Category: compact disc

New Canadiana :: Des Moines – Demoines

Des Moines - Desmoines

There are a few places on Earth where the sky at night has more depth than anywhere else. Usually these are great flat places, overloading the snowglobe perception. At this one in particular you can pick up a certain electromagnetic signal from deepest space. In attempt to cancel it out, Earth sent back the opposite signal, purposefully delaying First Contact and the next era—but Earth messed it up, so the transmission we intercepted is a jumble of both. It’s impossible to tell from here if the original alien broadcast was an invasion announcement, or just a friendly HELLO from some galaxy-traversing renegade youth. You understand this can in no way reach the press—standard-procedure gov’t cover-up—but, well, for how long can a prairie town hold such a big secret?

Il existe peu d’endroits sur la Terre où, pendant la nuit, le ciel a plus de profondeur que n’importe où ailleurs. En général, il s’agit de grands espaces plats, surchargeant la perception de style boule à neige. À partir d’ici en particulier, il est possible d’intercepter un certain signal électromagnétique provenant de l’espace profond. En tentant de l’annuler, la Terre a envoyé le signal opposé, retardant délibérément le Premier Contact et la prochaine ère – mais la Terre a raté son coup. Le signal que nous avons intercepté est un mélange des deux. Il est désormais impossible de dire si le message extraterrestre original annonçait une invasion, ou s’il s’agissait seulement d’un amical BONJOUR de la part de jeunes renégats traversant la galaxie. Vous comprenez qu’en aucun cas la presse ne doit être informée – procédure de dissimulation standard du gouvernement – mais, enfin, combien de temps une ville des prairies peut-elle garder un si grand secret?


Des Moines – By the By


Des Moines – Moving Through Cement

New Canadiana :: Body of Waste – Body of Waste

Body of Waste - Body of WasteWeird_Canada-Body_of_Waste-Body_of_Waste-thumb

After a killer day snowboarding, Christopher Forgues, Genesis P-Orridge, and I went to the Black Pus show, down at the Loose Moose Sports n’ Grill. Jägerbombs were on special! It was Wing fuckin’ Wednesday! They kept all the TVs on so Chris could keep an eye on his ice men. Back on stage, Brian did one of those flaming shots with whipped cream as the Chippendale Electric Band shredded on a cool Huey Lewis cover. Afterward, we all puked in the parking lot.

Après une superbe journée en planche à neige, Christopher Forgues, Genesis P-Orridge et moi sommes allés au spectacle de Black Pus au Loose Moose Sports n’ Grill. Il y avait un rabais sur les Jägerbombs et c’était mercredi : la journée des ailes! Toutes les télés étaient allumées, alors Chris pouvait garder un œil sur ses hommes de glace. Sur la scène, Brian a bu un de ces « shooters » enflammés avec de la crème fouettée pendant que le Chippendale Electric Band nous jouait une super reprise de Huey Lewis. Nous avons tous terminé la soirée en vomissant dans le stationnement.


Body of Waste – Grown in My Own Mouth


Body of Waste – From an Opium Den

New Canadiana :: Girl Arm – Trading Cities

Girl Arm - Trading CitiesGirl Arm - Trading Cities

Girl Arm’s label headquarters lies directly underneath Montreal’s disreputable Boul. St-Laurent, which you must cross with an eye over your left shoulder, or you won’t even make it past the speeding taxis. To get to this underground chamber, you must descend a rickety staircase: a conglomerate of wooden slabs without mark of modern engineering, kin of rope bridges of the action-adventure type. As you know, taking a tentative approach to bridge-crossing — trying to re-center your balance on each beam before leaping to the next one — will likely result in your fall to the beast-ravaged jungle below. The trick is to move quickly and trust momentum. If you can synchronize your pace to the swinging of the wood beams you’ll be fine. Until the rhythm changes

Le siège social du label de disque de Girl Arm se trouve directement sous le boulevard Saint-Laurent, à Montréal; ce boulevard peu recommandable qu’il faut toujours traverser en regardant sur la gauche, sinon on ne s’en sort pas à travers les taxis qui roulent à toute vitesse. Pour atteindre la chambre souterraine, on doit descendre un escalier branlant : un conglomérat de dalles en bois sans trace d’ingénierie moderne, dans la famille des ponts de corde du style action-aventure. Comme on le sait, tenter de traverser le pont – essayer de retrouver son équilibre à chaque poutre avant de passer à la prochaine – provoquera sûrement notre chute dans la jungle ravagée par les bêtes en dessous. L’astuce est de bouger rapidement et de faire confiance à son élan. Si on arrive à synchroniser son allure au balancement des poutres de bois, on s’en sort. Jusqu’à ce que le rythme change


Girl Arm – Her Hands


Girl Arm – Trading Cities

New Canadiana :: Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

Thee Mean Reds - Holidaying in the Psychotropics

Instrumental music has the unique ability to situate the listener rather than engaging in a dialogue. The jangly nerves of Holidaying in the Psychotropics lets you choose your own adventure

You come to at the steering wheel. Maybe you’ve been driving all night. You try to keep calm while your mind races… how did you get here and how long you were out? A sign reads Barstow City Limit, and beyond it is an ancient gas station. You decide to pull over.

Amid the broken boards and shingles inside you notice an old jukebox half crushed under a fallen roof beam producing faint crackles and pops. Not one for firsts, you push “B” and “2” and the mangled innards whir laboriously. “Widowmaker” comes on.

You hear a noise behind you and turn around quickly — what’s your next move? Turn to page 56 to investigate, or 108 to hurry back to the car.

La musique instrumentale a la capacité unique de situer les auditeurs plutôt que de dialoguer avec eux. Les nerfs à vif de Holidaying in the Psychotropics vous font vivre une aventure dont vous êtes le héros… Vous revenez à vous-même derrière le volant. Peut-être avez-vous conduit toute la nuit. Vous essayez de garder votre calme alors que tout va à vive allure dans votre tête… Combien de temps s’est écoulé et comment en êtes-vous arrivé là? On peut lire « Barstow City Limit » sur une pancarte. Une vieille station-service se dresse quelques pas plus loin. Vous décidez de vous y arrêter.

Parmi les débris à l’intérieur, vous remarquez, à moitié écrasé sous une poutre tombée du plafond, un vieux juke-box qui crépite encore faiblement. Chaque chose ayant une première fois, vous appuyez sur les touches « B » et « 2 », et son mécanisme détraqué s’active tant bien que mal. « Widowmaker » commence à jouer. Un bruit à l’arrière vous incite à vous retourner subitement. Et maintenant, qu’allez-vous faire? Pour continuer à explorer, allez à la page 56, pour décamper vers votre voiture, à la page 108.


Thee Mean Reds – Widowmaker


Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

New Canadiana :: Ancient Babes – Futuristic Demon

Ancient Babes - Futuristic DemonAncient Babes - Futuristic Demon

Adrift in nothingness, all is quiet and your mind is relieved. With stars sparkling all around you and countless unexplored worlds passing you by, you gaze into the blackened abyss, its wide-open mouth swallowing you whole. The past and future are nowhere to be found. Pulsating and quivering, shimmering and melting, you do not know where you are, yet it is all so comforting. You feel like you have been here before, but it is all too difficult to determine when. Whoever thought that sailing through space could feel so consoling?

À la dérive dans le néant, tout est calme et votre esprit est soulagé. Parmi les étoiles scintillantes et d’innombrables mondes inconnus qui défilent, vous regardez dans l’abîme sombre; sa bouche grande ouverte vous avalant complètement. Le passé et le futur sont anéantis. Palpitation, frémissement, scintillement et fusionnement… vous ignorez où vous êtes, mais en même temps, c’est l’apaisement. Vous avez l’impression d’être déjà venu à cet endroit, mais difficile de savoir à quel moment. Qui aurait pensé qu’un voyage dans l’espace pourrait être aussi réconfortant.


Ancient Babes – Surface Terms


Ancient Babes – Occult Commando

New Canadiana :: Only Wolf – Chemicals

Only Wolf - Chemicals

The subtleties bound in this New Age ambient-folk sends Only Wolf on whisked meanderings through the air-firm fogginess. Mistaken for the turning of the ol’ buttermilk sky, sheets are drawn over dawn’s weary countenance as the phrasings of our divided nebulosities collect in oaken bowls placed under cracks, collecting the reechoes that diminute from the firmament’s blinking eyes. Reticent declivities break from the eddies that rain down as spaced-out vocal timbres, gathering in our luminous chests and metamorphosing as transcendental fireflies. They escape from our mouths in all the colours of imagined alchemical exclamations.

Les subtilités de ce folk ambient New Age envoient Only Wolf dans de vives flâneries à travers un brouillard gazeux. Croyant voir le jour se lever sur un ciel babeurre, on tire les draps sur l’allure lasse de l’aube alors que les expressions de nos nébulosités divisées sont recueillies dans des bols de chêne placés sous les fentes, où se ramassent les réverbérations qui sont réduites par les clignements d’yeux du firmament. Des pentes réticentes naissent des éboulements de timbres vocaux défoncés, se rassemblant dans nos poitrines lumineuses et se métamorphosant en lucioles transcendantales. Elles s’échappent de nos bouches dans toutes les couleurs de nos exclamations alchimiques imaginées.


Only Wolf – Babycakes


Only Wolf – Danette

New Canadiana :: Avery Strok – Radio Lucifer Two

Avery Strok - Radio Lucifer II

Are the sonic wanderings of Can too tight for you? Is the Art Ensemble of Chicago too tied to tradition for your liking? Maybe you’re the kind of person who listens to the musique concrète of Pierre Shaeffer and wishes it was awash in drone? If so, stop whatever you had planned for the next little while and tune in to Radio Lucifer. Led by Avery Strok, this loose collaboration of musicians (including Moonwood, Toronto’s king and queen of desert-kraut) explore the furthest outer limits of the free-space sound so popular with the kids of the fifth dimension these days. So deep do these cosmonauts travel, leaving psych-rock to total abstraction, that one wonders if the return trip is even possible.

Les errances soniques de Can vous semblent trop hermétiques? Le Art Ensemble of Chicago est trop traditionnel à votre goût? Peut-être êtes-vous le genre de personne qui écoute la musique concrète de Pierre Shaeffer et qui souhaite qu’elle soit inondée de drone? Si c’est le cas, annulez tout ce que vous aviez prévu de faire dans les prochains jours et écoutez Radio Lucifer. Cette collaboration décontractée de musiciens menée par Avery Strok, (et qui comprend Moonwood, le roi et la reine du desert-kraut de Toronto), explore les frontières les plus éloignées de l’espace libre du son si populaire auprès des jeunes de la cinquième dimension ces derniers temps. Ces cosmonautes voyagent tellement loin, abandonnant le rock psychédélique à une abstraction complète, qu’on se demande si un voyage de retour est même possible.


Avery Strok – Radio Lucifer- Jan 26, 2013

New Canadiana :: Anna Siddall – The Day

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Despite taking a third of my lala life to be made, this slice of Toronto song history knowledgebliss arrives right on time. A voice that sounds like all the votives of the Vatican smouldering, wistful organs, classic manic Barnyard Records guitar shreddery, all recorded in that room next door that you were in, that one time. Remember? Anna’s words evade the incomplexities re: relationships that far more than often pass as credible and interesting, in favour of much rawer feelings and an ellipsis so inviting; it’s where you’ve always belonged. She’s the evocatrice. Shame, regret, nostalgia, tenderness, but victorious over them in an acceptance of the purgatory between coming-of-age and, yknow, that adult thing.

Malgré que ça ait pris un tiers de ma vava vie avant qu’elle ne voit le jour, cette bribe d’histoire musicale réjouissavante torontoise arrive juste à temps. D’une voix qui sonne comme toutes les votives du Vatican à l’unisson, des orgues mélancoliques, le shred frénétique signé Barnyard Records, enregistré dans la pièce direct à côté de celle dans laquelle t’as été une fois, tu te rappelles? Les mots d’Anna, l’évocatrice, évitent les incomplexités re : des relations interpersonnelles, qui la plupart du temps semblent crédibles et intéressantes, en faveur de sentiments beaucoup plus crûs et d’une ellipse si invitante, on y est encore mieux que chez soi. Honte, regret, nostalgie, tendresse, tu triompheras sur ces sentiments à travers l’acceptation du purgatoire situé entre le passage à l’âge adulte, et ben, t’sais, être un adulte là.

Anna Siddall – The Day

Anna Siddall – Back to the River

New Canadiana :: Psychic Pollution – Spatium Tympanum

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Psychic Pollution: the rolling fog that creeps into the crevices of our minds, that fills out the gaps with a solo symphonic score. Spatium Tympanum is the deepest and darkest conduction to-date from a man whose tendrils reach into so much of the Victoria music scene. Drummer assembled behind many solid ensembles. Tinkerer of overhead projectors and pocket instruments. Curator of southern island. Influence and idea in a flurry: audio osmosis.

Psychic Pollution : le brouillard qui s’infiltre dans les crevasses de notre esprit, qui les remplit d’un morceau symphonique solo. Spatium Tympanum est jusqu’à maintenant la transmission la plus sombre, la plus profonde d’un homme omniprésent dans la scène musicale victorienne. Batteur faisant partie de bien des groupes solides. Bricoleur de rétroprojecteurs et d’instruments de poche. Conservateur de l’île du sud. Une rafale d’influence et d’idées : osmose audio.

Psychic Pollution – Gamma Boötis

Psychic Pollution – Hue

New Canadiana :: Bufflo – Unseam’d

Bufflo - Unseam'd

Canada seems to lack a cohesive, internet-accessible, forward-thinking hip-hop underground, but that doesn’t mean the genre is lacking here. Unseam’d, the debut from Montreal’s Bufflo, is diversely crafted and mature in composition, creating a unique and dimly-lit, claustrophobic world that exists somewhere between the cracks of James Blake’s early singles, Edgard Varese, Drake, and noise-rap pioneers Madvillain and Cannibal Ox (along with newer acts like Death Grips and CLPPNG). Flourishes of live cello add a warm layer of melancholy as the syrup for this potent noise-beat-pop hybrid, projecting onto the big screen but glitching out from a shotty projector at the budget theatre; this is experimental music first and foremost and its most inviting traits of hip-hop diversity, film-score introspection, and the occaisonal house beat can’t undermine its obvious debt to the Spheres.

Même si le Canada semble dépourvu d’une scène hip-hop underground, avant-gardiste, unie et accessible par internet, ça ne veut pas dire que le genre fait défaut ici. Avec son premier album Unseam’d, la formation montréalaise Bufflo nous offre une œuvre variée et mature, un univers unique, tamisé et oppressant qui se situe quelque part entre les premières chansons de James Blake, Edgard Varese, Drake et les pionniers du rap bruitiste Madvillain et Cannibal Ox (en plus de nouveaux groupes tels que Death Grips et CLPPNG).

Des fioritures de violoncelle en direct ajoutent une dimension chaleureuse et mélancolique, une sorte de couche enveloppante, à ce genre bruitiste-beat-pop hybride et puissant, projeté sur grand écran à l’aide d’un projecteur de mauvaise qualité au cinéma à tarif réduit. Il s’agit d’abord et avant tout de musique expérimentale, et ses traits de caractère les plus invitants – hip-hop varié, introspection sur la musique de film et rythmes « house » occasionnels – n’arrivent pas à dissimuler l’influence incontestable de l’harmonie des sphères.


Bufflo – Sparks


Bufflo – Frozen Garbage