Category: ontario

New Canadiana :: Doomsquad – Kalaboogie

Doomsquad - Kalaboogie

Born from the marriage of Moon and Crocodile, they emerge fully formed from the holy soil of eroded aeons. The bones of all beings rattle, their cells vibrating, muscles trembling. Skies heathered dark, lighting explodes across the earth as these three beings, contrived of the same infinite blood, rise higher, higher. Six iridescent eyes penetrate the minds of every man, woman, child. Their mouths move in union, with words heard heavily and forever: “Hear. The Terminus Approaches. So Now. Dance.”

Nés de la rencontre de la lune et du crocodile, ils jaillissent à l’état adulte hors du sol sanctifié des éternités corrompues. Chaque créature sent ses os tressaillir, ses cellules vibrer, ses muscles trembler. Sous la bruyère sombre des cieux, une explosion d’éclairs parcourt la terre et ces trois êtres, engendrés du même sang infini, s’élèvent toujours plus haut. Six yeux irisés pénètrent l’esprit de chaque homme, femme et enfant. Leurs bouches prononcent à l’unisson ces mots, qui résonnent pesamment et perpétuellement : « Hear. The Terminus Approaches. So Now. Dance. » (« Entendez. Le terminus approche. Alors maintenant. Dansez. »)


Doomsquad – Head Spirit (for our Mechanical Time)


Doomsquad – Eternal Return

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New Canadiana :: Kosher Dill Spears – Laughing and Crying

Kosher Dill Spears - Laughing and Crying

Toronto’s Kosher Dill Spears (a.k.a. Jesse Levine) has created a monster of an album with the pairing of percussive samples, organs and synth. His work as Victor Frankenstein builds from the body parts of musical genres, stitching soul (“What You Do to Me” ft. Maylee Todd) to psychedelic rock (“Rocorgan”) to hip-hop (“Brinin’” ft. Peet Moss). The sounds combine like a prometheus posse conversing in their own tongues.

Le Torontois Kosher Dill Spears (c’est-à-dire Jesse Levine) a créé un album monstre en jumelant des échantillons de percussions, d’orgues et d’un synthétiseur. Son oeuvre à la Victor Frankenstein se construit à partir de pièces détachées de différents genres de musique, en assemblant du soul (« What You Do to Me » avec Maylee Todd), du rock psychédélique (« Rocorgan ») et du hip-hop (« Brinin » avec Peet Moss). Ces sons se mélangent comme une petite troupe de prométhéens qui se parlent dans leur propre langue.


Kosher Dill Spears – Couch Mode


Kosher Dill Spears – Sadness in my Soul

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New Canadiana :: Bile Sister – Faucet

Bile Sister - Faucet

Julie Reich a.k.a. Bile Sister a.k.a. DJ Garbage Body is the shades-clad cortex of a circuit-fried storm. Jacked in to the mutated matrix of dancefloor declassification, she channels her inner Chandra with the puckered pluck of half machine lip moves. These Casiotone clone killers are now in the process of full band re-make/re-model, so keep an eye on the blockspace and seize the steeze.

Julie Reich alias Bile Sister ou encore DJ Garbage Body est l’œil d’une tempête en furie qui se serait dissimulé derrière des lunettes de soleil. Connectée à la matrice mutante d’une musique dansante sans genre ni forme clairement défini, elle canalise son Chandra interne grâce à un mouvement des lèvres nerveux digne de l’album half machine lip moves. Ces adeptes du Casiotone sont passés d’un projet solo à un groupe proprement dit, alors gardez un œil sur ce qui se passe dehors et laissez-vous porter par le courant.


Bile Sister – Wasted Crochet


Bile Sister – See Breezes

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New Canadiana :: Veneers – Light Movement

Veneers - Light Movement

Cut from the jagged edges of the rock and now based in Toronto, Veneers travel even further west with their latest batch of songs. High wire guitars walk through darkened canyons, following each slip in the terrain and letting themselves tumble down when needed. A voice talks to the vacancy in the ravine, growling out an unrequited monologue. Sleepwalking footsteps find balance in their off-kilter cadence, booming into the distance with the softest of movements. Distant stars illuminate a knotted trail that cuts through the wilderness and out towards the light. The sudden exposure does nothing to deter the power of these jams. Don’t miss this grip.

Découpé des pointes acérées du rocher et désormais basé à Toronto, le groupe Veneers se déplace encore un peu plus vers l’ouest avec ce nouveau lot de chansons. Les guitares survoltées trouvent leur chemin à travers des canyons obscurcis, en suivant chaque cavité du relief et en y trébuchant au besoin. Une voix s’adresse à cette zone dans le ravin, grognant un monologue non partagé. Les pas d’un somnambule trouvent leur équilibre dans un rythme insensé qui retentit au loin en un mouvement des plus doux. Des étoiles lointaines illuminent une piste nouée qui coupe à travers les régions sauvages pour ressortir vers la lumière. Cette soudaine révélation n’altère en rien les pouvoirs de ces jam sessions. Ne manquez pas cette prise!


Veneers – Les Carabiniers


Veneers – Light Motif

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New Canadiana :: Dreamsploitation – Jupiter Flight // You’ll Never Get To Heaven – Adorn

Dreamsploitation // YNGTH

The instrumental engine of YNGTH streamed under most radars with Jupiter Flight in 2012. For those who missed this solo voyage from Chuck Blazevic, the crackled atmospherics, battering beatscapes and electronic chimes remain every bit as enveloping as his work with vocalist Alice Hansen. If stray copies still float in the void, reach out and grip.

The star-crossed pair return in spring 2014 with the launch of a label and six new songs of slow-motion breath-stop. Adorn drifts down dreamier rivers with lush, string-draped synth-pop lingering between moments of picturesque pause and Badalamenti lament. The duo adds ghostly and gorgeous ornamentation to any rooms they inhabit.

L’engin instrumental de YNGTH est passé sous la plupart des radars en 2012 avec la parution de Jupiter Flight. Pour ceux et celles qui auraient manqué le voyage solo de Chuck Blazevic, ses atmosphères qui crépitent, ses paysages de pulsations et ses carillons électroniques vous envelopperont tout autant que lorsqu’il est accompagné par la chanteuse Alice Hansen. Si quelques copies errantes flottent encore dans le vide, assurez-vous de mettre la main dessus.

Au printemps 2014, le tandem séparé par les étoiles nous revient avec le lancement d’une étiquette et de six nouvelles chansons langoureuses à couper le souffle. Luxuriante pop synthétique drapée de cordes, Adorn s’écoule le long des rivières oniriques, tanguant entre moments de répit pittoresque et lamentations à la Badalamenti. Peu importe la chambre qu’il occupe, le duo la pare de sublimes ornements spectraux.


Dreamsploitation – Jupiter Flight


You’ll Never Get To Heaven – Caught in Time, So Far Away

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New Canadiana :: Black Baron – Divine Chains

Black Baron - Divine ChainsBlack-Baron_Divine-Chains-thumb

From the second the drumsticks count the time in, you’re swept into the underworld of Black Baron’s Divine Chains. This tape is full of gloomy, droning vocals, atmospheric swells and thick, chunky drums that romanticize loaded subjects such as self-loathing and self-awareness. Each catchy, guitar-slathered song bleeds seamlessly into the other, as we are invited into their unspeakable journal entries. “The Cold Fluorescent Lights of Blinding Shame” combines speedy picking, barely-there bass and urgent drumming, giving a summery feel to the foreboding lyrics. The title track employs that same hornet-esque sound but slows it down, giving more priority to the dreamy guitars, passionate drumming and sombre lyrics of being trapped and trying to escape from pain.

This four-song tape ends as fast as it begins, which is incredibly necessary. Its purpose is to take you through the emotions you push deep down inside you, the ones you ignore. Black Baron reminds you that it’s necessary to bring out your demons in order to understand yourself.

Dès le moment où les baguettes commencent battre la mesure, on est emporté vers le monde souterrain de Divine Chains par Black Baron. Cette cassette est pleine de chants sombres et ronronnants, de vagues d’ambiance et d’une batterie aux sonorités épaisses, idéalisant des sujets chargés comme la haine de soi et la conscience de soi. Chaque chanson entraînante est enduite de guitares qui se dissolvent les unes dans les autres pendant que nous sommes invités à consulter des extraits épouvantables de leurs journaux intimes. « The Cold Fluorescent Lights of Blinding Shame » est un mélange de picking rapide, de basse à peine audible et de batterie urgente, donnant un air estival aux paroles inquiétantes. La chanson-titre utilise le même son frelonesque mais le ralentit, donnant plus de priorité aux guitares chimériques, à la batterie passionnée et aux paroles sombres qui décrivent la sensation d’être pris au piège en tentant d’échapper à la souffrance.

Cette cassette de quatre chansons se termine aussi vite qu’elle a commencé, ce qui est absolument nécessaire. Elle a pour but de te guider à travers tes émotions refoulées, celles que tu ignores. Black Baron te rappelle que c’est nécessaire de faire ressortir tes démons afin de te connaître toi-même.


Black Baron – The Cold Fluorescent Light Of Blinding Shame


Black Baron – Divine Chains

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Video :: Thom Huhtala Band – “I’m Gone, Goodbye” [Dir. Kyle Sanderson]

Thom Huhtala Band - "I'm Gone, Goodbye"

Slo-mo day-tripping in the GTA. Sipping the heat wave through a crazy straw when your gaze hits pause and draws everything out. Wave goodbye, you’re gone on the 401 rabbit-hole, with Dorito crust on your fingers. Let’s go back downtown.

Excursion au ralenti dans le Grand Toronto. Vous sirotez la chaleur à travers une paille folle quand votre regard marque une pause et révèle tout. Faites vos adieux, vous voilà aspiré dans le trou du lapin blanc de la 401 avec des miettes de Dorito sur les doigts. Retournons en ville.

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New Canadiana :: Beard Closet – Latin

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The first funereal tone of this two-song cassette by Toronto’s Beard Closet implies that you are about to enter a restful space, but it’s an unsettled calm. Vocal disharmony and warbling guitar drift helplessly into a chasm, nudged along by the indifferent repeating drone. There’s a drowsy hesitance to the guitar arrangements, broken up by fuzzed-out passages and incidental noise, but there’s succor here, too. The bells chime, softening your hypnagogic stupor. This is new age music for the eternally hopeless.

Avec la première tonalité lugubre de cette cassette de deux chansons par le groupe torontois Beard Closet, vous vous apprêtez à entrer dans un espace paisible, mais c’est un calme perturbant. Une dissonance vocale et un chant de guitare dérivent désespérément dans un gouffre, poussés par l’indifférent bourdonnement répété. On remarque une certaine hésitation somnolente dans les arrangements de guitares, brisée par des passages brouillés et des interférences noise, mais il y a aussi quelque chose d’apaisant. Les cloches sonnent, adoucissant votre stupeur hypnagogique. De la musique nouvel âge pour les éternels désespérés.


Beard Closet – I

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New Canadiana :: Hurricane & Able – The Last Temptation (Of H&A)

Hurrican & Able - The Last Temptation (Of H&A)

With every lyric and guitar riff of The Last Temptation the heart caves, causing the slight feeling of beautiful sadism. Each track of the album echoes relatable feelings of love and friendship, but also, of being lonely and being alone; two very cold topics that are brought to warmth by the passion and strength of Barry and Shawn’s musicianship. The record is described as “little snippets here and there of ideas on (Barry’s) computer and then turned into something just before heading to London.”

However, this album isn’t just a slapdash job thrown together at the last minute. It was first recorded in February 2012 and then released July 2013. A lot of vigour and spirit went into this album and it’s apparent. There are some really special things this record does to cozily wrap you up into it. The surf-rock sound of “Little Girl” sends you back in time to being a young wallflower at a school dance and the anxiousness over whether you should ask your crush to dance. The additional vocals on “The Glory of Love” add a drunken, loving sense of community to give us the extra courage we might need to talk to the one we long for. This album goes well with a broken heart, a day off, your comfy bed and a pack of cigarettes.

Chaque parole et chaque riff de guitare dans The Last Temptation taillade le cœur, ce qui éveille un soupçon de charme sadique. Toutes les pistes de l’album évoquent des émotions connues d’amour et d’amitié, mais aussi d’isolement et de solitude, deux sujets de glace que Barry et Shawn animent du feu de leur passion musicale. L’album est décrit comme « de petites bribes, ici et là, des idées compilées à l’ordinateur (celui de Barry) et ensuite mises en forme juste avant le départ pour Londres ».

Cependant, il ne s’agit pas d’un travail bâclé improvisé à la dernière minute. Le premier enregistrement a été fait en février 2012 et lancé en juillet 2013. L’album a été conçu avec beaucoup de vivacité et d’esprit, on le sent. Plusieurs aspects singuliers à The Last Temptation enveloppent tendrement l’auditeur. La touche de rock surf dans « Little Girl’s » vous ramène à l’époque où vous étiez une fleur timide au bal de l’école et vous remémore les sueurs froides causées par l’idée d’inviter votre flamme à danser… ou pas. Les voix supplémentaires dans « The Glory of Love » ajoutent un sentiment d’appartenance teinté d’amour et d’ivresse, de quoi donner la force de parler à celui ou celle pour qui on se languit. Cet album accompagne bien les cœurs brisés, pendant un jour de congé, dans un lit douillet et muni d’un paquet de cigarettes.

Hurricane & Able – Little Girl

Hurricane & Able – The Glory of Love

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Sanctum // Inferred Views :: The Tranzac

The Tranzac

Toronto has long been a home away from home for expats from Australia and New Zealand. In 1931, a community space for these nationalities was founded, preserving their culture while functioning as a co-op and general club. The Tranzac (an abbreviation of “Toronto Australia New Zealand Club”) has gone through many incarnations and locales over the years, gradually broadening its horizons and becoming more inclusive of other nationalities and practises. Today, the Tranzac is one of the city’s most versatile live music and arts venues. It caters to just about all styles of music, while being slightly partial to the avant-garde and experimental scenes. The Tranzac is known as a non-profit community center, zine library, theatre, music venue, and artistic hotbed of creativity. What holds all the disparate aspects of this space together? A DIY approach and spirit of independence are characteristic of the club. Combine that with positive community relations and an open-minded approach to the arts, and the picture starts to become clear. We caught up with manager/booker Robbie Luster to set us straight.

Gabe Girard: The Tranzac began as a community space for immigrants from New Zealand and Australia. Is this rich history still present today?

Robbie Luster: The Tranzac was founded in 1931 by Aussies and Kiwis, and its association with them is still going on. For decades it was devoted solely to them. There were rugby teams, Maori dances and other things that preserved their culture. The Tranzac was also associated with a big festival called Caravan, representing different cultures in pavilions all across the city. The biggest pavillion was the Aussie one at the Tranzac where they held sheep shearing competitions. The Tranzac’s participation in Caravan was the start of the transition where it became more inclusive of other nationalities… and other people in general.

When did the Tranzac start featuring live music? When did it start branching off into avant-garde jazz?

There has always been live music here. Slowly, in the past 20 years, it started catering to more avant-garde music. The managers, Sandra and Cassandra, changed the focus of the musical acts. It was an organic transition. It always catered to DIY, independent sort of acts. Music that might not be found elsewhere. It took off when Saint Dirt Elementary School started playing. That’s when the balance tipped and started getting associated more with that scene.

What kinds of music do you cater to the most?

We cater to all kinds of music. Programming in our Southern Cross room has a big focus on avant-garde jazz, quirky indie pop, and alt folk. We really do have everything, all kinds of music, the whole gamut. From classical to opera to hip hop. Anything with a spirit of independence, and a DIY ethos. Since we’re a non-profit organization on a shoestring budget, it’s only natural that we would gravitate towards the DIY indie scene.

The Tranzac is a community hub for a lot of groups and organizations. You have partnerships with the Toronto Zine Library, Blocks Recording Club and other labels such as Barnyard and Rat-Drifting. How does this help the organization and the community itself?

We’re trying to build a community, and all trying to help each other. It’s important to have relationships with the labels, zine library, as well as traditional folk music groups. The Morris Ale dancers are a big part of the club. Our chief goal as a non-profit is to foster and contribute to the arts community, particularly on the more avant-garde/independent/DIY side of things, whenever we see a vital and important niche that might be overlooked by more corporate interests. As Toronto’s downtown core becomes increasingly expensive and caught up in the rat race, the need to fill such a niche is more vital now than ever, for the health of the arts and our neighbourhoods.

What do you think sets the Tranzac apart from more profit-driven music venues?

I think what sets us apart is the fact that our primary objective is fostering the arts community — we even have a mandate in our “constitution” to do so — as opposed to a drive for profit. Although, of course, we are always working to keep revenue up!

Does being a non-profit organization give you any advantages or disadvantages?

The fact that we’re non-profit is the most important thing about the Tranzac, I’d say. You can sense it in the attitude and spirit of the volunteers; it really shows that we’re a non-profit. It means we have no budget or a very limited budget, and get the benefit of volunteers who are eager to help out. Overall there is a good vibe.

If someone were looking to book an event at The Tranzac – in any of the spaces you offer – what would you recommend they do?

If one were looking to book an event at the Tranzac — any size! any kind of event! — they can contact me (Robbie) at booking (at) tranzac (dot) org.

Toronto est depuis longtemps la terre d’accueil des expatriés d’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Un centre communautaire a été fondé dès 1931 pour les nouveaux arrivants de ces pays afin de préserver leurs cultures. Le centre a également rempli les fonctions de coopérative et de club. Le Tranzac, acronyme de « Toronto Australia New Zealand Club », s’est réincarné sous plusieurs formes et a été le théâtre de nombreux types de scène. Au fil du temps, le Tranzac a élargi ses horizons et a ouvert la porte à d’autres nationalités et à d’autres traditions culturelles. Le Tranzac est maintenant une salle de spectacle des plus hétéroclites de la scène musicale et artistique. Le club présente pour ainsi dire tous les styles de musique, quoique particulièrement enclin à mettre sur scène de la musique expérimentale ou avant-garde. Le Tranzac est connu comme un centre communautaire, un organisme à but non-lucratif (OBNL), un centre d’archivage de zines, un théâtre, une salle de spectacle et espace de création bouillonnant. Comment parvient-on à former un tout de ces ingrédients éclectiques? L’approche DIY et l’esprit d’indépendance font déjà l’apanage du club. S’ajoutent à la toile une relation harmonieuse avec le milieu et une vision de l’art à large déploiement… alors, le portrait commence à se raffiner. Nous avons rencontré le gérant et planificateur, Robbie Luster, pour avoir l’heure juste.

Gabe Girard: Le Tranzac a d’abord été un lieu communautaire pour les immigrants d’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ce riche passé a-t-il laissé une trace jusqu’à nos jours?

Robbie Luster: Le Tranzac a été fondé en 1931 par des Oz et des Kiwis, et l’association originale existe toujours. Pendant plusieurs décennies, le club s’occupait uniquement de ce groupe culturel. Il y avait des parties de rugby, de la danse maorie et d’autres activités pour préserver leur culture. Le Tranzac collaborait aussi à Caravan, un festival de grande envergure, au cours duquel on érigeait des scènes à l’effigie des différentes cultures dans toute la ville. La plus grande scène était celle des Australiens au Tranzac, où des concours de tonte de mouton avaient lieu. La participation du Tranzac au festival Caravan constitue le début de l’inclusion d’autres nationalités… et l’ouverture à l’ensemble du milieu.

Quand le Tranzac a-t-il commencé à présenter des performances musicales? À quel moment s’est-il tourné vers l’avant-garde jazz?

Les performances musicales ont toujours eu une place ici. Depuis les 20 dernières années, le Tranzac a tranquillement commencé à mettre de l’avant plus de musique d’avant-garde. Les gérantes, Sandra et Cassandra, ont changé le style des performances au menu. La transition s’est faite de façon naturelle. Le Tranzac avait toujours accueilli des performances de type DIY, du milieu indépendant. De la musique qu’on n’entend pas ailleurs, quoi! L’étincelle a jailli lorsque Saint Dirt Elementary School a commencé à jouer ici. C’est alors que le Tranzac a pris un virage vers la scène émergente.

Quels types de musique présentez-vous le plus?

Nous présentons de la musique de tout genre. La programmation de la salle Southern Cross comprend beaucoup de jazz avant-gardiste, du indie pop émergeant et du folk alternatif. Toutefois, on en a vraiment pour tous les goûts, de tous les genres de musique! Notre gamme musicale est vaste : classique, l’opéra, hip-hop… Tout groupe avec un esprit d’indépendance ou une philosophie DIY est le bienvenu. Puisque nous sommes un OBNL, avec budget serré, il est tout naturel que nous gravitions autour de la scène de la musicale indépendante.

Le Tranzac est un phare pour de nombreux groupes et organismes. Vous collaborez avec la Toronto Zine Library (une fanzinethèque torontoise), le Block Recording Club et d’autres producteurs, dont Barnyard et Rat Drifting. Quels rôles jouent ces collaborations pour votre organisme et pour le milieu?

Nous contribuons tous ensemble à bâtir une communauté et nous nous entraidons les uns les autres. Il est important d’entretenir des relations avec les producteurs, le milieu du zine ainsi qu’avec les groupes de folk traditionnel. La troupe de danse Morris Ale est un partenaire majeur du club. Notre mission est de promouvoir et de soutenir le milieu artistique. Nous sommes interpellés à chaque fois que nous dénichons un créneau incontournable qui pourrait passer sous le nez des grandes corporations, tout particulièrement lorsqu’il s’agit des représentants de l’avant-garde, du DIY et des artistes indépendants. Aux prises avec une opération de nivelage vers le haut, il devient de plus en plus cher de vivre au cœur du centre-ville de Toronto, de sorte qu’explorer ce créneau devient une nécessité plus que jamais, afin de maintenir un milieu artistique et humain équilibré.

Qu’est-ce qui distingue, selon vous, le Tranzac des autres salles à vocation lucrative?

Je crois que c’est notre mission de promouvoir le milieu artistique, qui nous distingue de ceux qui, pour leur part, s’intéressent aux profits. Cette mission est même inscrite dans le mandat que nous nous sommes donné dans notre « constitution ». Évidemment, nous cherchons, tout de même, à constamment générer des revenus!

Être un OBNL comporte-t-il certains avantages ou désavantages?

Le fait d’être un OBNL est, je pense, déterminant pour le Tranzac. C’est palpable dans l’attitude et l’énergie des bénévoles, notre travail respire le dévouement. Une constitution en OBNL signifie avoir peu ou pas de budget et bénéficier de l’aide de bénévoles motivés. En somme, notre environnement est rempli de bonnes ondes.

Que recommandez-vous à quiconque souhaiterait organiser un spectacle au Tranzac, dans n’importe quelle de vos salles?

Vous souhaitez jouer sur une scène du Tranzac? Quelque soit l’envergure ou le style de votre projet, communiquez avec moi (Robbie) au booking (at) tranzac (dot) org.

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