Category: Departures Revisited

Psyché.qc.ca :: Les Biberons Bâtis – Attaboy on meurt!

Les Biberons Bâtis - Attaboy on meurt!

Attaboy on meurt! is a CD anthology of two tapes, Attaboy on souffre (1984) and Attaboy on agonise (1985), with the addition of nine previously unreleased songs. This is where things stop being normal. Les Biberons Bâtis is only one man. They/he never played any shows. Once the record starts to spin, it’s a parade of post-punk hallucinations that goes right through your brain for the next hour. One-man orchestra in a straightjacket Satan Bélanger offers us garage-post-surf nuggets, mixing phone calls with imaginary friends and tormented feelings. Between the fuzz and Suicide-esque noise in songs like “Action”, there are also sparkers like “La Santé” that could have been recorded by Amen Dunes with a sore throat, noisy rock sitcoms loaded with musical references, and the search for happiness through Québec’s Nordiques hockey team. Les Biberons Bâtis embrace their madness; it is inescapable. What remains is a work transcending comedy and punk nihilism, without giving any shit, ever.

Attaboy on meurt! est une anthologie CD comprenant deux cassettes, Attaboy on souffre (1984) et Attaboy on agonise (1985) et complétée avec neuf chansons inédites. C’est ici que les choses cessent d’être normales. Les Biberons Bâtis ne sont qu’un seul homme. Ils n’ont jamais fait de concert. Une fois le disque lancé, c’est un défilé d’hallucinations post-punk qui traverse votre cerveau pour la prochaine heure. Véritable homme-orchestre en camisole de force, Satan Bélanger nous présente des pépites post-surf-garage, mêlant conversations téléphoniques avec des amis imaginaires et sentiments tourmentés. À travers le fuzz et le tapage Suicide-esque de chansons comme « Action », on trouve aussi des perles comme « La Santé », qui pourrait avoir été écrit par Amen Dunes avec un mal de gorge, des sketchs noise rock bourrés de références musicales et la recherche du bonheur à travers le hockey des Nordiques de Québec. Les Biberons acceptent leur folie; elle est inévitable. Ce qui reste, c’est une oeuvre qui transcende l’humour et le nihilisme punk, en s’en foutant complètement.

Les Biberons Bâtis – Attaboy on meurt

Les Biberons Bâtis – Sors-tu à soir?

New Canadiana :: Michael Horwood – Musique Concrète Realizations

Michael Horwood

Michael Horwood is a 20th century composer who began recording in the late ’60s. Horwood composes multi-instrumental works and is particularly interested in percussion. One of his apples didn’t fall too far from the tree, and son Jacob Horwood (Gastric Female Reflex, Claudio, sole proprietor of avant imprint extraordinaire Beniffer Editions) opened up his label’s gates to his father’s vaults back in 2007. That began with a live cassette dose of Music Gallery goodness from the percussion-led free-jazz quartet Convergence that Horwood Sr. served with during the late ’70s and early ’80s. An unforgettable Convergence LP followed.

This time around we have nearly 13 minutes of prime wax in white 7” form, wrapped in an eye-popping silkscreened gatefold executed to the max by Horwood Jr. “The Pattern” and “Dimensions” might be inspired by Robert Creeley’s poems, but for 1968 these skewed chamber pieces for tapes, voices and alarming sounds were wonderfully contemporary when you consider the like-minded back-room madness being recorded at the time. In fact, you could compare the cut-up, spliced, re-arranged and flipped sensibilities at play within this EP’s tight confines to be part and parcel of the same culture-chopping insanity that brought us the warped visions behind cut-up art-noise frontiersmen Gastric Female Reflex. Heady generational goodness!

Michael Horwood est un compositeur du 20e siècle ayant commencé à enregistrer à la fin des années 60. Horwood compose des oeuvres multi-instrumentales et s’intéresse particulièrement aux percussions. Puisqu’on n’échappe pas facilement à sa descendance, son fils Jacob Horwood (Gastric Female Reflex, Claudio, unique propriétaire de l’extraordinaire étiquette de disque avant-gardiste Éditions Beniffer, a ouvert ses portes aux archives de son père en 2007, commençant par une cassette d’un divin enregistrement en direct de la Music Gallery du quartet percussionniste free-jazz Convergence dans lequel Horwood père a joué à la fin des années 70 et au début des années 80. Un inoubliable LP de Convergence a suivi.

Cette fois-ci, nous avons près de 13 excellentes minutes gravées sur un vinyle 7 pouces, emballé dans une époustouflante couverture en sérigraphie exécutée par Horwood fils. « The Pattern » et « Dimensions », ces morceaux de chambre distordus sur cassettes, ces voix et ces sons alarmants, bien qu’inspirés de poèmes de Robert Creeley, étaient magnifiquement contemporains en 1968 quand on considère la folie similaire qui était enregistrée à l’époque. En fait, on peut comparer la coupe, le collage, le réarrangement et les différentes sensibilités qui entrent en jeu dans les limites étroites du EP comme faisant partie intégrante de ces démentes coupes en culture qui nous ont aussi amenés les visions tordues du groupe art-noise, Gastric Female Reflex. Divine offrande générationnelle !


Michael Horwood – The Pattern (sample)

Psyché.qc.ca :: Dionne-Brégent – Deux

Psyché.qc.ca :: Dionne-Brégent – Deux

Two, the number of the generation, the number of duality. Dionne-Brégent, a unique group in Québec’s 1970s musical landscape, became prophets on their second record. The duo began by casting a spell through a long invocation reminiscent of foreign devotional music, like an Asian El Topo soundtracked by Tangerine Dream. Once under the charm of the initiation ritual, the flipside sucks listeners into the swirling synths of Brégent, backed up strongly and effortlessly by a variety of complex rhythms from Dionne. Alongside them comes an arrangement of brass, strings and choir vocals, adding finishing touches to the already wide spectrum of sounds and worldly instruments played by the pair of multi-instrumentalists. These elements combine to form a unique album in its own right. Two stars out of two.

Deux, le nombre de la génération, le nombre de la dualité. Dionne-Brégent, groupe unique dans le répertoire québécois des années 70, se font prophètes dans leur deuxième album. Le duo commence par nous envoûter dans une longue invocation aux accents rappelant autant de la musique de dévotion étrangère qu’une trame sonore d’un El Topo asiatique faite par Tangerine Dream. Sur la deuxième face, déjà charmés par le rituel d’initiation, vous êtes happés par toute la force des synthétiseurs tourbillonnants de Brégent si bien appuyés par une variété de rythmes complexes si aisément confectionnés par Dionne. Toute une brochette de collaborateurs vient encore rajouter de la couleur à la déjà très grande diversité de sons et d’instruments du monde joués par les deux multi-instrumentistes. Le tout forme un album unique se méritant deux étoiles sur deux.

Dionne-Brégent – Campus (extract)

Dionne-Brégent – Le Prophéte (extract)

Cameo // Departures Revisited :: Matthew Swann on The New Creation – Troubled

The New Creation - TroubledThe New Creation - Troubled

If you ask the average layperson, “Hey! You! What’s the best album by a Canadian band in the last half of the 20th century?” Obviously, they’re gonna say Love Tara, by Eric’s Trip.” Duh, every time. However, ask Jesus the same question, and you’re gonna get a different answer; one spoken resolutely in Aramaic, and shouted through an echoplex. Jesus is gonna say… “Troubled, by the New Creation (((((((((((((( !!!!!!!!!!”

And here’s why! Originally released in 1970 on Vancouver’s Alphomega Records, and finally re-issued on California’s Companion Records, Troubled is sloppy, trippy, apocalyptic garage-psych. Imagine the Velvet Underground, Skip Spence, and the Shaggs holed up in a bomb shelter with the Partridge Family, while some loving Quakers homeschool them in Essene eschatology! Now imagine all that in 12 hot tracks. I’m not talking your parent’s apocalyptic, Jesus Freak scene (oh wait — it’s from the ’70’s, maybe it is). Anyway, pick this gem up, turn the other cheek (toward the speaker), and get down (((((((((((((( !!!!!!!!!!

Matthew Swann is the mastermind behind Astral Swans and previously haunted ears as Extra Happy Ghost!!!.

Si vous demandez au profane ordinaire, « Hé! Toi! Quel est le meilleur album d’un groupe canadien de la deuxième moitié du XXe siècle? » Immanquablement, il va répliquer: « Love Tara, d’Eric’s Trip. » Ça va de soi. Par contre, demande la meme question à Jésus, et tu auras une réponse différente, en araméen bien sûr, et gueulée à travers un Echoplex. Jésus répondra… « Troubled par the New Creation (((((((((((((( !!!!!!!!!! »

Et voici pourquoi! Lancé en 1970 par le label Alphomega Records de Vancouver, et maintenant enfin re-distribué par California’s Companion Records, Troubled est du garage-psych bâclé, trippant et apocalyptique. Imagine le Velvet Underground, Skip Spence et les Shaggs terrés dans un abri nucléaire avec la Partridge Family, se faisant enseigner l’eschatologie des Esséniens par de charmants Quakers! Maintenant, imagine tout ça dans 12 chansons du tonnerre. Je ne parle pas des trucs apocalyptiques Jesus freak de tes parents (oh, mais attends… ça date des années ’70, alors oui, peut-être.) Qu’importe, empare-toi de cette perle, tends l’autre joue (vers tes haut-parleurs), et laisse-toi aller! (((((((((((((( !!!!!!!!!!

Matthew Swann est le cerveau derrière Astral Swans et a hanté les oreilles dans le passé en tant qu’Extra Happy Ghost!!!.


The New Creation – Countdown To Revolution !


The New Creation – Eternity Ahead

Departures :: Smallboy Singers – Smallboy Singers

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In 1967, Chief Robert Smallboy and a group of followers left the socially and politically deteriorating conditions of their allotted Reserve to avoid losing their traditions and language to encroaching outside influence. Upon the Kootenay Plains, in the wilderness of the Albertan Rockies, they established the Smallboy Camp (now known as the Mountain Cree Camp). This settlement of Ne Wi Yow (Cree) followed and still follows the direction of the Natural Law, in honour of their traditional practices and beliefs.

In 1996, Tony Isaacs of the Taos, New Mexico based label Indian House Records traveled to the remote location of the Smallboy Camp to make these recordings. Of the twelve songs on this cassette, sung by twelve singers, some are new and some, like “Chief Smallboy,1912”, are quite old. The recording is dedicated to the honour of their elders.

The experience of listening to Smallboy Singers is one characterized by the power of the sound, the burning expression found therein and the beauty of communal hearts coalescing to produce thundering beats and music meant for dancing. Impossibly skilled voices unite in an oscillating, complex vortex of communication, rhythm and intensity. The steady, hammering beat upon the Pow Wow drum is entrancing and conveys urgent tones of respect and reverence. Yet, as it is phrased in the liner notes: “These songs are for your listening and dancing pleasure. Traditionally yours, Smallboy Singers.”

En 1967, le Chef Robert Smallboy et un groupe de ses fidèles quittèrent les conditions sociales et politiques de la Réserve qui se dégradaient de plus en plus pour éviter de perdre leurs traditions et leur langue face à l’insinuation rampante de l’influence externe. Sur les plaines de Kootenay, dans la nature sauvage des Rocheuses albertaines, ils ont fondé le camp Smallboy (aujourd’hui connu sous le nom de Camp de Mountain Crees). Ce village de Ne Wi Yow (Cree) a suivi, et suit encore, la direction de la Loi Naturelle, en l’honneur de leurs pratiques et croyances traditionnelles.

En 1996, Tony Isaacs du label [Indian House Records] basé à Taos, Nouveau Mexique, a voyagé jusqu’au lointain camp Smallboy pour faire ces enregistrements. Des 12 chansons de cette cassette, chantées par 12 chanteurs, certaines sont nouvelles et certaines, comme “Chief Smallboy, 1912” sont assez anciennes. Cet enregistrement est dédié à l’honneur de leurs ancêtres.

L’expérience d’écouter les Smallboy Singers est caractérisée par la puissance du son, l’expression brûlante que l’on y trouve et la beauté de coeurs partagés s’unissant pour produire des battements tonitruants et une musique faite pour danser. Des voix extrêmement qualifiées s’unissent en un vortex oscillant et complexe de communication, rythme et intensité. Le battement constant et martelé sur le tambour Pow Wow induit en transe et colore avec urgence l’expérience d’un ton de respect et de révérence. Et pourtant, comme cela est formulé dans les notes d’accompagnement : “These songs are for your listening and dancing pleasure. Traditionally yours, Smallboy Singers.” « Ces chansons sont pour votre plaisir d’écoute et de danse. Traditionnellement votre, Smallboy Singers »

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Smallboy Singers – The Sunrise

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Smallboy Singers – Chicken Dance

Cameo :: Janelle Hollyrock on Various Artists – Emergency Room Vol. 1

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The Emergency Room was a former fish-processing factory turned back alley recording/performing/practice space in Vancouver’s notorious drug- and rat-infested Downtown Eastside. Originally started in 2006 by Keith Wecker of Sex Negatives while hosting shows in Emily Carr University’s underground garage with Justin Gradin of Random Cuts and recording engineer Jordan Koop of Twin Crystals, the ER moved to East Hastings in ’07 and for a little over a year became the hub of Vancouver’s art punk community. When I reviewed this LP for my zine back in 2008 I wrote that the growing popularity of “the ER as a secret, illegal venue is at risk of imploding at any minute” and to get it “before this souvenir becomes an artifact.” And sure enough the Emergency Room did end up shutting down soon after this comp was released. But while secret venues and warehouse spaces pop up in East Van just as often as they’re closed down, the ER was the first to leave behind a vinyl compilation of what went down.

Optimistically titled “Vol. 1”, the comp features eight bands who performed or recorded at the space in its first year including Defektors, Petroleum By-Product, Vapid, White Lung, Mutators, Twin Crystals, Nü Sensae, and Sick Buildings plus a 20-page stitch-bound photo book of bands who played the space like Montreal’s AIDS Wolf and others. At the time, Mutators had toured North America and were arguably the most well known outside Vancouver, but that spot’s now definitively taken up by the Pitchfork-approved White Lung, who back in 2008 had only released one 7” (“Local Garbage” on Ryan Dyck of B-Lines’ label Hockey Dad).

Five years later, I like this comp even more than when it came out. It opens with two straight ahead garage-punk tracks from Defektors (misspelled as Defectors on the sleeve) before offering two more by Petroleum By-Product, who were still going by The Petroleum By-Products at the time and only just beginning to tweak their sound away from a focus on garage-pop towards the minimal-synth-driven New Wave sound they’ve achieved in the last few years. Side A wraps up with Mish Way screaming over White Lung’s raw, frenetic “Therapy” right after Vapid burst off the vinyl with two energetic pop-punk blasts, “Sex Stain” and “Die”. After taking a two-year break, Vapid are finally playing shows again, now with The Tranzmitors’ Bryce Dunn on drums and a new LP coming out this summer on Nominal / Deranged Records.

On the flipside is Mutators’ harsh and experimental “Instinct” and “VVV”. Their dark screamo is as intense and confusing as early ’80s Vancouver noise band Tunnel Canary. Listening to Twin Crystals and Nü Sensae I can almost taste the cigarette smoke and smell the stale beer and vomit that epitomized shows at the ER. Yet it’s the fucked up, scary noise of Sick Buildings’ “The Commuter” that tips this LP from just a crazy good compilation of songs to a snapshot of Vancouver’s underground DIY ethos.

As important as 1979’s Vancouver Complication LP featuring DOA, Subhumans, U-J3RK5 and other seminal Vancouver punk bands, Emergency Room Vol. 1 wasn’t just capturing Vancouver’s weird punk scene at its pinnacle, it was a jumping off point for a lot of these bands. It’s a testament to them that, except for the two sadly defunct noise bands Mutators and Sick Buildings, all are not only still performing but deservedly getting reviewed and approved outside Vancouver. Limited edition vinyl of 924, and I still see this around in record stores. Pick it up if you find it!

Janelle Hollyrock runs Mongrel Zine, a fanzine and record label out of Vancouver, with her partner Bob Scott.

The Emergency Room était situé dans une ancienne usine d’apprêtage de poisson transformée en lieu d’enregistrement, de spectacle et de pratique dans l’est du centre-ville de Vancouver infesté de rats et où circule de la drogue. Ouvert en 2006 par Keith Wecker de Sex Negatives lorsqu’il animait des spectacles dans un sous-sol de la Emily Carr University aux côtés de Justin Gradin de Random Cuts, et de l’ingénieur aux enregistrements Jordan Koop de Twin Crystals. La ER a ensuite déménagé à East Hastings en 2007 et après un peu plus d’un an, est devenue le lieu par excellence de la communauté punk de Vancouver. Lorsque j’ai écouté ce LP pour mon zine en 2008, j’ai alors écrit que la popularité grandissante de “la ER, un lieu secret, illégal, peut prendre fin à tout moment” et qu’il fallait se procurer le vinyle “avant que ce souvenir ne devienne un artéfact.” Évidemment, la Emergency Room a dû fermer ses portes quelques temps après la sortie de cette compilation. Lorsque le lieu gardé secret accueillait des artistes en son sein et gagnait en succès dans l’est de Vancouver juste avant la fermeture, la ER a été le premier lieu de spectacle à accoucher d’une compilation vinyle sur des raisons de sa fermeture.

Titrée avec optimisme “Vol. 1″, la compilation réunit huit groupes qui se sont produits ou qui ont enregistré pendant la première année du studio, dont: Defektors, Petroleum by-Product, Vapid, White Lung, Mutators, Twin Crystals, Nü Sensae et Sick Buildings; de plus a été publié un album photo de 20 pages des groupes qui s’y sont produits, comme le groupe Montréalais AIDS Wolf et bien d’autres. À cette époque, les Mutators étaient en tourné en Amérique du nord et étaient sans doute le groupe le plus connu à l’extérieur de Vancouver, mais cette place est depuis tenu par White Lung, encensé par le site Pitchfork. White Lung, en 2008, avait seulement sorti un tube de 7” (“Local Garbage” sur Ryan Dyck de B-Lines du label Hockey Dad).

En effet, cinq ans plus tard, j’aime encore plus cette compilation qu’à sa sortie. Elle débute avec deux chansons underground d’un son sec punk de Defektors (mal écrit sur l’étui comme ceci : Defectors), suivent deux autres chansons produites par Petroleum By-Product, qui à l’époque s’appelaient encore The Petroleum By-Products et venaient tout juste de sampler leur son (différent de sons pop-garage) par le biais du synthétiseur minimaliste produisant du son new wave qu’ils ont produit les dernières années. La face A emballe par la voix de Mish Way qui crie sur ce cru frénétique de White Lung, “Therapy”, qui suit Vapid, lequel fait exploser le vinyl avec deux tubes énergiques pop punk, “Sex Stain” et “Die.” Après s’être offert une pause de deux ans, Vapid se produit en spectacle de nouveau, accompagné maintenant du membre de The Tranzmitors, Bryce Dunn au tambour, un nouveau LP sortira cet été sur le label Nominal / Deranged Records. Sur l’autre face de l’album, se trouve Mutators avec respectivement des tubes rigoureux et expérimental “Instinct” et “VVV”. Leur cri sinistre est aussi intense que confus comme celui du groupe bruitiste de Vancouver du début des années 1980 Tunnel Canary. En écoutant Twin Crystals et Nü Sensae, je peux presque goûter à la saveur de cigarette et sentir le gout de mauvaise bière et de vomi ressentis lors des spectacles à l’ER, mais c’est le foutu et effrayant bruit de la chanson «The Commuter» de Sick Buildings qui fait basculer ce LP de bonne compilation enthousiasmante vers un éthos fait-le-toi-même de l’underground vancouvérois.

Aussi important que Vancouver Complication de 1979, le LP rassemble DOA, Subhumans, U-J3RK5 et d’autres groupes punk séminaux de Vancouver. Emergency Room Vol. 1 ne rassemblait pas seulement l’étrange genre punk de Vancouver à son sommet, mais permettait à plusieurs de ces groupes de s’exprimer. C’est un souvenir pour ces groupes, à l’exception des deux défunts groupes bruitistes Mutators et Sick Buildings, en ce sens que tous ne faisaient pas que se produire en spectacle mais méritaient à juste titre de se faire connaitre et de se faire acclamer hors de Vancouver. Une édition limitée du vinyl de 924 est toujours disponible, et je la vois souvent dans des magasins de disque. Quand vous la verrez, achetez-la!

Janelle Hollyrock dirige Mongrel Zine, un fanzine et label hors de Vancouver, avec son partenaire Bob Scott.

Twin Crystals – Trinity

Defektors – Burning Light

Mutators – Instinct

Cameo :: Matthew Samways on Ceramic Hello – The Absence of a Canary

Ceramic Hello - The Absence of a Canary

My initial instinct to spotlight of one of Canada’s most outstanding and unique records was an epic approach, analyzing its prominent contributions to music – cultural and suburban influence, inspirations, aspirations, tools used. I even went to the extent of contacting Brett Wickens – the main songwriter on this truly wonderful masterpiece – to conduct a small interview. Yet as I collected this information, I realized it would prove to be a total contradiction of what makes the album so beautiful: its minimalism.

The Absence of a Canary was originally issued in 1980 by the now defunct Mannequin Records (not to be confused with the great contemporary Italian/German Wave label Mannequin) out of Burlington by-way-of Toronto, Ontario. It has since has seen two comprehensive reissues. The first was a deluxe box set issued by the soon to be legendary boutique label Vinyl on Demand with elaborate, alternate artwork and bonus material. The most recent edition comes from Canadian imprint Suction, whose owner is also the brain behind Solvent and producer of the upcoming modular synth documentary, I Dream Of Wires.

This LP was released in a time where mail order via catalogue was one’s only option. You couldn’t go to Ceramic Hello’s shows, because they never played live. You could find these two young men hiding in their bedrooms at their parents’ houses exchanging Kraftwerk LPs, listening to Gary Numan singles on the radio, and of course paying their respects to Brain Eno, whose influence is likely the most prominent, particularly 1974’s Taking Tiger Mountain (By Strategy). Wickens later went on to do graphic design for the inimitable Factory Records, notably working on Orchestral Manoeuvers in the Dark’s third album Architecture & Morality.

With respect to the up and coming artists chasing a vision based on what was accomplished by groups like Ceramic Hello, I do believe the majority are simply overlooking what makes this music unique – organic creation, naivety, lack of resources – a true dystopia. It’s not complicated. Bedrooms were the breeding grounds for the beginning of this era, using affordable pieces of equipment that were available at the time – notably the Korg MS-20, Roland CR-78, Polymoog and Minitmoog. In fact, the whole record was recorded on a borrowed Teac 8-track. Not to sermonize my beliefs, but in my opinion this time was Ground Zero for what is now considered a revived sound. There were no impulses for Brett Wickens and Roger Humphrey to create a groundbreaking sound that would escalate the charts, they were only doing what was natural to them. For that, we will always be grateful for Ceramic Hello’s sole LP, which will be celebrated for years to come.

Matthew Samways is the owner and primary operator of Minimal Electronic/Wave imprint Electric Voice Records. He is also the assistant director of Halifax fringe music and arts festival OBEY Convention as well as developing his solo musical endeavour under the moniker Amour Noir.

Ma première idée pour rendre hommage à l’un des plus remarquables et uniques disques canadiens était d’adopter une approche exhaustive à l’extrême et d’analyser ses contributions majeures à la musique – son influence culturelle et banlieusarde, ses inspirations, ses aspirations, les moyens utilisés. Je suis même allé jusqu’à contacter Brett Wickens, le compositeur principal de cet incroyable chef-d’œuvre, pour une petite entrevue. Cependant, alors que je recueillais toute cette information, je me suis rendu compte que ma démarche était en parfaite contradiction avec ce qui faisait la beauté de cet album : le minimalisme.

The Absence of a Canary a été à l’origine lancé en 1980 par la défunte Mannequin Records (à ne pas confondre avec l’étiquette germano-italienne de renom Mannequin) basée à Burlington par l’entremise de Toronto. L’album a depuis fait l’objet de deux rééditions augmentées. Un premier coffret de luxe distribué par le légendaire label à en devenir Vinyl on Demand comprenait une nouvelle pochette et des bonus. On doit la plus récente édition à l’étiquette canadienne Suction, dont le propriétaire est aussi le cerveau derrière Solvent et le producteur du documentaire à paraître I Dream Of Wires sur le synthé modulaire.

Ce LP est paru à une époque où la seule option pour se le procurer était de le commander par catalogue. On ne pouvait pas non plus assister aux concerts du groupe parce qu’il n’en donnait tout simplement pas. Les deux jeunes hommes pouvaient être trouvés dans leur chambre chez leurs parents s’échangeant des albums de Kraftwerk, écoutant du Gary Numan à la radio et bien sûr louangeant Brain Eno, dont l’influence est probablement la plus marquante, en particulier son album de 1974 Taking Tiger Mountain (By Strategy). Plus tard, Wickens travaillerait comme designer graphique pour l’inimitable Factory Records, notamment sur le troisième album de Orchestral Manoeuvers in the Dark Architecture & Morality.

Avec tout le respect que je dois aux artistes de la relève en quête d’une vision s’inspirant de ce que des groupes comme Ceramic Hello ont accompli, je crois que la plupart se méprennent sur ce qui rend cette musique unique : la création organique, l’innocence, les moyens limités – une véritable dystopie. Ce n’est pas compliqué. Les chambres à coucher ont été les terreaux fertiles des débuts de cette ère où on utilisait de l’équipement bon marché disponible à l’époque – notamment le Korg MS-20, le Roland CR-78, le Polymoog et le Minitmoog. D’ailleurs, l’album a été enregistré au complet grâce à un enregistreur à huit pistes Teac emprunté. Je ne voudrais pas porter atteinte à mes convictions, mais à mon avis cette époque était la préhistoire de ce qu’on qualifie aujourd’hui de son remis au goût du jour. Brett Wickens et Roger Humphrey ne cherchaient pas à créer de la musique innovatrice qui gravirait les sommets des palmarès, ils ne faisaient que ce qui leur paraissait naturel. C’est pour cela qu’on aimera toujours l’unique album de Ceramic Hello, lequel sera encore encensé pour bien des années à venir.

Matthew Samways est propriétaire et homme à tout faire de l’étiquette électro minimal Electric Voice Records. Directeur adjoint du festival de musique et d’arts parallèles OBEY Convention, il s’aventure également en des territoires musicaux inexplorés sous le pseudonyme d’Amour Noir.

Ceramic Hello – Climactic Nouveaux

Ceramic Hello – Footsteps in the Fog

Cameo :: David Dacks on Silk Stockings – A Donde Esta El Mercado?

Silk Stockings – A Donde Esta El Mercado

I got into jazz through the ’80s via Queen St. circa my age of majority. There was a surprising amount of jazz — electric jazz, not Wynton Marsalis clones — in clubs like the Rivoli, Bamboo and the Cameron House. Ornette Coleman’s “harmolodic” was the style at the time; a concept of music with no fixed tonal center where rhythm, melody and harmony were equally important. Some called it free funk. Ornette could never truly explain the concept properly, but that didn’t stop dozens of bands from trying to figure it out for themselves.

Silk Stockings definitely spoke Ornette’s language, although if anything, this records owes more to the Lounge Lizards’ work at the time, such as Voice of Chunk. This was a project of prepared guitar sensei Rainer Wiens (then in Toronto, now in Montreal) released on Bill Grove’s BFish label. Grove’s Whitenoise and Wiens’ other band NOMA both owed a heavy debt to free funk, but Silk Stockings’ record stands apart. With its careful compositions, bent guitars, extensive free improvisation and globally informed rhythms, A Donde Esta El Mercado? points forward to the next few decades of jazz in Toronto. This record would not sound out of place on either Rat-drifting or Barnyard today.

Mike Murley (of the Shuffle Demons) plays some kind of edgy soprano sax, Rich Bannard grooves hard but slides just as easily into freedom — maybe thanks to his studies from Andrew Cyrille. “Remnants” starts with George Koller’s DJ Premier-worthy bass line before the ride gets bumpier. Further outside is “Mirror, No Makeup” where Wiens’ trembling, resonant guitar work shines.

David Dacks is the Artistic Director of the Music Gallery in Toronto and writes for Exclaim! and CBC Music.

A l’approche de ma majorité, j’ai découvert le jazz dans les années 1980 en trainant sur Queen Street. On y jouait un nombre incroyable de musiques jazz (du jazz électrique, différent de celui de Wynton Marsalis) dans certains clubs : Rivoli, Bamboo et the Cameron House. La philosophie musicale harmolodic développée par Ornette Coleman était celle à la mode à cette époque. Il s’agissait d’un concept avant-gardiste : la musique était jouée en l’absence d’un centre tonal, avec une égalité majeure du rythme, de la mélodie et de l’harmonie. Certains l’appelaient alors free funk, concept qu’Ornette Coleman était incapable d’expliquer clairement, ce qui n’a pas empêché plusieurs groupes d’essayer de le découvrir par eux-mêmes.

Silk Stockings avait absolument adopté le style d’Ornette Coleman, bien qu’à l’époque certaines mélodies se rapprochaient davantage du style des Lounge Lizards, comme l’opus Voice of Chunk. Jouée avec une guitare sensei, il s’agissait d’une musique Rainer Wiens (d’abord à Toronto, et maintenant à Montréal) sortie sous le label BFish Bill Grove’s. Whitenoise, une mélodie de Grove, et un groupe avec lequel joue Wiens NOMA produisent tous des sons allant du grave au free funk, mais la musique de Silk Stockings est unique. A Donde Esta El Mercado? est le résultat d’une composition minutieuse, avec guitare courbée, improvisation totale et rythme effréné, et annonce l’avenir du jazz à Toronto. Cet enregistrement ne pourrait plus être disponible sur Rat-drifting ou sur Barnyard aujourd’hui.

Mike Murley (the Shuffle Demons) joue une variété de saxophone soprano, Rich Bannard interprète un rythme groovy, mais pouvant être joué en toute liberté— peut être grâce à des cours suivis chez Andrew Cyrille. « Remnants » que George Koller (bass) débute en première ligne avant que les harmoniques ne deviennent plus toniques. « Mirror, No Makeup » est plus différent, Wiens vibre, sa guitare raisonne et rayonne.

David Dacks est le directeur artistique de the Music Gallery à Toronto et rédige des articles pour Exclaim! et pour CBC Music.

Silk Stockings – No Mirror No Makeup

Silk Stockings – Remnants

Cameo :: Joe Strutt on Banned from Atlantis – People Write to Geena Davis in Japanese

Banned from Atlantis – People Write to Geena Davis in Japanese

Winnipeg makes an effective backdrop for a personal struggle to understand how a benevolent God could have created such a hostile universe.

— Mark Kingwell, Dreams of the Millennium

Kingwell would go on to bestow the name “Plague City” on the town he grew up in, as a not-quite-fond nod to its general hostility toward eking out a comfortable life in any season. It’s the sort of place where there’s not much to do, so you start a band. I guess that was sort of the case for Banned From Atlantis — I remember reading an interview where they joked that they got together because they were the only Superchunk fans in the city. Starting with some good songs on a decent self-recorded cassette, People Write to Geena Davis in Japanese would emerge as something startlingly transformed, with thunderous drums and aggressively slacker-ish guitars provided by Bob Weston who was brought in to produce the record. The album would be released against the backdrop of the funeral for the Jets (the real Jets, still exiled in Arizona, not the new, fake, militarism-humping Jets). The team would last for one more lame-duck season, but the band would be done by year’s end.

Things were grim in Plague City, with an unsavoury right-wing political-correctness (“how did they ever get so good at calling other people names?”) establishing a flimsy “Save Our Jets” narrative where we weren’t supposed to question the elites’ plans to cut a blank cheque for the city’s failed and cowardly capitalists. The home I grew up in got sold, and on the cusp of getting my degree (alongside — and this is a true story — no less than Fred Penner) I moved downtown, into my first apartment and quickly learned to recognize the local gang signs. Waving goodbye to all my friends left and leaving, I decided to stay for one more year. I put my polisci courses to work in a dead-end job that involved breathing in other people’s cigarette smoke and watching them piss away their paycheques on VLTs. I put my philosophy courses to work by settling into a winter-long existential funk, wondering what the hell I was going to do with my life.

Long story short: the things you don’t know about yourself in 1995 are going to be the things you don’t know about yourself in 2013. There’s a prairie myth of winter stoicism — that it toughens you up, makes things endure — but in the end it simply breaks some things, like the ice on the rivers at the city’s heart: solid ground heaved into fragments by remorseless, unseen forces. Long story short: the band would break up (though guitarist Doug McLean would notably move on to The Bonaduces and The Paperbacks), the Jets would leave, and I too would leave. “Because the thing about a Plague City summer is that it’s never quite long enough to let you forget that winter.”

Joe Strutt blogs at Mechanical Forest Sound, a slow-paced investigation of a wide range of artists — mostly reflecting on concerts as shared experiences, acts of citizenship and a chance to get down. Fuzzy photographs and clear-sounding original live recordings a specialty.

Winnipeg est un endroit particulièrement propice à la crise de conscience de l’individu qui tente de comprendre comment un Dieu bienveillant aurait pu créer un univers aussi hostile.

- Mark Kingwell, Dreams of the Millennium

Kingwell a aussi donné à la ville de son enfance le surnom pas si affectueux de « Plague City » (la ville de la peste), en référence à la difficulté d’y trouver une vie confortable, peu importe la saison. C’est le genre d’endroit où il n’y a pas grand chose à faire, alors on part un band. J’imagine que c’est le cas de Banned From Atlantis : je me rappelle avoir lu une entrevue avec les membres du groupe qui disaient s’être rencontrés parce qu’ils étaient les seuls fans de Superchunk en ville. À partir de quelques bonnes chansons sur une cassette enregistrée maison, People Write to Geena Davis in Japanese s’est métamorphosé en un album surprenant, plein de percussions retentissantes et de guitares slacker agressives offertes par le producteur invité Bob Weston. Le disque a paru pendant les funérailles des Jets (les vrais Jets encore exilés en Arizona, pas la fausse nouvelle équipe aux tendances militaristes). L’équipe a continué de jouer pour une saison pitoyable, mais le groupe s’est dissolu avant la fin de l’année.

Tout allait mal alors à Plague City : des relents déplaisants de rectitude politique de droite alimentaient un point de vue « sauvez nos Jets! » selon lequel on n’était pas supposé remettre en question l’idée des élites de faire un chèque en blanc aux capitalistes ratés et lâches de la ville. La maison de mon enfance a été vendue, et juste au moment où j’allais compléter mon diplôme (en même temps que Fred Penner, sans blague) j’ai emménagé dans mon premier appartement au centre-ville, où j’ai rapidement appris à reconnaître les symboles des gangs locaux. Au moment où tous mes amis partaient, j’ai décidé de rester en ville pour un an de plus. À l’aide de mes cours de science politique, j’ai décroché un emploi sans avenir où je respirais la fumée de cigarette des gens venus gaspiller leurs chèques de paye à la loterie vidéo. À l’aide de mes cours de philosophie, j’ai sombré dans le doute existentiel tout l’hiver en me demandant ce que j’allais faire de ma vie.

Bref, ce qu’on ne connaît pas à propos de soi-même en 1995, on ne le connaît pas plus en 2013. Il y a un mythe du stoïcisme hivernal qui veut que l’hiver des Prairies bâtit le caractère, qu’il permet de mieux endurer toutes sortes de vicissitudes, mais au fond, tout finit par casser comme la glace des rivières au coeur de la ville, un bloc solide fragmenté par des forces invisibles et impitoyables. Bref, le groupe s’est dissolu (toutefois, le guitariste Doug McLean a ensuite fait partie des Bonaduces et des Paperbacks), les Jets sont partis et moi aussi. « Parce que le problème avec l’été à Plague City, c’est qu’il n’est jamais assez long pour oublier l’hiver. »

Joe Strutt écrit pour le blog Mechanical Forest Sound, qui examine en profondeur un large éventail d’artistes en réfléchissant sur la notion du concert en tant qu’expérience partagée, acte de citoyenneté et occasion de s’amuser. Points forts : les photos floues et les enregistrements originaux clairs.

Banned From Atlantis – Sovereign Thug

Banned From Atlantis – Tantrums

Cameo :: Chris Jacques on Johnny Zhivago – Microalbum

Johnny Zhivago - Microalbum

I’ll jump into the wayback machine for this one. Welcome to 1984. I’m 13 and just heading out of my dumb headbanger phase and tumbling headlong into punk rock. I head downtown every weekend to learn about new sounds at Pyramid Records and Records of Wheels. On a whim or by chance, I come across this local 7″ by Johnny Zhivago. I remember having seen a performance a year or so before on Alternative Rockstand and maybe even a video on Video Video, both great local access shows on the much missed VPW (West of the Red).

I held the record with both interest and mild revulsion. These guys use synths! Blech. It would be another couple of years before I could fully appreciate the damage that could be wrought with a Moog / Korg / Arp, etc. Throwing caution and taste to the wind, I hand over $2 and scurry home with my funny sounding record. I played it all the time — for myself — never for others. It was my guilty pleasure — a truly guilty pleasure — as it was never displayed, often hidden. That all changed a number of years ago when I could comprehend and appreciate the great pop synth wave aktion they had happening.

I don’t know anything more about these guys — if they had anything else recorded or what they’re doing now. I’d be super down with doing some reissue stuff for certain.

Chris Jacques lives in Winnipeg. He runs Dub Ditch Picnic Records and is a closet New Romantic.

Je vais devoir sauter dans ma machine à voyager dans le temps pour celle-là. Bienvenue en 1984. J’ai 13 ans et m’apprête tout juste à sortir de ma stupide phase de headbanger pour plonger tête première dans le punk rock. Chaque fin de semaine, je me rends au centre-ville pour découvrir de nouveaux sons chez Pyramid Records et Records of Wheels. Sur un coup de tête ou par simple chance, je tombe sur un 7″ du groupe local Johnny Zhivago. Je me rappelle une prestation vue sur Alternative Rockstand il y a à peu près un an et peut-être même un vidéoclip sur Video Video, deux excellentes émissions locales diffusées sur la très regrettée chaîne de télévision publique VPW (West of the Red).

Mi-fasciné, mi-dégoûté, je tenais le disque dans mes mains. Du synthé? Ouache. Il me faudrait encore quelques années avant que je puisse apprécier pleinement les dommages que pouvaient affliger un Moog, un Korg ou autres Arp. Envoyant au diable toute forme de précaution ou de goût artistique, j’ai sorti un 2$ de mes poches et suis retourné en hâte chez moi avec mon disque aux drôles de sonorités. Je le faisais jouer constamment – pour moi-même – jamais pour qui que ce soit d’autre. C’était mon plaisir coupable, un vrai plaisir coupable; jamais je ne le montrais et même je le cachais souvent. Tout cela devait changer des années plus tard lorsque j’apprendrais à comprendre et à apprécier cette magnifique vague de pop synthétique qui avait alors cours.

Je ne sais vraiment rien de plus sur eux – s’ils ont enregistré autre chose ou ce qu’ils font à présent. Je serais toutefois tout à fait disposé à rééditer de leur matériel.

Chris Jacques habite à Winnipeg. Il est à la tête de Dub Ditch Picnic Records et est un Nouveau Romantique inavoué.

Johnny Zhivago – New Things

Johnny Zhivago – Echo