Category: cassette

New Canadiana :: Shining Wizard // At Peace – Split

Shining Wizard // At Peace - Split

Eating itself from the inside out, the process may take days. It may take days to chew through the bone alone. Like taking out the trash, or scraping the gunge off old food, this is a horrible job. But, I am (un)happy to get a paycheque. My stomach wretches, bits of bile find their way up. I will sleep in the belly tonight. Will I be digested by morning? Who cares?

Se manger soi-même depuis l’intérieur peut prendre des jours. Simplement réussir à mâcher un os peut prendre des jours. C’est une tâche pénible, comme sortir les poubelles, ou gratter la mousse sur de la nourriture oubliée. Mais je suis (mal)heureux de recevoir une paye. Mon estomac se soulève, des bouillons de bile remontent jusqu’à mes lèvres. Ce soir, je dormirai dans le ventre. Est-ce que je serai digéré durant la nuit? Et alors?


At Peace – In Peace


Shining Wizard – Des slogans pour rallier set seduire les electeurs

New Canadiana :: Steve Jr – Steve Jr

Steve Jr - Steve Jr

Steve Jr is heavy, but not winter-is-coming heavy or bombs-falling-overhead heavy. They are double-rainbow heavy, all-my-friends-are-here heavy, sometimes even lurching (“Cabbage”) into I’ve-been-reborn-as-the-Starchild heavy. Live, you’ll see Corbin frequently sinking to his knees as his guitar seems to take on an ever greater invisible weight while Gleb pounds the drums, shoulders hanging low, seemingly trying to tunnel into the stage toward the Earth’s core. What makes you forget momentarily about every other fuzz-saturated guitar and drums duo are the irrepressible posi vibes that radiate from these songs. Steve Jr’s pro tip for having a great band: write songs that are fun to play, and have fun playing them. Successful liftoff every time, rocket science not needed.

Il y a une lourdeur chez Steve Jr, mais pas du type « L’hiver approche » ni des bombes-nous-tombent-sur-la-tête. Non. Les chansons sont lourdes d’un double arc-en-ciel, d’un tous-mes-amis-sont-présents; et elles basculent même parfois vers je-me-suis-réincarné-en-Starchild (chanson « Cabbage »). Lorsqu’on le voit en spectacle, Corbin est souvent voûté, comme si un poids invisible rendait sa guitare toujours plus lourde, et Gleb, les épaules basses, martèle sa batterie comme s’il voulait creuser un tunnel à travers la scène jusqu’au noyau terrestre. Les ondes positives irrépressibles qui émanent des chansons font oublier tous les autres duos fuzz guitare-batterie l’espace d’un instant. Les trucs de Steve Jr pour avoir un groupe génial sont : écrire des chansons plaisantes à jouer et s’amuser en les jouant. Ce n’est pas sorcier, le succès est garanti à tous les coups!


Steve Jr – R.I.P. Earth

New Canadiana :: Junior Pande – The Red Tape

Junior Pande - The Red TapeJunior Pande - The Red Tape

Justin Peroff of thee Broken Social Scene delivers a gumbo of wonder to the wilful ear with this here tape. Dribbling globules of jazz fusion cause no alarm but rather accentuate as delectable seasoning. Hobbling, bobble-headed spurts of curiosity abound, carried on limp-lipped babbling, chop-chop-train flute, electronic bubbling and grizzled industrial fizzle. It’s a different vibe every handful of clock ticks, and a multichrome tilt-a-whirl it is.

Justin Peroff, de l’excellent Broken Social Scene, livre sur cette cassette un mijoté de merveilles pour oreilles obstinées. Un filet de jazz fusion, goutte à goutte, ne déstabilise pas; il accentue plutôt comme une épice exquise. Des curiosités à tête branlante sont lancées, portées par un babil bancal clopin-clopant, un cliquetis clinquant de flute, des bulles électroniques et un pétillement industriel grisonnant. Chaque poignée de tic-tac horloger amène une nouvelle atmosphère; et quel manège multichrome!


Junior Pande – Side A

New Canadiana :: DoT – Demystify Your Shape

DoT - Demystify Your Shape

Phil Holtby is a perfectly harsh bummer. Alternating between clear declarations of self-laceration and elegantly jumbled dirt-speak, the songs on this tape mix bottom-of-the-vocal-range-scraping erotic despair with buried in the wash soapiness. DoT makes a bunch of shapes manifest. Sometimes they’re sturdy locks, but more often they’re scabs or hellmouths. Except when they’re tilting bridges made of tinkling keys. And shyeah, that’s a faithful Jandek cover.

Phil Holtby est source de déceptions positivement brutales. Alternant entre les déclarations teintées d’autodestruction et une langue boueuse magnifiquement désordonnée, les chansons de cet enregistrement mélangent un désespoir érotique rugueux frôlant les bas-fonds du registre vocal à une mélodie savonneuse. Un tas de formes sont rendues visibles par DoT : parfois ce sont des verrous solides, mais plus souvent ce sont des gales ou des bouches infernales… Sauf lorsque leur poids fait tinter les trousseaux de clés composant des ponts suspendus. Et c’est une foutue bonne reprise de Jandek.


DoT – Someday


DoT – There is a Wound

New Canadiana :: Wind Rose and Sean Caulfield – Lamentations

Wind Rose - Lamentations

Lamentations embodies a strange contradiction: despite the meticulous nature of the sounds contained within, the album maintains a distinct sense of immediacy that allows for devastating emotional impact. Recorded after the death of the artist’s father, Lamentations is a reflection of the grieving process that soon followed. The sounds here are razor sharp and microscopically detailed, and over the course of an hour they undergo a kind of sonic vivisection as both the instruments and the artist are pushed to their absolute extremes. The effect is almost maddening, but ultimately Lamentations succeeds, effectively capturing the process of grief and recovery in the wake of immense personal loss.

Lamentations représente une contradiction étrange : malgré la nature méticuleuse des sons qui s’y trouvent, l’album maintient un sens distinct de l’immédiateté qui permet un impact émotionnel dévastateur. Enregistré après la mort du père de l’artiste, Lamentations est une réflexion sur le processus de deuil qui a rapidement suivi. Les sons ici sont aiguisés comme des lames de rasoir et détaillés de façon microscopique, et pendant l’heure où ils œuvrent, ils subissent une genre de vivisection acoustique alors que les instruments et l’artiste sont poussés à leur extrême absolu. L’effet est presque exaspérant, mais en fin de compte, Lamentations parvient à ses fins, capturant efficacement le processus de douleur et de guérison à la suite d’une perte personnelle énorme.


Wind Rose – Translation


Wind Rose – Core Cry

New Canadiana :: Tranzmit – Übertragung

Tranzmit - Ubertragung

A dance album that is aggressively non-danceable, Tranzmit’s Ubertragung assembles the ominous drums of EBM with a barrage of found sounds and samples which wouldn’t be out of place on a backing track from the Golden Age of hip-hop. Jakob Rehlinger creates an audio collage that depicts the unconcious psychic space of dance music by stretching its constitutive elements into new, barely recognizable forms. A wash of familiar but forgotten commercial voices, mechanical percussion sequences, and drugged-out effects cascade through your speakers. This is a place of too-high thoughts, fractured emotion, and the constant rush towards sensory limits.

Ubertragung de Tranzmit est un album dance qui repousse férocement toute tentative de danse, amalgamant la batterie inquiétante de EBM et un déferlement de sons et de fragments dignes d’une musique d’accompagnement datant de l’âge d’or du hip-hop. Jakob Rehlinger représente la psyché inconsciente de la musique dance en créant un collage audio qui déforme les éléments fondamentaux du style jusqu’à leur donner une toute nouvelle forme, à peine reconnaissable. Des enchainements de percussions mécaniques et une marée de voix commerciales oubliées, mais familières, forment un tout hallucinogène – émotions fracturées, pensées surélevées, recherche constante des limites sensorielles – qui cascade par nos haut-parleurs.


Tranzmit – Gesalzen


Tranzmit – Treulosen

New Canadiana :: Japanese Treats – *E 486

Japanese Treats - *E 468

For several years now, Ben Disaster has kept Edmonton dancing, partying, smiling and as of late sweatin’ and two-steppin’. Now presenting the verbicidal Japanese Treats, his new gurgled pan-and-warble organ conquest, the crackles and the layers that envelope and confuse make it tangible and eerie: xylographic etchings rather than lazer-burned temporarity. “They will never understand you/even if they ever wanted to” he croons on “In the Television Hours”, and y’know what? That’s just comforting and beautiful.

Ben Disaster entretient une ambiance de sourires, de fête et de danse depuis plusieurs années déjà à Edmonton, mais ces derniers temps, la sueur se mêle à la cadence. Je vous présente le verbe incendiaire de Japanese Treats : un triomphe de borborygmes gueulés, les crépitements et les couches qui enveloppent et qui confondent, donnant un tout tangible, mais irréel; une xylographie à l’eau-forte plutôt qu’une temporalité brûlée au laser. Dans « In the Television Hours », il chante : « Ils ne te comprendront jamais/même si, un jour, ils le voulaient ». Et vous savez quoi? C’est tout simplement beau et réconfortant.


Japanese Treats – In the Television Hours


Japanese Treats – Color Glo

New Canadiana :: Chevalier Avant Garde – Realign

Chevalier Avant Garde - RealignChevalier Avant Garde - Realign

Chevalier Avant Garde continue their descent into the electronic. Mirroring the contrasting grit and cuteness of Montreal, the tape moves as if through the city late at night, Dimitri’s disembodied voice narrating occasionally over vector-based melodies. You’ll hear a Postcards-era jam, as well as a field-recording of a woman asking something unrecognizable from strangers — she may or may not get what she asks for, yet gives thanks regardless. And you’ll hear something danceable overlain with an expatriate melancholy.

Chevalier Avant Garde continuent leur descente vers l’électronique. Imitant la dichotomie montréalaise entre le mignon et le réalisme presque film noiresque, la cassette progresse comme si on errait dans la ville tard le soir, la narration spectrale de Dimitri accompagnant occasionnellement des mélodies vectorielles. Vous entendrez un jam datant de l’ère des Postcards, ainsi qu’un enregistrement d’une femme qui demande à des étrangers de lui donner quelque chose qu’ils ne peuvent identifier; il se peut qu’elle reçoive ce qu’elle demande, tout comme il se peut qu’elle ne le reçoive pas; elle remercie ses interlocuteurs, peu importe le résultat. Puis viendra une mélodie qui fait bouger, celle-ci accompagnée d’une mélancolie expatriée.


Chevalier Avant Garde – Killing Fields (Nite Mix)


Chevalier Avant Garde – Nowhere (Remote Mix)

New Canadiana :: Hana Vave – 1992

Hana Vave - 1992

The end of the free age was marked by a house show. When summer faded, Connor Dennehy of Hana Vave put down his guitar and joined Gretchen as a drummer. Together they sank into the deep waters of time, and could have been lost there forever.

But perhaps it is no coincidence that Alex Lavoie and Josh Boguski of another band, whose members once rocked out under different names at that house show four years ago, now stand next to Hana Vave singer Geneva, and next to Connor, while his fingers lay down old patterns to tape. Some things want to upwell. For there is ice over the Bow River tonight—our hope to melt it lies in a certain set of pop songs that have snared the power of a younger summer sun, out of the myth that bore them.

La fin de l’ère libre a été marquée par un spectacle à domicile. Lorsque l’été s’est dissipé, Connor Dennehy, de Hana Vave, a mis sa guitare de côté pour aller jouer avec Gretchen en tant que batteur. Ils ont plongé ensemble dans les eaux profondes du temps, au risque de s’y perdre à jamais.

Mais ce n’est peut-être pas une coïncidence qu’Alex Lavoie et Josh Boguski, d’un autre groupe dont les membres, qui, sous une identité différente, ont auparavant fait chauffer la scène de cette représentation à domicile il y a quatre ans, se retrouvent aux côtés du chanteur de Hana Vave, Geneva, et de Connors, qui crée de ses doigts de vieux accords pour le studio. Quelque chose cherche à jaillir : la rivière Bow est recouverte de glace ce soir, et si nous espérons pouvoir la faire fondre, il faudra faire appel à une certaine série de chansons pop qui, avec le mythe qui les a créées, ont pu saisir le pouvoir d’un jeune soleil d’été.


Hana Vave – The Expedition


Hana Vave – 1992

New Canadiana :: Roberta Bondar – Caustic

Roberta Bondar - Caustic

Two EPs in, Roberta Bondar have already fused nimble noise-rock with an experimental edge. Their latest, Caustic, grinds alt-rock and shoegaze into a sludgy pulp. “Children” opens with a string section that makes Bernard Hermann sound as serene as Brian Eno and features a repeated, mantra-like chorus. “Palm Bay” skids to a near-halt before rising from the dead midway through. The title track feels like a midnight trip through the Greenbelt on peyote. Caustic may slow down Roberta Bondar’s sound, but damn if it won’t stop your heart as well.

À peine deux albums de faits, et Roberta Bondar ont déjà fusionné le noise rock vif et la marge expérimentale. Leur plus récente sortie, Caustic, réduit du rock alternatif et du shoegaze en un amas boueux. Les cordes du premier morceau « Children » donnent à Bernard Hermann une apparence aussi sereine que Brian Eno; sans parler du refrain répété comme un mantra. « Palm Bay » dérape jusqu’à un arrêt presque complet, puis revient d’entre les morts à mi-chemin. La chanson « Caustic » est comme une excursion nocturne dans la ceinture verte sous l’influence de peyotl. Cet album ralentit peut-être le son de Roberta Bondar, mais il va clairement ralentir votre cœur aussi.


Roberta Bondar – Children


Roberta Bondar – Caustic