Category: compact disc

New Canadiana :: Girl Arm – Trading Cities

Girl Arm - Trading CitiesGirl Arm - Trading Cities

Girl Arm’s label headquarters lies directly underneath Montreal’s disreputable Boul. St-Laurent, which you must cross with an eye over your left shoulder, or you won’t even make it past the speeding taxis. To get to this underground chamber, you must descend a rickety staircase: a conglomerate of wooden slabs without mark of modern engineering, kin of rope bridges of the action-adventure type. As you know, taking a tentative approach to bridge-crossing — trying to re-center your balance on each beam before leaping to the next one — will likely result in your fall to the beast-ravaged jungle below. The trick is to move quickly and trust momentum. If you can synchronize your pace to the swinging of the wood beams you’ll be fine. Until the rhythm changes

Le siège social du label de disque de Girl Arm se trouve directement sous le boulevard Saint-Laurent, à Montréal; ce boulevard peu recommandable qu’il faut toujours traverser en regardant sur la gauche, sinon on ne s’en sort pas à travers les taxis qui roulent à toute vitesse. Pour atteindre la chambre souterraine, on doit descendre un escalier branlant : un conglomérat de dalles en bois sans trace d’ingénierie moderne, dans la famille des ponts de corde du style action-aventure. Comme on le sait, tenter de traverser le pont – essayer de retrouver son équilibre à chaque poutre avant de passer à la prochaine – provoquera sûrement notre chute dans la jungle ravagée par les bêtes en dessous. L’astuce est de bouger rapidement et de faire confiance à son élan. Si on arrive à synchroniser son allure au balancement des poutres de bois, on s’en sort. Jusqu’à ce que le rythme change


Girl Arm – Her Hands


Girl Arm – Trading Cities

New Canadiana :: Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

Thee Mean Reds - Holidaying in the Psychotropics

Instrumental music has the unique ability to situate the listener rather than engaging in a dialogue. The jangly nerves of Holidaying in the Psychotropics lets you choose your own adventure

You come to at the steering wheel. Maybe you’ve been driving all night. You try to keep calm while your mind races… how did you get here and how long you were out? A sign reads Barstow City Limit, and beyond it is an ancient gas station. You decide to pull over.

Amid the broken boards and shingles inside you notice an old jukebox half crushed under a fallen roof beam producing faint crackles and pops. Not one for firsts, you push “B” and “2” and the mangled innards whir laboriously. “Widowmaker” comes on.

You hear a noise behind you and turn around quickly — what’s your next move? Turn to page 56 to investigate, or 108 to hurry back to the car.

La musique instrumentale a la capacité unique de situer les auditeurs plutôt que de dialoguer avec eux. Les nerfs à vif de Holidaying in the Psychotropics vous font vivre une aventure dont vous êtes le héros… Vous revenez à vous-même derrière le volant. Peut-être avez-vous conduit toute la nuit. Vous essayez de garder votre calme alors que tout va à vive allure dans votre tête… Combien de temps s’est écoulé et comment en êtes-vous arrivé là? On peut lire « Barstow City Limit » sur une pancarte. Une vieille station-service se dresse quelques pas plus loin. Vous décidez de vous y arrêter.

Parmi les débris à l’intérieur, vous remarquez, à moitié écrasé sous une poutre tombée du plafond, un vieux juke-box qui crépite encore faiblement. Chaque chose ayant une première fois, vous appuyez sur les touches « B » et « 2 », et son mécanisme détraqué s’active tant bien que mal. « Widowmaker » commence à jouer. Un bruit à l’arrière vous incite à vous retourner subitement. Et maintenant, qu’allez-vous faire? Pour continuer à explorer, allez à la page 56, pour décamper vers votre voiture, à la page 108.


Thee Mean Reds – Widowmaker


Thee Mean Reds – Holidaying in the Psychotropics

New Canadiana :: Ancient Babes – Futuristic Demon

Ancient Babes - Futuristic DemonAncient Babes - Futuristic Demon

Adrift in nothingness, all is quiet and your mind is relieved. With stars sparkling all around you and countless unexplored worlds passing you by, you gaze into the blackened abyss, its wide-open mouth swallowing you whole. The past and future are nowhere to be found. Pulsating and quivering, shimmering and melting, you do not know where you are, yet it is all so comforting. You feel like you have been here before, but it is all too difficult to determine when. Whoever thought that sailing through space could feel so consoling?

À la dérive dans le néant, tout est calme et votre esprit est soulagé. Parmi les étoiles scintillantes et d’innombrables mondes inconnus qui défilent, vous regardez dans l’abîme sombre; sa bouche grande ouverte vous avalant complètement. Le passé et le futur sont anéantis. Palpitation, frémissement, scintillement et fusionnement… vous ignorez où vous êtes, mais en même temps, c’est l’apaisement. Vous avez l’impression d’être déjà venu à cet endroit, mais difficile de savoir à quel moment. Qui aurait pensé qu’un voyage dans l’espace pourrait être aussi réconfortant.


Ancient Babes – Surface Terms


Ancient Babes – Occult Commando

New Canadiana :: Only Wolf – Chemicals

Only Wolf - Chemicals

The subtleties bound in this New Age ambient-folk sends Only Wolf on whisked meanderings through the air-firm fogginess. Mistaken for the turning of the ol’ buttermilk sky, sheets are drawn over dawn’s weary countenance as the phrasings of our divided nebulosities collect in oaken bowls placed under cracks, collecting the reechoes that diminute from the firmament’s blinking eyes. Reticent declivities break from the eddies that rain down as spaced-out vocal timbres, gathering in our luminous chests and metamorphosing as transcendental fireflies. They escape from our mouths in all the colours of imagined alchemical exclamations.

Les subtilités de ce folk ambient New Age envoient Only Wolf dans de vives flâneries à travers un brouillard gazeux. Croyant voir le jour se lever sur un ciel babeurre, on tire les draps sur l’allure lasse de l’aube alors que les expressions de nos nébulosités divisées sont recueillies dans des bols de chêne placés sous les fentes, où se ramassent les réverbérations qui sont réduites par les clignements d’yeux du firmament. Des pentes réticentes naissent des éboulements de timbres vocaux défoncés, se rassemblant dans nos poitrines lumineuses et se métamorphosant en lucioles transcendantales. Elles s’échappent de nos bouches dans toutes les couleurs de nos exclamations alchimiques imaginées.


Only Wolf – Babycakes


Only Wolf – Danette

New Canadiana :: Avery Strok – Radio Lucifer Two

Avery Strok - Radio Lucifer II

Are the sonic wanderings of Can too tight for you? Is the Art Ensemble of Chicago too tied to tradition for your liking? Maybe you’re the kind of person who listens to the musique concrète of Pierre Shaeffer and wishes it was awash in drone? If so, stop whatever you had planned for the next little while and tune in to Radio Lucifer. Led by Avery Strok, this loose collaboration of musicians (including Moonwood, Toronto’s king and queen of desert-kraut) explore the furthest outer limits of the free-space sound so popular with the kids of the fifth dimension these days. So deep do these cosmonauts travel, leaving psych-rock to total abstraction, that one wonders if the return trip is even possible.

Les errances soniques de Can vous semblent trop hermétiques? Le Art Ensemble of Chicago est trop traditionnel à votre goût? Peut-être êtes-vous le genre de personne qui écoute la musique concrète de Pierre Shaeffer et qui souhaite qu’elle soit inondée de drone? Si c’est le cas, annulez tout ce que vous aviez prévu de faire dans les prochains jours et écoutez Radio Lucifer. Cette collaboration décontractée de musiciens menée par Avery Strok, (et qui comprend Moonwood, le roi et la reine du desert-kraut de Toronto), explore les frontières les plus éloignées de l’espace libre du son si populaire auprès des jeunes de la cinquième dimension ces derniers temps. Ces cosmonautes voyagent tellement loin, abandonnant le rock psychédélique à une abstraction complète, qu’on se demande si un voyage de retour est même possible.


Avery Strok – Radio Lucifer- Jan 26, 2013

New Canadiana :: Anna Siddall – The Day

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Despite taking a third of my lala life to be made, this slice of Toronto song history knowledgebliss arrives right on time. A voice that sounds like all the votives of the Vatican smouldering, wistful organs, classic manic Barnyard Records guitar shreddery, all recorded in that room next door that you were in, that one time. Remember? Anna’s words evade the incomplexities re: relationships that far more than often pass as credible and interesting, in favour of much rawer feelings and an ellipsis so inviting; it’s where you’ve always belonged. She’s the evocatrice. Shame, regret, nostalgia, tenderness, but victorious over them in an acceptance of the purgatory between coming-of-age and, yknow, that adult thing.

Malgré que ça ait pris un tiers de ma vava vie avant qu’elle ne voit le jour, cette bribe d’histoire musicale réjouissavante torontoise arrive juste à temps. D’une voix qui sonne comme toutes les votives du Vatican à l’unisson, des orgues mélancoliques, le shred frénétique signé Barnyard Records, enregistré dans la pièce direct à côté de celle dans laquelle t’as été une fois, tu te rappelles? Les mots d’Anna, l’évocatrice, évitent les incomplexités re : des relations interpersonnelles, qui la plupart du temps semblent crédibles et intéressantes, en faveur de sentiments beaucoup plus crûs et d’une ellipse si invitante, on y est encore mieux que chez soi. Honte, regret, nostalgie, tendresse, tu triompheras sur ces sentiments à travers l’acceptation du purgatoire situé entre le passage à l’âge adulte, et ben, t’sais, être un adulte là.

Anna Siddall – The Day

Anna Siddall – Back to the River

New Canadiana :: Psychic Pollution – Spatium Tympanum

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Psychic Pollution: the rolling fog that creeps into the crevices of our minds, that fills out the gaps with a solo symphonic score. Spatium Tympanum is the deepest and darkest conduction to-date from a man whose tendrils reach into so much of the Victoria music scene. Drummer assembled behind many solid ensembles. Tinkerer of overhead projectors and pocket instruments. Curator of southern island. Influence and idea in a flurry: audio osmosis.

Psychic Pollution : le brouillard qui s’infiltre dans les crevasses de notre esprit, qui les remplit d’un morceau symphonique solo. Spatium Tympanum est jusqu’à maintenant la transmission la plus sombre, la plus profonde d’un homme omniprésent dans la scène musicale victorienne. Batteur faisant partie de bien des groupes solides. Bricoleur de rétroprojecteurs et d’instruments de poche. Conservateur de l’île du sud. Une rafale d’influence et d’idées : osmose audio.

Psychic Pollution – Gamma Boötis

Psychic Pollution – Hue

New Canadiana :: Bufflo – Unseam’d

Bufflo - Unseam'd

Canada seems to lack a cohesive, internet-accessible, forward-thinking hip-hop underground, but that doesn’t mean the genre is lacking here. Unseam’d, the debut from Montreal’s Bufflo, is diversely crafted and mature in composition, creating a unique and dimly-lit, claustrophobic world that exists somewhere between the cracks of James Blake’s early singles, Edgard Varese, Drake, and noise-rap pioneers Madvillain and Cannibal Ox (along with newer acts like Death Grips and CLPPNG). Flourishes of live cello add a warm layer of melancholy as the syrup for this potent noise-beat-pop hybrid, projecting onto the big screen but glitching out from a shotty projector at the budget theatre; this is experimental music first and foremost and its most inviting traits of hip-hop diversity, film-score introspection, and the occaisonal house beat can’t undermine its obvious debt to the Spheres.

Même si le Canada semble dépourvu d’une scène hip-hop underground, avant-gardiste, unie et accessible par internet, ça ne veut pas dire que le genre fait défaut ici. Avec son premier album Unseam’d, la formation montréalaise Bufflo nous offre une œuvre variée et mature, un univers unique, tamisé et oppressant qui se situe quelque part entre les premières chansons de James Blake, Edgard Varese, Drake et les pionniers du rap bruitiste Madvillain et Cannibal Ox (en plus de nouveaux groupes tels que Death Grips et CLPPNG).

Des fioritures de violoncelle en direct ajoutent une dimension chaleureuse et mélancolique, une sorte de couche enveloppante, à ce genre bruitiste-beat-pop hybride et puissant, projeté sur grand écran à l’aide d’un projecteur de mauvaise qualité au cinéma à tarif réduit. Il s’agit d’abord et avant tout de musique expérimentale, et ses traits de caractère les plus invitants – hip-hop varié, introspection sur la musique de film et rythmes « house » occasionnels – n’arrivent pas à dissimuler l’influence incontestable de l’harmonie des sphères.


Bufflo – Sparks


Bufflo – Frozen Garbage

New Canadiana :: Taikonaut – Antihexaturn

Taikonaut - Antihexaturn

As the seasonally diasporic weight of regional temperance can assert, Saskatoon’s isolated lonerism streetwalks to the nightly melodies of fuzzed-out droner debutants, a soundtrack found in the greyed whites that carpet countenance and asphalt alike. Taikonaut’s Johnathan Vilness taps into this deeply rooted buzz-space, capturing the melancholy of an inner space freakout, complete with the voluminous warm-bodied amalgamation of spectral sound-walkings to the tune of LO-FI > NO-FI. Larger than the bile-bulge of stomachs fat on the audiophilic polyphonics of demagogues who profess the end to bedroom captured tonalities, Taikonaut regales in the potable fluids of limitless lo-fidelity. Sparking the surging swell of muted tsunamis, Vilness grabs with cold hands the guts of the beating bedroom spirit, reading in tea leaves the murmur of the sacred order of adherents to the golden-handed gloom-osity of musical fuzzscapes.

Comme le poids diasporique saisonnier d’un climat tempéré peut le démontrer, et telle une trame sonore typiquement associée aux tons de gris qu’on retrouve sur un visage autant que sur de l’asphalte, le Solitarisme isolé de Saskatoon fait le trottoir au son des mélodies nocturnes de droneurs débutants surbourdonnés. Johnathan Vilness, de Taikonaut, capture la mélancolie d’une panique intérieure, en plus de l’amalgame chaud et volumineux de promenades sonores spectrales qui ont pour refrain LO-FI > NO-FI, en puisant dans cet espace infiniment bourdonnant et profondément enraciné. Plus enflé que la poche à bile de gras de bide sur les polyphonies audiophiles de ces démagogues qui ont déclaré la fin de l’ère des tonalités de chambre à coucher, Taikonaut régale le public de fluides potables d’un lo-fi sans limites. Déclenchant une houle montante de tsunamis en sourdine, Vilness saisit d’une main froide les entrailles de l’esprit battant de la chambre à coucher et discerne le murmure de l’ordre sacré des adhérents de la glauque-osité aux mains d’or des bourdorizons à travers les feuilles de thé.


Taikonaut – Can You Walk Do


Taikonaut – Alone and Vacant

New Canadiana :: Little You Little Me – What Have You Been Doing With Yer Time?

LYLM - WHYBDWYT?

Yer time, yer skin and yer hands may no longer accost miniature city-states. Clean, messy, calculated: look away, pay attention, incline. Soft flourishes are louder than they appear and some are brighter. Foam insulation can’t fix these problems or protect those already inside. Unknown farewell smiles and no survivors but we go on regardless. Leave your doll houses amongst friendly conversations. Safety is valuable and makes for a comfy bed. The west wind gets blown the other way for once, this time less mild. The rudest wind takes the summer and you remain.

Ton temps, ta peau et tes mains ne peuvent plus accoster dans de minuscules cités-États. Propre, désordonné, délibéré : regarde ailleurs, concentre-toi, incline-toi. Les douces fioritures sont plus bruyantes qu’elles ne le semblent et quelques-unes sont plus brillantes. La mousse isolante ne peut régler ces problèmes ni protéger ceux qui sont à l’intérieur. Un adieu inattendu se profile et ne laisse aucun survivant, mais nous continuons malgré tout. Laisse tes maisons de poupées parmi des conversations amicales. La sécurité est précieuse et rend un lit plus douillet. Le vent de l’ouest se fait souffler de l’autre côté pour une fois, mais moins doucement cette fois. Le vent le plus fort emporte l’été et toi, tu restes.


Little You Little Me – Yer Skin


Little You Little Me – Mind Over Mind