like shuffling feet on gravel or the sky splitting open during a particularly harsh rainstorm. Speaking of harsh, side two comes fully stocked for the feedback-fanatics thanks to Harsh Reality. Bringing to mind The Dead C’s free post-punk approach to composition, this four-piece sets their amps to 111 and never stops to make sure their (or our) ear drums haven’t burst.

Le collectif montréalais fraîchement baptisé Misery Loves Company livre un split vicieux fait de pâturage punk granuleux et de destruction noise rock. Sur la face A, Fakes envoie une secousse chargée de punk primitif étrange soutenue par un tiercé simple : des guitares fuzzy, une batterie fracassante et une voix qui oscille entre le bruit des pas sur du gravier et le déchirement du ciel lors d’un orage particulièrement violent. En parlant de violence, Harsh Reality entasse de quoi ravir les fans de feedback tout le long de la face B. Avec une composition qui rappelle l’approche free post punk de The Dead C, ce groupe de quatre musiciens aux amplis réglés à 111 ne s’arrête pas un seul instant pour vérifier si leurs (ou nos) tympans ont explosé.


Fakes – Sabrina


Harsh Reality – Lake

New Canadiana :: Livingston – Artificially Intelligent Folk Songs of Canada, Vol. 1

Livingston - Artificially Intelligent Folk Songs of Canada, Vol. 1

Livingston, the metadata analysis program that composed these songs, brings to our attention the statistical overrepresentation of weary melancholy in Canadian folk. Each classic form is algorithmically reconfigured – the lonesome ballad, the kiss-off, the tavern drinking song, the road anthem*, the love confessional – but an entirely human-seeming blues tints the songwater.

The surface, uncanny authenticity, is disturbed at rhythmic intervals by the sound of its cracking logic. Repetitions appear instead of rhymes. Arrangements seem somehow not quite right. In the place of the crowd, or Stompin’ Tom, a machine stamps through the sing-along of “I Am a Weary Immaterial Labourer in a Post-Industrial Wasteland”. Dr. Henry Svec’s faithful renderings of Livingston’s compositions throw a wrench into the folk scene, delivering both a punch and a puncture. What we imagine to be singular and personal is projected onto a perfectly reflective screen bounded by forces that far exceed us: “Somebody with the great lovemaking manual/Knows what I’m going to do/Knows it and has seen it in pictures/My route to you.”

*To our amusement, Livingston has performed a deliciously Borgesian function: Generating by purely mathematical functions an exact copy of the Eagles’ “Take it Easy” – although the title it generated is slightly different.

Livingston, le programme d’analyses de métadonnées qui a composé ces chansons, porte notre attention sur la surreprésentation statistique de la mélancolie lasse du folk canadien. Chaque archétype classique est reconfiguré algorithmiquement; la balade solitaire, l’adieu d’un amoureux, la toune de taverne, l’hymne de la route*, la confession d’amour… Mais un blues d’entière apparence humaine les habite. À première vue, l’étrange authenticité de la machine est troublée par le son de sa logique craquelée à intervalles rythmés. Au lieu de rimes, ce sont des répétitions qui apparaissent. En plus, il semble manquer un je-ne-sais-quoi aux arrangements. Au lieu de la foule, ou de Stompin’ Tom, une machine s’active au rythme de « I Am a Weary Immaterial Labourer in a Post-Industrial Wasteland ». L’adaptation fidèle des compositions de Livingston par Dr Henry Svec met des bâtons dans les roues de la scène folk, l’ébranlant et la perforant un brin. Ce qu’on imagine être singulier et personnel se retrouve projeté sur un écran maintenu en place par des forces qui nous échappent : « Somebody with the great lovemaking manual/Knows what I’m going to do/Knows it and has seen it in pictures/My route to you. »

*À notre grand amusement, Livingston a accompli quelque chose de merveilleusement borgésien : en utilisant des fonctions purement mathématiques, il a pu générer une copie exacte de la chanson « Take it Easy » par The Eagles, quoique le titre créé soit légèrement différent.


Livingston – Instructions to Your Integrated Circuits


Livingston – Take it Easy but Take it to the Limit

New Canadiana :: Kara Lease – A 480

Kara Lease - A 480

A 480’s overtly optimistic sound blurs the boundary between the human and the electronic machine by manipulating choral lines to convey a brightly methodical other-world. This album tows an inspired line between astral intuition and the perfectly planned. Kara-Lis Coverdale effectively and informedly orchestrates a flawless nod to classical avant-garde composition. Her ambiguously titled tracks draw on a Steve Reich-inspired methodolgy by sampling vocal recordings that have been artfully displaced, reused and ultimately upcycled to create a new sound. Every so often different loops spontaneously collide and coincide in the album’s aural atmosphere. A mesmeric listen is unavoidable.

La musique ouvertement optimiste de A 480 floue les barrières entre humain et machine en manipulant les lignes chorales pour exprimer un sentiment d’outre-monde méthodiquement éclatant. Cet album fait la différence entre l’intuition astrale et la planification parfaite. Kara-Lis Coverdale fait un clin d’œil bien placé à la composition classique d’avant-garde. Ses chansons aux titres ambigus s’inspirent d’une méthodologie à la Steve Reich en échantillonnant des enregistrements vocaux qui ont été réutilisés et surcyclés d’une main habile pour en faire un son nouveau. De temps en temps, différents clips entrent en collision spontanée et s’entremêlent dans l’atmosphère auditive de l’album. Lorsqu’on l’écoute, ce n’est qu’une question de temps avant que l’on succombe à la fascination.


Kara Lease – A 480


Kara Lease – A 476

New Canadiana :: Try Harder – Try Harder

Try Harder - Try Harder

A set of fuzz-filled gems escape their garage confines in search of new ears to ring. Surging past like volts on an overpowered grid, these songs launch a second wave of slanted riffs. Rumbling basslines send their transmissions from one side of town to another, infiltrating the daily hums of those caught en route. Orchestrated by a stellar group featuring members of PS I Love You, Old Haunt, Hand, and False Face, these pop electricians have rewired the sonic currents. It’s up to us to flick the switch and enjoy.

Des bijoux pleins de fuzz s’échappent des confins de leur garage à la recherche de nouvelles oreilles à faire bourdonner. Déferlant comme de l’électricité dans une grille survoltée, ces chansons lancent une deuxième vague de riffs obliques. Les grondements de la basse envoient leurs émissions d’un côté à l’autre de la ville, s’infiltrant dans les fredonnements quotidiens de ceux qui se font attraper en chemin. Formé de membres de PS I Love You, Old Haunt, Hand, et False Face, cet extraordinaire groupe d’électriciens du pop a recâblé les courants soniques. À nous d’appuyer sur l’interrupteur et d’apprécier.


Try Harder – Second Wave


Try Harder – Bad Earth Angle