Category: Ex Libris

Ex Libris :: Suzanne Sutherland – When We Were Good

Weird_Canada-Suzanne_Sutherland-When_We_Were_Good-Front_Cover

Stand in any busy hallway, whether it’s comprised of doctors or students or the recently bereaved, and you’re guaranteed to hear a word so many times its one syllable no longer makes sense. A word so overused and meaningless that it feels gaseous and light between your teeth because it constantly occupies space there. This word is “good.” But what truly entails being “good”? The clean and hollow euphoria of puritanical ethics? Or simply, to feel “good” within oneself? During teenage-hood, as the main character of Suzanne Sutherland’s excellent When We Were Good attests, it’s difficult to feel anything but “lying-in-my-room-alone-with-a-CD-on-good.”

Sutherland’s decidedly queer/feminist YA novel follows Katherine Boatman, a sixteen-year-old Torontonian grappling with depression in the wake of familial loss. A disillusioned Katherine parts through grief’s thick fog to find a mysterious straight edge punk named Marie and a place where lyrics are poetry, X’s on hands are religious iconography, and punk shows can shake one’s innermost being with spiritual fervor. The strictly punk soundtrack (think Jawbreaker, Sonic Youth, and Minor Threat references) Marie introduces is raw and visceral, mirroring the electricity of teenagehood’s first touches, heartbreaks, and unbridled rage.

When We Were Good doesn’t eschew teenage romance and bildungsroman narratives, but instead employs them through the lens of queerness and mental health, transforming them into something new and gleaming and important. With every mixtape exchanged Katherine’s relationship with Marie moves through mild fascination, to steadfast friendship, to love. Katherine finds that if to be “good” is to be at home, then home is not found between the words of any straight edge rulebook, but instead lies within the recesses of the identity she accepts herself. And it is here where Sutherland transfigures the classic Salinger “Who am I?” for a more timely and significant sentiment: “How can I figure out who I am and be okay if everyone is calling me a slut and a dyke?”

Tenez-vous au milieu d’un couloir occupé, que vous y voyiez des docteurs ou des étudiants ou des récemment endeuillés, vous êtes garanti d’entendre un mot tellement souvent que sa seule syllabe perd tout son sens. Un mot tellement surutilisé et dépourvu de sens qu’il ressemble à une forme gazeuse et légère entre vos dents, car il occupe toujours un espace dans votre bouche. Ce mot est ­«bon» (good). Mais qu’entend-on par être «bon»? L’euphorie nette et vide d’une éthique puritaine? Ou tout simplement, de se sentir «bon» soi-même? Durant les tristes moments de l’adolescence, comme le dit le personnage principal de l’excellent roman When We Were Good de Suzanne Sutherland, il est difficile de se sentir autre que «à-terre-dans-ma-chambre-seul-avec-un-CD-bon» (lying-in-my-room-alone-with-a-CD-on-good).

Ce roman pour jeunes adultes, aux tons décidément féministes/queer de Sutherland, suit Katherine Boatman, une adolescente de seize ans de Toronto aux prises avec une dépression à la suite d’un deuil familial. Désillusionée, elle diffuse l’épais brouillard de sa tristesse pour trouver une punk mystérieuse nommée Marie, et un endroit où les paroles de chansons sont des poèmes, des ­«X» sur les mains sont des icônes religieux, et des concerts punk peuvent secouer l’être intérieur de tous avec une ferveur spirituelle. La bande sonore strictement punk (il faut penser aux groupes Jawbreaker, Sonic Youth, and Minor Threat) introduite par Marie est brute et viscérale, en plus de refléter les premiers contacts électriques de l’adolescence, les coeurs brisés et la rage pure.

When We Were Good ne rejète pas l’amour entre des ados, ni la narrative d’un bildungsroman, mais utilise ces éléments perçus à travers la lentille d’une réalité queer et de problèmes de santé mentale. Cet état les transforme en quelque chose de nouveau, étincelant et important. Avec chaque mixtape qu’ils s’échangent, la relation de Katherine envers Marie évolue de la fascination, vers une grande amitié, et même jusqu’à l’amour. Katherine réalise que si pour être ­«bon» il faut être chez soi, alors ce chez-soi ne se trouve pas dans un livre de règles, mais existe plutôt à l’intérieur des cavités de l’identité qu’elle accepte elle-même. Et c’est ici que Sutherland transfigure le ­«qui suis-je» (Who am I) de Salinger pour un sentiment plus contemporain et significatif: «Comment vais-je découvrir qui je suis et l’accepter si tout le monde m’appelle une pute et une gouine?»

Weird_Canada-Suzanne_Sutherland-When_We_Were_Good-Book_Page

Weird_Canada-Suzanne_Sutherland-When_We_Were_Good-Back_Cover

Ex Libris // New Canadiana :: Treephones – Mute Swan // Trumpeter Swan

Weird_Canada-Treephones-Trumpeter_Swan

Who needs a music video when you can read a graphic novel? Treephones’ Mute Swan/ Trumpeter Swan album takes digital narratives to new heights – a beautiful journey to take by ear, but one that is enhanced by reading the graphic novel accompaniment. Atmospheric sound creates a dreamy haze with overlapping, at times muted, at times trumpeting elements that combine for a sound that is unique yet familiar. Raw elements create a feeling of live urgency and a surreal sense that it could be different the next time you listen to it. Fly away with it.

Qui a besoin d’un vidéoclip quand on peut lire une BD roman? L’album Mute Swan/Trumpeter Swan de Treephones amène la narration numérique vers de nouveaux sommets: un magnifique voyage pour l’oreille, bonifié par la lecture de la BD roman qui l’accompagne. L’atmosphère sonore nous enveloppe dans un rêve rempli d’éléments qui parfois s’entrecroisent, se taisent ou explosent, mais toujours se mélangent pour créer un son unique, bien que familier. Les éléments bruts créent un sentiment d’urgence et une sensation surréelle que la prochaine écoute pourrait être différente. Laissez-vous porter.

Treephones – Enclyclopedia of Birds/ Physical Archives Sector

Treephones – Static/ Cellular Automata

Weird_Canada-Treephones-Mute_Swan-Cover

Ex Libris :: Freda Guttman – Conversations with Freda

Weird_Canada-Freda-Front

Conversations with Freda compiles thoughts and reflections on a life invested in art and activism through the words and works of Freda Guttman. The text draws from personal experiences working on projects addressing various issues of social justice while also discussing deeper questions of participation, community, and the role of art and artists in society. That these are reflections from Montreal should not be lost on the reader, a city whose recent history of noise includes both dissonance and dissidence. The spirit of that community certainly influences how the relationship between the artist and society is thought of although this document only forms parts of the ongoing conversation. It is a beautifully screenprinted and inspiring document of sustained practise and belief in the power of art, as well as a jumping off point for further discussions on our relation to art, to society and to our separation or integration of the two.

Conversations with Freda rassemble — par les mots et les œuvres de Freda Guttman — des pensées et réflexions d’une vie consacrée à l’art et l’activisme. Le texte s’inspire des expériences personnelles au sein de projets de justice sociale et de discussions autour de questions plus profondes sur la participation, la communauté et le rôle des arts et des artistes dans la société. Le lecteur doit garder à l’esprit les origines montréalaises de ces réflexions, une cité dont l’histoire récente comprend la dissonance et la dissidence. L’esprit de cette communauté influence sans doute comment la relation entre l’artiste et la société est envisagée, mais ce document ne forme qu’une partie de cette conversation en cours. Il est magnifiquement illustré, porte à la réflexion sur le pouvoir de l’art, et constitue un point de départ pour engager la conversation sur notre relation avec l’art, et avec la société; et la façon dont nous séparons ou intégrons les deux.

Weird_Canada-Conversations_With_Freda-Back

Ex Libris // New Canadiana :: The H and Madison Dinelle – On Organization

Weird_Canada-The_H_Madison_Dinelle-On_OrganizationWeird_Canada-The_H_Madison_Dinelle-On_Organization-thumb

These bleeps from the deep mark a transition for Francesco De Gallo and Jesse Osborne Lanthier, shifting from harsh realms to kosmische, electroacoustic to outsider techno. On Organization, an A/V collaboration with photographer Madison Dinelle, dissects their process of creation and deconstruction in sleek monochrome. Of course, the duo has since moved on to new sounds and aliases, continuing to scrape away at the vast unknown.

Ces bips des profondeurs marquent une transition pour Francesco De Gallo et Jesse Osborne Lanthier, qui passent du criard au kosmische, de l’électroacoustique au techno étranger. On Organization, qui est une collaboration audio-vidéo avec la photographe Madison Dinelle, dissèque leur processus créatif/déconstructif en monochrome épuré. Depuis, le duo a bien évidemment poursuivi sa route vers de nouveaux sons et de nouveaux noms, grattant inlassablement devant l’immensité de l’inconnu.


The H and Madison Dinelle – Chaos


The H and Madison Dinelle – Balance

Weird_Canada-The_H_Madison_Dinelle-On_Organization-Inside

Ex Libris // New Canadiana :: The Blue Funz – Songs for Ed Ricketts

Weird_Canada-The_Blue_Funz-Songs_for_Ed_RickettsWeird_Canada-The_Blue_Funz-Songs_for_Ed_Ricketts-thumb

The Funz’ sea-blue period finds them ambling through shivering, shimmering shanties. These rimes of the ancient marine biologist bob in and out of whisper-soft washes like the earliest offerings of Akron/Family. Irish-Canadian arthouse imprint Wist Rec. sticks to its vision of bookshelf curios with the songs tucked inside a typically winsome watercolour zine.

La période bleue-mer de The Funz’ les voit déambuler dans des chantiers chatoyants, frissonnants. Les reflets givrés d’une ancienne biologie marine vont et viennent à chaque ressac chuchotant, tels les toutes premières offrandes d’Akron/Family. Les parutions canado-irlandaises Wist Rec. continuent d’exciter le regard en habillant ces chansons d’un zine caractéristique à l’aquarelle vaporeuse.


The Blue Funz – Shingle Bum


The Blue Funz – The Moons of Mulagi

Ephemera :: Brooke Manning

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Brooke

There is something incredibly delicate at the core of the music made by LOOM, like the ache that follows falling in love or the floating feeling of falling out of it. Brooke Manning, who is the main songwriter and driving force of LOOM, released a quiet, swirling EP in 2009. It was recorded in her living room with Thom Gill as well as Dan and Matt Pencer who improvised behind the songs on subtle, sweet keyboards and horns. A meditative collection with a strong focus on songwriting, it laid the foundation for what would become her full length, Epyllion, recorded on Toronto Islands. Made up of new songs and reworked songs from her EP, Epyllion featured a heavier, darker side of LOOM brought out with tunnel-reverb harps, frightening, distortion soaked synths and, at times, war-like percussion. Since Epyllion’s release LOOM has expanded into a backing band with members of Silver Pools and Gates to work on a follow up. LOOM’s words, her slow ease into a vibe, create a settling. Sit and breathe.

Weird Canada asked Brooke to show us objects that she holds sacred. She allowed us into her Toronto home and showed us things nostalgic, painful and held dear, all of which contribute to the words and music made by her slow and gentle hand.

Feel free to listen to these two songs from Epyllion as you view these photos. All words were dictated by Brooke, recorded and transcribed by Brad Casey.

Loom – There is Blood in My Body

Loom – Wholesome

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Shruti_1

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Shruti_2

Shruti box

Sometimes if I’m feeling a block I sit with this for a while. It’s like a drone machine. I bought it at the Musideum in the Richmond building back in 2008. A friend also gave me another one in different key 5 months ago. I find them really nice to sing to.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Uninhibitors

Uninhibitors

When I’m writing, if I feel nervous, I have some smokables and some wine. I don’t have any wine right now but I drink it out of this cup.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Journals

Journals

If I’m having problems lyrically, which rarely happens, I flip through old journals and old books of poetry that I wrote. I try to channel what’s happening in that moment but sometimes if I’m wishing to speak about a certain moment or thing or cause or idea and I can’t get there I’ll go to my books.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Tinctures

Tinctures

Sometimes my anxiety gets in the way. It used to more when I was younger. I had a hard time performing knowing that someone was in my house, like my Mom or roommates, so I’d cloister myself in small spaces. Now things are better but when my anxiety comes back I take these tinctures and I swear they work. I know this older woman, she’s this amazing mystic, she makes this tulsi tincture for women.
Weird_Canada-Ephemera-Loom-Deaf_Recordings

Deaf Recordings

A teacher of mine gave me these tapes. They’re recordings of her daughter, who is deaf, just being around the house playing. They were part of a project she did and she thought I could use these. I grew up around a lot of deaf people because my parents worked at a school for the deaf. I went to kindergarten with a lot of deaf kids. I feel like there’s a different, more mindful way of listening to them. I use these tapes for inspiration. It’s good to hear that sense of silence when you’re trying to create something with sound.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Love_Letters

Love Letters

This is a box of notes from friends, family, lovers and people who have deeply influenced me. Sometimes I look through it but very rarely.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Books

Books

These are my favourite books. Sometimes I open it up and read a page and try to place myself on that page, with the idea. I try to envision what’s written about and it sets the tone for awareness in my body. It’s a great thing for visualizing.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Jar_of_Souls

Jar of Souls

This is something I’ve had since I started playing and I’d bring it to shows. I did this funny project where I’d ask people if they could imagine their soul as something in a vessel, what would it be? I put an ad on craigslist and I got people to send them to me, these pieces of paper, and held them for a year and cared for them. I was never allowed to open the vessels because the vessels would release the soul. I’ve never opened it.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Live_Slow_Knife

Live Slow Knife

This was my Grandpa’s. Right before he died he was watching boats and I think he knew he was going to pass away. There a boat that kept travelling back and forth past the harbour and he would call me whenever he saw it and on the back it said ‘Live Slow.’ We had a lot of conversations then about what it meant to live slow and how he wished he had lived slower. Sometimes I lose it but it always gets sent back to me.

Il y a quelque chose d’incroyablement délicat au cœur de la musique de LOOM, comme la douleur qui suit le sentiment de tomber en amour ou la sensation de flottement lorsqu’on ne l’est plus. Brooke Manning, compositrice et force motrice de LOOM, a publié un EP calme et tourbillonnant en 2009. Il a été enregistré dans son salon avec Thom Gill ainsi que Dan et Matt Pencer, qui ont improvisé derrière les chansons avec des claviers subtiles et de douces cornes. Une collection méditative avec un fort accent mis sur ​​l’écriture, il a jeté les bases de ce qui allait devenir son album, Epyllion, enregistré sur les îles de Toronto. En constituant de nouvelles chansons et des chansons retravaillées de son EP, Epyllion présente un côté plus lourd et sombre que LOOM, avec des réverbérations de harpes, des synthés imbibés de distorsion, et, parfois, des percussions aussi effrayantes que la guerre. Depuis la sortie d’Epyllion, LOOM est devenu un back up band avec des membres de Silver Pools et Gates pour travailler sur un autre album. Les mots de LOOM, ainsi que sa facilité à créer une atmosphère, vous convient de vous Asseoir et de Respirer.

Weird Canada a demandé à Brooke de nous montrer des objets qui lui sont sacrés. Elle nous a permis de la rencontrer dans sa maison de Toronto et nous a presenté des choses qui pour elle sont nostalgiques et douloureuses, des objets qui lui tiennent à cœur et qui contribuent aux paroles et à la musique établi par sa tendresse.

N’hésitez pas à écouter les deux chansons de Epyllion pendant que vous regardez ces photos. Ce texte a été dicté par Brooke, et enregistré et transcrit par Brad Casey.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Shruti_1
Weird_Canada-Ephemera-Loom-Shruti_2

Boite Shruti

Parfois, si je me sens comme un bloc, je m’assois avec ça pour un moment . C’est comme une machine de drone. Je l’ai acheté au Musideum dans le bâtiment Richmond en 2008. Un ami m’en a aussi donné un autre, il y a cinq mois. Ils sont vraiment agréables à utiliser en chantant.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Uninhibitors

Uninhibitors

Quand j’écris, si je me sens nerveuse, je fume quelques cigarettes et bois du vin. Je n’ai pas de vin en ce moment, mais je le bois de cette tasse.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Journals

Journals

Si j’ai des problèmes à trouver des paroles, ce qui arrive rarement, je feuillette mes anciens journaux et vieux livres de poésie. J’essaie de canaliser ce qui se passe dans ce moment précis, mais parfois si je désire parler d’un certain moment, d’un objet, d’une cause ou d’une idée et que je ne peux pas y arriver, je retourne à mes livres.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Tinctures

Tinctures

Parfois, mon anxiété prend trop de place. Elle était souvent présente quand j’étais plus jeune. C’était difficile de pratiquer sachant que quelqu’un était dans la maison, soit ma mère ou mes colocataires, donc je me cloitrais dans des petites espaces. Maintenant, les choses vont mieux, mais quand mon anxiété fait surface, je prends ces teintures et je jure qu’elles fonctionnent. Je connais une femme plus âgée, elle est incroyable et mystique, elle fabrique cette teinture Tulsi pour les femmes.

Weird_Canada-Ephemera-Loom-Deaf_Recordings

Deaf Recordings

Ceci appartenait à mon grand-père. Juste avant sa mort, il regardait attentivement des bateaux et j’imagine qu’il se doutait que sa vie s’achevait. Il y avait un bateau en particulier qui passait souvent dans le port. À l’arrière du bateau, on pouvait lire les mots “Vivez Lentement”. Nous avons eu beaucoup de discussions à ce sujet, car mon grand-père souhaitait avoir pris plus son temps pour vivre. Parfois, je perds cet objet, mais il me revient toujours de nouveau.

Ex Libris :: Sandra Riley – The Counting House

Weird_Canada-Sandra_Riley-The_Counting_House-Cover

Room to breathe in Sandra Riley’s writing – slack action – a courtesy not often afforded. Not being one of two witnesses in love and domination, we are offered glimpses into elements of the unconscious all too familiar. Projection, rejection.

Questions regarding the productive nature of violence/docility. Who I am after you? Eventually only ghosted – thoughts, a voice, a presence long after.

“I deny I fell – I curtsied.”

Les écrits de Sandra Riley laissent un peu de place pour respirer, un luxe que l’on se permet rarement – de l’action épisodique. N’étant pas l’un des deux témoins de l’amour ou de la domination, on peut apercevoir des éléments d’un inconscient déjà trop familier. Projets, rejets…

Un questionnement sur la nature productive de la docilité/violence. Qui suis-je après toi? Et puis, un jour, seulement le fantôme d’une idée, d’une voix, d’une présence qui nous manque.

« Je n’ai pas chuté – j’ai tiré ma révérence. »

Weird_Canada-Sandra_Riley-The_Counting_House-Inside
Weird_Canada-Sandra_Riley-The_Counting_House-Back

Ex Libris :: Not at the Mall

Weird_Canada-Not_At_The_Mall-Front

Sometimes we need to be reminded about where and how to locate culture and have experiences outside of places that beg, “You need to be here, you need to shop here, you need to be seen here.”

Recalling the Situationists’ derive, Not at the Mall contains traces, maps, fragments, soundtracks, and guides for locating one’s self in Edmonton, calling attention to our presence in the city, peeling back the spectacle’s veneer to release “everything in this northern, land-locked island town, that’s not at the mall.”

Readers are invited to search and explore the city. An image of a painted flamingo, in-flight, soars across a building’s facade, asking us, “Can you find this door?”

“One of the greatest moments of winter is the moment just before you get on the ice.” Yes, it’s cold here, most of the time. But there’s beauty in this frozen landscape. We learn this from the black-billed magpie, a long-time permanent resident who navigates the Edmonton winter eating seeds, rodents, and the garbage that’s been left outside.

Nous avons parfois besoin de nous faire rappeler comment – et où – trouver de la culture et avoir des expériences ailleurs que dans les endroits qui nous supplient : « Vous devez venir ici / acheter ici / être vus ici ».

Gardant en tête la dérive des Situationnistes, Not at the Mall contient des cartes, des fragments, des trames sonores et des guides pour se localiser à Edmonton tout en focalisant l’attention sur notre présence géographique et en retirant le vernis spectaculaire pour tout libérer « dans cette ville-île nordique encrée sur terre, qui n’est pas au centre commercial. »

Les lecteurs sont invités à chercher en ville pour l’explorer : le dessin d’un flamand rose en plein vol sur la façade d’un immeuble nous demande « Pouvez-vous trouver cette porte? ».

« Un des meilleurs moments de l’hiver est celui juste avant de monter sur la glace. » Oui, il fait froid la plupart du temps ici, mais il y a de la beauté dans ce paysage gelé. C’est ce que nous apprend la pie d’Amérique, qui réside ici depuis longtemps et qui passe l’hiver à manger des graines, des rongeurs et les poubelles qui traînent dehors.

Weird_Canada-Not_At_The_Mall-Back

Ex Libris :: Aaron Webster – Humour -vs- Hell Vol. I

Weird_Canada-Aaron_Webster-Humour_Vs_Hell-Cover

Zine introductions usually start out sounding something like this: ”I’m sorry for getting this out so late” or ”this zine too so long to finally get together.” But not the one for Humor -vs- Hell. Aaron dives right in but not without warning. Writing that this was their plan the whole time, Aaron presents us with a drunk introduction that is not as incoherent and regretful as you might think.

HvsH is only thirteen pages long but it’s stacked. The Greatest Giggle in History is a fable about a great cloud of gloom that threatens a population of pot smoking hippies with its negative thoughts and bad trips. Ham sandwiches are thrown into a Glowing Triangle to make it funny. Themes that seem obscure in the beginning of Aaron’s pieces show themselves before the conclusion and come full circle.

The futuristic kittens, humorous ham sandwiches, and talking household appliances that populate Aaron’s writing show up through a combination of a few different styles of writing and genres that are commonly found in zines, but not usually combined. Aaron keeps the reader focused and resists the temptation to wander off into convoluted imagery that no one understands but the author. It’s not something you would normally find me picking up at a zine fair, but having selected it at total random, I enjoyed it. Playful, creative, and with good formating, HvsH is a great contribution to the East Coast zine scene.

Les introductions des fanzines commencent souvent par quelque chose du genre « Désolé pour le retard de ce numéro » ou « ça a finalement été très long avant de réussir à monter ce fanzine », mais ce n’est pas le cas avec Humor -vs- Hell. Aaron plonge au cœur du sujet, mais pas sans avertissement : il nous offre une introduction enivrée qui n’est pas aussi remplie de regret et d’incohérence qu’on le pourrait penser.

HvsH ne fait que 13 pages, mais elles sont pleines à craquer. The Greatest Giggle in History est un conte à propos d’un énorme nuage de morosité qui menace une population de hippies fumeurs de pot avec des pensées négatives et des bad trips. Dans Glowing Triangle, les lancers de sandwichs au jambon le rendent divertissant. Des sujets qui semblent obscurs au début des textes choisis se dévoilent avant la fin, bouclant ainsi la boucle.

Les chatons futuristes, les sandwichs au jambon humoristiques et les électroménagers parlants qui peuplent l’écriture d’Aaron parsèment une combinaison de divers genres littéraires et styles d’écriture que l’on retrouve souvent dans les fanzines, mais rarement combinés ensemble. L’auteur sait conserver l’attention du lecteur tout en résistant à l’envie de se perdre dans des images alambiquées qu’il serait le seul à comprendre. C’est un magazine que je n’aurais pas spontanément choisi dans un salon en temps normal, mais je l’ai choisi au hasard, et j’ai bien aimé. Joyeux, créatif et avec un bon format, HvsH est une belle contribution aux fanzines de la côte est.

Weird_Canada-Aaron_Webster-Humour_Vs_Hell-Back_Cover

Ex Libris :: Leanne Simpson – Islands of Decolonial Love

Weird_Canada-Islands_of_Decolonial_Love-Cover

Islands of Decolonial Love, to use a phrase by its author Leanne Simpson, penetrates the aural perimeter. The narrative voice occupying her songs and stories sounds like a constant drum beat in your head, burrowing deep into your chest and stomach. Twisting and turning, the organs transform into a pulpy mass of knots where her words begin to move, slowly and surely rising up towards your mouth. You are afraid of what will come out and when it does, it offers only the slightest relief but it is one you need.

You laugh. A lot. In way that eases the pain by the knots that have formed. You laugh because Simpson discards tired ethnographic entrapments with ease. You laugh because her inclusion of the Nishnaabemowin language makes history jump from the page. You laugh because everything in these storied landscapes is clear and you understand. You laugh until the last of the slowly dissolving knots have moved to your throat and your eyes burn with tears.

You cry because colonial norms have ensnared western society for far too long and it’s frustrating and exhausting. You cry because every one of Simpson’s pieces are a unique celebration of Indigenous nationhoods and not enough people in this country will read them and change. You cry because Simpson shows that the same blood runs through everybody’s veins, we all want to be loved, and we all ultimately share a desire to walk instead of float.

Islands of Decolonial Love, pour se servir d’une phrase de l’auteur Leanne Simpson pénètre le périmètre auditif. La voix narrative qui habite ses chansons et ses histoires retentit dans le crâne comme le rythme constant d’un tambour qui s’enterre profondément dans votre poitrine et l’estomac. Tournant et retournant sur eux-mêmes, quand ses mots commencent à se déplacer, les organes se transforment en une masse de noeuds pulpeux qui montent lentement et sûrement vers votre bouche. Tu as peur de ce qui va sortir, et quand ça se passe, le moment offre un petit répit, mais c’est celui qui était nécessaire.

Tu ris. Beaucoup. Tu ris d’une façon qui soulage la douleur de ces noeuds qui se sont formés. Tu ris, car Simpson se débarrasse des pièges ethnographiques facilement. Tu ris, car elle inclut la langue Nishnaabemowin, car elle fait bondir l’histoire de la page. Tu ris, car tous les paysages historiques sont clairs et compréhensibles. Tu ris jusqu’à ce que le dernier des noeuds se dissolvant lentement passe par la gorge et que tes yeux brûlent de larmes.

Tu pleures parce que les normes coloniales ont enferré la société occidentale depuis trop longtemps, et c’est frustrant et épuisant . Tu pleures parce que chacune des oeuvres de Simpson est une célébration unique des Premières Nations et il n’y a pas assez de gens dans ce pays qui va les lire et changer. Tu pleures parce que Simpson démontre que le même sang coule dans nos veines à tous, nous voulons tous être aimés, et nous désirons tous marcher au lieu de flotter.

Weird_Canada-Islands_of_Decolonial_Love-Back