Category: Ex Libris

Ex Libris :: Claire Lacey – Twin Tongues

Claire Lacey - Twin TonguesClaire Lacey - Twin Tongues

A Western teacher far in the Eastern hemisphere. She is unprepared for the monsoon season, for her skin getting all sticky with humidity, for the betrayal of her umbrella. A strange lost bird in her apartment – a crow – mocks the very concept of the teacher’s teachings with relentless “Fuck you! I’m a crow! Fuck you! I’m a Crow! Fuck you! I’m a crow!…” Twin Tongues is a tale of English the colonist, the alien species that eradicates the native fauna only to discover its own alienness.

English is pervasive; it is easy to take its reach even to the most remote corners of the world for granted. Sometimes we vilify the tongue and blame its evil nature for the death of other languages. At other times we feel aggravated that not everyone in the world speaks English when we try and talk at them. How should one feel about this language? It’s so confusing!

Twin Tongues – a chaotic blend of fragmented narration and poetry – personifies this confusion. English becomes a thoroughly well-intentioned lady who is on a mission to teach the tongue in Papua New Guinea, where Tok Pisin, a pidjin derivative of English, is already the primary lingua franca (By the way, Papua New Guinea has more indigenous languages than any other country – over 820. We learn that the conception of Tok Pisin helped the local population retain its own identity in the time of colonization. Now English is diluting this identity yet again).

But back to our nice lady – she is doing the best that she can. She is nursing a cursing crow back to health. The bird’s repetitions of the heroine’s native phrases sound ridiculous and arbitrary. You know that feeling when you say a word over and over until you are unsure if that word has any meaning? How bizarre that we have collectively agreed to call particular combinations of sounds English. Does it even matter that in its dreams the local crow speaks English?

La langue anglaise étant omniprésente, il est facile de la voir étendre ses tentacules dans les recoins les plus éloignés de la planète. Nous jetons parfois le blâme sur celle-ci lorsque vient le temps de trouver un coupable responsable de la disparition d’autres langues. Il nous arrive parfois de sentir un certain agacement lorsque les interlocuteurs anglais sont aussi rares qu’une pluie dans le désert. Être ou ne pas être anglophone? Que de confusion.

Twin Tongues, un amalgame chaotique de prose et de poésie, personnifie cette confusion qui nous envoûte. Dans les pages de cet ouvrage, la langue anglaise prend les traits d’une vieille dame, pleine de bonnes intentions, partant propager la bonne parole en Papouasie Nouvelle-Guinée. Dans cette île du Sud se parle déjà un dérivé de l’anglais, le Tok Pisin, considéré comme la lingua franca du lieu. D’ailleurs, on compte 820 langues indigènes en Papouasie Nouvelle-Guinée, un nombre beaucoup plus important qu’ailleurs. Là-bas, le Tok Pisin était un moyen d’assurer la défense de l’identité locale, lors de la colonisation du territoire. On assiste aujourd’hui à un nouvel épisode d’anéantissement identitaire, sous l’égide de l’anglais.

Mais revenons à notre dame. Elle survit du mieux qu’elle peut. Elle offre des soins à un corbeau ayant perdu toute reconnaissance. Les mots de l’héroïne sonnent ridicules et arbitraires lorsqu’ils sortent de la bouche de l’animal. Avez-vous déjà eu le sentiment de répéter un mot ad nauseam, pour ensuite ne plus savoir s’il avait une quelconque signification? Le fait que la collectivité ait donné le nom d’anglais à un groupe de combinaisons sonores est bizarre. Dans ses rêves, le corbeau local est anglophone. Et alors?

Claire Lacey - Twin Tongues

Ex Libris :: Geneviève Castrée – Susceptible

Genevieve Castree - SusceptibleGenevieve Castree - Susceptible

Pause in between each of Geneviève Castrée’s illustrations in Susceptible; otherwise, you will miss just how deeply they can permeate. Perceiving another’s childhood through illustration enables an empathic account, how much easier to project into the other when you can see the visions entrenched upon their eyes. Visions of their formulation, a process wholly incomplete.

Our formation is mentally and physically encumbered by what happened in the past. This isn’t necessarily a bad thing since our accident of entering into the world does not mean that our ties in it are any the less valuable. When saying, “oh I got that from Mom” or “this seems like something my father would do,” we are placing ourselves by some of the only references we know. However, doing so becomes much more difficult when our familial points of reference do not speak our language or share our values. Castrée shows the cognitive dissonance created between wanting our vision of the perfect family and admitting that reality is often far off, creating a tragedy. We subsequently ask: what does the (m)other want?

Prenez le temps de bien regarder chacune des illustrations de Geneviève Castrée en feuilletant Susceptible, sinon vous ne réaliserez pas à quel point elles peuvent s’imprégner dans votre être. Percevoir l’enfance de quelqu’un à l’aide du dessin permet d’adopter un point de vue empathique; il est tellement plus facile de s’identifier à une personne lorsque l’on peut voir à travers ses yeux. Des bribes de la formation de son être, un processus entièrement incomplet.

Notre formation est mentalement et physiquement encombrée par notre passé. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose puisque l’accident qu’est notre entrée dans ce monde ne diminue en rien la valeur de nos liens avec celui-ci. Lorsque l’on dit « oh, je tiens ça de ma mère » ou « on dirait quelque chose que mon père ferait », on se situe à l’aide des seules références que l’on connaît. Cela devient beaucoup plus difficile lorsque notre point de référence ne parle pas notre langue ou ne partage pas nos valeurs. Castrée illustre la dissonance cognitive causée par le fait d’avoir une vision de vie familiale parfaite, et en même temps d’admettre que la réalité est rarement comme on la souhaite, ce qui est tragique. On se demande ensuite : que veut donc la m(autre)iarche?

Genevieve Castree - SusceptibleGenevieve Castree - Susceptible

Ex Libris :: Late Cuts II

Late Cuts II

With the goal of showcasing Vancouver artists and musicians working in the visual arts, Late Cuts II embodies the spirited vigor of dancing fingers on frayed paper; of celestial pitter-patterings traced as screened images on worn yet ennobled newspaper stock; of tumbling turnings of tongue twisting twirling prose in the dividends of suburban archways. These limited run releases—each of which is published in a different format—embodies the creative mentality of curators basking in the illumination of self-generating artistries, the incarnations of which are unique in their own methods of sentiment, conveyance, and delivery. With the demarcation between various art forms becoming increasingly intertwined, Late Cuts II exemplifies the power of multi-formative communication: of speaking through design and aesthetic; of absorbing through sight and touch. And we, the proud denizens of brightly zealous artscapes, are made that much more so by virtue of the aesthetic deliveries from the curators of this heartfelt community-oriented gallery of ink-laden loveforms.

Dans le but d’exposer des artistes et des musiciens vancouvérois du domaine des arts visuels, Late Cuts II incarne la vigueur pleine d’esprit de doigts dansant sur du papier usé; du tambourinement céleste tracé comme des images encadrées sur des piles de papier journal usé, mais anobli; de tours trébuchants de prose virelangue virevoltante dans les dividendes des voûtes de banlieue. Ces éditions limitées, chacune publiée dans un format différent, incarnent la mentalité créative des conservateurs se complaisant dans l’illumination des talents qui s’autogénèrent et dont les incarnations sont uniques dans leurs méthodes de sentiment, de communication et de distribution. Alors que les différentes formes d’art s’entrelacent de plus en plus, Late Cuts II exemplifie le pouvoir de la communication multiforme : celle-ci permet de parler à travers le design et l’esthétique; d’absorber à travers la vue et le toucher. Et nous, fiers habitants de paysages artistiques brillamment zélés, le sommes encore plus grâce aux livraisons esthétiques des conservateurs de cette touchante galerie de formes d’amour chargées d’encre axée sur la communauté.

Late Cuts IILate Cuts II

Ex Libris :: Michael Trussler – A Homemade Life

Michael Trussler - A Homemade LifeMichael Trussler - A Homemade Life

A Homemade Life is a set of 12 mnemonic “photo poems” assembled any way you want to create meaning and stimulate memories out of this free association. The photographs are half-staged and half-improvised (homemade), and are assembled with the poems into a sequence (life). This reflects on the mutability of memory and perception, how seemingly idiosyncratic events can be eerily universal, and also acts as an existential query. I see a dinosaur in that cloud, some people just see a cloud. But also, behind it all are the stars, far-away-barely-perceptible galaxies, and an untold amount of people looking back us and wondering the same thing, seeing how they stack up.

A Homemade Life est un ensemble de 12 « photo-poèmes » mnémoniques qu’on peut assembler de la façon qu’on veut pour en soutirer un sens. Cette association libre nous permet même de l’utiliser pour remuer notre mémoire. Les photos sont à moitié organisées et à moitié improvisées (faites maison), et peuvent être assemblées en une séquence en conjonction avec les poèmes, ce qui leur donne vie. Ces images, en plus de susciter des questions existentielles, font contempler et réfléchir à la mutabilité de la mémoire et de la perception, et à l’étrange universalité des évènements, qui peuvent sembler idiosyncrasiques. Je peux voir un dinosaure se former dans les nuages, tandis que d’autres ne voient qu’un nuage, mais dirigent leur regard plus loin encore et trouvent les étoiles et les galaxies, qui sont à peine perceptibles tellement elles sont lointaines, ainsi qu’une quantité innombrable de gens qui nous relancent, qui pensent à la même chose, en se questionnant sur leur position dans l’univers.

Michael Trussler - A Homemade LifeMichael Trussler - A Homemade Life

Ex Libris :: David Proctor – Gross

David Proctor - GrossDavid Proctor - Gross

You are sick. Maybe everyone is sick. Maybe our culture is sick, or maybe our culture is the sickness. All consumed, all consuming. And if consumerism is the sickness, then what is the cure? If the crucified working class can’t rub the sleep from its eyes, who can? And if David Proctor’s Gross never completely restores sobriety to our inebriation, in a moment worthy of Proust, it nevertheless shines a beacon of light, indicating the redemptive power of art as our generation’s only hope. Proctor performs a post-mortem on western culture, opening us up, putting our hopes, fears, and values on display. Take a look at what you consume.

Vous êtes malade. Peut-être que tout le monde, ou même notre culture l’est. Ou peut-être que la maladie est notre culture elle-même. Tarie par la consommation, elle est elle-même voracement consommatrice. Et si le consumérisme est la maladie, existe-t-il un traitement? Si la classe ouvrière lasse ne peut s’enlever la fatigue des yeux, qui pourra le faire? Et si Gross, de David Proctor, ne nous tire jamais complètement de notre état d’ébriété pour nous ramener vers la sobriété, dans un moment digne de Proust, il projette néanmoins la lumière d’un brillant fanal indiquant le pouvoir rédempteur de l’art en tant que seul espoir de notre génération. Proctor effectue une autopsie sur la culture occidentale, allant chercher en nous nos peurs, nos valeurs et nos espoirs pour les exposer. Regardez bien ce que vous consommez.

David Proctor - Gross

Far Shores // Ex Libris :: The Zine Tree Project

Zine TreeZine Tree

The leaves of Amelia Merhar’s tree are mini-zines that range in topic from crushing on the falafel guy to how to properly weigh your own breasts. Nestled in the branches is an electronic bird that chirps each time someone in the world writes a tweet about zines. The tree is growing northernly culture, and these zines written entirely by Yukoners are traveling to Toronto for Canzine on November 1st.

Amelia Merhar a créé un arbre : ses feuilles sont des mini-fanzines aux sujets variés, allant de la bonne façon de se peser les seins aux papillons causés par le gars qui vend des falafels au centre-ville. Le gazouillis d’un oiseau électronique posé sur l’arbre se fait entendre chaque fois que quelqu’un – dans le monde – écrit un tweet à propos de fanzines. L’arbre fait croître la culture nordique du fanzine, et ces revues écrites par des Yukonnais seront de passage à Toronto le 1er novembre pour le festival Canzine.

Zine Tree

Ex Libris :: Jessica MacCormack – The See

The SeeThe See

Before you, a stunning, violent bildungsroman that has sprung from a fantasy world wrought by tumblr-embroidery. The See’s narrator begins by gesturing back “a long time ago” into “the 80s,” when she and The Others went for drives and swims and sleepovers – “no boys allowed”– with gorgeously risographed images of fish wearing white socks and patent leather shoes reminding us of the double-entendre on “school.” But Jessica MacCormack’s beguiling visuals cannily combine naïve alt-culture regulars (kittens, flowers, a Wes-Anderson-y image of girlhood) with images of horrific trauma. As the images and passages accrete, The See reveals itself to be about growing-up through the normalization of abuse. A particularly affecting passage reads:

The Missing One’s Others were over for The Holidays and then Blam, ‘My father raped me.’ (That’s how we say Happy Holidays around these parts.)

Or look at the poppies that suggest wounds on the bodies of her subjects. One naturally recalls the Canadian metanarrative of heroism and loss returned to every November. But the poppy is also operating as the smuggled signification of addictive opiates and, subsequently, the intravenous communication of HIV. If MacCormack’s work is “precious,” it is in the sense of its tremendous value and of the scarcity of such confident interrogations of our imbricated systems of health care, ‘justice,’ foreign policy and art. In a recent interview, MacCormack drew attention to the manner in which “structures of the art institutions are similar to the prisons, government, education and other systems: we need to actively shape them (or actively destroy them).”

Devant toi un roman initiatique stupéfiant qui surgit d’un monde fantastique forgé en broderie à la tumblr. La narratrice de The See commence par réaménager « il y a bien longtemps » en « dans les années 80 », quand elle et Les Autres partaient en escapades, allaient nager, organisaient des pyjama party – « interdites aux garçons » – avec de splendides images risographiées de poissons portant des chaussettes blanches et des souliers en cuir vernis qui nous rappellent le double sens en anglais du mot « school ». Les visuels charmeurs de Jessica MacCormack combinent astucieusement les habituels icônes naïfs de la culture alternative (les chatons, les fleurs, une imagerie à la Wes Anderson de la jeunesse féminine) avec des images de trauma horrifiques. Au fil des images et des passages qui s’accumulent, The See révèle son sujet : grandir avec la normalisation de l’abus. Voici un passage particulièrement frappant :

The Missing One’s Others were over for The Holidays and then Blam, ‘My father raped me.’ (That’s how we say Happy Holidays around these parts.)

Les Autres de La Disparue étaient là pour les fêtes et vlan, ‘Mon père m’a violée’. (C’est comme cela que l’on se souhaite de Bonnes Fêtes dans ce coin.)

Ou peut également regarder les coquelicots qui suggèrent les blessures sur le corps de ses personnages. On se rappelle alors naturellement la meta-narrative canadienne de l’héroïsme et de la perte qui revient chaque mois de novembre. Mais le coquelicot opère également en contrebande comme symbole des opiacés addictifs et par suite de la transmission intraveineuse du SIDA. Si le travail de MacCormack est « précieux », c’est pour sa formidable valeur et le manque d’interrogations audacieuses au sujet de l’imbriquement du système de santé, du système judiciaire, des affaires étrangères et du monde artistique. Récemment, dans une entrevue, MacCormack attirait l’attention sur la manière dont les structures des institutions artistiques sont similaires aux prisons, au gouvernement, à l’éducation et à d’autres systèmes, stipulant que nous devons activement les refaçonner ou simplement les détruire.

The SeeThe SeeThe See

Ex Libris :: The Golden Bat

The Golden BatThe Golden Bat

It’s hard to ever truly know a city or a region; even if you think you’ve seen it all, time lends itself to new appreciations and unexplored feelings. As buildings crumble and new neighbourhoods emerge, so does our grip on the translucent dust of memory as it seeps out into the warm textures of an aged image. Flipping through The Golden Bat evokes both the melancholic and the mysterious nature of the region of Waterloo, affectionately referred here as the “try-cities”. The stories and anecdotes inside reference and make light of the changing nature of the region, even if its distinct (misunderstood?) spirit remains pressed into each emerging pattern of progression. The zine’s cover itself is a faded entry in photographic conscience from a time before city council replaced a concrete parking lot with more concrete. Poster art from local shows act as symbols of the DIY music community that remains a beacon to local showgoers. Introduce yourself to this wyrd place.

C’est difficile d’arriver à vraiment connaître une ville ou une région; même si on pense avoir tout vu, le temps amène toujours de nouvelles appréciations et des sentiments inexplorés. Au fur et à mesure que des bâtiments s’effondrent et que des nouveaux quartiers émergent, il en est de même pour notre poigne sur la poussière translucide de la mémoire alors qu’elle s’infiltre dans les textures chaudes d’une image vieillie. Feuilleter The Golden Bat évoque la nature mélancolique et mystérieuse de la région de Waterloo, où les villes sont affectueusement désignées de “try-cities”. Les histoires et anecdotes qu’on retrouve à l’intérieur font référence à la nature éphémère de la région et se moquent un peu de celle-ci, même si son esprit distinct (incompris?) reste bien enfoncé dans chaque nouvelle habitude de progression. La couverture du zine est, en conscience photographique, une entrée délavée issue d’un temps où le conseil municipal n’avait pas encore recouvert un stationnement de béton avec encore plus de béton. Les affiches de prestations locales font office de symboles de la communauté musicale Do It Yourself qui elle, sert de pilier pour les spectateurs locaux. Venez vous présenter à cette scène byzarre.

The Golden Bat

Far Shores // Ex Libris :: Exploding Motor Car – The Public Slaw

Exploding Motor Car - The Public Slaw


Andrew Zukerman – The Public Slaw (pt 1)

The Public Slaw overloads and overwhelms the senses with a splice ’n’ diced opus of gastric proportions. Andrew Zukerman and Winston Hacking, the bugged out brains behind Exploding Motor Car, send this short film, soundtrack and accompanying book on a crash course into scrambled pleasure centres. From the vibrant vignettes of its opening section (kung fu pandas, puppies, and one perplexed vampire) to the b&w cool-out at its close (dancer Minae Omi shrouded in monochrome) this ADHD A/V farrago will leave its viewers finely shredded.

The Toronto premiere and book launch of The Public Slaw takes place Friday, Sept. 12 at 811. More information here.


Andrew Zukerman – The Public Slaw (pt 1)

The Public Slaw sature et submerge les sens avec un opus-fricassée aux gourmandes proportions gastriques. Andrew Zukerman et Winston Hacking, les cerveaux irrités derrière Exploding Motor Car, ont envoyé ce court film accompagné d’une trame sonore et d’un livre, véritable cours intensif de plaisirs brouillés. Des thématiques vibrantes titillent l’appétit dès l’ouverture (kung fu pandas, animaux cutes, et un vampire perplexe) jusqu’à la période de relaxation finale, une image en noir et blanc de la danseuse Minae Omi enveloppée de monochrome. Ce fractal hyperactif audio-visuel laissera le lecteur finement haché.

The Toronto premiere and book launch of The Public Slaw takes place Friday, Sept. 12 at 811. More information here.

Ex Libris :: Jordan Abel – The Place of Scraps

Jordan Abel - The Place of Scraps

The politics of self, in the context of the words of another, are easily misconstrued: inferred meanings, implied constants, imparted valuation … Where the space between text becomes as significant as the dark ink that dresses the otherwise bare page; its pulp-fact enveloped within its pulp-fiction. The search for the ‘me’ in the third-party recounting of one’s ancestry; attempts at preserving culture inextricably and simultaneously interwoven with that same culture’s quiet generational whisperings. These politics, however, are ephemeral and transient in the context of cultural reconstruction. Somewhere in the fibres of ethnological supposition, there exists a poetics of self, and Vancouver’s Jordan Abel has crafted for himself, out of the words of twentieth-century anthropologist Marius Barbeau, an approach to discovering the ‘self’ that is semantic, historiographic, and deeply personal.

The erasure poetry embedded in The Place of Scraps is not about dismantling Barbeau’s Totem Poles, rather, it is about Abel finding himself and his connection to his Nisga’a Nation ancestry through the absorption of Barbeau’s anthropological narration; an osmosis of identity and heritage through the pores of cultural dislocation and dismemberment. Through his dissection of Marius Barbeau’s work, Abel repositions himself with regards to his cultural heritage. The symbols and iconography of his ancestral past become tactile once more; totem poles of the tribes of the Western Coast and a wooden spoon crafted by his father become irreverently linked to his past, one that Abel resurrects from his textual reconstructions of Barbeau’s journeys. And it is here, though his reappropriation of his cultural heritage, that Jordan Abel’s poetics of self become much more profound than the third-party attempts at cultural preservation and relocation that Abel has existed alongside his entire life.

Dans le contexte des paroles d’un autre, les politiques de soi sont facilement mal interprétées : des sens déduits, des constantes insinuées, une estimation conférée… Là où l’espace dans le texte devient aussi significatif que l’encre foncée qui habille la page autrement nue; ses faits à sensation enveloppés dans son roman à sensation. La quête du « moi » dans le récit des ancêtres de quelqu’un écrit par une tierce personne; une tentative de préservation de la culture inextricablement et simultanément entremêlée avec les murmures générationnels silencieux de cette même culture. Ces politiques, par contre, sont éphémères et passagères dans le contexte de la reconstruction culturelle. Quelque part dans les fibres de la supposition ethnologique existe une poétique de soi et le Vancouvérois Jordan Abel s’est créé, à partir des mots de l’anthropologue du 20e siècle Marius Barbeau, une approche pour découvrir le « soi » qui est sémantique, historiographique et profondément personnel.

La poésie d’effacement intégrée dans The Palace of Scraps ne traite pas de la déconstruction de Totem Poles de Barbeau, mais plutôt d’Abel se retrouvant et découvrant sa relation avec ses ancêtres de la Nation Nisga’a à travers l’absorption de la narration anthropologique de Barbeau; une osmose entre l’identité et l’héritage dans les pores de la dislocation et du démembrement culturels. À l’aide de sa dissection du travail de Barbeau, Abel se repositionne quant à son héritage culturel. Les symboles et l’iconographie de son passé ancestral deviennent à nouveau tactiles; les totems des tribus de la côte ouest et la cuillère de bois façonnée par son père deviennent irrévérencieusement liés à son passé, celui qu’il ressuscite de ses reconstructions textuelles des parcours de Barbeau. Et c’est ici, dans sa réappropriation de son héritage culturel, que les politiques de soi de Jordan Abel deviennent encore plus profondes que les tentatives de préservation et de délocalisation culturelles par des tiers à côté desquelles Abel a passé toute sa vie.

Jordan Abel - The Book of Scraps
Jordan Abel - The Book of Scraps