Category: ontario

New Canadiana :: Power Nap – One and Two

Power Nap - One and Two

One and Two is the solo debut from Bradley Davis of Fresh Snow. Engaging on a cerebral tour of drones and synths, “One” begins with the steady chime of a gong. The echo carries into its next chime. A rhythm builds, bringing to mind Ottawa’s iconic doom metal band Buried Inside. “Two” has a more guitar-driven and sinister feel, at one point accompanied by a brief verse that Davis sings himself. Albeit a sweet moment in the transition, it holds bittersweet menace, like the seconds after a nightmarish scene in a David Lynch film. Davis’s technique goes beyond simply adding layers, opting for multi-instrumental and multi-dimensional soundscapes.

One and Two est le début solo de Bradley Davis de Fresh Snow. S’engageant dans une tournée cérébrale de drones et de synthés, « One » commence avec le son régulier d’un gong qui résonne d’un coup à l’autre. Un rythme se crée, rappelant Buried Inside, le groupe ottavien iconique de doom metal. La guitare mène la danse dans « Two », qui a un air plus sinistre et qui, à un certain moment, est accompagné par un bref couplet chanté par David. Ça a beau sembler être un moment tendre incrusté dans la transition, comme les quelques secondes qui suivent une scène cauchemardesque dans un film de David Lynch, c’est aussi un moment rempli de terreur aigre-douce. La technique de Davis va au-delà d’un simple ajout de couches, optant plutôt pour des paysages sonores multi-instrumentaux et multidimensionnels.


Power Nap – Two

New Canadiana :: Mother’s Children – Lemon

Mother's Children - Lemon

Engines rev. Teens yell. Power chords. Following their debut by four years, the second full-length from Mother’s Children is determined to make snarling yet sweet power-pop everybody’s business. Underneath the ripping solos and a rhythm section that thunders louder than your ex-girlfriend’s motorcycle are four endearing dudes happy to pose as teenage rebels, blazers and DIY razored haircuts included. Songs of androgyny, mystery and lust, with just enough palm muting to raise drunken fists excitedly in the air. Instant happiness, now in stereo.

Des moteurs vrombissent. Des ados crient. Cordes électriques. Quatre ans après son entrée en scène, Mother’s Children revient avec un album déterminé à intéresser tout le monde à la power-pop grinçante, mais adorable. Derrière les solos déchirants et la section rythmique qui gronde plus fort que la moto de ton ex-blonde, on trouve quatre mecs attachants et heureux de jouer les ados rebelles, blazers et coupes de cheveux faites maison compris. Des chansons à propos d’androgynie, de mystère et de luxure qui ont juste assez de palm mute pour faire lever les poings enivrés dans les airs. Bonheur garanti, maintenant en stéréo.


Mother’s Children – Break It To Me


Mother’s Children – Talk To Her

Ex Libris :: David Proctor – Gross

David Proctor - GrossDavid Proctor - Gross

You are sick. Maybe everyone is sick. Maybe our culture is sick, or maybe our culture is the sickness. All consumed, all consuming. And if consumerism is the sickness, then what is the cure? If the crucified working class can’t rub the sleep from its eyes, who can? And if David Proctor’s Gross never completely restores sobriety to our inebriation, in a moment worthy of Proust, it nevertheless shines a beacon of light, indicating the redemptive power of art as our generation’s only hope. Proctor performs a post-mortem on western culture, opening us up, putting our hopes, fears, and values on display. Take a look at what you consume.

Vous êtes malade. Peut-être que tout le monde, ou même notre culture l’est. Ou peut-être que la maladie est notre culture elle-même. Tarie par la consommation, elle est elle-même voracement consommatrice. Et si le consumérisme est la maladie, existe-t-il un traitement? Si la classe ouvrière lasse ne peut s’enlever la fatigue des yeux, qui pourra le faire? Et si Gross, de David Proctor, ne nous tire jamais complètement de notre état d’ébriété pour nous ramener vers la sobriété, dans un moment digne de Proust, il projette néanmoins la lumière d’un brillant fanal indiquant le pouvoir rédempteur de l’art en tant que seul espoir de notre génération. Proctor effectue une autopsie sur la culture occidentale, allant chercher en nous nos peurs, nos valeurs et nos espoirs pour les exposer. Regardez bien ce que vous consommez.

David Proctor - Gross

Ex Libris :: The Golden Bat

The Golden BatThe Golden Bat

It’s hard to ever truly know a city or a region; even if you think you’ve seen it all, time lends itself to new appreciations and unexplored feelings. As buildings crumble and new neighbourhoods emerge, so does our grip on the translucent dust of memory as it seeps out into the warm textures of an aged image. Flipping through The Golden Bat evokes both the melancholic and the mysterious nature of the region of Waterloo, affectionately referred here as the “try-cities”. The stories and anecdotes inside reference and make light of the changing nature of the region, even if its distinct (misunderstood?) spirit remains pressed into each emerging pattern of progression. The zine’s cover itself is a faded entry in photographic conscience from a time before city council replaced a concrete parking lot with more concrete. Poster art from local shows act as symbols of the DIY music community that remains a beacon to local showgoers. Introduce yourself to this wyrd place.

C’est difficile d’arriver à vraiment connaître une ville ou une région; même si on pense avoir tout vu, le temps amène toujours de nouvelles appréciations et des sentiments inexplorés. Au fur et à mesure que des bâtiments s’effondrent et que des nouveaux quartiers émergent, il en est de même pour notre poigne sur la poussière translucide de la mémoire alors qu’elle s’infiltre dans les textures chaudes d’une image vieillie. Feuilleter The Golden Bat évoque la nature mélancolique et mystérieuse de la région de Waterloo, où les villes sont affectueusement désignées de “try-cities”. Les histoires et anecdotes qu’on retrouve à l’intérieur font référence à la nature éphémère de la région et se moquent un peu de celle-ci, même si son esprit distinct (incompris?) reste bien enfoncé dans chaque nouvelle habitude de progression. La couverture du zine est, en conscience photographique, une entrée délavée issue d’un temps où le conseil municipal n’avait pas encore recouvert un stationnement de béton avec encore plus de béton. Les affiches de prestations locales font office de symboles de la communauté musicale Do It Yourself qui elle, sert de pilier pour les spectateurs locaux. Venez vous présenter à cette scène byzarre.

The Golden Bat

New Canadiana :: Clara Engel – Ashes and Tangerines

Clara Engel - Ashes and Tangerines

Some music seems too big for itself. Like an ancient encyclopedia with entries on folk, blues, post-punk, opera, and chamber music that sits on a shelf next to a pretty little wilting plant on one side and lonely fish in a bowl on the other — and you wonder how that tome doesn’t bring the whole bookcase crashing down. So big are the sounds here, so crackling with emotion that the perfect place to see it live would be somewhere old and wooden: a huge hall usually saved for ceremonies, lit by hundreds of candles, flickering and warm. Or, if not live, then as a soundtrack to a movie that takes place in a very old, grey city, where two lovers lose each other and have to spend a cold night wandering the wet streets searching for the other. It would be autumn, and most of the citizens of this city would also be cold, but some kind souls would extend their hands in help. In the end the lovers would find one another, but not after losing something else that they could never get back.

Certains genres de musique semblent trop vastes pour ce qu’ils sont. Imaginez ceci : reposant sur une étagère entre une plante fanée et un poisson rouge dans un bocal, une vieille encyclopédie remplie de fiches sur le folk, le blues, le post-punk, l’opéra et la musique de chambre, tellement massive que c’est à se demander quelle force divine maintient l’étagère au mur. La scène parfaite pour écouter une représentation de cette musique si vive, si débordante d’émotions serait un vieux hall habituellement réservé aux cérémonies où des centaines de chandelles projettent leur lueur chaude et crépitante sur ses murs faits de bois. Autrement, on pourrait l’imaginer comme la trame sonore d’un film qui se déroule dans une vieille ville grisâtre, où deux amants passent une froide nuit d’automne à errer en clapotant dans les rues mouillées à la recherche l’un de l’autre. Étant donné la saison, la plupart des habitants seraient aussi froids que la nuit, mais il y aurait quand même quelques bons samaritains prêts à donner un coup de main. À la fin, les amoureux seraient réunis, mais non sans sacrifier pour de bon quelque chose qui leur est très cher.


Clara Engel – Raven


Clara Engel – Marrow Bone

Video :: Spectre – “On the Telephone”

Spectre - "On the Telephone"

The femme fatale. The mysterious briefcase. The panicked payphone call. This video for Spectre’s “On The Telephone” is packed with all the key elements of a critics’ choice thrill ride. Director Kai Davey-Bellin, teaming up with two video vets, utilizes non-linear chops to drive the narrative in this dialogue-free flick. The cinematic intrigue intensifies with repeated views as you slip deeper into this story of deceit and despair.

La femme fatale. La mallette mystérieuse. L’appel paniqué depuis un téléphone public. Le vidéo de la chanson «On The Telephone» de Spectre rassemble tous les éléments clés d’un thriller qui plaît aux critiques. Le réalisateur Kai Davey-Bellin, associé à deux vétérans du vidéo, utilise des techniques non linéaires pour faire avancer le récit dans ce film sans dialogues. L’intrigue cinématographique s’intensifie à chaque visionnement, alors que vous glissez plus loin dans cette histoire de duperie et de désespoir.

New Canadiana :: Clarinet Panic Deluxx – No Tasseomancy

Clarinet Panic Deluxx - No Tasseomancy

It’s strange that this album is called No Tasseomancy. Often lines of sound follow different time signatures only to meet together abruptly and divide again. It is the synchronicity of events leading to an inevitable outcome. Much like the intuitive mysticism of tea leaf readers, this music finds tiny dots of connection in the chaotic movements of the universe. Maybe the movement away from tasseomancy conveys a forethought of the composer(s). No matter, it’s a thoughtful sound.

Il est étrange que le titre de cet album soit No Tasseomancy. Souvent, les ondes sonores se propagent dans différentes directions ne serait-ce que pour venir se croiser soudainement, puis se séparer à nouveau. C’est la synchronicité des évènements menant à un résultat inévitable. Comme le mysticisme intuitif des devins qui lisent dans les feuilles de thé, cette musique parvient à trouver de minuscules points de jonction au cœur des mouvements chaotiques de l’univers. Peut-être cette négation de la tasséomancie nous dévoile-t-elle une certaine prévoyance de la part du/des compositeur(s). Peu importe, il s’agit bien d’un son réfléchi.


Clarinet Panic Deluxx – No Tasseomancy


Clarinet Panic Deluxx – De-Troit

New Canadiana :: Thantifaxath – Sacred White Noise

Thantifaxath - Sacred White Noise

The debut album from Torontonian black metal wizards Thantifaxath is as easily digested as a near-death experience. With every depraved howl and rhythmic contortion, the anonymous three-piece hurl the listener headlong towards eternity’s void. As the paralyzing sense of one’s finitude looms ever-larger, the Dark Mother rears her head, beckoning with a bloody tongue. What follows is a searing blur of rapturous agony. Now left bodiless and forlorn, the soul seeks refuge in an ocean of wisdom left to dry up long ago. This is the culmination of every nervous glance, every humiliation, every trial of humanity. Perhaps it is not a fear of the end that perpetuates our anxieties but a fear that the end will not come soon enough.

Thantifaxath, le premier album des magiciens black-metalleux torontois, est aussi agréable pour l’estomac que de frôler la mort. Avec chaque hurlement dépravé et chaque contorsion rythmique, ce trio anonyme projette l’auditeur tête première vers le néant de l’éternité. Alors que cette paralysante réalisation que la fin est imminente devient de plus en plus palpable, la Mère Sombre fait son entrée et séduit de sa langue ensanglantée. S’ensuit un flash brûlant d’exquise agonie. Laissée sans joie ni enveloppe corporelle, l’âme se réfugie dans un océan de sagesse asséché depuis longtemps. Ceci est la culmination de chaque regard nerveux, chaque humiliation, chaque épreuve à laquelle on a dû faire face. Peut-être que ce n’est pas une peur de la fin qui perpétue nos anxiétés, mais bien la peur que celle-ci ne vienne pas assez vite.

Thantifaxath – Gasping in Darkness

Thantifaxath – The Bright White Nothing at the End of the Tunnel

Far Shores // Ex Libris :: Exploding Motor Car – The Public Slaw

Exploding Motor Car - The Public Slaw


Andrew Zukerman – The Public Slaw (pt 1)

The Public Slaw overloads and overwhelms the senses with a splice ’n’ diced opus of gastric proportions. Andrew Zukerman and Winston Hacking, the bugged out brains behind Exploding Motor Car, send this short film, soundtrack and accompanying book on a crash course into scrambled pleasure centres. From the vibrant vignettes of its opening section (kung fu pandas, puppies, and one perplexed vampire) to the b&w cool-out at its close (dancer Minae Omi shrouded in monochrome) this ADHD A/V farrago will leave its viewers finely shredded.

The Toronto premiere and book launch of The Public Slaw takes place Friday, Sept. 12 at 811. More information here.


Andrew Zukerman – The Public Slaw (pt 1)

The Public Slaw sature et submerge les sens avec un opus-fricassée aux gourmandes proportions gastriques. Andrew Zukerman et Winston Hacking, les cerveaux irrités derrière Exploding Motor Car, ont envoyé ce court film accompagné d’une trame sonore et d’un livre, véritable cours intensif de plaisirs brouillés. Des thématiques vibrantes titillent l’appétit dès l’ouverture (kung fu pandas, animaux cutes, et un vampire perplexe) jusqu’à la période de relaxation finale, une image en noir et blanc de la danseuse Minae Omi enveloppée de monochrome. Ce fractal hyperactif audio-visuel laissera le lecteur finement haché.

The Toronto premiere and book launch of The Public Slaw takes place Friday, Sept. 12 at 811. More information here.

Far Shores :: Rebecca Fin Simonetti – Knife Play

Rebecca Fin SimonettiRebecca Fin Simonetti

Taking pause outside the mayhem of Dundas West’s Friday night bar crowds, Le Gallery acts as a portal transporting you into Rebecca Fin Simonetti’s imagined world. You have made it to the afterlife, the waiting room of Fin’s purgatory. Her darkly dystopic and psychedelic visions create a kind of intoxicating limbo, where myriad forms pull the viewer into an alternate reality of savage girlhood run amok.

Prison markings scrawled on the wall create a kind of mind map of desperation. In the corner, a taxidermied goat hangs suspended from the ceiling above a cluster of objects, acting as a spirit guide that guides the viewer through a translucent doorway.

In the next room, illuminated stained glass tombstones are laid out in graveyard rows facing a suspended screen that loops Fin’s haunting video for “Anin”. The video, shot with military surveillance cameras, features the artist and a collection of girls moving around a darkened industrial space, climbing over top of one another, vomiting a mysterious milky fluid, spray painting the names of girls in tombstones on walls: Violet, Suyin, Anne, Amy…
Rebecca Fin Simonetti
In framed drawings found past the screen, swarms of young women climb over barren landscapes and the detritus of recognizable elements from our own world: dilapidated chain-link fences, abandoned cars, a swan boat by the river bank. Black garbage bags are piled up beside an opulent princess bed; deceased animals hang from the sky or lay on the ground, covered in flowers and plant life, limbs inexplicably missing. Seeming like the haunting but not quite grisly aftermath of some war, we are left to wonder if this world is not just a projection of the characters within it. If this is meant to project a future reality, then it begs the question: what happened here?

The chiming, ghostly and indecipherable Anin moves time in multiple directions. This is the anthem to a death march that plays quietly in the back of our own minds, in waiting rooms, on solitary walks, in the moments before we fall asleep at night. Bittersweet but not saccharine, Knife Play shows us the most beautiful kind of Memento Mori. As the fiction of Fin’s imagined girls remind us, well all must face our own inevitable demise. It is the vulnerability of these sickly, wild and wretched girls that makes this reminder all the more tragic.

Juste hors du désordre des foules du vendredi soir qui fréquentent le bar de la rue Dundas Ouest, Le Gallery sert comme portail qui t’achemine à l’intérieur du monde imaginaire de Rebecca Fin Simonetti. Tu as transcendé à l’au-delà, la salle d’attente du purgatoire de Fin. Ces visions psychédéliques et sombrement dystopiennes créent un type de flou enivrant où des myriades de formes tirent le spectateur dans une autre réalité où la jeunesse d’une fille devient incontrôlable.

Des gribouillages griffonnés sur le mur d’une prison créent une sorte de carte du désespoir. Dans le coin, une chèvre empaillée est suspendue du plafond au-dessus d’un assortiment d’objets, servant de guide spirituel qui amène le spectateur à travers une porte translucide. Dans la pièce à côté, des pierres tombales en verre, tachées, sont ordonnées comme dans un cimetière, face à un écran suspendu sur lequel la vidéo troublante for « Anin » passe en boucle interminable. La vidéo, qui a été filmée avec une caméra de surveillance militaire, présente l’artiste avec un groupe de filles qui se déplace autour d’un sombre espace industriel, grimpant l’une sur l’autre, vomissant un mystérieux liquide laiteux, aspergeant de peinture à la bombe les noms des filles sur des pierrestombales peintes sur les murs : Violet, Suyin, Anne, Amy…

Rebecca Fin Simonetti

Dans des dessins encadrés trouvés passé l’écran, des masses de jeunes femmes grimpent au-dessus de paysages stériles et de détritus d’éléments qu’on reconnait de notre propre monde : des grillages délabrés, des voitures abandonnées, un bateau en forme de cygne qui s’est échoué sur la rive. Des sacs-poubelle noirs sont entassés à côté d’un lit de princesse somptueux; des animaux décédés sont suspendus du ciel ou posés sur le sol, recouvertes de fleurs et autres types de plantes, leurs membres manquants, sans explication.

Un peu comme la suite obsédante, mais pas tout à fait atroce, des conséquences d’une quelconque guerre, nous devons nous demander si ce monde n’est pas simplement la projection des personnages qui y habitent. Si ces images ont été conçues pour prévoir la réalité du futur, une question se pose : « Qu’est-ce quis’est passé ici ? »

Anin, un être fantomatique, indéchiffrable, arrive à changer le temps et à le diriger dans différentes directions. Cela devient un hymne, comme une marche funeste qui se déroule dans notre esprit, dans les salles d’attente, dans des marches en solitaires, dans les moments avant de tomber endormi. Douce-amère, mais pas sirupeuse, Knife Play nous démontre la plus belle réalisation de notre memento mori. Comme ces filles imaginées par Fin nous le rappelle, nous devons tous faire face à notre propre disparition. C’est bien la vulnérabilité de ces filles chétives, sauvages, qui rend ce rappel d’autant plus tragique.