Category: Ex Libris

Ex Libris :: David Proctor – Gross

David Proctor - GrossDavid Proctor - Gross

You are sick. Maybe everyone is sick. Maybe our culture is sick, or maybe our culture is the sickness. All consumed, all consuming. And if consumerism is the sickness, then what is the cure? If the crucified working class can’t rub the sleep from its eyes, who can? And if David Proctor’s Gross never completely restores sobriety to our inebriation, in a moment worthy of Proust, it nevertheless shines a beacon of light, indicating the redemptive power of art as our generation’s only hope. Proctor performs a post-mortem on western culture, opening us up, putting our hopes, fears, and values on display. Take a look at what you consume.

Vous êtes malade. Peut-être que tout le monde, ou même notre culture l’est. Ou peut-être que la maladie est notre culture elle-même. Tarie par la consommation, elle est elle-même voracement consommatrice. Et si le consumérisme est la maladie, existe-t-il un traitement? Si la classe ouvrière lasse ne peut s’enlever la fatigue des yeux, qui pourra le faire? Et si Gross, de David Proctor, ne nous tire jamais complètement de notre état d’ébriété pour nous ramener vers la sobriété, dans un moment digne de Proust, il projette néanmoins la lumière d’un brillant fanal indiquant le pouvoir rédempteur de l’art en tant que seul espoir de notre génération. Proctor effectue une autopsie sur la culture occidentale, allant chercher en nous nos peurs, nos valeurs et nos espoirs pour les exposer. Regardez bien ce que vous consommez.

David Proctor - Gross

Far Shores // Ex Libris :: The Zine Tree Project

Zine TreeZine Tree

The leaves of Amelia Merhar’s tree are mini-zines that range in topic from crushing on the falafel guy to how to properly weigh your own breasts. Nestled in the branches is an electronic bird that chirps each time someone in the world writes a tweet about zines. The tree is growing northernly culture, and these zines written entirely by Yukoners are traveling to Toronto for Canzine on November 1st.

Amelia Merhar a créé un arbre : ses feuilles sont des mini-fanzines aux sujets variés, allant de la bonne façon de se peser les seins aux papillons causés par le gars qui vend des falafels au centre-ville. Le gazouillis d’un oiseau électronique posé sur l’arbre se fait entendre chaque fois que quelqu’un – dans le monde – écrit un tweet à propos de fanzines. L’arbre fait croître la culture nordique du fanzine, et ces revues écrites par des Yukonnais seront de passage à Toronto le 1er novembre pour le festival Canzine.

Zine Tree

Ex Libris :: Jessica MacCormack – The See

The SeeThe See

Before you, a stunning, violent bildungsroman that has sprung from a fantasy world wrought by tumblr-embroidery. The See’s narrator begins by gesturing back “a long time ago” into “the 80s,” when she and The Others went for drives and swims and sleepovers – “no boys allowed”– with gorgeously risographed images of fish wearing white socks and patent leather shoes reminding us of the double-entendre on “school.” But Jessica MacCormack’s beguiling visuals cannily combine naïve alt-culture regulars (kittens, flowers, a Wes-Anderson-y image of girlhood) with images of horrific trauma. As the images and passages accrete, The See reveals itself to be about growing-up through the normalization of abuse. A particularly affecting passage reads:

The Missing One’s Others were over for The Holidays and then Blam, ‘My father raped me.’ (That’s how we say Happy Holidays around these parts.)

Or look at the poppies that suggest wounds on the bodies of her subjects. One naturally recalls the Canadian metanarrative of heroism and loss returned to every November. But the poppy is also operating as the smuggled signification of addictive opiates and, subsequently, the intravenous communication of HIV. If MacCormack’s work is “precious,” it is in the sense of its tremendous value and of the scarcity of such confident interrogations of our imbricated systems of health care, ‘justice,’ foreign policy and art. In a recent interview, MacCormack drew attention to the manner in which “structures of the art institutions are similar to the prisons, government, education and other systems: we need to actively shape them (or actively destroy them).”

Devant toi un roman initiatique stupéfiant qui surgit d’un monde fantastique forgé en broderie à la tumblr. La narratrice de The See commence par réaménager « il y a bien longtemps » en « dans les années 80 », quand elle et Les Autres partaient en escapades, allaient nager, organisaient des pyjama party – « interdites aux garçons » – avec de splendides images risographiées de poissons portant des chaussettes blanches et des souliers en cuir vernis qui nous rappellent le double sens en anglais du mot « school ». Les visuels charmeurs de Jessica MacCormack combinent astucieusement les habituels icônes naïfs de la culture alternative (les chatons, les fleurs, une imagerie à la Wes Anderson de la jeunesse féminine) avec des images de trauma horrifiques. Au fil des images et des passages qui s’accumulent, The See révèle son sujet : grandir avec la normalisation de l’abus. Voici un passage particulièrement frappant :

The Missing One’s Others were over for The Holidays and then Blam, ‘My father raped me.’ (That’s how we say Happy Holidays around these parts.)

Les Autres de La Disparue étaient là pour les fêtes et vlan, ‘Mon père m’a violée’. (C’est comme cela que l’on se souhaite de Bonnes Fêtes dans ce coin.)

Ou peut également regarder les coquelicots qui suggèrent les blessures sur le corps de ses personnages. On se rappelle alors naturellement la meta-narrative canadienne de l’héroïsme et de la perte qui revient chaque mois de novembre. Mais le coquelicot opère également en contrebande comme symbole des opiacés addictifs et par suite de la transmission intraveineuse du SIDA. Si le travail de MacCormack est « précieux », c’est pour sa formidable valeur et le manque d’interrogations audacieuses au sujet de l’imbriquement du système de santé, du système judiciaire, des affaires étrangères et du monde artistique. Récemment, dans une entrevue, MacCormack attirait l’attention sur la manière dont les structures des institutions artistiques sont similaires aux prisons, au gouvernement, à l’éducation et à d’autres systèmes, stipulant que nous devons activement les refaçonner ou simplement les détruire.

The SeeThe SeeThe See

Ex Libris :: The Golden Bat

The Golden BatThe Golden Bat

It’s hard to ever truly know a city or a region; even if you think you’ve seen it all, time lends itself to new appreciations and unexplored feelings. As buildings crumble and new neighbourhoods emerge, so does our grip on the translucent dust of memory as it seeps out into the warm textures of an aged image. Flipping through The Golden Bat evokes both the melancholic and the mysterious nature of the region of Waterloo, affectionately referred here as the “try-cities”. The stories and anecdotes inside reference and make light of the changing nature of the region, even if its distinct (misunderstood?) spirit remains pressed into each emerging pattern of progression. The zine’s cover itself is a faded entry in photographic conscience from a time before city council replaced a concrete parking lot with more concrete. Poster art from local shows act as symbols of the DIY music community that remains a beacon to local showgoers. Introduce yourself to this wyrd place.

C’est difficile d’arriver à vraiment connaître une ville ou une région; même si on pense avoir tout vu, le temps amène toujours de nouvelles appréciations et des sentiments inexplorés. Au fur et à mesure que des bâtiments s’effondrent et que des nouveaux quartiers émergent, il en est de même pour notre poigne sur la poussière translucide de la mémoire alors qu’elle s’infiltre dans les textures chaudes d’une image vieillie. Feuilleter The Golden Bat évoque la nature mélancolique et mystérieuse de la région de Waterloo, où les villes sont affectueusement désignées de “try-cities”. Les histoires et anecdotes qu’on retrouve à l’intérieur font référence à la nature éphémère de la région et se moquent un peu de celle-ci, même si son esprit distinct (incompris?) reste bien enfoncé dans chaque nouvelle habitude de progression. La couverture du zine est, en conscience photographique, une entrée délavée issue d’un temps où le conseil municipal n’avait pas encore recouvert un stationnement de béton avec encore plus de béton. Les affiches de prestations locales font office de symboles de la communauté musicale Do It Yourself qui elle, sert de pilier pour les spectateurs locaux. Venez vous présenter à cette scène byzarre.

The Golden Bat

Far Shores // Ex Libris :: Exploding Motor Car – The Public Slaw

Exploding Motor Car - The Public Slaw


Andrew Zukerman – The Public Slaw (pt 1)

The Public Slaw overloads and overwhelms the senses with a splice ’n’ diced opus of gastric proportions. Andrew Zukerman and Winston Hacking, the bugged out brains behind Exploding Motor Car, send this short film, soundtrack and accompanying book on a crash course into scrambled pleasure centres. From the vibrant vignettes of its opening section (kung fu pandas, puppies, and one perplexed vampire) to the b&w cool-out at its close (dancer Minae Omi shrouded in monochrome) this ADHD A/V farrago will leave its viewers finely shredded.

The Toronto premiere and book launch of The Public Slaw takes place Friday, Sept. 12 at 811. More information here.


Andrew Zukerman – The Public Slaw (pt 1)

The Public Slaw sature et submerge les sens avec un opus-fricassée aux gourmandes proportions gastriques. Andrew Zukerman et Winston Hacking, les cerveaux irrités derrière Exploding Motor Car, ont envoyé ce court film accompagné d’une trame sonore et d’un livre, véritable cours intensif de plaisirs brouillés. Des thématiques vibrantes titillent l’appétit dès l’ouverture (kung fu pandas, animaux cutes, et un vampire perplexe) jusqu’à la période de relaxation finale, une image en noir et blanc de la danseuse Minae Omi enveloppée de monochrome. Ce fractal hyperactif audio-visuel laissera le lecteur finement haché.

The Toronto premiere and book launch of The Public Slaw takes place Friday, Sept. 12 at 811. More information here.

Ex Libris :: Jordan Abel – The Place of Scraps

Jordan Abel - The Place of Scraps

The politics of self, in the context of the words of another, are easily misconstrued: inferred meanings, implied constants, imparted valuation … Where the space between text becomes as significant as the dark ink that dresses the otherwise bare page; its pulp-fact enveloped within its pulp-fiction. The search for the ‘me’ in the third-party recounting of one’s ancestry; attempts at preserving culture inextricably and simultaneously interwoven with that same culture’s quiet generational whisperings. These politics, however, are ephemeral and transient in the context of cultural reconstruction. Somewhere in the fibres of ethnological supposition, there exists a poetics of self, and Vancouver’s Jordan Abel has crafted for himself, out of the words of twentieth-century anthropologist Marius Barbeau, an approach to discovering the ‘self’ that is semantic, historiographic, and deeply personal.

The erasure poetry embedded in The Place of Scraps is not about dismantling Barbeau’s Totem Poles, rather, it is about Abel finding himself and his connection to his Nisga’a Nation ancestry through the absorption of Barbeau’s anthropological narration; an osmosis of identity and heritage through the pores of cultural dislocation and dismemberment. Through his dissection of Marius Barbeau’s work, Abel repositions himself with regards to his cultural heritage. The symbols and iconography of his ancestral past become tactile once more; totem poles of the tribes of the Western Coast and a wooden spoon crafted by his father become irreverently linked to his past, one that Abel resurrects from his textual reconstructions of Barbeau’s journeys. And it is here, though his reappropriation of his cultural heritage, that Jordan Abel’s poetics of self become much more profound than the third-party attempts at cultural preservation and relocation that Abel has existed alongside his entire life.

Dans le contexte des paroles d’un autre, les politiques de soi sont facilement mal interprétées : des sens déduits, des constantes insinuées, une estimation conférée… Là où l’espace dans le texte devient aussi significatif que l’encre foncée qui habille la page autrement nue; ses faits à sensation enveloppés dans son roman à sensation. La quête du « moi » dans le récit des ancêtres de quelqu’un écrit par une tierce personne; une tentative de préservation de la culture inextricablement et simultanément entremêlée avec les murmures générationnels silencieux de cette même culture. Ces politiques, par contre, sont éphémères et passagères dans le contexte de la reconstruction culturelle. Quelque part dans les fibres de la supposition ethnologique existe une poétique de soi et le Vancouvérois Jordan Abel s’est créé, à partir des mots de l’anthropologue du 20e siècle Marius Barbeau, une approche pour découvrir le « soi » qui est sémantique, historiographique et profondément personnel.

La poésie d’effacement intégrée dans The Palace of Scraps ne traite pas de la déconstruction de Totem Poles de Barbeau, mais plutôt d’Abel se retrouvant et découvrant sa relation avec ses ancêtres de la Nation Nisga’a à travers l’absorption de la narration anthropologique de Barbeau; une osmose entre l’identité et l’héritage dans les pores de la dislocation et du démembrement culturels. À l’aide de sa dissection du travail de Barbeau, Abel se repositionne quant à son héritage culturel. Les symboles et l’iconographie de son passé ancestral deviennent à nouveau tactiles; les totems des tribus de la côte ouest et la cuillère de bois façonnée par son père deviennent irrévérencieusement liés à son passé, celui qu’il ressuscite de ses reconstructions textuelles des parcours de Barbeau. Et c’est ici, dans sa réappropriation de son héritage culturel, que les politiques de soi de Jordan Abel deviennent encore plus profondes que les tentatives de préservation et de délocalisation culturelles par des tiers à côté desquelles Abel a passé toute sa vie.

Jordan Abel - The Book of Scraps
Jordan Abel - The Book of Scraps

Ex Libris :: Michael Hingston – The Dilettantes

Michael Hingston - The Dilettantes

We are confronted by daily intrusions into our being or sense of self. Even welcomed obligations can come at a cost not entirely expected or known. With each job taken, organization joined, friend made, lesson learned – a little ribbon is tied to your wrist, pulling you in every which way. When one of these ribbons is removed, you gain a sense of freedom, a rotation of the wrist. The first turn is so satisfying. But what are you to do then? Without a tug in one direction or the other, how are you supposed to know where to go?

What if those ribbons were not just tugging on your wrist, but constructing it? Holding it together. Taking an amorphous flesh and giving it some sense of shape. Shape is by no means set – even physically manifested and labelled objects take on a myriad of forms. Simon Fraser University can at once be a university, the ruined Delphi Museum and the planet Tollana. In The Dilettantes, Michael Hingston explores the self in the midst of such (de)formation. People are tied in shape through labels applied by others, oh you’re one of those newspaper people, and this may well hold together how individuals see themselves, but it does not have to and it can be removed. In fact, your ribbons may be forcibly removed – a smile as they untie you not realizing, caring or concerned with just how painful the process will be.

Tous les jours, nous faisons face à des intrusions dans notre être ou dans la perception que nous avons de nous-mêmes. Même les contraintes bénéfiques peuvent avoir des conséquences cachées ou inattendues. Avec chaque nouvel emploi, chaque nouveau groupe, chaque nouvel ami, chaque leçon apprise, un petit ruban s’attache à votre poignet et vous tire de tout bord, tout côté. Lorsque l’une de ces attaches s’enlève, vous ressentez un certain sentiment de liberté, une rotation du poignet. La mobilité accrue procurée est tellement satisfaisante. Mais après, que faire? Sans une petite poussée dans la bonne direction, comment êtes-vous supposé savoir où aller?

Et si ces rubans n’étaient pas juste en train de vous « tirer » le poignet, mais qu’ils en étaient en fait les fondations? Le faisant tenir en place. Donnant une forme à votre chair amorphe. La forme n’est en aucun cas définitive, car même les objets clairement identifiés peuvent parfois prendre une multitude de formes. L’Université Simon Fraser peut simultanément être une université, les ruines du Musée Delphi et la planète Tollana. Dans The Dilettantes, Michael Hingston explore l’être en plein milieu d’une telle (dé)formation. Les gens sont liés à la perception que les autres ont d’eux, « oh, donc vous faites partie des gens de la presse », et bien que cela joue un rôle dans la façon dont nous nous percevons nous-mêmes, les rubans ne sont pas absolus. En fait, ils pourraient se détacher avec vigueur – un sourire alors qu’ils partent au vent sans que vous vous préoccupiez de toute la douleur que cette décision est sur le point de causer, et sans que vous vous en rendiez compte.

Michael Hingston - The Dilettantes

Ex Libris :: Herd Magazine Issues 01-03

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Communities are built and sustained through documentation, collaboration, participation.

Herdmag, free and published independently on a quarterly basis, begins its inaugural issue with a personal letter that offers itself to the city of Ottawa, its home. Herd is a platform for local cultural institutions, musicians, artists, chefs, and writers to make their presence known. With the turn of each page, the idea that one’s creative trajectory must include moving to a larger metropolis (nearby Montreal or Toronto, for instance) is challenged.

“You’re not looking hard enough.” Here is a vibrant roster of groups and individuals who are making things happen. Locally.

In a gripping story about the closure of a historic downtown nightclub, an onlooker imagines what a typical night during the club’s heyday might have been like. Ghosts and figments of the past are recalled alongside the old, discarded carpet that once caught the broken glass of flashbulbs. Herdmag is a collection of these glass shards. Only it is alive and active right now, reflecting, sharing, and documenting cultural activity so that one will never have to wonder about how the city might have looked, sounded, and moved.

Pour faire rouler une communauté, il faut combiner ces trois choses : documentation, collaboration et participation. Herdmag, un trimestriel indépendant gratuit, ouvre son premier numéro avec une lettre personnelle adressée à sa ville d’origine, Ottawa. Herd est une plateforme sur laquelle des musiciens, des artistes, des chefs cuisiniers, des écrivains et des organismes culturels peuvent se faire connaître. La notion que tout cheminement créatif doit passer par les plus grandes agglomérations (comme Montréal ou Toronto, par exemple) est remise en question à chaque page.

« Tu ne cherches pas assez loin. » Voici un vibrant catalogue d’artistes et de groupes qui font brasser la scène locale. Dans une histoire poignante à propos de la fermeture d’un club du centre-ville, un observateur imagine ce qui devait être une soirée typique lorsque l’établissement était à son apogée. Spectres et bribes du passé sont retrouvés aux côtés du vieux tapis qui a naguère attrapé les fragments d’ampoules cassées. Herdmag est une collection de ces mêmes morceaux de vitre. Contrairement à la vieille bâtisse, le magazine est toujours actif en ce moment, remémorant, partageant et documentant l’activité culturelle pour que personne n’ait plus jamais à se demander de quoi la ville avait l’air dans le temps.

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Ex Libris :: Look Straight Ahead [Elaine M. Will]

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Between schoolyard bullies, schizophrenic visions, and dissatisfaction with his art, 17-year old Jeremy Knowles is experiencing a difficult adolescence. Structured as contemporary Künstlerroman, Elaine M. Will’s Look Straight Ahead documents Jeremy’s struggles with acute mental breakdown exacerbated by teen angst (or perhaps vice-versa) and his experience with art as therapy.

Will situates Look Straight Ahead firmly in the imagery and narrative of timeless adolescence: the story itself is centrally concerned with the process of growing up, and her characters bear uncanny resemblance to a similarly teen-minded classic. Other than the physical likeness, though, Will’s steers clear from anything so middle-American: drawn in black and white (except for a few bursts of colour in Jeremy’s hallucinations), Look Straight Ahead alternates between frigid asceticism and manic psychedelia as Jeremy navigates the vicissitudes of recovery.

The familiarity of Will’s characterization imbues Look Straight Ahead with a distinctly human verisimilitude. Despite the metaphysical scope of his hallucinations, Jeremy’s struggles never venture beyond the relatable and they suggest an autobiographical intimacy with their content – Will herself suffered a mental breakdown in 2002. And, just as Will created Look Straight Ahead in the decade after her illness, Jeremy’s ultimate recovery confirms the restorative power of art and the inextricable link between creative and personal growth.

Entre des tyrans de la cour de récréation, des visions schizophréniques et une insatisfaction par rapport à son art, Jeremy Knowles, 17 ans, vit une adolescence difficile. Structuré à la manière d’un Künstlerroman contemporain, le récit Look Straight Ahead de Elaine M. Will décrit les périodes de dépression sévère de Jeremy, exacerbées par les angoisses d’adolescent (ou peut-être est-ce l’inverse) et de son expérience avec l’art comme forme de thérapie. Will place Look Straight Ahead de manière ferme dans l’imagerie et la narration d’une adolescence intemporelle : l’histoire même s’intéresse essentiellement au processus de passer de l’enfant à l’âge adulte et ses personnages comportent des ressemblances troublantes avec un classique similaire orienté vers les adolescents. Toutefois, à part les ressemblances physiques, Will reste loin des caractéristiques américaines traditionnelles : dessiné en noir et blanc (sauf pour les quelques éclats de couleurs dans les hallucinations de Jeremy), Look Straight Ahead alterne entre ascétisme frigide et psychédélisme maniaque en suivant le personnage principal qui subit les vicissitudes de la guérison.

La familiarité de la caractérisation de Will imprègne Look Straight Ahead d’une vraisemblance distinctement humaine. Malgré la portée métaphysique de ses hallucinations, Jeremy affronte des épreuves qui se lisent bien et qui suggèrent une intimité autobiographique avec leur contenu – Will a elle-même souffert de dépression en 2002. Et, de la même manière que l’auteure a créé Look Straight Ahead dans la décennie après sa maladie, la guérison de Jeremy confirme le pouvoir réparateur de l’art et le lien inextricable entre croissance créative et croissance personnelle.

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Ex Libris :: Do Not Resuscitate: The Marvelous Beauhunks [Stephen C. Wright]

Weird_Canada-Marvelous_Beauhunks-frontThe Marvelous Beauhunks

The Marvelous Beauhunks barely existed. What did exist was a full speed coaster of loop-di-loops, corkscrews and break-neck turns into the early nineties during the era of CFNY’s The Spirit of Radio. Amplifiers buzz on the pages where words exist like lyrics detailing the story of The Marvelous Beauhunks, “the best looking band in the world.” The best friends of misfits, the Beauhunks were powerful pop infused with the soul of their british icons. They inhaled cigarette smoke and exhaled a passion that almost took Toronto by storm. Almost. Stephen Wright, drummer of the Beauhunks past and present, curates the autobiography with a strange beat, illustrating the short-lived span of the Marvelous Beauhunks with first hand accounts, set lists, and press clippings from the time that they were almost the next big thing. The music scene is detailed in true rock and roll fashion, the Toronto venues of the present, gracing the pages of the past.

The Beauhunks climbed quickly and fell hard. The book is a crash of cymbals, a fight to the finish, but a passionate pop-rock performance and a memoir of the band you wish you had heard. Do not resuscitate.

Les Marvelous Beauhunks ont à peine existé. Leur existence a été une montagne russe de boucles, de vrilles et de virages à toute allure au début des années 90, à l’époque de l’émission The Spirit of Radio sur la station CFNY. Le bourdonnement des amplificateurs retentit dans les pages où des mots qui ressemblent à des paroles de chansons racontent l’histoire des Marvelous Beauhunks, « le plus beau groupe du monde ». Meilleurs amis des marginaux, les Beauhunks jouaient du pop percutant infusé de l’âme de leurs héros britanniques. Ils respiraient de la fumée de cigarette et expiraient une passion qui a presque pris Toronto d’assaut. Presque. Batteur passé et présent des Beauhunks, Stephen Wright produit l’autobiographie sur un rythme étrange et illustre la courte vie des Marvelous Beauhunks avec des récits de première main, des set lists et des découpures de journaux du temps où ils ont presque été les prochaines stars. La scène musicale est décrite dans un genre fidèle au rock’n’roll, et les salles de spectacle torontoises du présent ornent les pages du passé.

Les Beauhunks ont atteint rapidement le sommet et sont redescendus brutalement. Ce livre est une collision de cymbales, une lutte pour atteindre la ligne d’arrivée, mais une performance pop-rock passionnée et les mémoires d’un groupe que vous auriez aimé connaître. Ne pas réanimer.

The Marvelous Beauhunks