Category: New Canadiana

Inferred Views :: Sounds You Love / Sounds You Hate

Sounds You Love / Sounds You HateSounds You Love / Sounds You Hate

Hearts beat. Footsteps echo. Fingers tap. A gentle hum can carry across a room. All of these sounds transform the landscape of the human body and help us relate to and understand each other. If you were to close your eyes, the world would simply disappear, covering you in a blanket of sound. But what if you could tap into the sounds from different places? What if half a world away, you could hear rural Canada covered in snow: the crunch of ice beneath tires, the crackling of dry branches rubbing together in the wind, the bark of a dog across a frozen field? What if you closed your eyes and instead of seeing a place, you heard it?

Vancouver New Music has launched a Canada-wide sound curation project entitled Sounds You Love / Sounds You Hate. By creating a Google-mapped archive of sublime intonations from across the country, Sounds You Love / Sounds You Hate breathes life into the diaphragmatic curiosities that keep us stumbling for an explanation in our natural and sonorous world. Vancouver Sound Design maps the sounds that define a particular place. In much the same way that sepia glyphs are memorially imprinted by apertures and flashing filaments, Soundscape Design harnesses frames of sound and fragments of time.

Giorgio Magnanensi, artistic director for Vancouver New Music, is one of the key organizers for Sounds You Love / Sounds You Hate. He describes His favourite Vancouver sound is a screeching train; metal against metal, tearing through the silence of a ferry terminal at night.

“One night i was in Horseshoe Bay, on the west side of the city near the ferry terminal. There is a train ramp on a very steep curve on the hill. When the wheels hit this curve, there is very strong friction on the metal track. A friend told me there was a fantastic sound every night at midnight… a screeching, high pitched sound of the metal wheels scratching intensely on this steep curve of the track. Some people would say that this is an obnoxious, annoying sound… but I thought it was very eerie, very electronic, very unreal to me.”

Sounds You Love, Sounds You Hate allows participants to develop a new musical definition that is unshackled from traditional compositional constraints such as time signature, rhythm and melody.

Voices, wails, tumults, and melody are the phonic fingerprints that smear our glassy countenance: auditory affectations that direct, influence, and empower our belief and faith in sound as a creative force.

Vancouver New Music is asking participants to provide a sound byte alongside location coordinates to be published in an online sound map. Files will be accepted until September 20th, after which the sound map will be prepared for exhibition from late September into October.

Des battements de cœur. L’écho d’un pas. Des doigts qui tambourinent. Un ahem discret peut s’entendre à l’autre bout d’une pièce. Ces sons transforment tout le paysage qu’est le corps humain, ils nous aident à nous rapprocher des autres et à les comprendre. Si vous fermiez les yeux, le monde disparaîtrait complètement, vous enterrant alors sous une couverture de sons. Mais si l’on pouvait puiser dans les sons d’endroits lointains, à l’autre bout du monde ? Si on pouvait entendre la campagne canadienne recouverte de neige : le crissement de la neige sous les pneus, le craquement de branches sèches se frottant l’une contre l’autre par le vent, les aboiements d’un chien répercutés par un champ glacé… Si vous fermiez les yeux, et plutôt que de voir un endroit, vous l’entendiez?

L’organisme Vancouver New Music a lancé un projet de conservation des sons intitulé Sounds You Love / Sounds You Hate à la grandeur du Canda. En créant sur Google Map des archives de sonorités canadiennes sublimes, le projet cherche à donner vie aux particularités diaphragmatiques qui, dans notre environnement sonore naturel, nous font arrêter pour en chercher la provenance. Vancouver Sound Design cartographie les sons qui définissent un endroit précis. Soundscape Design collecte des fragments de sons et de temps, de la même façon que les photographies passent à la postérité par le biais d’ouvertures et de filaments incandescents.

Giorgio Magnanensi, le directeur artistique de Vancouver New Music, est l’un des principaux organisateurs du projet Sounds You Love /Sounds You Hate. Il raconte que le son qu’il aime le plus de tout Vancouver est le cri strident d’un train qui freine, métal contre métal, déchirant le silence nocturne à son arrivée en gare.

« Une nuit, j’étais à Horseshoe Bay, tout près de la gare maritime à l’ouest de la ville. Il y a une colline à cet endroit, et une rampe qui fait une courbe très serrée. Quand le train arrive à la courbe, la friction sur le rail de métal est très intense. Un ami m’avait dit qu’il entendait un son fantastique chaque soir à minuit, le cri perçant produit par le frottement des roues métalliques contre les rails dans la courbe. Certains pourraient dire que c’est un bruit énervant et désagréable, mais je le trouve féérique, il a quelque chose de très irréel, de très électronique pour moi. »

Le projet permet aux participants d’élaborer une nouvelle définition de la musique qui n’est pas restreinte par les contraintes de composition traditionnelles, comme la mesure, le rythme et la mélodie.

Les voix, les gémissements, le tumulte et la mélodie sont les empreintes digitales phoniques qui s’étendent sur le verre de notre expression, des imitations auditives qui dirigent, influencent et renforcent notre croyance en la force créatrice du son.

Vancouver New Music demande aux gens de lui faire parvenir des clips sonores accompagnés des coordonnées du lieu afin de les publier sur la carte de sons en ligne. Les fichiers seront collectés jusqu’au 20 septembre, date à laquelle la carte sera préparée en vue de l’exposition qui aura lieu au mois d’octobre.

New Canadiana :: Clara Engel – Ashes and Tangerines

Clara Engel - Ashes and Tangerines

Some music seems too big for itself. Like an ancient encyclopedia with entries on folk, blues, post-punk, opera, and chamber music that sits on a shelf next to a pretty little wilting plant on one side and lonely fish in a bowl on the other — and you wonder how that tome doesn’t bring the whole bookcase crashing down. So big are the sounds here, so crackling with emotion that the perfect place to see it live would be somewhere old and wooden: a huge hall usually saved for ceremonies, lit by hundreds of candles, flickering and warm. Or, if not live, then as a soundtrack to a movie that takes place in a very old, grey city, where two lovers lose each other and have to spend a cold night wandering the wet streets searching for the other. It would be autumn, and most of the citizens of this city would also be cold, but some kind souls would extend their hands in help. In the end the lovers would find one another, but not after losing something else that they could never get back.

Certains genres de musique semblent trop vastes pour ce qu’ils sont. Imaginez ceci : reposant sur une étagère entre une plante fanée et un poisson rouge dans un bocal, une vieille encyclopédie remplie de fiches sur le folk, le blues, le post-punk, l’opéra et la musique de chambre, tellement massive que c’est à se demander quelle force divine maintient l’étagère au mur. La scène parfaite pour écouter une représentation de cette musique si vive, si débordante d’émotions serait un vieux hall habituellement réservé aux cérémonies où des centaines de chandelles projettent leur lueur chaude et crépitante sur ses murs faits de bois. Autrement, on pourrait l’imaginer comme la trame sonore d’un film qui se déroule dans une vieille ville grisâtre, où deux amants passent une froide nuit d’automne à errer en clapotant dans les rues mouillées à la recherche l’un de l’autre. Étant donné la saison, la plupart des habitants seraient aussi froids que la nuit, mais il y aurait quand même quelques bons samaritains prêts à donner un coup de main. À la fin, les amoureux seraient réunis, mais non sans sacrifier pour de bon quelque chose qui leur est très cher.


Clara Engel – Raven


Clara Engel – Marrow Bone

New Canadiana :: Blonde Wig – Smiling Maze

Blonde Wig - Smiling Maze

Aaron Webster wafted westward with the mind-massaging overdrive of his loop-based project The Party Upstairs, but he’s been slipping out bed-headed pop as Blonde Wig since 2010. On Smiling Maze, liquefied strums and cardboard box drums lay down the cushion for a pinched nose delivery, like Nick Nicely sitting in a tin can before being tossed into the blue bin. Hand-dubbed over dollar bin tapes by request (mine came complete with Bryan Ferry leakage), this is mail art as auditory autobiography from the mind beneath the wig.

Aaron Webster a flotté vers l’ouest avec l’excès stimulant de The Party Upstairs, son projet de looping, mais depuis 2010, il sort aussi des enregistrements de sous-sols sous le nom de Blonde Wig. Sur Smiling Maze, le grattage liquéfié et la batterie assourdie servent d’arrière-plan à une voix nasale qui rappelle celle de Nick Nicely qui résonne dans une boîte de conserve avant qu’elle soit jetée au recyclage. Délibérément copié sur des cassettes usagées (sur ma copie, on peut entendre Bryan Ferry), cet enregistrement est de l’art postal sous forme d’autobiographie auditive qui nous vient de l’esprit sous la perruque.


Blonde Wig – Working For You


Blonde Wig – Clown

New Canadiana :: The Pygmies – Inside Your Mind

The Pygmies - Inside Your Mind

The Pygmies’ newest release is a mesmerizing set of tracks that get inside your mind, tinker around, and leave you dancing. Clean snare snaps break through layered instrumentation in energetic leaps. Thoughts ride on the clean bass and guitar, exploring new sonic spaces glued by smooth vocals and sweeping organ. The effect is total mind control: foot tapping leads extended to full-blown body moving.

La plus récente sortie de The Pygmies est un ensemble de chansons hypnotiques qui pénètrent votre esprit, s’y amusent et partent en vous laissant danser. Des bruits secs nets percent l’instrumentation superposée en bonds dynamiques. Des pensées se promènent sur les basses et les guitares épurées en explorant de nouveaux espaces acoustiques fixés à l’aide de chants doux et d’un organe qui glisse. L’effet manipule complètement votre esprit : les premiers tapements du pied mènent au mouvement du corps tout entier.


The Pygmies – Chain Reaction


The Pygmies – I Can’t Get Out

New Canadiana :: Crabe – Anti-Vague

Crabe - Anti-vague

This Crabe was born from the iterative repercussions of the swell. Running obliquely, his debauched aloofness takes charge, as he tackles the albatross in an embrace of everything and its opposite. Spawning a half-sundae sludge, half-petulant punk beast, it is perched on the horizon, suddenly slanted as if it was your shoulder. This bratty dada creature swallows the Rubicon, leaving only sand to those thirsty on the bank, bringing fire only to those who are willing to follow him in its wake. In this fluid space, the neither-nor reveals the only paths that lead somewhere.

De l’itératif désir pélagique mêlé au compulsif contrecoup de la houle naquit ce Crabe allant à biaise allure, à son tour, frayer avec l’albatros de l’épopée. Dans l’étreinte de tout et son autre, avec des airs de fontaine je ne boirai pas ton eau, la débauche de son quant-à-soi sonne la charge. On y hallucine une bête mi-sundae sludge mi-pétulance punk, grotesque, perchée à l’horizon soudain oblique comme si c’était ton épaule. Ce dada malcommode avale le Rubicon en semant des miettes de sens à ceux qui pêchent par là, portant le feu à ceux qui le suivent dans ce sillagele sais-tu-quoi et le presque-ça disent mieux les chemins qui mènent quelque part.


Crabe – Couteaux d’internet


Crabe – Normal

Ephemera :: Devin Friesen (Bitter Fictions) on The Life Story of the Fish

Ephemera :: Bitter FictionsEphemera :: Bitter Fictions

Perpetual arranger of words, recordings and epic experi-riffs Devin Friesen says the month he crafted The Life Story of the Fish was one “of many disappointments, more isolation than usual, and being frugal after an exhausting, long and bitter winter.” Dribbled-together, guitar pedal-painted assemblages eke out the grainy hot flash of elsewhere, an ever-melting taste of connectivity. Each hovering pluck is a suture; each distortion wave a snug wound dressing; each grey-sky glaze of drone a tender bite of anesthesia. The album’s name taps a gurgled lyric from Friesen’s 2011 tape, Looper Pedal Blues, but his fishbowl-trapped feedback trips are the sound of a seething need to leave oil-city purgatory.


Bitter Fictions – a vision of vision


Bitter Fictions – a catalogue

 

The Library window

Ephemera :: Bitter Fictions

Devin Friesen: “The Library is the name Kevin Stebner (my roommate) and I gave our house when we moved in here about four years ago. Both of us run record labels (Shaking Box Music for me, Revolution Winter/Bart Records for Kev), meaning there’s a room in our house that’s just boxes and boxes of unsold LPs. We both also have (frankly) ridiculous amounts of music in our possessions – in addition to my working in a record store for many years, Stebs has been working in book stores for many years, so we’ve amassed a lot of cool stuff. The basement is where all of our music happens. Stalwart Sons and Extra Happy Ghost!!! jammed there for a while, Cold Water jams there now, and most of the Bitter Fictions recordings have been done there.”

The view out the living room window of The Library – “when it’s ‘nice’ out,” notes Friesen – will be part of the artwork from a forthcoming Bitter Fictions release, No Fun in the Sun, which was recorded a few months after The Life Story of the Fish (TLSOTF).

 

Studio corner

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “The Library basement is a small, cramped room, especially with Stebner’s wall of amplifiers and drum kit taking up most of it. It’s crazy that we’ve fit bands in there at all, since it’s basically just an expanded hallway that leads to our bedrooms and the bathroom. Works great for me, being solo, anyways. We have a Tascam 244 four-track from the ’80s set up in the corner, and a couple of condenser mics. Most of what I do is improvised, so I usually just record everything and return to those recordings later. This is the ‘studio corner,’ I guess. Those are my two guitars, a bunch of drumsticks, tapes, boxes and the Tascam. Both guitars could use tuneups – the Strat only has one working pickup selector, and the Jazzmaster won’t ring out if you play it high on the neck. But on the other hand, those limitations can sometimes produce more interesting results.”

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Basement inspiration

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “On one of the walls of the basement: a Stay Cold banner from the Stalwart Sons LP of the same name, and the Bruce Lee poster insert from LP editions of Jim O’Rourke’s Eureka. Endlessly amused by that kid’s neck wrinkles. I also really dig Stay Cold, and not just because there’s an essay I wrote for it on the back cover. I think that banner might be there more for Kevin’s bands, mind you… It gets very cold downstairs, especially in the winter – there are no windows in the recording space, but if one leaves a glass of water near the window in my room overnight, it’ll be ice in the morning.”

 

bpNichol books

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “These are some books from bpNichol. My attitude towards song titles is that they’re often rather arbitrary, so I’ve occasionally turned to what I’ve been reading to mark them – call it the ephemeral bookmark. A bunch of the track titles on TLSOTF are from bpNichol poems collected in The Alphabet Game; EP no. 2 was all chapter titles from Luigi Pirandello’s The Late Mattia Pascal; and the Bitter Fictions 10” lathe, Journeying and the Returns, is a bpNichol reference too. I’ve named several of my tracks without stealing titles, but I like taking references from works around me. bpNichol is great for more reasons than I can get into here – he may as well be a Weird Canada section unto himself, with all the ground he covered across literary/visual/sound/etc. fields.”

 

Harmonic Percolator and Walkman

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: “Rather than describing my whole pedal setup – which is kinda dull: ‘Look, a delay pedal!’ – I’ll just describe my favourite pedal. The tan box on the right is the Harmonic Percolator, one of two distortion pedals I use on the regular. The gear-curious usually ask about either the Percolator or the Feedbacker first, since I use both so frequently – and, y’know, one of them is an unmarked box. For the tech schematics of what it is, you should just watch this video of Steve Albini talking about it. I bought mine around 2007 from a fellow named Chuck Collins out of Milwaukee, and haven’t looked back since. There’s also a Sony Walkman in there with a built-in microphone recorder. This thing has seen all kinds of use: guitar pick, tape decay mixer, interview transcription, vocal mic, something handy to record choice quotes from movies with, etc. It’s usually kicking around somewhere…”

 

Records

Ephemera :: Bitter Fictions (L-R: Cluster – II; Loren Connors – The Departing of a Dream; The Dead C – Harsh 70s Reality; Fripp & Eno – Evening Star)

DF: “I can’t remember exactly what I was listening to around [the recording of TLSOTF], but I can go into a few things I was probably spinning. The weight of my record collection bears on my creative process to some extent – if you’re going to go out and make music worth hearing these days, you’d better have a damn good idea of what’s already been done.

“Cluster II is a personal favourite. I really like much of the German duo’s output – as well as the Harmonia records with Neu!’s Michael Rother – but II satisfies the most on the whole space/noise/drone drift. I appreciate the duo’s ear for tone, and since this LP sits nicely between the more structured/‘pop’ leanings of Zuckerzeit and the free noise of Kluster, I find myself returning to it quite often. I think much of the music I enjoy can be traced back to this record, frankly.

Loren Connors is an especially huge one for me. He was one of the first names I came across as a teenager branching out from Sonic Youth records into the larger world of free improv/outré music – the Harmony of the Spheres box set comes to mind, where he appears alongside other huge favourites/likely influences such as Roy Montgomery and Flying Saucer Attack. So there’s that, but more important is the way Connors commands sound so distinctly. On his own, as on any number of his masterful solo electric guitar suites throughout the ’90s, his guitar can be the most desolate and harrowingly lonesome sound in existence. It also manages to be light and ghostly, but also crushingly heavy and textural, as on The Bridge – which I named “& under the bridge” in slight homage to. Loren Connors proves that one doesn’t need crushing volume to be ‘heavy.’ In fact, the absence of volume can be just as startling. When one talks about ‘soulful playing,’ Connors is the first name I always think of – I don’t think of the instrument, I think of the soul enveloping a room. The loneliest guitar.

“I’m not a huge King Crimson fan – frankly, outside of American Primitivism I usually don’t care when the guitar is played ‘well,’ and most ’70s rock flat-out nauseates me, but I can dig on the Fripp & Eno LPs. Like Cluster, super formative recordings here. I bought Evening Star from the record store near my house, and I still find it quite funny that for almost a year afterwards the owner kept trying to ‘High Fidelity’ Robert Fripp solo albums on me – that’s record store clerk slang for ‘play in store so I’ll buy it.’

“Calgary isn’t as isolated from the world as New Zealand, but it sure feels like it sometimes, especially if your interests fall outside of getting drunk and ‘party rock.’ That’s partly why I find the Dead C endlessly fascinating – I love their records, but I also love how they’ve been making their noise on the edge of the world for longer than I’ve been alive. I once interviewed their amplifier player, Bruce Russell, and some of the things he wrote have stuck with me: BR: We were doing the right thing (however you describe it) out to the weird side of Sonic Youth, where noise, rock, improv and industrial all kind of ran out of steam together, leaving us charging towards the edge of the fucking universe. DF: “Plug in, play, see what happens. Maybe record it with a mic in a room.

BR: That’s the big difference between what we do and groups who ‘write songs’ or even ‘write pieces’ – we don’t write them, they quite literally ‘just happen.’ DF: “This type of music can be a largely transient and experiential; sometimes it gets captured to tape, other times lost to memory. Such is life, I suppose. Now that I’m well beyond accepting that guitar feedback is my favourite sound, I’m just happy that tape lends itself so well to all kinds of feedback work.”

Arrangeur infatigable de mots, d’enregistrements et de riffs expérimentaux épiques, Devin Friesen explique que le mois où il a façonné l’album The Life Story of the Fish en était un qui était alourdi par de nombreuses déceptions, un isolement plus grand que de coutume et des dépenses restreintes par un hiver long et glacial. L’assemblage de sonorités superposées, teinté par la pédale de guitare, fait durer la bouffée de chaleur granuleuse d’un ailleurs, le goût d’une connectivité fondant à l’infini. Chaque vibration planante est un point de suture; chaque vague de distorsion, un pansement bien ajusté; chaque bourdonnement d’acier, la douce morsure d’un analgésique. Le titre de l’album prend source dans un borborygme, des paroles de Looper Pedal Blues (2011), mais ce feedback dérapant confiné dans un aquarium est le son d’un violent besoin de fuir le purgatoire de la ville pétrolière.


Bitter Fictions – a vision of vision


Bitter Fictions – a catalogue

 

La fenêtre Bibliothèque

Ephemera :: Bitter Fictions

Devin Friesen : « La Bibliothèque. C’est le nom que nous avons choisi – Kevin Stebner, (mon colocataire), et moi – pour notre maison quand nous y avons aménagé il y a quatre ans. Nous dirigeons chacun notre maison de disque (j’ai Shaking Box Music et Kev a Revolution Winter/Bart Records,ce qui veut dire qu’une pièce dans notre maison est remplie par des boîtes et des boîtes de vinyles invendus. Nous avons aussi tous les deux une quantité (ridiculement) impressionnante de musique – j’ai travaillé dans un magasin de disques pendant plusieurs années, et en plus Kev travaille depuis longtemps dans une librairie, alors on a amassé beaucoup de trucs vraiment bien. C’est au sous-sol que se fait toute la musique. Stalwart Sons et Extra Happy Ghost!!! y jammaient pendant un moment, maintenant c’est Cold Water. La majorité des enregistrements de Bitter Fictions ont aussi été faits là. »

Une photo de la vue depuis la fenêtre du salon de la Bibliothèque – quand il fait « beau » dehors, ajoute Friesen – fera partie des illustrations du prochain album de Bitter Fictions, No Fun in the Sun, qui a été enregistré quelques mois après The Life Story of the Fish (TLSOTF).

 

Coin studio

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « Le sous-sol de la Bibliothèque est petit. On y est à l’étroit, surtout avec la batterie de Kev et son mur d’amplificateurs. C’est fou de penser qu’on a réussi à y faire entrer des groupes – en gros, c’est juste un couloir élargi qui mène à nos chambres et à la salle de bain. Mais, ça marche bien pour moi, je joue solo. Nous avons une Tascam 244 quatre pistes des années 80 installée dans un coin avec quelques condensateurs et des micros. Comme je fais surtout de l’improvisation, je vais généralement enregistrer tout ce que je fais puis écouter les enregistrements plus tard. C’est ce qu’on pourrait appeler le « coin studio ». Il y a mes deux guitares, un paquet de baguettes, des cassettes, des boîtes et la Tascam. Les guitares auraient besoin d’une mise au point – il n’y a qu’une des sélections de micros qui fonctionne sur la Strat et si on joue trop haut sur le manche de la Jazzmaster, le son ne va pas sortir. Mais d’un autre côté, ces limites peuvent parfois donner des résultats intéressants. »

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Affiches motivationnelles au sous-sol

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « L’affiche de l’album Stay Cold de Stalwart Sons et celle montrant Bruce Lee, qui était dans l’édition vinyle de Eureka de Jim O’Rourke, sont sur un des murs du sous-sol. Les rides dans son cou me font toujours rire. J’aime aussi beaucoup Stay Cold, et pas simplement parce que j’ai écrit l’essai qui est au verso de la pochette. Ceci étant dit, je pense que l’affiche est surtout là pour le groupe de Kevin… La température devient très froide au sous-sol, surtout l’hiver – il n’y a pas de fenêtre dans le studio, mais si on laissait un verre d’eau une nuit près de la fenêtre de ma chambre, il serait gelé le lendemain matin. »

 

Livres de bpNichol

Ephemera :: Bitter Fictions

DF : « Ce sont des livres de bpNichol. De façon générale, je préfère donner aux pistes des titres arbitraires. Il m’est arrivé de m’inspirer de ce que j’étais en train de lire pour les marquer – comme un signet éphémère. Plusieurs titres sur TLSOTF sont tirés des poèmes parus dans The Alphabet Game de pbNichol; ceux du EP no. 2 étaient tous des titres de chapitres de The Late Mattia Pascal, écrit par Luigi Pirandello; et Journeying and the Returns, le vinyle de Bitter Fictions, fait aussi référence à bpNichol. Sans voler les titres, j’ai nommé plusieurs de mes pistes ainsi parce que j’aime faire des références aux œuvres qui m’entourent. J’adore pbNichol – je n’aurais pas le temps d’expliquer toutes mes raisons ici –, mais il pourrait constituer une section entière de Weird Canada à lui tout seul vu tout le terrain qu’il a couvert dans les domaines de la littérature, de l’art visuel/sonore, etc. »

 

Walkman et Harmonic Percolator

Ephemera :: Bitter Fictions

DF: « Plutôt que d’expliquer comment j’ai installé mes pédales – ce qui est assez ennuyeux : ‘Regardes, une pédale de délai! ’ – je vais juste décrire ma pédale préférée. La boîte brune sur la droite, c’est le Harmonic Percolator , un des deux accessoires que j’utilise le plus souvent. Les fans de matériel demandent généralement tout de suite des détails sur le Percolator ou sur le Feedbacker, puisque je les utilise très souvent et puis, vous savez, l’un des deux est une simple boîte. Si vous voulez les détails techniques, vous pouvez simplement regarder cette vidéo de Steve Albini qui en parle. J’ai acheté le mien en 2007 d’un homme qui arrivait du Milwaukee, Chuck Collins, et je ne l’ai jamais regretté. À l’intérieur, il y a aussi un Walkman Sony avec un enregistreur intégré. Je l’ai utilisé comme micro, pic de guitare, mixeur de déclin sur cassette, et aussi pour transcrire des entrevues, enregistrer des citations de films, bref pour faire toutes sortes de choses. Il traine toujours, quelque part… »

 

Disques

Ephemera :: Bitter Fictions

(L-R: Cluster – II; Loren Connors – The Departing of a Dream; The Dead C – Harsh 70s Reality; Fripp & Eno – Evening Star)

DF : « Je ne me rappelle pas de ce que j’écoutais précisément au moment où [j’enregistrais TLSOTF], mais je peux deviner quelques pièces qui me tournaient sûrement en tête. Le poids de ma collection de musique laisse une empreinte sur ma créativité – aujourd’hui, si on veut sortir et faire de la musique qui mérite d’être entendue, on est mieux d’avoir une très bonne idée de ce qui a déjà été fait. » « Cluster * II* est un de mes albums préférés. J’aime presque tout ce que fait le duo allemand – tout comme les enregistrements de Harmonia qu’ils ont fait en collaboration avec Michael Rother de Neu! –, mais II est plus satisfaisant côté espace/bruit/dérive bourdonnante. Ils ont l’oreille pour le ton, et comme ce vinyle est à mi-chemin entre Zuckerzeit, qui est plus structuré, plus pop, et le free noise de Kluster, je le réécoute souvent. En fait, je pense qu’une grande partie de la musique que j’écoute a un lien avec cet enregistrement. » « Loren Connors est vraiment quelqu’un d’important pour moi. C’est un des premiers noms que j’ai croisé quand j’ai commencé, adolescent, à diversifier la musique que j’écoutais, en m’éloignant de Sonic Youth. Je me lançais dans le monde beaucoup plus vaste de l’improvisation libre et de la musique expérimentale. Le coffret Harmony of the Spheres me revient en tête, où il joue avec d’autres grands noms que j’adore, comme Roy Montgomery et Flying Saucer Attack. Il y a ça, mais c’est surtout la façon particulière qu’il a de jouer avec le son. Jouant seul – comme dans n’importe lequel de ses solos magistraux de guitare électrique des années 90 – sa guitare peut être le son le plus désespéré de l’univers, une musique infiniment triste. Il est également léger et fantomatique, ou incroyablement lourd et texturé – comme dans The Bridge, auquel j’envoie un clin d’œil par son titre & under the bridge. Loren Connors prouve qu’il ne faut pas nécessairement un volume assourdissant pour être ‘lourd’. En fait, l’absence de volume peut être tout aussi surprenante. Quand on parle de jouer avec son âme, c’est toujours le premier nom auquel je pense – je ne pense pas à l’instrument, je pense à l’âme qui enveloppe la pièce, à la guitare esseulée. »

« Je ne suis pas un grand fan de King Crimson – pour être honnête, à part le primitivisme américain, ça ne m’intéresse pas vraiment quand la guitare est « bien » jouée, en fait la majorité du rock des années 70 m’écœure, mais j’aime bien les vinyles de Fripp & Eno. Comme ceux de Cluster, ces albums ont été formateurs pour moi. C’est drôle parce que j’ai acheté Evening Star dans un magasin de disque près de chez moi et pendant l’année qui a suivi, le propriétaire essayait de me vendre des albums solos de Robert Fripp en faisant jouer la musique dès que j’entrais dans le magasin. » « Calgary n’est pas aussi isolée du monde que la Nouvelle-Zélande, mais on en a l’impression parfois, surtout si on s’intéresse à autre chose que se soûler en écoutant du ‘party rock’. C’est en partie pour ça que Dead C me fascine. J’adore leurs albums, et aussi le fait qu’ils faisaient déjà leur noise à la limite du monde avant même que je ne sois né. J’ai déjà interviewé Bruce Russell, le joueur d’amplificateurs, et certains trucs qu’il a écrits me sont entrés dans la tête : BR : On faisait la bonne chose (peu importe ce que ça veut dire) dans le côté étrange de Sonic Youth, où le bruit, le rock, l’industriel et l’improvisation ont manqué de souffle comme tous ensemble, nous laissant seuls, fonçant vers la limite de cet univers merdique. DF : « Branchez les instruments, jouez et voyez ce qu’il va se passer. Peut-être l’enregistrer dans une pièce avec un micro. »

BR : C’est la grande différence entre ce qu’on fait et les groupes qui ‘écrivent des chansons’ ou même ‘écrivent des pièces’ – on n’écrit pas, ça se passe, tout simplement. DF : « Ce style de musique peut être très éphémère et expérimental; parfois il est enregistré sur une cassette, parfois juste dans les mémoires. C’est la vie, j’imagine. Maintenant que j’ai réussi à accepter que mon son préféré est le feedback d’une guitare, je suis juste heureux que la cassette permette de le travailler de plein de façons. »

Video :: Spectre – “On the Telephone”

Spectre - "On the Telephone"

The femme fatale. The mysterious briefcase. The panicked payphone call. This video for Spectre’s “On The Telephone” is packed with all the key elements of a critics’ choice thrill ride. Director Kai Davey-Bellin, teaming up with two video vets, utilizes non-linear chops to drive the narrative in this dialogue-free flick. The cinematic intrigue intensifies with repeated views as you slip deeper into this story of deceit and despair.

La femme fatale. La mallette mystérieuse. L’appel paniqué depuis un téléphone public. Le vidéo de la chanson «On The Telephone» de Spectre rassemble tous les éléments clés d’un thriller qui plaît aux critiques. Le réalisateur Kai Davey-Bellin, associé à deux vétérans du vidéo, utilise des techniques non linéaires pour faire avancer le récit dans ce film sans dialogues. L’intrigue cinématographique s’intensifie à chaque visionnement, alors que vous glissez plus loin dans cette histoire de duperie et de désespoir.

Weird Event :: NO POP (Sunday, September 21)

No PopNo Pop

While one of Montreal’s major festivals wraps up, some of the city’s strangest beasts will be gathering in a dark, red-lit space. Weird Canada presents NO POP in an only-musicians-could-decorate-like-this basement, literally under the ground through sub-surface tunnels.

The streets above will be drenched with sponsors, tickets, and biz. But down the stairs and through a tunnel at 3655 St. Laurent Blvd. you will find something for the unincorporated, rebel, hacker, slacker and weirdo.

9:00 pm: Portable Cosmoshrine
9:45 pm: Mon Frère Est Mort
10:30 pm: Così e Così
11:15 pm: Aim Low
12:00 am: Nothinge

Doors: 8:30 pm // PWYC // 3655 St. Laurent basement, Montreal, QC.
FB event: https://www.facebook.com/events/1510620279178961/

Pendant qu’un des festivals majeurs de Montréal va clôturer ses activités, dimanche le 21 septembre, dans un souterrain sombre et écarlate, un groupe de bêtes montréalaises des plus étranges vont se rassembler. Littéralement sous le sol et à la traversée de tunnels souterrains dans un sous-sol décoré-comme-seuls-peuvent-le-décorer des musiciens, Weird Canada présente No Pop.

Au dessus, la cité sera noyée par les sponsors, billeteries et showbiz ; une partouze lèche-le-cul semblable à NXNE. Mais en bas des marches et à travers un tunnel au 3655 boul. Saint-Laurent, on trouvera quelque-chose pour le non-incorporé , le rebelle, hacker, slacker et weirdo.

21h : Portable Cosmoshrine
21h45 : Mon Frère Est Mort
22h30 : Così e Così
23h15 : Aim Low
Minuit : Nothinge

Portes : 20h30 // Prix facultatif // sous-sol du 3655 St-Laurent, Montréal, QC.
Événement Facebook : https://www.facebook.com/events/1510620279178961/)

New Canadiana :: Clarinet Panic Deluxx – No Tasseomancy

Clarinet Panic Deluxx - No Tasseomancy

It’s strange that this album is called No Tasseomancy. Often lines of sound follow different time signatures only to meet together abruptly and divide again. It is the synchronicity of events leading to an inevitable outcome. Much like the intuitive mysticism of tea leaf readers, this music finds tiny dots of connection in the chaotic movements of the universe. Maybe the movement away from tasseomancy conveys a forethought of the composer(s). No matter, it’s a thoughtful sound.

Il est étrange que le titre de cet album soit No Tasseomancy. Souvent, les ondes sonores se propagent dans différentes directions ne serait-ce que pour venir se croiser soudainement, puis se séparer à nouveau. C’est la synchronicité des évènements menant à un résultat inévitable. Comme le mysticisme intuitif des devins qui lisent dans les feuilles de thé, cette musique parvient à trouver de minuscules points de jonction au cœur des mouvements chaotiques de l’univers. Peut-être cette négation de la tasséomancie nous dévoile-t-elle une certaine prévoyance de la part du/des compositeur(s). Peu importe, il s’agit bien d’un son réfléchi.


Clarinet Panic Deluxx – No Tasseomancy


Clarinet Panic Deluxx – De-Troit

New Canadiana :: The Binz – How to Freak Out Responsibly About the Rise of the Robots

The Binz - How To Freak Out...

The Binz’ How to Freak Out Responsibly About the Rise of the Robots, released by spirited one-man Vancouver punk label, Not Yer Buddy Records, is a seething, violent mass with something friendly at its core. The songs come from a familiar place without being too familiar, moving forward so quickly that there’s not much time to sit and zone-out to any given riff — there’s something even better coming and it’s starting to hit now. But rather than being complex, the album is tireless, with Gary Roberts alternating between singing and screaming, restraint and onslaught, hurtling us towards the end.

How to Freak Out Responsibly About the Rise of the Robots (ou : comment capoter responsablement face à une insurrection de robots) de The Binz, une production de la fougueuse maison de disque punk Vancouvéroise dirigée en solo, Not Yer Buddy Records, est une masse violente et colérique sur un fond amical. Les pistes viennent d’un endroit familier sans toutefois trop l’être, allant de l’avant si rapidement qu’on ne peut pas vraiment prendre le temps de décrocher et de se concentrer sur un riff quelconque, car quelque chose d’encore mieux se fait sentir. À défaut d’être complexe, l’album est plutôt inlassable, Gary Roberts alternant entre cri et chant, retenue et assaut, nous projetant vers la fin.


The Binz – Suffer Master


The Binz – Last Call Master