Category: Ex Libris

Ex Libris :: Sandra Riley – The Counting House

Weird_Canada-Sandra_Riley-The_Counting_House-Cover

Room to breathe in Sandra Riley’s writing – slack action – a courtesy not often afforded. Not being one of two witnesses in love and domination, we are offered glimpses into elements of the unconscious all too familiar. Projection, rejection.

Questions regarding the productive nature of violence/docility. Who I am after you? Eventually only ghosted – thoughts, a voice, a presence long after.

“I deny I fell – I curtsied.”

Les écrits de Sandra Riley laissent un peu de place pour respirer, un luxe que l’on se permet rarement – de l’action épisodique. N’étant pas l’un des deux témoins de l’amour ou de la domination, on peut apercevoir des éléments d’un inconscient déjà trop familier. Projets, rejets…

Un questionnement sur la nature productive de la docilité/violence. Qui suis-je après toi? Et puis, un jour, seulement le fantôme d’une idée, d’une voix, d’une présence qui nous manque.

« Je n’ai pas chuté – j’ai tiré ma révérence. »

Weird_Canada-Sandra_Riley-The_Counting_House-Inside
Weird_Canada-Sandra_Riley-The_Counting_House-Back

Ex Libris :: Not at the Mall

Weird_Canada-Not_At_The_Mall-Front

Sometimes we need to be reminded about where and how to locate culture and have experiences outside of places that beg, “You need to be here, you need to shop here, you need to be seen here.”

Recalling the Situationists’ derive, Not at the Mall contains traces, maps, fragments, soundtracks, and guides for locating one’s self in Edmonton, calling attention to our presence in the city, peeling back the spectacle’s veneer to release “everything in this northern, land-locked island town, that’s not at the mall.”

Readers are invited to search and explore the city. An image of a painted flamingo, in-flight, soars across a building’s facade, asking us, “Can you find this door?”

“One of the greatest moments of winter is the moment just before you get on the ice.” Yes, it’s cold here, most of the time. But there’s beauty in this frozen landscape. We learn this from the black-billed magpie, a long-time permanent resident who navigates the Edmonton winter eating seeds, rodents, and the garbage that’s been left outside.

Nous avons parfois besoin de nous faire rappeler comment – et où – trouver de la culture et avoir des expériences ailleurs que dans les endroits qui nous supplient : « Vous devez venir ici / acheter ici / être vus ici ».

Gardant en tête la dérive des Situationnistes, Not at the Mall contient des cartes, des fragments, des trames sonores et des guides pour se localiser à Edmonton tout en focalisant l’attention sur notre présence géographique et en retirant le vernis spectaculaire pour tout libérer « dans cette ville-île nordique encrée sur terre, qui n’est pas au centre commercial. »

Les lecteurs sont invités à chercher en ville pour l’explorer : le dessin d’un flamand rose en plein vol sur la façade d’un immeuble nous demande « Pouvez-vous trouver cette porte? ».

« Un des meilleurs moments de l’hiver est celui juste avant de monter sur la glace. » Oui, il fait froid la plupart du temps ici, mais il y a de la beauté dans ce paysage gelé. C’est ce que nous apprend la pie d’Amérique, qui réside ici depuis longtemps et qui passe l’hiver à manger des graines, des rongeurs et les poubelles qui traînent dehors.

Weird_Canada-Not_At_The_Mall-Back

Ex Libris :: Aaron Webster – Humour -vs- Hell Vol. I

Weird_Canada-Aaron_Webster-Humour_Vs_Hell-Cover

Zine introductions usually start out sounding something like this: ”I’m sorry for getting this out so late” or ”this zine too so long to finally get together.” But not the one for Humor -vs- Hell. Aaron dives right in but not without warning. Writing that this was their plan the whole time, Aaron presents us with a drunk introduction that is not as incoherent and regretful as you might think.

HvsH is only thirteen pages long but it’s stacked. The Greatest Giggle in History is a fable about a great cloud of gloom that threatens a population of pot smoking hippies with its negative thoughts and bad trips. Ham sandwiches are thrown into a Glowing Triangle to make it funny. Themes that seem obscure in the beginning of Aaron’s pieces show themselves before the conclusion and come full circle.

The futuristic kittens, humorous ham sandwiches, and talking household appliances that populate Aaron’s writing show up through a combination of a few different styles of writing and genres that are commonly found in zines, but not usually combined. Aaron keeps the reader focused and resists the temptation to wander off into convoluted imagery that no one understands but the author. It’s not something you would normally find me picking up at a zine fair, but having selected it at total random, I enjoyed it. Playful, creative, and with good formating, HvsH is a great contribution to the East Coast zine scene.

Les introductions des fanzines commencent souvent par quelque chose du genre « Désolé pour le retard de ce numéro » ou « ça a finalement été très long avant de réussir à monter ce fanzine », mais ce n’est pas le cas avec Humor -vs- Hell. Aaron plonge au cœur du sujet, mais pas sans avertissement : il nous offre une introduction enivrée qui n’est pas aussi remplie de regret et d’incohérence qu’on le pourrait penser.

HvsH ne fait que 13 pages, mais elles sont pleines à craquer. The Greatest Giggle in History est un conte à propos d’un énorme nuage de morosité qui menace une population de hippies fumeurs de pot avec des pensées négatives et des bad trips. Dans Glowing Triangle, les lancers de sandwichs au jambon le rendent divertissant. Des sujets qui semblent obscurs au début des textes choisis se dévoilent avant la fin, bouclant ainsi la boucle.

Les chatons futuristes, les sandwichs au jambon humoristiques et les électroménagers parlants qui peuplent l’écriture d’Aaron parsèment une combinaison de divers genres littéraires et styles d’écriture que l’on retrouve souvent dans les fanzines, mais rarement combinés ensemble. L’auteur sait conserver l’attention du lecteur tout en résistant à l’envie de se perdre dans des images alambiquées qu’il serait le seul à comprendre. C’est un magazine que je n’aurais pas spontanément choisi dans un salon en temps normal, mais je l’ai choisi au hasard, et j’ai bien aimé. Joyeux, créatif et avec un bon format, HvsH est une belle contribution aux fanzines de la côte est.

Weird_Canada-Aaron_Webster-Humour_Vs_Hell-Back_Cover

Ex Libris :: Leanne Simpson – Islands of Decolonial Love

Weird_Canada-Islands_of_Decolonial_Love-Cover

Islands of Decolonial Love, to use a phrase by its author Leanne Simpson, penetrates the aural perimeter. The narrative voice occupying her songs and stories sounds like a constant drum beat in your head, burrowing deep into your chest and stomach. Twisting and turning, the organs transform into a pulpy mass of knots where her words begin to move, slowly and surely rising up towards your mouth. You are afraid of what will come out and when it does, it offers only the slightest relief but it is one you need.

You laugh. A lot. In way that eases the pain by the knots that have formed. You laugh because Simpson discards tired ethnographic entrapments with ease. You laugh because her inclusion of the Nishnaabemowin language makes history jump from the page. You laugh because everything in these storied landscapes is clear and you understand. You laugh until the last of the slowly dissolving knots have moved to your throat and your eyes burn with tears.

You cry because colonial norms have ensnared western society for far too long and it’s frustrating and exhausting. You cry because every one of Simpson’s pieces are a unique celebration of Indigenous nationhoods and not enough people in this country will read them and change. You cry because Simpson shows that the same blood runs through everybody’s veins, we all want to be loved, and we all ultimately share a desire to walk instead of float.

Islands of Decolonial Love, pour se servir d’une phrase de l’auteur Leanne Simpson pénètre le périmètre auditif. La voix narrative qui habite ses chansons et ses histoires retentit dans le crâne comme le rythme constant d’un tambour qui s’enterre profondément dans votre poitrine et l’estomac. Tournant et retournant sur eux-mêmes, quand ses mots commencent à se déplacer, les organes se transforment en une masse de noeuds pulpeux qui montent lentement et sûrement vers votre bouche. Tu as peur de ce qui va sortir, et quand ça se passe, le moment offre un petit répit, mais c’est celui qui était nécessaire.

Tu ris. Beaucoup. Tu ris d’une façon qui soulage la douleur de ces noeuds qui se sont formés. Tu ris, car Simpson se débarrasse des pièges ethnographiques facilement. Tu ris, car elle inclut la langue Nishnaabemowin, car elle fait bondir l’histoire de la page. Tu ris, car tous les paysages historiques sont clairs et compréhensibles. Tu ris jusqu’à ce que le dernier des noeuds se dissolvant lentement passe par la gorge et que tes yeux brûlent de larmes.

Tu pleures parce que les normes coloniales ont enferré la société occidentale depuis trop longtemps, et c’est frustrant et épuisant . Tu pleures parce que chacune des oeuvres de Simpson est une célébration unique des Premières Nations et il n’y a pas assez de gens dans ce pays qui va les lire et changer. Tu pleures parce que Simpson démontre que le même sang coule dans nos veines à tous, nous voulons tous être aimés, et nous désirons tous marcher au lieu de flotter.

Weird_Canada-Islands_of_Decolonial_Love-Back

Ex Libris // New Canadiana :: Benjamin Brandes, Daniel Brandes & Andrea Young – 49th & Chester // Through the Window & the Wood

BrandesDaniel_Brandes-Though_the_Window-thumb

This binate work of words and sounds is hermeneutically intoned through aural glyphs. The poetry of Benjamin Brandes seems to be comprised of component phrases that are rooted to fundamental truths as poetic phonemes painted from the palette of the moth’s wings: the penchant of auricular stillness. Coupled with the (in)audible compositional stirrings of Daniel Brandes and the musical whispers of Andrea Young, this poetry becomes embedded in an attenuated ideophonic terrene where both subject and medium are one and the same; presentational amorphisms structured by syntax and let loose to conquer the vast stillness in the space behind our eyes and between our ears.

Ce travail binaire combinant les mots et les sons est entonné herméneutiquement par des glyphes oraux. La poésie de Benjamin Brandes semble composée de fragments de phrases qui prennent racine dans des vérités fondamentales comme des phonèmes poétiques peints depuis une palette d’ailes de phalènes, révélant un penchant pour l’immobilité auditive. Cette poésie, jointe aux vibrations composées (in)audibles de Daniel Brandes et aux murmures musicaux d’Andrea Young, se retrouve dans un mince écrin d’idéophones terreux où sujet et médium se confondent : l’amorphisme présenté est structuré syntaxiquement avant d’être libéré pour envahir l’immobilité étendue dans l’espace derrière nos yeux et entre nos oreilles.


Andrea Young, Daniel Brandes, and Benjamin Brandes – Dwelling 2 (excerpt)


Andrea Young, Daniel Brandes, and Benjamin Brandes – Dwelling 11 (excerpt)

Ex Libris :: Geoff Pevere – Gods of the Hammer: The Teenage Head Story

Weird_Canada-Geoff_Pevre-Gods_of_the_Hammer

From Hamilton to Toronto and beyond, Gods of the Hammer is a journey through the ups and downs of Teenage Head. With a basement-born work ethic Teenage Head emerged in the late 1970s with an urge to react against the “old ways of making noise”. This reaction was propelled by sites that helped build a scene around the band. The Ontario College of Art, the basement of the Colonial Tavern on Yonge Street, and the Horseshoe Tavern.

Pevere is present in the story of Teenage Head, as a fan both then and now. He cuts in with thoughts on and memories of the band then and now. We experience the release of Teenage Head in 1979 when the recorded album was though to not match the intensity of the band’s live show. Today, Pevere tells us that the album has reached “classic status.” His “ears hear it differently now than they did back then.”

Punk’s place in popular music history is full of stories about sounds and scenes in New York and the U.K. but Canada remains fairly undocumented and under-appreciated. This is changing for the better with the help of Gods of the Hammer.

De Hamilton à Toronto et plus loin encore, Gods of the Hammer est un périple à travers les hauts et les bas de Teenage Head. Avec une déontologie qui a vu le jour dans un sous-sol, Teenage Head a émergé dans les années 70 avec une forte envie d’aller à l’encontre des “anciennes méthodes de création du son”. Cette réaction a été amorcée par des sites qui ont contribué à créer une scène autour du band comme l’Université de l’École de l’art et du design d’Ontario, le sous-sol de la Colonial Tavern sur la rue Yonge et la Horseshoe Tavern.

Pevere est un fan, alors et maintenant, avec une présence intégrale dans l’histoire de Teenage Head. Il s’interpose avec les pensées et les souvenirs du groupe, alors et maintenant. On revit [la sortie de Teenage Head en 1979] (https://www.youtube.com/watch?v=v45OxMvZOpQ, lorsqu’il était dit que l’album studio n’accotait pas l’intensité des représentations en direct du groupe. Selon Pevere, l’album est aujourd’hui considéré comme un “classique”. Ses “oreilles l’entendent différemment qu’ils l’entendaient dans le temps.”

La place du punk dans l’histoire de la musique populaire est abondante d’histoires de sons et de scènes provenant de New York et du Royaume-Uni, mais le Canada reste non documenté et sa vraie valeur échappe à plusieurs. Mais, avec l’aide de Gods of the Hammer, la situation est en train de changer pour le meilleur.

Ex Libris :: Lines of Work: Stories of Jobs and Resistance

Weird_Canada-Various-Lines_of_Work-Front

Fuck work. Fuck feeling like shit and falling asleep at the wheel and almost crashing your truck. Fuck chronic pain and its accompanying short fuse that affects your relationships with friends, family, and lovers. Fuck not having a dental plan. Fuck the capitalist mechanization of care work that generates worker apathy and ableist assumptions about the elderly. Fuck depression, but first fuck the job insecurity and hounding poverty that keeps it so strong. Fuck the colonial borders that divide and destroy so many families. Fuck not-for-profits that mistake their neoliberal ethos for radical subversion. Fuck the managerial decisions that force genderqueer people to use washrooms that are not of their choosing (fuck gender binaries). Fuck racism and its constant, bone grinding assaults. Fuck misogyny and its ever-close companion patriarchy. Fuck how exploitive managerial techniques echo the emotional abuse and economic vulnerability that so often traps people in domestic violence. And fuck the alienation that tells workers there is nothing they can do about any of the above.

Misogyny is everyone’s labour issue. Racism is everyone’s labour issue. The continued colonization of Canada and the maintenance of colonial borders is everyone’s labour issue. Lines of Work is a collection of beautiful testaments from people who are working everyday, constantly negotiating these tandem oppressive systems lodged in the sludge of capitalist machinery. Lines of Work shares what workers do against the deadening, indefinite assaults of labour’s daily grind and the possibility for resistance in the very process of encountering something unknown and seemingly limitless. We can look at Goliath and tremble – sometimes there is no other choice – but well aimed rocks can accomplish incredible things.

Fuck la job. Fuck manqué avoir un accident en s’endormant au volant parce qu’on se sent comme de la marde. Fuck la douleur chronique qui nous rend agressifs avec nos proches, nos amis et nos amants. Fuck pas avoir d‘assurance dentaire. Fuck la mécanisation des services de santé qui entraîne l’apathie chez les employés et les préjugés découlant du capacitisme à propos des personnes âgées. Fuck la dépression, mais surtout, fuck la précarité d’emploi et la pauvreté rampante qui la nourrissent. Fuck les frontières coloniales qui divisent et détruisent un nombre incalculable de familles. Fuck les groupes sans but lucratif qui prennent leur philosophie néolibérale pour une subversion radicale. Fuck les décisions administratives qui forcent les personnes genderqueer à utiliser des salles de bain qui ne correspondent pas à leur identité (fuck le binarisme des genres en passant). Fuck le racisme et ses attaques qui nous broient les os. Fuck la misogynie et son horrible p’tit copain le patriarcat. Fuck la façon dont les techniques de gestion exploitatrices font écho à l’abus émotionnel et à la vulnérabilité économique qui confinent trop souvent les gens dans une situation de violence familiale. Et fuck le cynisme qui fait croire aux travailleurs qu’ils ne peuvent rien faire contre tout ça.

Nous sommes tous concernés par la question de la misogynie dans le monde du travail. Nous sommes tous concernés par la question du racisme dans le monde du travail. Nous sommes tous concernés par la colonisation constante du Canada qui maintient les frontières coloniales. Lines of work est une collection de poignants témoignages de gens qui luttent chaque jour contre ces systèmes oppressifs qui se chevauchent, embourbés dans la gadoue du capitalisme. Ce recueil parle du combat quotidien mené par les travailleurs contre les assauts incessants et abrutissants de la corvée qu’est le travail, ainsi que de la possibilité de résister face à quelque chose d’inconnu et d’apparemment sans limites. On peut continuer de trembler devant Goliath, on peut rarement faire autrement; mais parfois, une roche bien placée peut accomplir de grandes choses.

Weird_Canada-Various-Lines_of_Work-Back

Ex Libris :: Guillaume Morissette – New Tab

Weird_Canada-Guillaume_Morissette-New_Tab-Front_Cover

In New Tab, Morissette maintains a quotidian focus, and the effect is one of bittersweet boredom and comfort in familiarity. Protagonist Thomas navigates empty employment, abortive courtships, and casual substance abuse; it’s an old landscape, arable for a type of solidary ease, but not much more. Comfort invites inertness, and inertness invites lack. In response, Morissette proffers a Seinfeldian zen as panacea. He gives the void a bear-hug (might as well get cozy with your most enduring companion), and in his embrace, absence starts to look an awful lot like substance. Sure, a steady diet of bad beer and worse hangovers might not be enough in the conventional sense, but when you think about it, it’s not not enough, either. The universe abides, man.

Dans New Tab, Morissette continue de s’intéresser au quotidien en dépeignant le confort de ce qui est familier et la douce amertume de l’ennui. La vie de Thomas, le protagoniste, est ponctuée de relations avortées, du manque d’emplois et de consommation occasionnelle de drogue. C’est un ancien paysage, parfait pour une certaine aisance solidaire, sans plus. Le confort invite l’inertie, et l’inertie amène le manque. Pour réponse, Morissette présente comme panacée une zénitute Seinfeldienne. Il donne un gros câlin au vide (aussi bien être à l’aise avec son compagnon le plus persistant); et dans cette étreinte, l’absence se met à ressembler énormément à de la substance. C’est sûr qu’au niveau conventionalité, une routine de mauvaise bière et de gueules de bois encore pires n’est peut-être pas suffisante, mais quand on y pense, ce n’est pas pas suffisant non plus. C’est simple, l’univers approuve.

Weird_Canada-Guillaume_Morissette-New_Tab-Back_Cover

Ex Libris :: Roland Pemberton – Magnetic Days

Weird_Canada-Roland_Pemberton-Magnetic_Days-Front_CoverWeird_Canada-Roland_Pemberton-Magnetic_Days-thumb

Flowing like a perfectly lucid day, this adroit body of poetry is boldly personal and principally concerned with observing the public. Roland Pemberton’s “Magnetic Days” is flush in athletic motifs and cryptic references to the city, the seasons, ephemeral relationships and dubious art. The short poems accelerate effortlessly—phrases break into a lyrical run and just as readily reach a choreographed stop. In this creation he takes on a flaneur-esque slant that is clear-minded and hyper-observant. However the work is not free of vulnerability, allowing for the, at times unexpectedly funny, narrating voice to encourage an easy empathy. The diverse collection ends with its eponym, an optimistic explanation of the good fortune that is a “magnetic day.”

Fluide comme une journée parfaitement lucide, cet adroit recueil de poésie est audacieusement personnel et s’intéresse principalement à l’observation du public. « Magnetic Days », de Roland Pemberton, est rempli de motifs athlétiques et de références cryptiques à la ville, aux saisons, aux relations éphémères et à l’art douteux. Ces courts poèmes accélèrent aisément, sans le moindre effort; des phrases s’élancent dans une course lyrique et réussissent un arrêt tout aussi chorégraphié. Dans cette création, l’auteur adopte un point de vue de flâneur urbain qui est clair d’esprit et hyper-observateur. Pourtant, l’œuvre n’est pas sans vulnérabilité, permettant à la narration d’encourager une empathie facile, et ce, parfois même de manière amusante. Cette collection diverse se termine avec un poème éponyme qui fait office d’explication optimiste de la bonne fortune qu’est un « jour magnétique ».

Weird_Canada-Roland_Pemberton-Magnetic_Days-Back_Cover

Ex Libris :: Jerry Levy – Urban Legend

Weird-Canada_Jerry-Levy_Urban-Legend_Cover

In many legends past, we learn of the various misfortunes inflicted by the ever-vigilant and preying monsters, just waiting for a lapse in character or wrong location. Consider the loup garou, the irreligious prey of the devil. These stories are passed along as a guide – don’t do that, live carefully, and you’ll be safe.

Jerry Levy’s urban legends do not just tell of how scary the external world is, but of how scary you can be to yourself. The pain, confusion, and stress endured daily in attempting to navigate this world while judging, pressuring, and at times defeating yourself. Levy draws attention to the ill-examined and scariest monster, the self.

Nombre de légendes du passé racontent les divers malheurs infligés par des monstres alertes guettant leur proie, à l’affût de la moindre erreur de jugement qui la mènerait au mauvais endroit. Le loup-garou est considéré comme la proie irréligieuse du diable. Ces histoires sont transmises comme on transmet de précieux conseils : ne faites pas certaines choses, soyez prudents et vous serez en sécurité.

Les légendes urbaines de Jerry Levy ne montrent pas seulement à quel point le monde extérieur est effrayant, mais également à quel point on peut l’être pour soi. On endure sans cesse la douleur, la confusion et le stress du quotidien tout en tentant de naviguer dans ce monde en jugeant, en se faisant pression et en se décourageant parfois. Levy attire l’attention sur le monstre le plus terrifiant et le moins bien connu, soi-même.

Weird-Canada_Jerry-Levy_Urban-Legend_Back